Les élections municipales arrivent les 15 et 22 mars prochains. Sur K6, nous recevons les candidats de plusieurs villes de Côte-d’Or. Aujourd'hui nous parlons de Dijon et nous sommes avec Camille Joyeux. Professeure des écoles de 40 ans, elle est la tête de liste de « Pour la défense des services publics, contre l’économie de guerre », soutenue par le Parti des travailleurs. Réaliste sur ses chances presque nulles de rallier le second tour, Camille Joyeux affirme que l'objectif premier est de faire entendre des revendications.
Pour la défense des services publics, contre l’économie de guerre fera face à : Dijon Avenir, Rassemblement Dijonnais, Dijon change d'ère, Agir pour Dijon, Lutte Ouvrière, Dijon Populaire, Dijon. Écologique, sociale, attractive. Enseignante de profession, la candidate soutenue par le Parti des travailleurs a effectué un focus sur les sujets scolaires lors d'une réunion publique, ce samedi 7 mars. La militante d'extrême-gauche a critiqué la « marche à la guerre déjà enclenchée au niveau du pays ».
Parmi les surprises des municipales de 2026, figure la présentation d'une liste du Parti des travailleurs qui s'est constituée discrètement depuis juin dernier. Ce samedi 7 mars 2026, à 10 heures, salle Camille Claudel, s'est tenue la première des deux réunions de campagne de la formation d'extrême-gauche soutenant la liste Pour la défense des services publics, contre l'économie de guerre. L'heure matinale a été choisie expressément. Un espace pour enfants a été installé en désignant des hommes pour s'en occuper. Là aussi, un choix volontaire à la veille de la Journée internationale pour les droits des femmes.
Dans la salle, les participants sont arrivés au compte-gouttes tandis que défilaient sur un écran des images des luttes sociales du XXe siècle, des contestations contemporaines anti-guerre - en particulier à Gaza et en Iran -, et des portraits de figures historiques dont Clara Zetkin, fondatrice de de l'Internationale socialiste des femmes, en 1907. Entre trotskisme et lambertisme, l'histoire du Parti des travailleurs remonte aux années 1950 quand Pierre Boussel, alias Pierre Lambert, prend des positions divergentes avec le Parti communiste internationaliste, d'obédience trotskiste. Il développe alors un « courant lambertiste » en fondant l'Organisation communiste internationaliste, en 1952, qui deviendra, de scissions en changements de nom, le Parti des travailleurs, en 1991, puis le Parti ouvrier indépendant, en 2008, le Parti ouvrier indépendant démocratique, en 2015, avant de s'appeler de nouveau Parti des travailleurs, depuis 2023.
Le Parti des travailleurs conteste le principe de propriété privée, défend la République sociale et laïque ainsi qu'un système électoral représentatif assorti d'une liberté syndicale. En leur temps, Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Luc Mélenchon ont milité au sein du courant lambertiste. À noter que François Rebsamen (ex-PS, désormais FP), actuel président de la Métropole de Dijon, est passé par le militantisme trotskiste dans les années 1970 mais, lui, au sein de la Ligue communiste révolutionnaire. Camille Joyeux est membre du Parti des travailleurs depuis 2015.
Âgée de 40 ans, professeure des écoles à Dijon, Camille Joyeux est membre du Parti des travailleurs depuis 2015. Parmi ses colistiers, figurent « des personnes de tous les secteurs, beaucoup d'enseignants et de salariés de la protection de l'enfance ». Un quart des colistiers sont membres du Parti des travailleurs. À l'élection municipale dijonnaise de 2008, la liste du Parti des travailleurs - menée par René Carruge et centrée sur la contestation de la fermeture de l'hôpital général - avait récolté 1,63% des suffrages. En 2020, quelques colistiers de Camille Joyeux, dont Jacques Gaillard, actuel secrétaire départemental par intérim du Parti des travailleurs, figuraient sur la liste Dijon en commun, menée par Arnaud Guvenatam (alors LFI, désormais L'Après). Ce dernier soutient la liste Dijon change d'ère pour ces municipales de 2026.
« Le budget fait payer la note des préparatifs de la guerre à la population » Après un préambule de Christine Colin, mandataire financière, portant sur les conditions de travail des femmes, les violences conjugales, « la politique de guerre » imputée à Emmanuel Macron et la défense des droits des femmes, Camille Joyeux débute son propos, sans sonorisation, en critiquant les interventions militaires américaines et israéliennes en Iran et au Liban ainsi que l'implication de la France. « Tous ceux qui devraient s'opposer à la politique d'Emmanuel Macron, tous ceux qui la critiquent en paroles, l'appliquent en réalité, ils relaient sa politique à Dijon, Parti socialiste en tête », considère la militante trotskiste. « Le budget, imposé par Macron-Lecornu par 49-3, fait payer la note des préparatifs de la guerre à la population. C'est qu'on appelle la guerre intérieure que mènent Macron et son gouvernement contre leur propre population, contre les travailleuses et les travailleurs. Cette marche à la guerre est déjà enclenchée, au niveau du pays, au niveau de la jeunesse, en permanence, dès l'école. (…) Les enseignants, les jeunes s'organisent pour lutter contre ».
« Les combats à mener » Parmi les « combats à mener », les participants dans la salle évoquent la contestation des fermetures de classes, la semaine de quatre jours à l'école - qui ne fait pas l'unanimité parmi les mères de famille présentes -, les budgets alloués au périscolaire et aux centres de loisirs, l'enseignement du français pour les enfants allophones primo-arrivants, les « horreurs » en matière de logement sociaux, notamment avenue Paul-Doumer, - « puisque les bailleurs sociaux n'isolent pas les bâtiments, ce n'est pas aux locataires de payer les factures » -, et dans le quartier Montmuzard - où « des logements prennent l'eau » -, ou encore « le stationnement qui devient impossible » notamment autour du CHU. Focus sur les sujets scolaires, « Le kit de fournitures scolaires de Madame Koenders, on s'en passe », lance Camille Joyeux, au sujet de la proposition de Nathalie Koenders de remettre gratuitement un kit de fournitures scolaires aux écoliers dijonnais. « Ça n'augmente pas le budget par enfant », note la candidate qui suggère plutôt de passer le montant annuellement attribué par la Ville de Dijon aux écoles de 39 à 80 euros par enfant. Cette somme permet aux enseignants d'acquérir du matériel et des livres. « On veut une augmentation du budget pour que les familles n'aient rien à débourser, (…) pour que les familles n'achètent que le cartable et une trousse. »
Dans la foulée, l'enseignante critique le changement de fournisseur de matériel scolaire, désormais une entreprise intervenant dans toute la France - après un prestataire beaunois - et qui s'approvisionne largement en Chine : « ce n'est pas du matériel de qualité ». « Quand les communes ont été obligées de passer à 4 jours et demi, elles en ont profité pour privatiser un sacré paquet d'agents municipaux », enchaîne la militante trotskiste, « certaines, en revenant 4 jours on réopérer des coupes budgétaires ». « La semaine à 4 jours permet aux personnels de ménage de ne pas faire le ménage le mercredi. (…) Il y a des écoles où les enseignants passent le balai. On est dans un problème de moyens et de recrutements d'agents municipaux. (…) On demande un périscolaire gratuit. » Dans les villes à 4 jours, « il y a très peu d'enfants qui restent le mercredi après-midi mais ils ne sont pas non plus en train d'errer dans les rues. A priori, les familles s'organisent. »
Au passage, l'oratrice demande l'abrogation la loi Debré qui encadre le financement par les collectivités des écoles privées : « l'argent public, c'est pour les écoles publiques ». « Rendre le parking de l'hôpital gratuit » La candidate prône une gestion des transports publics urbains en régie publique pour adapter les tarifs à toutes les situations particulière dont les familles monoparentales et les personnes en situation de handicap. « Les personnes qui ne sont pas dans le centre piéton ne viennent pas parce que le prix des stationnement est prohibitif et le prix des transport, pareil », poursuit Camille Joyeux qui considère, en particulier, que « les musées gratuits, c'est très bien pour les gens qui ont l'habitude d'aller au musée ». « Les populations de Mansart, des Grésilles, de Fontaine d'Ouche, qui sont aux extrémités de la ville, qui n'ont pas de possibilité de se rendre concrètement en centre-ville n'y vont pas. (…) On ne se déplace pas. (…) Ça fait partie d'une politique qui exclut, qui divise. »
Au passage, la militante anticapitaliste propose de « rendre le parking de l'hôpital gratuit » car « quand vous essayez de circuler autour de l'hôpital, même sans chercher à se garer, c'est compliqué ». Une seconde réunion de campagne Le meeting s'est terminé en lançant un appel au financement de la liste auprès des participants. Camille Joyeux a donné rendez-vous aux citoyens, le mercredi 11 mars, à 18 heures, salle Lucie Aubrac, pour la seconde réunion publique de campagne. Au-delà, le 30 mars prochain, à Chenôve, le Parti des travailleurs tiendra son assemblée générale départementale. Au programme, figure déjà la création d'un « comité électoral » pour « faire vivre la liste » après les municipales.
La composition de la liste « Pour la défense des services publics, contre l’économie de guerre » et les détails du mouvement sont décrits dans le communiqué du 1er mars et dans les mises à jour qui suivent. La liste est soutenue par le Parti des travailleurs mais les trois quarts des colistiers ne sont pas des membres du parti, précise Joyeux. Elle a été constituée en rencontrant les gens, en faisant du porte-à-porte et en échangeant sur les besoins immédiats de la population dijonnaise. Logement, handicap, éducation au cœur des priorités, avec la réhabilitation des logements insalubres, l’accueil petite enfance, le périscolaire, le budget aux écoles et l’accès au transport; la remunicipalisation de l’eau et des transports; et une attention particulière au handicap et à l’accessibilité urbaine.
- JOYEUX Camille, professeure des Ecoles, 40 ans
- MONIOTTE Christophe, responsable d’exploitation, 42 ans
- LYON Claire, responsable d’équipe, 42 ans
- CARILLO Franck, transporteur médical, 32 ans
- LOTH Karine, professeure des Ecoles, 51 ans
- DEFAUX David, AESH, 24 ans
- KINDT Emmanuelle, ouvrière en agro-alimentaire, 55 ans
- MONGILARDI Gilles, agent de fabrication, 42 ans
- COURVOISIER Sabine, éducatrice spécialisée, 36 ans
- SEULIN Louis, étudiant, 19 ans
- PETOT-MAUGRAS Nelly, assistante maternelle, 57 ans
- PAGET Paul, brasseur, 30 ans
- DAUER Amandine, adjointe administrative, 31 ans
- GAILLARD Jacques, enseignant retraité, 74 ans
- BALLAUD Elodie, éducatrice en protection de l’enfance, 41 ans
- DEFOSSE Nicolas, professeur des Ecoles, 29 ans
- BOUILAKMANE Nadia, monitrice éducative, 53 ans
- SOUCELIER Laurent, AESH, 42 ans
- LANNEAUX Audrey, médiatrice familiale, 44 ans
- BULLIER Rémi, sans emploi, 29 ans
- BARUET Tiphanie, assistante commerciale, 40 ans
- VIGNAUD Alexandre, enseignant, 46 ans
- PERRON Anne, assistante sociale, 43 ans
- SAUVAGEOT Nicolas, enseignant, 47 ans
- JEHANNO Marie, professeure des Ecoles, 43 ans
- CHUPIN Simon, adjoint technique, 53 ans
- CLEMENT Isabelle, retraitée, 63 ans
- PERRIN Guillaume, étudiant, 24 ans
- CHAHRAN Delphine, sans emploi, 49 ans
- DEMELIN Gaël, diagnostiqueur immobilier, 39 ans
- JOSSE Marie-Ange, aide-soignante, 48 ans
- RUFFIN Nathanaël, étudiant, 26 ans
- MAUME Christine, enseignante, 58 ans
- SAFIAH Mahmoud, retraité, 59 ans
- BARBEY JOUVET Jeannine, retraitée, 90 ans
- VAROL Tafik, technico-commercial, 38 ans
- PHILIPPOT Cindy, technicienne de laboratoire, 38 ans
- BOUIN Yves, retraité, 74 ans
- DA SILVA Léa, gestionnaire, 26 ans
- LAVANANT Yves, enseignant, 60 ans
- BASILIO Marie Thérèse, retraitée, 73 ans
- MARSOT Bruno, retraité, 67 ans
- VANDEL Marie, agent technique, 41 ans
- VARIOT Xavier, enseignant, 53 ans
- RICOUT Jeanne, professeure des Ecoles, 29 ans
- LEGRAND Yves, chef de projet informatique, 52 ans
- DELIANT Audrey, professeure des Ecoles, 49 ans
- ELJAOUI Talib, livreur installateur, 28 ans
- MONNOT Claudie, retraitée, 67 ans
- YENCESSE Xavier, masseur-kinésithérapeute, 42 ans
- THIEDEY Isabelle, retraitée, 78 ans
- JOYEUX Arthur, enseignant-chercheur, 42 ans
- DROIN Marie-Anne, retraitée, 69 ans
- BIERENT Nicolas, archéologue, 60 ans
- CHAVERIAT Concepcion, retraitée, 91 ans
- GAND-ROY Patrick, retraité, 75 ans
- RHETY Danielle, retraitée, 76 ans
- BONY Alain, retraité, 80 ans
Deux réunions publiques sont prévues. Composée de 59 personnes allant de 19 à 91 ans, la liste porte l’objectif de représenter les familles de travailleurs et d’exiger des mesures face aux coupes budgétaires et à la politique de guerre. Le positionnement de Camille Joyeux met en avant le logement, le handicap, et l’éducation comme axes centraux, avec une insistance sur la réhabilitation des logements insalubres et la nécessité d’un budget plus généreux pour les écoles afin de réduire les dépenses directes des familles.
