La reddition des troupes allemandes est obtenue sans violence, après l'encerclement de la ville par les forces de la Résistance du maquis du Limousin coordonnées par Georges Guingouin. La négociation revient à Jean d'Albis, correspondant local du consulat de Suisse à Lyon. Georges Guingouin, instituteur de métier, est à la tête du maquis du Limousin, dont les spécificités principales tiennent à la nature essentiellement rurale (avec un recrutement massif parmi les paysans) et à un souci constant de protéger les populations civiles.
Le mois de juin 1944 est marqué par le débarquement en Normandie, et plusieurs exactions sanglantes, comprenant le massacre de Tulle, le 9, et celui d'Oradour-sur-Glane, le 10. En juillet 1944, sans l'emporter de façon nette, les maquisards tiennent tête à l'ennemi et freinent sa progression lors de la bataille du Mont Gargan. Les FFI se rapprochent ensuite progressivement de Limoges. Forte de 8 000 hommes, l'armée de Guingouin encercle Limoges. Dès le 19 août, des négociations sont entreprises en vue d'une capitulation sans combats de la part des occupants.
Les protagonistes des pourparlers
L'action de l'abbé Remlinger, lui-même résistant, pousse en faveur du choix de Jean d'Albis, issu de la famille de porcelainiers Haviland (son père ayant épousé la fille de Théodore Haviland), pour incarner la négociation. Son ancienne fonction de correspondant pour le Limousin du consulat de Suisse à Bordeaux puis à Lyon lui vaut l'image d'une figure respectable voire « neutre »; les Allemands refusant de traiter directement avec Georges Guingouin, qualifié de terroriste. Dans les pourparlers, Philippe Liewer, alias « major Staunton », responsable de la mission interalliée, conduit la délégation britannique. Les Américains sont représentés par le capitaine Brown. Vigier et Guéry représentent respectivement les FFC et FFI. Outre Gleiniger, la délégation allemande comprend le lieutenant-colonel von Libich et le capitaine Stoll.
La réunion de négociation, qui se tient dans la villa Jouxtens, chemin de Saint-Lazare, en rive gauche de la Vienne, aboutit en fin d'après-midi à la rédaction d'un traité détaillant les « Conditions de reddition des troupes allemandes à une commission interalliée ».
La reddition et ses suites immédiates
La reddition du général Gleiniger, chef de la garnison allemande de Limoges, est obtenue le 21 août au soir, après que l'essentiel des troupes ennemies a déjà quitté la ville en fin d'après-midi. Elle est signée au siège de l'état-major allemand, hôtel de la Paix, place Jourdan. Le 22 août, la première réunion du Comité départemental de libération de la Haute-Vienne se tient à l'Hôtel du Commerce, situé en centre-ville de Limoges, en présence de deux représentants du Gouvernement provisoire de la République française.
La composition précise du Comité qui avait été préalablement décidée lors d'une réunion dans la nuit du 21 août, dans la mairie de Bosmie-l'Aiguille, diffère, ce qu'Albert Chaudier interprète comme prémices de tensions entre socialistes et communistes. C'est ce dernier qui est désigné à la tête du Comité, qui comprend entre autres François Fonvieille-Alquier, Luc Estang, Gaston Hyllaire et Robert Schmidt. La libération de Limoges demeure un épisode marquant de l'histoire de la ville.
La période de libération est ainsi marquée par des négociations habiles, une coordination entre maquis ruraux et troupes alliées, et une transition politique locale qui s'organise autour du Comité départemental de libération et de ses représentants provisoires.

Tableau synthèse des acteurs et dates clés
| Éléments | Détails |
|---|---|
| Chef du maquis | Georges Guingouin |
| Nombre estimé des forces | 8 000 hommes |
| Personne-clé de la négociation | Jean d'Albis |
| Durée de l'encerclement | Jusqu'au 21 août 1944 |
| Lieu des négociations | Villa Jouxtens, Saint-Lazare, rive gauche de la Vienne |
| Signataire de la reddition | Général Gleiniger |
| Date de la reddition | 21 août 1944 (au soir) |
| Réunion du Comité départemental | 22 août 1944, Hôtel du Commerce |
La libération de Limoges demeure un épisode marquant de l'histoire locale, incarnant à la fois une stratégie de redressement sans violence et une transition politique intérieure qui esquisse les équilibres entre socialistes et communistes à l'époque.
CEREMONIE MEMOIRE COMPAGNON LIBERATION GILBERT BUJEAC
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