Le tombeau vide et le passage vers la vie nouvelle: résumé et méditation sur la Résurrection

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La bonne nouvelle de la résurrection part d’un fait dont le sens n’est pas évident : le tombeau de Jésus est vide. A-t-on déplacé son corps ? Marie-Madeleine pense à cette possibilité. Avec elle, les apôtres de Jésus cherchent à comprendre. On les voit courir pour vite se partager la nouvelle et trouver une explication. Marie-Madeleine ne comprend pas ! Pierre non plus. Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. »

Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée.” Un tombeau vide et ouvert est un témoignage rendu à la Résurrection. Un tombeau vide, qui plus est vidé et ouvert, peut sembler illogique; mais c’est précisément le signe par lequel se révèle le passage de Jésus de la mort à la vie. Lorsqu’elle rencontre Jésus ressuscité - qu’elle prend pour le jardinier - Marie-Madeleine lui demande de lui rendre le corps pour le remettre dans le tombeau. Un tombeau s’est fait pour être rempli et fermé. Vendredi soir, on avait bien pris soin de mettre Jésus dans un tombeau et de le refermer avec une pierre. Or depuis ce matin de Pâques, le tombeau qu’occupait Jésus est vide et ouvert. C’est un témoignage rendu à la Résurrection de Jésus. C’est pourquoi, depuis ce jour, certains n’ont cessé de vouloir le remplir de nouveau et de le fermer définitivement, cette fois.

tombeau vide et résurrection

Dans l’évangile de Matthieu, on rapporte l’histoire des soldats qui gardaient le tombeau et qui sont priés de répandre l’histoire, qui, on doit le reconnaître, a toutes les apparences pour elle. Ses disciples sont venus de nuit voler le corps. D’ailleurs, à bien des reprises dans l’histoire, on a cherché et même annoncé qu’on avait trouvé le vrai tombeau de Jésus en Inde ou même à Jérusalem, sans cependant trop de preuves patentes. Depuis que ce tombeau de Jésus est vide, il reste comme une anomalie. Pour ceux qui ont la foi, il est signe du passage de Jésus. Pour les autres, il faut qu’il soit de nouveau occupé, d’une manière ou d’une autre. Si on n’arrive plus à mettre la main sur Jésus, on va remplir le tombeau de ses apôtres, de ses disciples, en un mot des chrétiens. On va s’acharner sur ceux qui ont pris la relève de Jésus et qui ont annoncé sa Résurrection. C’est que l’Église continuant d’assurer au milieu des hommes la présence du Christ, assume en quelque sorte ce rôle de substitution.

EDEN " Le tombeau est ouvert " FEAT KONE FONTALY

La résurrection comme passage et promesse

Aujourd’hui, dans un jardin, Jésus ouvre la porte du paradis. Il brise par sa mort et sa Résurrection les portes de l’enfer. Le tombeau est ouvert, et ne se refermera pas. Ceux qui sont associés à Jésus dans le baptême sont aussi appelés à passer cette porte de la vie éternelle, de la vie retrouvée avec Dieu. Au jour de la Résurrection, nous sommes mis devant ce tombeau ouvert et vide. Nous ne pouvons pas nous dérober à la question qu’il pose : croyons-nous que Jésus est ressuscité et qu’avec lui nous passerons de la mort à la vie ?

Trois témoins ce matin illustrent nos réactions possibles : Marie-Madeleine, Pierre et Jean. Jean a vu et il a cru. Ce signe du tombeau vide lui a permis de comprendre tout l’enseignement qu’il avait reçu de Jésus et ce qu’il avait vu dans les derniers jours de la Cène au Golgotha. Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

La méditation suit le lien entre la peur et l’espérance: le Carême s’achève, et la lumière pascale demande de garder l’intensité du sens, de cheminer ensemble. Le texte du jour montre que ce n’est pas une joie superficielle; c’est une invitation à comprendre le mystère de la résurrection. Comme Marie-Madeleine et les Apôtres, nous sommes appelés à cheminer vers une connaissance plus profonde de ce que signifie que Jésus est ressuscité et qu’avec lui nous passons de la mort à la vie.

femmes au tombeau et ange

Dimensions théologiques et bibliques

Le texte évoque une tension entre la tradition des trois jours et trois nuits et l’annonce de la résurrection au premier jour de la semaine. Matthieu 12,40, Jonas, et les différents récits permettent de réfléchir à la manière dont les évangiles articulent le temps pascal et son symbolisme plutôt que des détails chronologiques stricts. Les passages décrivent aussi des témoins-Joseph d’Arimathie, Nicodème, Pierre, Jean-qui passent d’un rôle pudique à une foi publique et audacieuse. Messie ou Christ signifie celui qui a reçu l’onction et qui est sacré comme roi et prophète; le baptême confère cette onction au chrétien, le rendant prêtre, prophète et roi dans le service du monde. Ainsi, la Résurrection ne se comprend pas seulement comme un événement passé, mais comme une réalité qui transforme la vie des croyants au quotidien et les invite à porter le parfum de la connaissance de Dieu partout où ils vont.

La liturgie de Pâques introduit l’Évangile par Victimae paschali laudes et rappelle que la vie nouvelle se déploie en communauté: en Église, en famille, entre amis. Le chemin pascal, à travers les chapiteaux auvergnats et les arts, rappelle que la résurrection est une expérience vivante qui appelle chacun à une conversion continue et à une conversion renouvelée au quotidien. Le Chemin de croix, quand il est suivi comme contemplation active, prépare à entrer dans le mystère de l’amour du Père et à accueillir la résurrection comme fin et source de l’espérance.

  1. La pierre qui roule: la confirmation que le tombeau est vide annonce la résurrection et non une disparition.
  2. Les témoins: Marie-Madeleine, Pierre et Jean témoignent des réactions humaines face à l’événement divin.
  3. La vie nouvelle: la résurrection appelle à une foi active, à la rencontre du Ressuscité, et à une vie transfigurée.
  4. Le chemin de Pâques: marcher avec les femmes et les apôtres, désirer rencontrer le Ressuscité, le suivre à sa table, et laisser Jésus nous conduire.

Les pierres fraîches sur le chemin, représentant peurs et échecs, ne peuvent pas arrêter la puissance de la résurrection qui roule les pierres et ouvre des perspectives nouvelles. Jésus peut et veut déplacer les obstacles qui entravent notre foi et notre avenir; il invite chacun à déposer ses pierres et à suivre son exemple pour vivre la vie éternelle dès maintenant.

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