La cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers, située rue du Cloître Saint-Cyr, est un lieu particulièrement approprié pour comprendre la dimension religieuse et patrimoniale d’une communion solennelle. Elle présente la particularité de posséder deux chœurs opposés, l’un roman à l’Ouest, l’autre gothique à l’Est, résultat de la juxtaposition des édifices successifs.
Pour une célébration, la nef accueille les fidèles, tandis que le chœur constitue l’espace liturgique où se situe le maître-autel. La cathédrale offre ainsi un cadre exceptionnel, marqué par près de quinze siècles d’histoire, une crypte, une fresque romane du Christ en gloire et un vaste ensemble de vitraux contemporains.
Une cathédrale singulière par son architecture
Il convient tout d’abord d’expliquer l’originalité de cette cathédrale par la définition du chevet dans une église catholique, qui est son extrémité extérieure du côté du maître-autel, et à l’opposé de la façade principale dont l’architecture souvent monumentale accueille les fidèles. Une église a donc un plan précis, avec pour résumer et sur le même axe: la façade principale, la nef (où les laïcs et parfois le clergé assistent à l’office), souvent un transept puis le chœur (où se situe le maître-autel) et enfin le chevet (étant la partie extérieure du précédent).
Je parle bien d’un « plan type » courant pour les églises actuelles, qui s’est mis en place pendant le haut Moyen-Âge. Tout visiteur de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers pourra alors s’étonner de trouver deux chevets dans celle-ci. Chacun à une extrémité de l’église, le premier du XIe siècle est orienté à l’Ouest tandis que le second du XIVe regarde vers l’Est.
Le fait que le plus ancien ne soit pas orienté vers l’orient peut s’expliquer par la superposition des édifices religieux dès l’antiquité, reprenant la même position que le précédent, sur un site alors resserré dans ses remparts et contraint par son environnement architectural.

Une histoire religieuse qui remonte à l’Antiquité
Les premières traces d’un édifice de culte chrétien à cet endroit datent de la fin Ve-début VIe siècle avec une église dédiée à saint Gervais et saint Protais en lien avec le baptistère octogonal dont les restes ont été trouvés sous le chœur gothique. S’en suivent plusieurs étapes de reconstruction jusqu’à la cathédrale romane du début du XIe siècle dont le transept et le chœur ont été conservés.
De la création de l’évêché de Nevers au Vème-VIème siècle, il ne subsiste que les vestiges d’un baptistère, destiné, comme son nom l’indique, au baptême par immersion des premiers chrétiens. On peut voir les contours délimités par des lignes blanches dans la partie nord du déambulatoire.
Auparavant dédiée à Saint Gervais et Saint Protais, en 802 Saint-Cyr et Sainte-Julitte en deviennent les saints patrons. Charlemagne rêva d'être poursuivi en forêt par un sanglier. En implorant de l'aide, un enfant serait apparu et aurait promis de le sauver en échange d'un vêtement.
Le monarque accepta, l’enfant s’en alla, suivi du sanglier. Charlemagne raconta ce rêve à ses conseillers. Parmi eux, l'Évêque de Nevers expliqua que l’enfant était St Cyr, que le voile demandé évoquait la restitution des biens et la restauration de la cathédrale. Charlemagne, touché, versa de l'argent au diocèse de Nevers. L’édifice fut ainsi reconstruit !
Le chevet roman et le chœur gothique
L’abside (contenant le chœur) est élevée sur une crypte semi-enterrée. Sa voûte en cul-de-four est ornée d’une fresque du XIIe représentant un Christ en gloire dans une mandorle. Ce thème représente la Résurrection et doit être mis en lien avec la crypte qui symbolise le passage du Christ par la mort.
Le reste du bâtiment devait se composer d’une façade principale donnant sur la place du baptistère et d’une nef charpentée tout comme le transept. Cette partie fut détruite par un incendie et remplacée par une nef et un chœur de style gothique en 1211.
C’est de nouveau le feu qui entraina la reconstruction un siècle plus tard du chœur sur les bases conservées du précédent, orienté vers l’orient. Le chevet roman a été construit au XIe s (le pignon néogothique est un rajout de la fin du XIXe).
La tour (sous les échafaudages) a été érigée de 1509 à 1528. Le chevet gothique a été érigé au début du XIIIe puis reconstruit au XIVe et XVe suite à un incendie.
La destruction du chœur roman était sûrement programmée pour élever une façade à sa place. Bien qu’il fut épargné par l’incendie au XIIIe siècle, sa préservation peut être due à un manque de volonté politique, à l’importance de sa symbolique architecturale ou (et) à des problèmes des budgets.
Cette dernière raison expliquerait également l’abandon du projet de transept dans la partie gothique dont l’emplacement est aujourd’hui marqué par des portes latérales. C’est à cet endroit que l’axe du chœur gothique rompt avec l’axe général de l’édifice. Autre particularité qui fait la singularité de cette cathédrale.
La voûte du chœur roman est ornée d’une fresque du XIIe représentant un Christ en gloire. Le transept roman a également été conservé. La jonction entre la nef gothique et le transept roman est parfaitement visible.
Le chœur gothique a été construit aux XIVe et XVe siècles sur les bases de celui du siècle précédent. L’ensemble vu depuis la chapelle axiale du chœur gothique (son implantation légèrement désaxée par rapport à l’axe principale de la cathédrale se distingue à peine).
Un cadre adapté à une célébration solennelle
Dans une cathédrale, la communion solennelle peut prendre place dans un espace où l’architecture, la lumière et les œuvres d’art accompagnent la liturgie. La nef du XIIIe siècle, le chœur, le transept roman et les chapelles offrent plusieurs perspectives qui permettent de suivre la célébration.
La Cathédrale Saint-Cyr Sainte-Julitte, située rue du Cloître Saint Cyr, présente la particularité de posséder deux chœurs opposés ; l'un roman, l'autre gothique, résultat de la juxtaposition des édifices successifs. Des premières constructions aux ornements actuels, c'est près de 15 siècles d'histoire qui s'expriment à travers cet édifice.
Dans la première moitié du XIème siècle, une cathédrale de style roman voit le jour, avec un chœur orienté à l'Ouest orné d'une fresque du 12ème siècle. Récemment restaurée cette fresque, est considéré comme l'un des plus vastes décors à fresque couvrant.
Les siècles se succèdent et une autre cathédrale de style gothique est greffée aux parties romanes encore en place, avec un chœur rebâti dans un style gothique devenu «rayonnant ». Au 15ème siècle les chapelles des bas-cotés sont percées, la tour Boyer quant à elle est érigée au 16ème siècle.
Elle est ornée de statues de plus de 3 mètres de haut représentant des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament. La tour Bohier porte le nom de celui qui l’a fait construire, l’évêque Jean VIII Bohier.
La nef, le triforium et la tour Bohier
Le triforium Dans la nef du 13ème siècle, le triforium (galerie aveugle située à mi-hauteur des murs) est orné de statuettes de personnages et d’anges formant un ensemble absolument unique en son genre.
La tour de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte, dite « Tour Bohier », est le point culminant de la ville avec ses 52 mètres de hauteur, offrant de son sommet une vue à 360°. Les deux derniers étages sont ornés de 42 statues monumentales en pierre de Nevers, sculptées entre 1509 et 1528 et récemment restaurées.
D'une hauteur de 52 mètres, elle est ornée de statues de plus de 3 mètres de haut représentant des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que d'impressionnantes gargouilles. Pour aller les voir de plus près, il vous faudra grimper 285 marches ! Mais croyez nous, ça vaut le détour : vous aurez devant vos yeux un paysage que vous ne serez pas prêt d'oublier.

Les destructions et les restaurations
Classée aux Monuments historique en 1862, la cathédrale subira diverses restaurations. C'est le 20ème siècle et notamment la seconde guerre mondiale qui la marque profondément : un bombardement entre le 15 et le 16 juillet 1944 causent de graves destructions à la nef et au chevet gothiques.
La nuit du 16 juillet 1944, les alliés bombardent la gare de Nevers, mais malheureusement 2 bombes traversent le chœur gothique, ce qui cause d'importants dommages aux chapelles rayonnantes qui sont détruites, tout comme le mobilier liturgique et les vitraux.
La révolution de provoquée la destruction de son mobilier et de divers éléments, dont les tombeaux des Ducs. Elle devient le temple de la Raison avant d'être réaffectée au culte catholique en 1801.
En 1870, des travaux de restauration, dont le pignon du chevet roman, à l'ouest, sont entrepris par Ruprich-Robert (élève de Viollet-le-Duc.
Les travaux de restauration (1947/1966) ont permis de redécouvrir, lors de fouilles, le baptistère du VI° siècle, ainsi que le portail, de l'an mil, de l'église romane.
Les vitraux contemporains et la lumière de la célébration
La cathédrale présente un ensemble exceptionnel de vitraux contemporains, réalisés entre 1977 et 2009 en remplacement de ceux qui avaient disparu lors du bombardement du 16 juillet 1944 (voir les photos de la cathédrale bombardée, dans le déambulatoire sud). Plus de 1 000 m² de vitraux, œuvres de Viallat, Alberola, Ubac, Rouan et Honegger.
Cet ensemble, le plus grand d'Europe avec 130 baies et 1052 m2 de verrières, a été réalisé par les artistes Jean-Michel Alberola, Gottfried Honegger, François Rouan, Raoul Ubac et Claude Viallat en collaboration avec différents maîtres-verriers.
À part quelques débris de vitres losangées retrouvées sous les décombres de la cathédrale, les verrières n’étaient, pour la plupart, que de simples vitrages blancs posés sous l’instigation des chanoines, au XIXe siècle, pour une plus grande clarté. Le bombardement de 1944 a provoqué la destruction de la quasi totalité des vitraux de la cathédrale.
Après la reconstruction du bâtiment de pierre, l’État a engagé un programme de réalisation de nouvelles fenêtres avec le concours d’artistes contemporains. 1973 : Raoul Ubac est contacté pour réaliser les fenêtres du chœur roman. Ces vitraux seront réalisés de 1978 à 1983.
1987-1988 : sous la direction de Dominique Bozo, une équipe d’artistes est constituée : Claude Viallat, François Rouan, Gottfried Honneger, Jean-Michel Alberola et Markus Lupertz.

Les artistes qui ont travaillé dans la cathédrale se rattachent tous, plus ou moins, au courant non-figuratif qui s’est développé dans les années 50. Dans cette conception de l’art, seule l’abstraction pouvait transcender le désastre de la guerre et la condition de l’homme.
Les deux croisillons nord et sud du transept roman nous plongent dans le livre de l’Apocalypse : Au nord, les fenêtres nous parlent du chaos du monde, des destructions, des persécutions, du poids de la vie de l’homme, du péché (Ap 12-13).
En face, au sud, s’affiche la promesse : autour du Fils de l’homme, les vieillards et les anges louent Dieu ; l’ouverture du septième sceau annonce le triomphe des élus - 144 000, c’est à dire 12 fois 12 000 : une plénitude de plénitude (Ap 7-8).
Beaucoup d’espaces ont été volontairement laissés blanc, particulièrement dans le transept sud où est figurée la réalisation de la Promesse. Les espaces blancs sont toujours le signe de la présence de Dieu ; cette non-figuration évoque son immatérialité, son mystère : volonté d’Alberola « de laisser à l’imagination, au cœur et à l’esprit, la liberté d’aller au-delà de ce que l’on voit ».
Un parcours biblique dans le déambulatoire
Tout au long du déambulatoire Alberola développe un programme iconographique qui met en scène plusieurs épisodes de l’histoire du salut. Des scènes de la première alliance qui préfigurent l’incarnation (la création du monde, le sacrifice d’Abraham, Moïse et le buisson ardent, passage de la mer rouge…) ;
Les mystères de la vie de Marie (Annonciation, Visitation, Nativité, Présentation au Temple, Marie au pied de la croix, Descente de croix, Couronnement) ; Jean-Michel Alberola et les ateliers duchemin
Des témoins de la Parole, évangélistes et saints titulaires de la cathédrale (Gervais et Protais, Cyr et Julitte) ; La Pentecôte, la construction de l’Église que le peuple de Dieu, créateur avec Dieu, ne cesse d’édifier….
Chaque vitrail mérite une attention particulière : s’arrêter, recevoir son message, contempler, méditer… Le croyant peut cheminer dans la foi, porté par ce livre d’images figuratives ou abstraites.
Tous les hommes peuvent se laisser toucher par la vie nouvelle que la lumière apporte à cette église grâce au jeu des vitraux.
Les éléments à découvrir lors d’une visite
Dans une cathédrale réhabilitée, vous pourrez découvrir, outre le baptistère, le Christ sur la croix (œuvre en bois de 1080) le retable de la vie de Jean-Baptiste (XV° siècle), 1052 m² de vitraux contemporains, le chemin de croix en faïence de Nevers et encore tant de merveilles dont certaines malheureusement cachées pour cause de travaux de restauration des chapelles latérales.
Les chapelles latérales restaurées seront remises à la vue des visiteurs courant 2026, revenez les découvrir à ce moment-là. La partie romane est dorénavant visible mais pas accessible.
Accès et horaires de la cathédrale
La cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte se trouve Rue Abbé Boutillier, 58000 Nevers. Elle est également indiquée rue du Cloître Saint-Cyr, 58000 Nevers, France, Nièvre, Bourgogne-Franche-Comté, France.
La cathédrale est ouverte tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 17h. En période estivale, le monument ferme ses portes à 18h30.
Du samedi 21 juin 2025 au dimanche 21 septembre 2025 : Visite commentée de La Cathédrale de Nevers La première cathédrale de Nevers a été construite au VI° siècle sur le point le plus élevé de Nevers.
Ouverture pour les visites commentées : - Du samedi 21 juin au vendredi 4 juillet de 14h30 à 18h30 ; - Du samedi 5 juillet au mercredi 3 septembre de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30, pas de visite commentée le dimanche matin ; - Du jeudi 4 au dimanche 21 septembre de 14h30 à 18h30.
Visites commentées gratuites et sur demandes tous les jours, aux mêmes horaires. Information et inscription pour les visites à l'intérieur de la cathédrale.
La cathédrale dans la vie culturelle de Nevers
Objectif Cathédrales à Nevers se déroule du vendredi 18 septembre 2026 au dimanche 20 septembre 2026 à la Cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte, Rue du Cloitre Saint Cyr, 58000 Nevers, France, Nièvre, Bourgogne-Franche-Comté, France.
Venez découvrir 200 ans d'histoire de la photographie à travers celle de la cathédrale. Dès l’apparition des premiers procédés photographiques, les cathédrales ont été abondamment photographiées dans le cadre de l’étude des édifices ou des objets mobiliers, pendant les campagnes de travaux ou encore au lendemain de sinistres.
Les photographies, réalisées de 1883 à nos jours, témoignent à la fois de l’évolution des techniques photographiques et des transformations des cathédrales de la région au fil du temps.
Cette exposition se décline dans les six cathédrales de Bourgogne-Franche-Comté à Autun, Besançon, Dijon, Nevers, Saint-Claude et Sens. Vous pourrez en apprendre plus sur ces monuments exceptionnels et l'histoire de la photographie.
Visiter Nevers : patrimoine historique, monuments et lieux incontournables à découvrir
tags: #cathedrale #nevers #communion #solennelle