Citation de Colette Chandeleur : les liens entre littérature, nature et célébration du monde

La citation de Colette la plus directement liée à l’esprit de la Chandeleur est : « Mon imagination, mon orgueil enfantins situaient notre maison au centre d’une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur n’échappait tout à fait à l’influence de ma mère. » Elle permet d’évoquer un monde familial, naturel et lumineux, observé avec les yeux émerveillés de l’enfance.

La Chandeleur célèbre précisément la lumière, le retour progressif des beaux jours et la relation entre les traditions familiales et les cycles de la nature. Les crêpes, rondes et dorées, rappellent le soleil et évoquent les jours plus longs et le retour du printemps.

La citation de Colette la plus adaptée à la Chandeleur

« Mon imagination, mon orgueil enfantins situaient notre maison au centre d’une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur n’échappait tout à fait à l’influence de ma mère. »

Cette citation de Sido est particulièrement représentative de l’univers de Colette. La mère de Colette est au centre d’une « rose des vents », c’est-à-dire qu’elle est un repère pour Colette enfant.

Cette citation donne donc toute son importance à l’enfance : célébrer le monde, c’est le regarder avec des yeux émerveillés d’enfant, un regard subjectif, faussé par l’imagination et l’orgueil. Ainsi, à travers la célébration de la famille et de la Nature, Colette enfant trouve des repères, elle se construit, et Colette écrivain trouve des images novatrices.

La rose des vents, instrument de navigation, se confond avec le monde lui-même « rose de jardins » voire avec le soleil qui serait en même temps une fleur, une « rose de rayons ».

Colette enfant dans un jardin familial

Pourquoi cette citation correspond-elle à la Chandeleur ?

La Chandeleur est une fête qui a des origines à la fois païennes et chrétiennes. La fête chrétienne trouve ses origines dans le paganisme, où cette période marque la fin de l’hiver.

On parle de fête des Chandelles. On dit adieu à la grisaille, la nature revient. Les jours s’allongent, le soleil brille à nouveau et les fleurs commencent à s’épanouir.

La lumière revêt un rôle très important dans la Chandeleur aussi, qui prend son nom des bougies qui sont bénites au cours de cette récurrence. Les bougies et leur lumière symbolisent Jésus-Christ, qui à l’occasion de sa visite au Temple fut justement défini par le vieux Siméon « Lumière pour éclairer les nations » (Luc 2 :32).

La lumière était également la protagoniste des anciennes fêtes païennes qui célébraient la fin de l’hiver, le retour de la lumière et de la chaleur après la froide obscurité hivernale, l’espoir d’un printemps encore distant, mais que l’on savait bientôt présent.

La citation de Colette rejoint cet imaginaire par ses « jardins », ses « vents » et ses « rayons ». Elle ne décrit pas seulement un lieu : elle transforme la maison familiale en centre vivant d’un univers naturel et lumineux.

La Chandeleur : une fête de la lumière et du renouvellement

Le 2 février nous fêtons la présentation de Jésus au temple. Connue également comme la fête de la purification de Marie, ou Chandeleur…

Tout le monde connait les proverbes liés à la Chandeleur. Moins connue est probablement l’origine de cette fête qui tombe le 2 février, quarante jours après Noël, qui célèbre la purification de Marie après l’accouchement et surtout la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem (Luc 2,22-39), comme il l’était prescrit par la Loi juive pour tous les premiers-nés mâles.

À l’époque, la tradition juive voulait que les premiers nés soient présentés au temple dans les 40 jours après leur naissance. Celle de Jésus ayant été fixée au 25 décembre, la Chandeleur tombe chaque année le 2 février, C’est d’ailleurs ce jour-là que la crèche est retirée dans la tradition provençale.

Les Hébreux fêtaient les relevailles de la mère par une cérémonie de purification. De nos jours les gourmands retiennent plus volontiers la tradition de la dégustation des crêpes.

Comme beaucoup d’autres fêtes religieuses, la Chandeleur a été empruntée à une fête païenne antécédente, les Lupercales. Ce fut Pape Gélase Ier autour de l’année 474 apr. J.-C. qui décréta l’abolition des Lupercales, ancienne fête romaine célébrée à la mi-février et qui prévoyait l’usage de flambeaux, bougies et rites de purification.

Une autre des traditions religieuses à l’origine de la Chandeleur est l’ancien rite journalier du Lucernaire, qui dans l’église primitive prévoyait, à l’occasion des prières du soir, l’allumage d’une lampe au coucher du soleil.

La lumière de la lampe défiait les ténèbres naissantes et symbolisait Christ qui avait vaincu la mort et le péché.

Les crêpes, le soleil et la célébration du monde

Et les crêpes alors ? Par leur forme ronde et dorée, elles rappellent le soleil et évoquent les jours plus longs et le retour du printemps.

Les crêpes rondes, et de couleur jaune doré, sont le symbole du soleil.

La Chandeleur associe donc la lumière naturelle, la chaleur retrouvée et la convivialité familiale. Cette association rappelle l’écriture de Colette, qui transforme les éléments ordinaires - une maison, un jardin, un animal, un rayon de lumière - en signes d’un monde à célébrer.

Les proverbes sur la Chandeleur appartiennent au patrimoine folklorique de notre pays, mais puisent leur sagesse aussi dans les origines mêmes de cette fête, entre religion et paganisme.

Le mélange entre religion et paganisme, entre sacré et profane, la forte influence exercée par la tradition populaire, surtout au sein du monde paysan, qui était si indissolublement lié au cycle des saisons, a créé une série de dictons influents et à l’histoire fascinante, différents en fonction de la région.

Crêpes dorées évoquant le soleil

Des citations de Colette pour parler de la Chandeleur

« Mon imagination, mon orgueil enfantins… »

« Mon imagination, mon orgueil enfantins situaient notre maison au centre d’une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur n’échappait tout à fait à l’influence de ma mère. »

Cette citation permet de montrer que le monde est perçu à travers la mémoire et l’imagination. La fête de la Chandeleur peut elle aussi être comprise comme une expérience d’enfance, transmise par les gestes familiaux, les recettes et les dictons.

La mère de Colette est au centre d’une « rose des vents », c’est-à-dire qu’elle est un repère pour Colette enfant. Cette citation donne donc toute son importance à l’enfance : célébrer le monde, c’est le regarder avec des yeux émerveillés d’enfant, un regard subjectif, faussé par l’imagination et l’orgueil.

« Je voudrais dire, dire, dire… »

« Je voudrais, dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je devine, tout ce qui m'enchante et me blesse et m'étonne… »

Le verbe « je voudrais » au conditionnel annonce bien ce que Colette à l’intention de faire dans ce recueil : exactement comme le rossignol, se libérer par son chant, c’est-à-dire, son écriture, qui est le chant des poètes et des écrivains.

D’ailleurs on entend bien dans la musicalité des mots, dans la répétition du verbe « dire » presque chanté, une volonté de célébration. Et le monde aussi se trouve dans cette citation, à travers le mot « tout » en anaphore rhétorique.

Or, ce « tout » est étrangement contradictoire, « tout ce que je devine » laisse une place aux mystères du monde, l’inconnu. Ce monde est merveilleux, « enchanteur » et pourtant, il est « blessant » (c’est un paradoxe).

Cette citation peut accompagner une réflexion sur la Chandeleur en insistant sur la parole populaire : les dictons, les proverbes et les formules liées aux crêpes donnent une voix à l’expérience collective.

« La chatte, mon modèle, la chatte, mon amie »

« J'abandonnai la chatte à ses démons et retournai l'attendre [à] la table où, [. ] gît, veille ou repose sous ma lampe la chatte, mon modèle, la chatte, mon amie. »

Ici c’est frappant, la chatte se dédouble : il y a celle qui reste dans le jardin, en proie à ses démons (les matous qui veulent la séduire), et il y a l’autre, « à la table de travail, sous la lampe ».

C’est une complice qui assiste l’autrice dans son travail d’écriture. Tout au long des Vrilles de la vigne, Colette observe les animaux, et leur donne même souvent la parole.

La chatte est à la fois « modèle et amie » : l’amitié, c’est le lien empathique de Colette avec tout ce qui vit ; le modèle, c’est un moyen de se trouver, de répondre à une quête d’identité.

Cette présence animale peut être rapprochée des traditions de la Chandeleur, dont plusieurs dictons observent le comportement des animaux, des récoltes et du temps pour interpréter l’évolution de l’hiver.

Dictons français sur la Chandeleur

La plupart des proverbes concernant la Chandeleur concerne les conditions atmosphériques présentes et du futur immédiat.

Selon la sagesse populaire, si le jour de la Chandeleur, le 2 février, il pleut, il neige ou il vente, cela déterminera l’arrivée précoce ou tardive du printemps.

Il est fascinant de voir comment les dictons changent en fonction de la région, jusqu’à arriver à se contredire ouvertement.

DictonInterprétation traditionnelle
À la Chandeleur, les jours rallongent de la longueur d’une chandelle.La lumière du jour augmente progressivement.
Quand il pleut pour la Chandeleur, il pleut pendant quarante jours.La pluie du 2 février annoncerait une longue période humide.
À la Chandeleur, pluvieuse ou claire, quarante jours d’hiver avons à faire.L’hiver serait encore présent pendant quarante jours.
À la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur.Le temps observé marquerait l’évolution de l’hiver.
Chandeleur sans chaleur, crêpes sans odeur.Le froid est associé à une fête moins chaleureuse.
Chandeleur derrière, je me moque de l’hiver.La période la plus difficile de l’hiver serait passée.

Les dictons liés au temps

  • À la Chandeleur, les jours rallongent de la longueur d’une chandelle.
  • Quand il pleut pour la Chandeleur, il pleut pendant quarante jours.
  • À la Chandeleur, pluvieuse ou claire, quarante jours d’hiver avons à faire.
  • Chandeleur sans chaleur, crêpes sans odeur.
  • À la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur.
  • Chandeleur à ta porte, c'est la fin des feuilles mortes.
  • À la Chandeleur, grande neige et froideur.
  • Chandeleur derrière, je me moque de l’hiver.
  • Rosée de Chandeleur, il pleut sur la javelle (moisson).
  • Si le jour de la Chandeleur le soleil brille dès son lever, il y aura des noix auprès des noyers.

Les dictons français ne donnent pas tous le même présage. Certains annoncent la fin de l’hiver lorsque le temps est clair, tandis que d’autres associent le soleil à la prolongation de la saison froide.

Les dictons liés aux récoltes et à la prospérité

  • Si point ne veux de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur.
  • À la Chandeleur, il faut manger de la soupe dorée pour avoir de l’argent toute l’année.
  • Qui mange des crêpes quand la Chandeleur est arrivée, est sûr d’avoir argent pendant l’année.
  • Si la Chandeleur est goutteuse, les vaches sont laiteuses et les poules pondeuses.
  • À la Chandeleur venue, range le rouet et prend la charrue.
  • À la Chandeleur, Quéré fait des crêpes jusqu'à pas d'heure.
  • À la Chandeleur, Rose n'en sentira que l'odeur.

Les crêpes de la Chandeleur étaient aussi associées à la prospérité. Un proverbe dit « Qui mange des crêpes quand la Chandeleur est arrivée, est sûr d’avoir argent pendant l’année ».

Les traditions de la Chandeleur

Plusieurs traditions y sont associées, comme celle de faire sauter la première crêpe de la main droite en tenant un louis d’or (ou une pièce) dans la main gauche.

Certains, notamment dans le Sud-Ouest, placent même la première crêpe en haut d’une armoire pour assurer bonheur et prospérité au foyer toute l’année.

De nos jours, en France, en Belgique et en Suisse romande, on mange traditionnellement des crêpes dans une ambiance festive le jour de la Chandeleur.

Un usage commun des chrétiens en cette occasion, indépendamment des professions religieuses, est celle d’apporter les bougies à l’église afin de les faire bénir.

Et pour conclure, une recette de pâte à crêpes. même si l’on sait que chaque famille à sa propre recette … qui est la meilleure !

La Chandeleur dans les proverbes et les formules populaires

Les proverbes sur la Chandeleur appartiennent au patrimoine folklorique de notre pays, mais puisent leur sagesse aussi dans les origines mêmes de cette fête, entre religion et paganisme.

Cette variété de suggestions aux origines de cette fête nous permet de comprendre pourquoi les proverbes sur la Chandeleur sont si nombreux.

La forte influence exercée par la tradition populaire, surtout au sein du monde paysan, qui était si indissolublement lié au cycle des saisons, a créé une série de dictons influents et à l’histoire fascinante, différents en fonction de la région.

  • « À la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur. » - Dicton français
  • « Les crêpes, c’est comme les Français : elles retombent toujours du même côté. » - Frédéric Dard
  • « Mardi gras ne t’en va pas ! Je ferai des crêpes et t’en mangeras ! » - Proverbe français
  • « Trop de crêpes, trop d'étoffes noires, la tristesse est à l'extérieur. » - Jean Mistler
  • « Je suis dans l’armée, je tiens pas un stand de crêpes. » - Kaamelott

La formule de Frédéric Dard introduit une dimension humoristique dans l’univers des citations sur les crêpes : « Les crêpes, c’est comme les Français : elles retombent toujours du même côté. »

La Chandeleur associe ainsi plusieurs registres : la tradition religieuse, les croyances agricoles, l’humour, la mémoire familiale et la célébration de la nature.

La nature dans l’œuvre de Colette

La célébration du monde, c’est le regarder avec des yeux émerveillés d’enfant, un regard subjectif, faussé par l’imagination et l’orgueil.

Ainsi, à travers la célébration de la famille et de la Nature, Colette enfant trouve des repères, elle se construit, et Colette écrivain trouve des images novatrices.

Tout au long des Vrilles de la vigne, Colette observe les animaux, et leur donne même souvent la parole.

Et ainsi, la chatte, comme tous les personnages rencontrés dans ce recueil (les animaux, Valentine, Claudine, la dame qui chante, la danseuse, etc.) sont autant de miroirs qui révèlent des facettes que Colette nous confie de manière à peine voilée…

L’écriture est un acte de confiance libératoire. En allant ainsi vers l’inconnu, la célébration du monde devient une véritable quête initiatique.

Cette approche permet de comprendre pourquoi une citation de Colette peut accompagner une réflexion sur la Chandeleur : la fête ne se réduit pas à la dégustation des crêpes, mais rassemble la lumière, les saisons, les liens familiaux, la mémoire et l’attention portée au vivant.

COLETTE. Comment faire une dissertation sur "SIDO" et "LES VRILLES DE LA VIGNE" ; de Colette ?

Formulations courtes pour une citation sur la Chandeleur

  • « La Chandeleur est la fête de la lumière retrouvée et des souvenirs partagés autour des crêpes. »
  • « Les crêpes rondes et dorées rappellent le soleil et annoncent symboliquement le retour du printemps. »
  • « À la Chandeleur, la tradition familiale transforme une simple crêpe en signe de prospérité. »
  • « Chez Colette comme dans les traditions de la Chandeleur, la nature devient un monde vivant à observer et à célébrer. »
  • « La citation de Colette sur la maison entourée de jardins, de vents et de rayons évoque un univers familial placé sous le signe de la lumière. »

tags: #citation #colette #chandeleur