Comment savoir si le baptême dans l’Esprit est bien le Saint Esprit

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Après le Concile Vatican II, beaucoup de choses dans la vie de l’Église furent renouvelées - la liturgie, le souci pastoral, le code de droit canon,les constitutions des ordres religieux et leur habits. Bien que toutes ces choses soient importantes, elles sont seulement extérieures et malheur à nous si nous nous arrêtons là, et pensons que la tâche est terminée, parce que ce ne sont pas seulement les structures mais les âmes qui sont importantes pour Dieu. Le Renouveau est un renouveau dans lequel Dieu, et non pas l’homme,est l’artisan principal. Habituellement, nous avons tendance à voir les choses selon une perspective prométhéenne : au départ, il y a notre effort - organisation, efficacité, réformes, bonne volonté - avec la terre, comme le centre que Dieu vient renforcer et couronner par Sa grâce. Notre oeuvre est au centre. Nous devons - sur ce point, la parole de Dieu lance un cri - "redonner le pouvoir à Dieu" (Ps 68,35), parce que "le pouvoir appartient à Dieu" (Ps 62,12). Pendant trop longtemps, nous avons usurpé ce pouvoir à Dieu, en l’exerçant comme si c’était le nôtre, comme s’il nous revenait de ‘’diriger’’le pouvoir de Dieu. Le Baptême dans l’Esprit n’est pas un sacrement, mais il est relié au sacrement, à plusieurs sacrements en fait, aux sacrements de l’initiation chrétienne.

Le cadre théologique et le lien avec les sacrements

Le Baptême dans l’Esprit authentifie et en un sens renouvelle l’initiation chrétienne. La relation première est avec le sacrement du Baptême. Nous croyons que le Baptême dans l’Esprit authentifie et revitalise notre Baptême. La théologie catholique utilise le concept de sacrement "valide" mais "entravé". Un sacrement est entravé quand les fruits qui devraient l’accompagner ne germent pas à cause de certains obstacles. Dans de telles circonstances, ces sacrements ne peuvent apporter aucune grâce à ceux qui les reçoivent jusqu’à ce que l’obstacle du péché soit enlevé par la pénitence. Dans le cas du Baptême, quelle est la cause qui garde entravé le fruit du sacrement ? Les sacrements ne sont pas des rites magiques qui agissent mécaniquement, sans la connaissance de l’homme ou sans réponse de sapart. Leur efficacité est le fruit d’une synergie ou coopération entre la toute-puissance divine et la liberté humaine, parce que, comme le disait St Augustin, "Celui qui t’a créé sans ta coopération, ne te sauvera pas sans ta coopération".

Mais en quoi consiste dans le Baptême l’Opus operantis, c’est-à-dire la part de l’homme ? Il consiste dans la Foi ! "Celui qui croit et sera baptisé sera sauvé" (Mc 16,16). Du côté du baptême, par conséquent, il y a un autre élément : la foi de l’homme. Au commencement de l’Église, le Baptême était un événement tellement puissant et tellement riche en grâce qu’il n’y avait aucun besoin normalement d’une nouvelle effusion de l’Esprit comme nous l’avons aujourd’hui. Le Baptême était administré à des adultes qui s’étaient convertis du paganisme et qui, correctement instruits, étaient en situation de faire à l’occasion du Baptême un acte de foi et un choix libre et mûr. Il suffit de lire les catéchèses mystagogiques sur le baptême, attribuées à Cyrille de Jérusalem, pour comprendre à quelle profondeur de foi ceux qui demandaient le baptême étaient conduits. Parce que nous avons été baptisés enfants, petit à petit, cet aspect de l’acte de foi libre et personnel n’apparaît plus. Il a été remplacé par une décision prise par un intermédiaire - parents ou parrain/marraine. Maintenant, cependant, ce n’est plus le cas.

Et notre environnement spirituel est pire que celui du Moyen-Âge : ce n’est pas un environnement susceptible d’aider un enfant à s’épanouir dans la foi. Dans cette situation, la personne baptisée n’atteint que rarement voire jamais le stade de la proclamation dans le Saint Esprit que „Jésus est Seigneur“. Et tant qu’on n’a pas atteint ce point, tout le reste, dans la vie chrétienne, demeure étranger au coeur et immature. C’est là que je perçois la signification de l’effusion de l’Esprit. L’Église et les évêques s’inquiètent depuis quelques années de ce que les sacrements chrétiens, en particulier le Baptême, soient administrés à des gens qui n’en feront aucun usage dans leur vie. On a même suggéré que le Baptême ne devait pas être administré à moins qu’il n’y ait quelques garanties minimum d’enseignement et d’encouragement de l’enfant. Dieu s’est-il inquiété de cette situation, avant même l’Église, pour avoir suscité ici et là dans l’Église des mouvements destinés à renouveler l’initiation chrétienne chez les adultes ?

Le don de Dieu, la coopération humaine et les signes

Son efficacité à réactiver le Baptême repose sur la "part" de l’homme. Il fait alors un choix de foi, préparé dans la repentance, ce qui permet à Dieu de travailler librement et de communiquer toute sa force. C’est comme un interrupteur de courant qui n’aurait jamais été ouvert. Le Don de Dieu est finalement ‘’désentravé’’ et l’Esprit peut se répandre comme un parfum, dans la vie chrétienne. En plus du renouvellement de la Grâce du Baptême, un "oui" délibéré à son Baptême, à ses fruits et à ses engagements, et dans la mesure où il lui est lié, à la Confirmation aussi. La Confirmation développe, confirme et accomplit le travail du Baptême. Elle fait naître le désir d’une vie apostolique et missionnaire dans l’Église, ce que l’on remarque habituellement chez ceux qui reçoivent l’effusion de l’Esprit.

Le baptême dans l’Esprit n’est pas le seul moyen de renouvellement des sacrements de l’initiation. Aussi n’est-il pas difficile de découvrir dans les vies des saints, la présence d’une effusion spontanée, spécialement à l’occasion de leur conversion. La différence avec le Baptême dans l’Esprit cependant, est qu’il est offert à tout le peuple de Dieu, petits et grands, et pas seulement aux privilégiés qui font les Exercices Spirituels de St Ignace ou une profession religieuse. Ce dont nous parlons n’est pas théorique mais quelque chose que nous avons nous-même expérimenté et par conséquent, nous pouvons dire avec Jean : "Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nos mains ont touché, c’est cela même que nous vous annonçons, afin que vous soyez en communion avec nous" (voir 1 Jean 1,1-2).

Il y a certainement des précédents bibliques, comme celui raconté en Actes 8,14-17, quand Pierre et Jean, ayant entendu dire que des Samaritains avaient accueilli la Parole de Dieu, s’y rendirent, prièrent pour eux et leur imposèrent les mains de telle sorte qu’ils puissent recevoir le Saint Esprit. Par conséquent, l’explication est dans le plan de Dieu. Nous pourrions dire, en paraphrasant un mot célèbre de l’apôtre Paul : "Parce que les chrétiens, avec toute leur organisation, n’étaient pas capables de transmettre le pouvoir de l’Esprit, il a plu à Dieu de renouveler les croyants à travers la folie de l’effusion." Dans l’effusion, il y a une part secrète et mystérieuse de Dieu, qui est sa manière de se rendre présent et d’agir différemment pour chacun, parce que lui seul nous connaît intimement et sait ce dont notre croissance a besoin. Il y a aussi la part extérieure et commune, la même pour tous et qui constitue, en un sens, une sorte de signe - comme le font les sacrements. La partie visible ou communautaire consiste principalement en trois choses : l’amour fraternel, l’imposition des mains et la prière. Ce sont des éléments non-sacramentaux, simplement ecclésiaux.

De ceux qui sont autour de nous ? Non ! De la personne qui la reçoit ? Non ! Elle vient de Dieu ! Nous pouvons seulement dire qu’une telle Grâce est reliée au Baptême, parce que Dieu agit toujours avec cohérence et fidélité, et il ne fait pas quelque chose pour le défaire ensuite. Une chose est certaine : ce ne sont pas les frères qui communiquent le Saint Esprit, mais ils invoquent le Saint Esprit sur leur frère. Le Saint Esprit ne peut être donné par aucun homme, pas même le pape ou un évêque, parce qu’aucun homme possède en lui-même le Saint Esprit. Seul Jésus peut donner le Saint Esprit : tous les autres ne possèdent pas le Saint Esprit, mais sont possédés par Lui. Nous croyons tous que le Saint-Esprit est l'agent de la nouvelle naissance et qu'il habite le croyant né de nouveau. Mais certains affirment que cette action régénératrice du Saint-Esprit constitue en soi le baptême du Saint-Esprit dont parle l'Écriture, alors que d'autres, dans la mouvance pentecôtiste et charismatique, sont convaincus que le baptême dans le Saint-Esprit est une expérience distincte de la nouvelle naissance.

Le baptême dans le Saint-Esprit s'accompagne normalement du parler en langues qui en est le signe initial (Actes 2.1-4 ; 10.44-46 ; 19.2-7). De plus, lorsque nous parlons en langues, l'inspiration vient bien du Saint-Esprit en ce qui concerne le contenu de ce que nous disons, mais c'est notre organe vocal naturel qui fonctionne. L'obstacle majeur à la réception du baptême dans le Saint-Esprit consiste en un tel désir d'authenticité qu'on est paralysé par la crainte de produire soi-même ce parler en langues. Or, je le dis souvent, la crainte est l'opposé de la foi.

La pratique ecclésiale et l’unité des promesses

"Quel est parmi vous le père qui donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain ? Ou, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un poisson ? Ou, s'il demande un oeuf, lui donnera-t-il un scorpion ?" L'idéal, c'est que cette recherche du baptême dans le Saint-Esprit se fasse au sein d'une assemblée qui professe le plein Évangile, en la présence de pasteurs ou d'anciens remplis de l'Esprit. Vous avez aimé ? Après cela, Jésus, accompagné de Ses disciples, se rendit dans la terre de Judée ; et là Il demeurait avec eux, et Il baptisait. Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau ; et on y venait pour être baptisé. Le baptême vient du mot grec baptizo qui signifie plonger, immerger dans l’eau. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Le baptême d’eau sert de déclaration publique de son appartenance à Christ. Il vient associer le croyant à Jésus-Christ dans sa mort au péché et dans sa résurrection à une nouvelle vie avec Lui. Il serait irresponsable de ne pas préciser que ce n’est pas l’eau du baptême qui sauve mais au contraire, la grâce de Dieu acceptée par la foi en Jésus-Christ. (Éphésiens 2:8).

Il est possible d’être sauvé sans avoir été baptisé. S’il n’est pas accompagné par la foi, le baptême d’eau ne garantit pas que l’on aille au ciel. « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. Le baptême du Saint-Esprit est un acte unique et solennel par lequel le Saint-Esprit vient habiter dans le croyant, au moment de sa nouvelle naissance, et l’unifie au corps du Christ. Éphésiens 5:18

« Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit. La plénitude, à l’opposé du baptême de l’Esprit, n’est pas une promesse à saisir mais un commandement auquel il faut obéir. » Le chemin vers la plénitude passe par une démarche personnelle et une ouverture à l’action transformative de Dieu, parfois au-delà des mots et des échanges intellectuels.

illustration symbolique du Saint-Esprit et des sacrements

Le livre de l’ICCRS et les écrits de saint Thomas d’Aquin rappellent que les fruits des sacrements dépendent aussi des dispositions de celui qui les reçoit, et que des facteurs comme une prédication inadéquate, une foi tiède ou des obstacles psychologiques peuvent entraver leur fécondité. Le témoignage des Actes (Corneille, Éphèse, Samarie) montre que le Saint-Esprit peut se manifester de manières variées et que la véritable clé est la foi et l’ouverture à Dieu. Le baptême dans l’Esprit Saint est une promesse pour tous ceux qui se repentent, croient et demandent avec foi l’effusion de Dieu sur leur vie.

La prière et l’imposition des mains restent des gestes forts de transmission et d’envoi en mission, mais ils ne remplacent pas Jésus qui, seul, peut donner le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est l’agent de la nouvelle naissance et l’Esprit de Dieu agit différemment selon chacun, tout en restant fidèle à sa promesse. C’est pourquoi le discernement pastoral est nécessaire: il faut soutenir ceux qui cherchent à vivre la plénitude sans imposer une expérience unique à tous. Le baptême du Saint-Esprit est une grâce qui transforme la vie et rend chaque croyant capable de témoigner et d’édifier le corps du Christ.

En résumé, pour savoir si le Baptême dans l’Esprit est bien le Saint Esprit et non une expérience humaine, il faut observer les fruits: une vie renouvelée, l’ouverture à Dieu, la foi vivante, une union renouvelée avec le corps du Christ, et la cohérence entre la foi professée et les fruits visibles dans la vie du croyant. Le Saint-Esprit demeure l’agent silencieux et puissant qui conduit le peuple de Dieu vers une vie d’amour, de prière, de dons et de courage missionnaire.

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