Avec la série "J'apprends à reconnaître...", nous vous proposons de mettre en lumière des espèces observables sur le territoire du Parc national et d'améliorer nos connaissances naturalistes. Pour protéger, il faut connaître et s'émerveiller ! Le premier malentendu vient de leur nom puisqu'elles ne sont pas des rongeurs et ne sont pas chauves ! Elles sont des mammifères comme nous et représentent un cinquième des 6 500 espèces connues dans ce groupe à l'échelle mondiale !
En revanche, une de leurs particularités est de disposer d'ailes leur permettant de pratiquer le vol actif. Ces membres sont constitués de longs doigts reliés par le Patagium (cf. schéma suivant). La plupart d'entre elles utilisent l'écholocation pour situer les éléments de leur environnement et repérer leurs proies. Les ultrasons sont générés via leur larynx et émis par leur nez et leur bouche. Dans nos maisons, on retrouve principalement 5 espèces. Il s'agit de l'une des espèces de chauves-souris les plus petites et les plus courantes en France. Espèce souvent présente dans les vieux bâtiments. Reconnaissable à ses grandes oreilles et à son pelage gris qui tire vers le blanc sur la face ventrale.
C'est l'une des plus grandes chauves-souris européennes (jusqu'à 38 cm d'envergure). Strictement cavernicole en hiver, il est possible de la retrouver dans les combles et les greniers pendant la période de mise bas. Se reconnaît assez facilement à son pelage d'aspect laineux. Identifiable à la forme de son museau qui arbore une crête en forme de fer à cheval.
On estime qu'entre 2006 et 2019, les effectifs de chauves-souris se sont effondrés de 54% en France. Toutes les espèces sont aujourd'hui protégées par la loi. Vous prévoyez des travaux de rénovation de toitures ou du bâti ? Elles font partie des espèces impactées par la pollution lumineuse. Comme souvent, la connaissance de ces espèces est essentielle pour mieux les protéger.
Vous habitez ou visitez l'une des 20 communes du Parc national des Cévennes impliquées dans les Atlas de la biodiversité ? Il s’agit d’une communauté d’entraide pour l’identification des espèces animales et végétales.
La protection des chiroptères passe par la connaissance de leurs habitats, de leurs déplacements et des menaces comme la pollution lumineuse et les perturbations des sites de reproduction. Les zones humides et les milieux ouverts d'altitude jouent un rôle clé pour le cortège d'espèces montagnardes, tandis que les gîtes rocheux, les combles et les greniers offrent des refuges essentiels pendant les périodes sensibles.
Répartition et habitats des chauves-souris au Parc national
Le cortège d'espèces observé est typique des milieux ouverts d'altitude : sérotine de Nilsson, pipistrelle commune, oreillard. Cet unique passage d'inventaire confirme aussi une fois de plus la forte attractivité des zones humides (tourbières et marais principalement) au même titre que les lacs et autres zones avec présence d'eau stagnante. Le second passage met en évidence une activité chiroptérologique et une richesse spécifique assez élevée.
- Territoires de chasse autour des lacs et zones d'éboulis, avec déplacement occasionnel en altitude.
- Pelouses où l'activité est élevée, indiquant un territoire de chasse majeur pour de nombreuses espèces.
- Influences possibles des microclimats et des conditions hydriques locales sur l'abondance des insectes et l’activité nocturne.
Les observations réalisées au niveau du lac et de la zone d'éboulis illustrent bien ce type d’écosystème: territoire de chasse pour les espèces montagnardes et zone de déplacement plus restreinte autour de l’éboulis. La zone humide en amont du lac demeure un point fort d’observation, même par températures relativement basses, montrant que les chiroptères peuvent rester actifs dans des conditions variées.
En France, les exigences de protection et les données de suivi montrent un déclin généralisé des populations de chiroptères. La Vigie-Chiro, lancée en 2022, vise un suivi de long terme sur la présence et l’abondance des espèces en périphérie des zones protégées et permettra d’évaluer l’évolution nationale des effectifs. Actuellement, 10 espèces ont été identifiées au cours des inventaires de 2021, avec certaines confirmations supplémentaires et des espèces probables basées sur les séquences sonores. Ces résultats soulignent l’importance d’un protocole rigoureux et la nécessité de poursuivre les relevés acoustiques et les observations in situ.
Idées-actions pour les visiteurs et les habitants
- Éclairages publics adaptés et réduction de la lumière nocturne dans les villages et aux abords des bâtiments historiques.
- Préserver les sites de reproduction et les gîtes en évitant les travaux destructifs sans évaluation chiroptérologique.
- Participer à des Atlas de la biodiversité ou des programmes locaux d’inventaire et de surveillance.
La connaissance des espèces et de leurs habitats aide à protéger ces mammifères, souvent mal comprises. En parallèle, les activités humaines comme la rénovation de toitures ou l’urbanisation doivent être planifiées avec sagesse pour limiter les impacts sur les chiroptères et préserver leur rôle écologique crucial dans le contrôle des populations d’insectes.

Comment les chauves-souris s’orientent ?
Les données des Atlas et des suivis régionaux montrent que les zones humides et les milieux d’altitude abritent un cortège varié d’espèces et que leur présence est fortement liée à la disponibilité des habitats aquatiques et des insectes échassés autour des lacs et des marais. Pour les personnes vivant ou visitant les Cévennes, s’informer sur les espèces locales et soutenir les initiatives de protection peut contribuer à maintenir l’équilibre fragile des populations de chiroptères.