Le Mawlid, ou anniversaire de la naissance du Prophète Muhammad ﷺ, est une commémoration observée dans de nombreuses communautés musulmanes. Elle est appelée « Mawlid ennabawi », « Aid al Mouled », « Mawlid an Nabi », « Milad an-Nabi », « Mevlid Kandili » ou encore « Gamou » selon les régions.
Cette commémoration fait toutefois l’objet d’une divergence ancienne entre les musulmans. Certains savants la considèrent comme une occasion licite de manifester l’amour du Prophète ﷺ, de rappeler sa vie, de réciter le Coran, d’invoquer Allah et de pratiquer la charité. D’autres la considèrent comme une innovation religieuse, car le Prophète ﷺ, ses Compagnons et les premières générations ne l’auraient pas célébrée.
Qu’est-ce que le Mawlid ?
Le Maouloud ou « al-mawlid al-nabawi » - la naissance du prophète, en arabe - est une célébration religieuse non canonique pour fêter la naissance de Mouhamed, le prophète de l’Islam.
« Le Maouloud est un mot dérivé de l’arabe qui veut dire naissance. Donc, quand on parle de maouloud dans la tradition musulmane, nous parlons ici de la célébration de la naissance du prophète Mouhamed (paix et salut sur lui) ou autrement dit son anniversaire », explique Dr Moctar Diallo, professeur de Civilisations comparées à l’université Général Lansana Conté de Conakry.
« Je rappelle que le prophète est né le 12 du 3e mois de l’année lunaire, c’est-à-dire le 12 Rabi-al-Awal », souligne Dr Diallo.
Le Mawlid est généralement associé au douzième jour de Rabi al-awwal, troisième mois du calendrier musulman, même si les musulmans sont divisés sur l’année exacte de la naissance du Prophète ﷺ.
« C’est une manifestation, c’est un rappel que le prophète (paix et salut sur lui) est né cette nuit de Rabi-al-Awal. Donc, cela veut dire que c’est une commémoration, c’est une joie pour les musulmans de voir venir le prophète de tous les temps », dit Youssou Mounkaila, secrétaire général de l’association islamique du Niger.

La place de la naissance du Prophète ﷺ dans la foi musulmane
La naissance du Prophète ﷺ est une miséricorde divine pour toute l’humanité tout au long de son histoire. Le Coran a qualifié la mission du Prophète ﷺ de miséricorde pour l’univers.
Cette miséricorde n’est pas limitée puisqu’elle consiste à éduquer les hommes, à les purifier, à les former et à les guider vers le Droit Chemin aussi bien dans leur vie matérielle que spirituelle.
De plus, cette miséricorde n’est pas l’apanage des contemporains du Prophète ﷺ ; mais elle s’étend pour couvrir la communauté musulmane en tout temps et en tout lieu.
Fils d’Abdoullah ibn Abdoul Moutalib et d’Amina bint Wahab, Mouhamed est orphelin total dès l’âge de 6 ans et est élevé par son grand-père paternel, Abdal-Mutalib.
À l’âge adulte, il est engagé comme commerçant par une riche veuve, Khadija, qui deviendra sa première épouse. En 610, à l’âge de 40 ans, il est visité par l’ange Gabriel dans la grotte de Hira où il reçut l’injonction de lire (Iqra) la première sourate révélée du Coran.
Ainsi commence une vie riche et mouvementée de prophète de l’Islam. Après sa mort en 632, sa naissance est célébrée quelques siècles plus tard, précisément vers le 9e et 10e siècle.
L’amour du Prophète ﷺ
Célébrer la naissance du Maître révéré dans les deux mondes terrestre et céleste, l’ultime Messager de la miséricorde, le secours de la nation, est l’un des actes entraînant la satisfaction d’Allah.
Cette célébration exprime, en effet, la joie et l’amour éprouvés à l’égard du Prophète. Cet amour représente un des fondements de foi.
Dans le hadith authentique rapporté par al-Boukhari, le Prophète dit : « La foi de chacun de vous ne sera parfaite que lorsqu’il me préfèrera à lui-même, à ses parents, à ses enfants, et à toute autre personne. »
Ibn Rajab dit : « L’amour du Prophète ﷺ est l’un des fondements de foi. Il est subordonné à l’amour d’Allah, Glorifié soit-Il. Allah, le Très-Haut, a associé l’amour éprouvé pour le Prophète à celui qu’on éprouve à Son égard. »
Allah dit : « Dis : “Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables, vous sont plus chers qu’Allah, Son Messager, et la lutte dans le sentier d’Allah ; alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre. Et Allah ne guide pas les gens pervers.” »
Également, quand Omar dit au Prophète ﷺ : « Ô Messager d’Allah, je t’aime plus que tout le monde, mais pas plus que moi-même. » Le Prophète répondit : « Non, au nom de Celui qui possède mon âme, ta foi ne sera parfaite que lorsque tu m’aimeras plus que toi-même ! »
Après mûre réflexion, Omar répliqua : « Maintenant, par Allah, je t’aime plus que moi-même ! » Le Prophète répondit : « Maintenant Omar, ta foi est parfaite. »
Les pratiques associées au Mawlid
La célébration consiste à ce que les gens s’assemblent pour invoquer Allah, chanter les éloges du Prophète ﷺ, offrir, par piété, de la nourriture en guise de manifestation d’amour pour le Prophète ﷺ à l’arrivée de son anniversaire.
À ces pratiques-là, vient s’ajouter l’habitude d’acheter des sucreries pour les offrir en cadeaux. En effet, cette habitude autorisée peut être recommandée si elle apporte la joie à la famille et maintient bien les liens de parenté.
Depuis le IV° et le V° siècle, nos pieux ancêtres avaient l’habitude de commémorer la naissance du Prophète. Ils passaient la veille de cette occasion heureuse dans l’accomplissement de toutes les bonnes œuvres, en commençant par l’hospitalité offerte, la récitation du Coran et les invocations et finissant par le chant des vers par amour du Prophète.
Par exemple, nous devons faire preuve de reconnaissance envers le Seigneur par n’importe quelle forme licite de gratitude, comme à titre d’exemple, offrir de la nourriture en aumône, chanter les mérites du Prophète ﷺ, invoquer Allah, jeûner, passer la nuit en prière, etc… selon les moyens de chacun.
Qui célèbre le Mawlid ?
La fête est célébrée dans toutes les communautés musulmanes du monde, aussi bien sunnites que chiites, même si son importance et ses formes varient selon les pays, les écoles et les traditions religieuses.
« Les pays musulmans qui ont une majorité soufie fêtent effectivement ce jour. Ce sont principalement les pays de l’ouest du monde musulman, à savoir le maghreb et l’Afrique de l’ouest, ainsi que quelques pays du centre comme le Soudan par exemple et quelques pays aussi de l’est comme l’Inde ou l’Indonésie », indique Dr Moctar Diallo.
Selon lui, la célébration est beaucoup constante dans le maghreb et en Afrique de l’ouest.
« En grande partie, nous constatons cette célébration dans l’ouest, c’est-à-dire dans le maghreb et en Afrique de l’ouest. Donc, les soufis, ainsi que les chiites, célèbrent ce jour et le considèrent comme étant un grand jour de fête musulmane », dit-il.
Il faut rappeler que le soufisme est un mouvement ésotérique musulman dont les préceptes reposent sur la recherche de l’illumination, la sagesse et l’amour de Dieu.
Chaque année, à cette date, il est célébré dans plusieurs pays musulmans à travers le monde.
Les arguments en faveur de la commémoration
Commémorer la naissance du Prophète est formellement légitime, car il constitue la pierre angulaire des fondements de l’Islam.
Allah, qui sait, par excellence, le mérite de Son Prophète, a indiqué à l’univers son nom, sa mission, son rang et sa dignité. C’est pourquoi, l’univers a manifesté sa joie en reconnaissance des faveurs divines dont il est comblé.
Pour ce qui est de la recommandation de commémorer la naissance du Prophète, un groupe de savants et de jurisconsultes a rédigé plusieurs épîtres où ils qualifient cette cérémonie, preuves à l’appui, comme recommandée de sorte que nul homme doué de raison ne peut récuser l’attitude de nos pieux ancêtres à ce propos.
Dans son ouvrage al-Madkhal, Ibn al-Hajj a rapporté, en détail, toutes les vertus de cette commémoration. Il en a dit ce qui permet de soulager l’esprit des croyants.
Il est à noter que cet ouvrage était essentiellement rédigé pour critiquer les innovations réprimandées qui manquent de preuves légitimes.
La joie et la gratitude envers Allah
La joie éprouvée envers le Prophète ﷺ est un des moyens de se rapprocher d’Allah, et quel moyen ! Donc à chacun sa manière d’exprimer cette joie et plusieurs moyens sont bons pour aboutir à cette noble fin.
En cherchant dans la Sounna, on trouve un hadith dans lequel le Prophète ﷺ a permis et même approuvé la démonstration de joie faite pour sa personne.
Boraydah al-Aslami rapporte : « Au retour victorieux du Prophète de l’une de ses batailles, une esclave noire vint lui dire : “J’ai fait vœu de chanter et de battre les tambourins en ta présence, si tu nous reviens saint et sauf.” “S’il s’agit vraiment d’un vœu, fais-le !”, dit le Prophète ﷺ. »
Dans sa Tradition, le Prophète ﷺ nous a indiqué la meilleure façon d’afficher notre gratitude envers Allah pour cette naissance bénie.
Dans un hadith authentique, on rapporte que le Prophète ﷺ jeûnait tous les lundis et disait : « C’est le jour où je suis né ! »
Ce hadith met en relief la manière du Prophète ﷺ de manifester sa gratitude envers le Seigneur pour le don de son existence bénie.
Le Prophète jeûnait également le 2ième jour de Moharram de l’année hégirienne (Achoura) et recommandait aux fidèles de le jeûner à titre de reconnaissance envers Allah pour avoir sauvé le Prophète Moise.
Le rappel des prophètes et des jours bienfaiteurs
En outre, Allah nous ordonne de se rappeler l’histoire des Prophètes et des vertueux en disant : « Mentionne dans le Livre l’histoire d’Abraham. »
« Rappelle également l’histoire de Moïse, dans le Livre. C’était un véritable élu de Dieu, Un Messager et un Prophète. »
Ce rappel ne concerne pas seulement les Prophètes ; mais aussi les vertueux : « Cite aussi l’histoire de Marie dans le Livre. »
Selon les Ulémas dignitaires, Marie était une simple femme véridique.
De même, Allah, le Très-Haut, a recommandé de rappeler les jours bienfaiteurs d’Allah : « Et rappelle-leur les journées du Seigneur ! »
Bien entendu, les anniversaires et les jours de victoires font partie des jours d’Allah.
Dans le Coran et par la bouche des Prophètes, Allah, le Très-Haut, a rendu honneur aux jours de naissance de certains Prophètes : « Que la paix soit sur lui le jour où il naquit… ! »
Allah mentionne que Jésus (Aïssa) a dit : « Que la paix soit sur moi le jour où je naquis. ! »
En effet, le don de l’existence qui, à l’origine de tout bien, est le jour de la naissance. C’est pourquoi, commémorer ce jour fait partie de la reconnaissance envers Allah pour Ses bienfaits dont les gens sont amplement comblés.
Les arguments des savants qui désapprouvent le Mawlid
Allah a dit dans la sourate Al Maida n°5 verset 3 : « Aujourd’hui j’ai parachevé pour vous votre religion et complété sur vous Mon bienfait. Et j’ai agréé pour vous l’Islam comme religion. »
D’après Abou Toufayl, Abou Dhar (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Prophète ﷺ nous a laissé et il n’y avait pas un oiseau qui bougeait ses ailes dans les airs sans qu’il nous ait mentionné une science sur cela et le Prophète ﷺ a dit : “Il ne reste rien qui rapproche du paradis et éloigne de l’enfer sans que je ne vous l’aie certes montré.” »
D’après ‘Abdallah Ibn Mass’oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Certes il n’y a rien qui vous rapproche du paradis sans que je ne vous l’aie ordonné et il n’y a rien qui vous rapproche de l’enfer sans que je ne vous l’aie interdit. »
L’imam Malik Ibn Anas a dit : « Celui qui innove dans l’Islam une innovation qu’il voit comme étant bonne a certes prétendu que Mouhammad ﷺ a trahi la révélation car Allah a dit : “Aujourd’hui j’ai parachevé pour vous votre religion.” Ainsi ce qui ne faisait pas partie de la religion ce jour-là ne peut pas faire partie de la religion aujourd’hui. »
Ces textes et d’autres qui vont dans leur sens montrent que le fait de fêter l’anniversaire du Prophète ﷺ, mawlid nabawi, ne fait pas partie des choses qui rapprochent d’Allah et de son paradis.
En effet il n’y a aucun hadith sur le sujet, aucun compagnon du Prophète ﷺ ni aucun tabi’i - la génération après les compagnons du Prophète - ne l’a pratiqué, les imams des quatre écoles et autres ne l’ont pas mentionné et ceci jusqu’au troisième siècle de l’hégire.
Si ceci était un bien ils nous auraient certes précédé en le mettant en pratique.
L’imam Siddiq Hassan Khan a dit : « Les musulmans sont tous en consensus sur le fait que cet acte n’existait pas à l’époque de la meilleure génération puis durant le siècle qui lui a succédé puis durant le siècle qui lui a succédé. »
La référence aux premières générations
Il fait allusion au hadith qui est rapporté par l’imam Boukhari dans son Sahih n°2652 ainsi que l’imam Mouslim dans son Sahih n°2533 d’après Abdallah ibn Mass’oud (qu’Allah l’agrée), le Prophète ﷺ a dit : « Les meilleurs des gens sont ceux de ma génération puis ceux qui leur ont succédé puis ceux qui leur ont succédé. »
L’imam Sakhawi a dit : « Le fait de fêter l’anniversaire du Prophète ﷺ n’a été rapporté d’aucun parmi les prédécesseurs durant les trois siècles méritoires. »
L’imam Sibt Ibn Al Jawzi a dit : « L’avis juste est que les premiers à avoir inventé l’innovation de l’anniversaire du Prophète sont les fatimidites. »
Les fatimidites sont une secte chiite qui a dirigé l’Égypte au 4e siècle de l’hégire.
L’imam Al Maqrizi a dit : « Les dirigeants fatimidites avaient durant l’année plusieurs fêtes : la fête de fin d’année, la fête du début de l’année, le jour de ‘achoura, l’anniversaire du Prophète ﷺ, l’anniversaire de Ali Ibn Abi Talib, l’anniversaire de Al Hassan et Al Huseyn, l’anniversaire de Fatima et l’anniversaire du dirigeant en place. »
L’argument de l’absence de pratique prophétique
Selon eux, du moment que « le prophète Mohamed ﷺ ne l’a pas fêté », c’est une « innovation religieuse » (bida’ah) qui est étrangère à l’Islam.
« Le prophète n’a pas célébré le jour de sa naissance, ses compagnons et ses adeptes, qui ont vécu avec lui et l’ont connu, ne l’ont pas fait également. Et même cinq générations après lui ne l’ont pas fait. Par conséquent, ils considèrent que c’est une innovation de la religion. »
« Puisque le prophète ﷺ ne nous a pas invité à le faire et que ses compagnons qui l’ont connu ne l’ont pas fait, jusqu’à leur descendance, pour cinq ou six générations, donc, il n’est pas question de considérer ce jour comme un jour de fête, de le célébrer ou le considérer comme un jour par lequel nous pouvons avoir plus de récompenses ou de bénédictions par rapport aux autres jours », explique le représentant de la Wami en Guinée.
Selon lui, c’est la position des salafistes et des autres musulmans qui ne sont ni soufis, ni chiites.
Le débat sur le statut religieux
Les musulmans sont divisés sur la question de sa célébration.
« Tous les musulmans sont unanimes que le prophète Mouhamed est né le 12 Rabi-al-Awal, c’est-à-dire le 12 du 3e mois de l’année lunaire. » Toutefois, « il y a une nette divergence sur la légalité de célébrer ce jour », souligne Dr Moctar Diallo.
« Il y a l’autre moitié, parce que nous ne pouvons pas dire que c’est la grande partie qui ne célèbre pas, mais l’autre moitié qui ne le fait pas et trouve que la célébration est même interdite », affirme Dr Diallo.
Pour avoir une lecture logique et si vous voulez neutre sur cette divergence, nous pouvons dire tout simplement qu’effectivement puisque le prophète ﷺ ne l’a pas célébré et n’a pas incité à le célébrer, ni enseigné à le célébrer, la célébration du maouloud n’est pas une adoration.
« Une adoration, c’est cet enseignement que le prophète ﷺ, à partir d’Allah, nous enseigne. »
En revanche, l’universitaire guinéen estime que « l’interdire, c’est encore trop dire, car toutes les choses sont licites, sauf ce que le législateur, à partir du prophète Mouhamed ﷺ, a interdit ».
« Alors nous ne pouvons pas dire que la célébration est interdite sauf si cette célébration est considérée comme étant une adoration parce qu’elle ne l’est pas. Ou si dans la célébration, nous constatons des actes qui sont interdits par les principes de l’Islam », explique Dr Moctar Diallo.
Les conditions de la divergence
Les avis favorables à la commémoration insistent sur le fait que les actes accomplis doivent rester licites et orientés vers le rappel d’Allah, l’amour du Prophète ﷺ, la connaissance de sa vie, la récitation du Coran, les invocations, l’aumône, l’hospitalité et le maintien des liens familiaux.
Rien n’empêche donc de déterminer certains jours pour commémorer les souvenirs des bien-aimés d’Allah malgré les actes interdits commis par certains durant ces jours-ci.
Ces mauvais agissements ne mettent pas en cause la légitimité de célébrer ces occasions. On a l’habitude de commémorer les souvenirs de ces pieux tout en dénonçant de tels actes illégaux et en avertissant leurs auteurs de ces méfaits considérés comme dérogation au but sublime pour lequel cette noble commémoration doit avoir lieu.
Les avis défavorables soulignent, quant à eux, que l’amour du Prophète ﷺ ne se mesure pas par l’instauration d’une fête religieuse nouvelle.
Au contraire, aimer le Prophète ﷺ consiste à faire ce qu’il a ordonné, à croire ce qu’il a rapporté, à éviter ce qu’il a interdit et à n’adorer Allah que de la manière qu’il nous a indiquée.
Allah, exalté soit-Il, dit : « Dis : “Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Absoluteur et Miséricordieux.” »
Une célébration vécue de manière différente selon les communautés
Youssou Mounkaila estime que « le maouloud est fêté par tous les musulmans de bonne foi parce qu’en l’Islam, on ne peut pas être musulman tant qu’on ne reconnait pas le prophète ﷺ, on ne peut pas être musulman tant qu’on n’aime pas le prophète ﷺ plus qu’on aime soi-même ».
Il invoque à cet effet la chahada qui marque l’ancrage de tout musulman à sa religion.
Mais pour Youssou Mounkaila, ce sont tous les musulmans qui doivent fêter le maouloud sans distinction, dès lors qu’ils acceptent tous que Mohamed ﷺ est l’envoyé de Dieu.
« C’est une joie de tous les musulmans. Donc, il n’y a pas de distinction. Il n’y a pas une branche de musulmans qui doit fêter la venue du prophète ﷺ et une autre branche qui refuse. Donc, c’est vraiment une joie de tous les musulmans, une joie de l’humanité d’une manière générale parce que le prophète est venu pour sauver l’humanité », dit-il.
« On ne peut pas être musulman et ne pas être content de la venue du prophète Mohamed ﷺ », indique Youssou Mounkaila.
Le secrétaire général de l’association islamique du Niger est convaincu que si Dieu a recommandé aux musulmans de prier sur le prophète, il ne peut que récompenser ceux-là qui, en sus de prier sur lui, célèbrent l’anniversaire de sa naissance.
Au-delà des cinq prières et des prêches, le maouloud est un évènement annuel qui rappelle, c’est une occasion pour que les autres puissent découvrir pourquoi le prophète ﷺ est envoyé, comprendre le Coran et sa sounnah.
Respecter la diversité des avis
La question du Mawlid demeure donc liée à une divergence d’interprétation concernant la distinction entre une adoration instituée et une activité licite destinée à exprimer la joie, l’amour, le rappel et la gratitude.
Les musulmans qui célèbrent cette occasion mettent l’accent sur la miséricorde du Prophète ﷺ, la connaissance de sa biographie, les invocations, la charité et les œuvres utiles.
Les musulmans qui ne la célèbrent pas mettent l’accent sur la perfection de la religion, le suivi de la Sunna et l’absence de pratique connue chez le Prophète ﷺ, ses Compagnons et les premières générations.
Dans les deux approches, l’amour du Prophète ﷺ, la foi en son message, le respect de sa famille et de ses Compagnons, ainsi que l’attachement au Coran et à la Sunna occupent une place centrale.
La célébration ne doit pas devenir une occasion de division, d’accusations ou de mépris entre musulmans. Les divergences sur cette question sont anciennes, et chaque fidèle est appelé à agir selon la compréhension religieuse qu’il suit, tout en préservant la fraternité, la dignité et le respect.
L'histoire du Mawlid (oudtadh Abou Laïth 'Othmân Al Armany) - Dourous-Sounnah.com
Formes de rappel et de gratitude
Celui qui souhaite exprimer sa joie et sa gratitude peut réciter le Coran, invoquer Allah, prier sur le Prophète ﷺ, étudier sa biographie, nourrir les nécessiteux, faire l’aumône, visiter sa famille, renforcer les liens de parenté et transmettre les enseignements de sa vie.
Celui qui ne considère pas cette date comme une fête religieuse peut également manifester son amour du Prophète ﷺ tout au long de l’année en suivant ses recommandations, en évitant ce qu’il a interdit et en adoptant son comportement.
La naissance du Prophète ﷺ peut ainsi être l’occasion de mieux connaître son message, de méditer sur sa miséricorde, de renouveler son attachement au monothéisme et d’encourager les bonnes œuvres.
Que cette occasion soit célébrée ou non selon l’avis suivi, l’essentiel demeure la sincérité envers Allah, l’amour du Prophète ﷺ, l’obéissance à la révélation et la préservation de l’unité de la communauté musulmane.