Le corps d’une drag queen est une matière artistique transformée par le maquillage, les vêtements, les prothèses, la gestuelle et la performance. Une drag queen est une personne - souvent assignée homme à la naissance - qui incarne un personnage extravagant, féminin ou ultra-stylisé à travers le maquillage, les vêtements, la gestuelle et la performance.
Le terme « drag queen » désigne un·e artiste qui joue, performe et exagère des codes de genre - le plus souvent féminins - pour créer un personnage, une œuvre ou un message. Le drag est un art à part entière. Il mêle théâtre, maquillage, musique, danse et satire sociale.
Le corps comme matériau de transformation
Une drag queen ne se résume pas à une définition fixe. Il s’agit d’une figure artistique, souvent queer, qui questionne les normes de genre. Le maquillage et les tenues deviennent des armes de réappropriation et d’exagération.
Un make up nude ou un grand trait d’eye liner ne suffit pas à être en drag, et la plus grande appréhension de Morphine Blaze serait qu’on lui demande si elle est en drag ou pas. Le fait que l’on puisse penser qu’il y a moins d’efforts à fournir pour faire du drag quand on est pas un mec les pousse à davantage travailler leur make up, leurs tenues ou leurs performances.
Pour Elliana Wise, l’objectif principal n’est pas de ressembler le plus possible à l’image de la femme idéale, telle qu’elle est construite par la société, mais plutôt de mettre en avant des talents en maquillage, en théâtre, une créativité et de faire passer des messages politiques.
Silhouette, proportions et présence scénique
La silhouette peut devenir élancée, cambrée, souple, imposante, spectaculaire ou volontairement irréelle. Du runway à la scène, sa silhouette élancée et esthétique à la Sonia Rykiel, sombre et acérée à la Tim Burton, ne passe jamais inaperçue.
Gracieuse, cambrée et souple, mais aussi froide et distante, elle n’a pas son pareil pour vous émoustiller entre effeuillages ultra-glamour et gracieuses contorsions sur un cerceau suspendu dans les airs. Avec ses courbes de rêve résolument féminines et son visage de lionne, elle réussit à décrocher de nombreux titres dans plusieurs concours de beauté dont Miss Five, Miss Gay Madison, Miss Wisconsin Club et Miss City of the Lakes.
Avec ses acrobaties de haut vol et son allure de baby doll, on la considère comme la Dita Von Teese de la scène drag. Ses performances peuvent également s’appuyer sur une énergie physique très forte : Calypso Overkill est assurement la reine des performances haute tension.
Elle est la mère de House of Stunt, maison spécialisée dans les performances gag-worthy, lipsync tueurs et mouvements de danse à forte énergie. Freya Kor est une boule de feu qui ne demande qu’à exploser sur scène.

Maquillage : sculpter un personnage
Le maquillage ne sert pas seulement à embellir le visage : il redessine les volumes, modifie les proportions et rend visible un personnage. Créature haute en couleur par la sophistication de son make-up (l’un des plus beaux du métier), Cookie Kunty s’inspire de toutes les cultures pour sublimer son personnage.
Morphine Blaze mélange make-up drag et make-up SFX (celui des effets spéciaux) pour créer un personnage drag un peu horrifique et gore. Elle associe des choses mignonnes, « féminines » avec des make-ups sanglants pour casser justement le côté mignon.
Kim Chi a surpris toute l’assemblée avec ses incroyables maquillages complètement déjantés, où le make-up devient synonyme d’art avec un grand A. Se considérant comme une sorte de personnage animé, elle s’inspire de la culture japonaise, et notamment de l’esthétique des films d’animation, ou encore de la k-pop.
Également make-up artist, Vogue Paris avait invité Nicky Doll à partagé ses astuces et ses secrets make-up avec le débutant France Gaule pour se transformer en drag queen.
Vêtements, corsets et codes de la féminité
Les vêtements prolongent la transformation du corps et permettent de construire une silhouette lisible sur scène. Le style de Vicky s’inspire des mouvements artistiques de l’Art déco, des Années folles et de l’Après-guerre.
Grande vainqueur de la saison 7 de RuPaul's Drag Race, Violet Chachki conquiert rapidement les créateurs avec son style à la fois glamour, vintage, et infusé de références à la mode fétichiste. Nicky Doll joue sur une approche du drag inspirée de la scène underground parisienne et de la mode années 90, âge d'or du glamour où les tops comme Linda Evangelista et Kate Moss ont marqué de leur empreinte les silhouettes et les podiums.
Avec ses tenues rose bonbon au charme très 60's, ses beehives peroxydées et ses yeux fardés noirs, Trixie Mattel est la Barbie des drag. Avec son œil pointu pour la mode et ses talents de créatrice -elle crée elle-même ses majestueux costumes-, son style au charme Hollywoodien, ainsi que son énergie débordante, Jaida Essence Hall a été désignée grande vainqueur de la saison 12 de RuPaul's Drag Race.
Miss Fame est le supermodel de la scène drag. Désormais ancrée sur la planète mode, il n'est pas rare d'apercevoir Miss Fame au premier rang des défilés de la Fashion Week, habillée par les plus grandes créateurs.
Exagérer, détourner et se réapproprier
Faire du drag, c’est bien sûr se produire sur scène, mais aussi jouer avec l’identité, dénoncer les injustices, célébrer la liberté. L’ironie, l’humour, la provocation sont des éléments clés.
Alors que de plus en plus de meufs (notamment féministes ou gouines) performent en tant que drag kings, ces artistes-là ont fait le choix de jouer avec les codes de la féminité, telle qu’elle est véhiculée par la société. Cette démarche permet d’avoir une réflexion sur ce que signifie être perçue en tant que femme dans une société hétéropatriarcale.
Pour Morphine Blaze, il n’est pas exclu de faire du king mais en tant que drag queen, elle peut jouer avec les attentes de la société quant à sa propre féminité. « Quand on entend depuis petite qu’il faut être plus féminine, mettre plus ou moins de makeup, des talons, des jupes courtes mais pas trop courtes, être mignonne… Là je montre que je peux être en soutif, avec 5 couches de make up, des talons de 25 cm et balancer des têtes coupées pendant mes perfs, et je demande l’avis de personne. »
Le drag permet à Flammen Touche d’accepter sa féminité tout en étant agenre. Iel aime jouer avec les codes de la féminité et se réapproprie une certaine image de la féminité pour en construire un personnage fort, fearless, sex positive, tout en sortant des clichés.
Elliana Wise résume cette démarche ainsi : « Je pense que [le drag est] une opportunité de se ré-approprier les codes par lesquels nous avons été écrasé.es durant des années, les associer à des apparences moins conventionnelles et montrer qu’être une meuf, ce n’est pas seulement des longs cils et des des talons hauts, mais avant-tout une puissance et des convictions. »
Des corps et des identités multiples
Il n’y a pas qu’un seul type de drag queen. On trouve des club kids, des pageant queens, des bearded queens, etc. Chacun·e crée sa propre esthétique.
La scène parisienne et française regorge de queens talentueuses, qui s’avèrent majoritairement être des mecs cis gay. Moins connus, les drag kings, majoritairement des meufs cis, quant à eux interrogent les représentations sociales de la masculinité.
Moins connu·e·s encore, les femmes et agenres qui choisissent d’être drag queens pour jouer avec les codes de la féminité. Chacun.e de ces artistes a une façon de présenter son drag qui lui est propre.
Le terme « drag queen » ne fixe donc ni une identité civile, ni une orientation sexuelle, ni une morphologie unique. Le drag rend possible une autre relation au corps, dans laquelle la féminité peut être théâtralisée, amplifiée, détournée ou reconstruite.
Corps, sécurité et empowerment
Cette démarche permet d’avoir une réflexion sur ce que signifie être perçue en tant que femme dans une société hétéropatriarcale. Le drag devient donc un miroir de la société et un cri d’amour pour la liberté.
De plus, dans l’espace public je ne suis pas forcément très à l’aise avec mon corps, alors qu’en drag queen, je sais que je peux oser beaucoup et un vieux mec ne viendra pas me toucher.
Fatigué.e.s d’évoluer dans des soirées hétéros souvent perçues comme anxiogènes du fait du sexisme qui y règne et du traitement réservées aux personnes perçues comme femmes, les queens que nous avons rencontrées ont vu dans les soirées queer un havre de paix (relatif).
Ces artistes sont parfois perçu.e.s comme étrangers.ères au milieu du drag, comme n’y ayant pas leur place - place que l’on peut logiquement interroger, dans la mesure où l’on peut penser que les gays qui performent en tant que drag queens se réapproprient l’image d’une féminité qu’on leur reproche pour la sublimer et la performer.
Le corps en mouvement : lipsync, danse et chant
Le constant renouveau de ses performances scéniques est porté par ses talents de lipsync, de danse et de chant option rap. Keiona Mitchell est aujourd’hui une pure meneuse sur scène, entre lipsync, chant live ou danse, autant de passions où Keiona Mitchell excelle et émerveille.
La Kahena est une créature moitié femme moitié déesse-guerrière. Ses inspirations sont la beauté de la nature (animaux, plantes, éléments, etc.) et l’histoire, au travers des reines que ce monde a connu (fictives ou non).
Tantôt sorcière, nymphe ou alien façon comics à la X-Men, Sativa Blaze allie humour et glamour, horreur et burlesque avec une déconcertante harmonie. Mariska fait preuve de versatilité dans ses performances, toujours partante pour l’expérimentation artistique.
La danse, le théâtre et la musique permettent ainsi au corps transformé de devenir une présence scénique complète. Jerrie Fitzgerald Kennedy, JFK, pour les intimes, est une reine de la comédie qui séduit par ses talents de chanteuse et d’actrice.
Figures et esthétiques de la scène drag
Alice Psycho
Alice Psycho nous vient de la lointaine San Francisco, où elle a découvert son goût pour la transformation et le psychédélique. A Paris, elle perfectionne son art grâce à la vibrante nouvelle scène drag et un nouveau souffle artistique.
Du runway à la scène, sa silhouette élancée et esthétique à la Sonia Rykiel, sombre et acérée à la Tim Burton, ne passe jamais inaperçue. Le constant renouveau de ses performances scéniques est porté par ses talents de lipsync, de danse et de chant option rap.
Calypso Overkill
On la surnomme la diva dansante de Paris. Calypso Overkill est assurement la reine des performances haute tension.
Elle est la mère de House of Stunt, maison spécialisée dans les performances gag-worthy, lipsync tueurs et mouvements de danse à forte énergie. Ce n’est pas une amatrice de la scène… She will surely tear the house down.
Cookie Kunty
Créature haute en couleur par la sophistication de son make-up (l’un des plus beaux du métier), Cookie Kunty s’inspire de toutes les cultures pour sublimer son personnage.
Elle se produit partout en France, et anime chaque semaine la « Jeudi Barrée » au Yono, à Paris. Spectaculaire, armée d’un humour grivois, Cookie est une tentatrice irrésistible.
Jerrie Fitzgerald Kennedy
JFK, pour les intimes, est une reine de la comédie qui séduit par ses talents de chanteuse et d’actrice. Son univers, inspiré par toutes les divas (avec petite préférence pour les Américaines), aime fricoter avec la parodie et les clins d’œil cinématographiques.
Keiona Mitchell
Keiona Mitchell est une drag-queen parisienne qui a fait ses premières apparitions dans les Vogue Balls d’abord à Paris, puis partout en Europe. Forte de ces expériences, elle est aujourd’hui une pure meneuse sur scène, entre lipsync, chant live ou danse, autant de passions où Keiona Mitchell excelle et émerveille.
Vous avez pu la voir dans le clip vidéo «Let a Bitch Know» et plus récemment dans «Dickmatized» de Kiddy Smile.
La Kahena
Belle. Violente. Vulgaire… La Kahena est une créature moitié femme moitié déesse-guerrière. En arabe, son nom signifie sorcière, prêtresse, prophétesse ou encore devineresse.
Elle hantera vos nuits et vos rêves. Ses inspirations sont la beauté de la nature (animaux, plantes, éléments, etc.) et l’histoire, au travers des reines que ce monde a connu (fictives ou non).
Mariska Stardust
Originaire d’Espagne, Mariska Stardust est une créature qui intègre ses racines ibériques à l’éternel chic parisien et au glam’rock des 70’s, ses deux sources d’inspiration.
Ses modèles ? Des grandes figures de la musique, du cinéma et de l’art, comme Chavela Vargas, Sarah Montiel, David Bowie, Frida Kahlo ou Jane Russel. Élégante et raffinée, spontanée et généreuse, Mariska fait preuve de versatilité dans ses performances, toujours partante pour l’expérimentation artistique.
Nomai
Dans la forêt des mythes et des saveurs, est née une créature hybride dont la férocité excite toutes les papilles. Nomai défend son royaume avec ses pouvoirs et l’amour de la terre.
Un métissage africain et une adoption occidentale font briller cette éclipse de lumière qui est dans la célébration de la vie. Sa présence, sa voix, sa silhouette ont une aura hallucinante. Nomai is you. You are her.
Sativa Blaze
Sativa est une créature mystique, une ensorceleuse qui n’a pas fini de jeter son dernier sort. Tantôt sorcière, nymphe ou alien façon comics à la X-Men, elle allie humour et glamour, horreur et burlesque avec une déconcertante harmonie.
Elle est également co-créatrice et host du drag-show le plus décapant de Paris : la Drag Me, tous les premiers mercredis du mois dans le fameux bar La Mutinerie, à Paris.
Vicky Vendôme
Poule de luxe comme on n’en fait plus, le style de Vicky s’inspire des mouvements artistiques de l’Art déco, des Années folles et de l’Après-guerre.
Gracieuse, cambrée et souple, mais aussi froide et distante, elle n’a pas son pareil pour vous émoustiller entre effeuillages ultra-glamour et gracieuses contorsions sur un cerceau suspendu dans les airs.
Sublyme
Muse parisienne par excellence, Sublyme est l’incarnation du cabaret à la française. Meneuse de revue ou égérie couture, indémodable ou avant-gardiste son style reste toujours élégant et glamour.
Elle puise son inspiration dans l’âge d’or du Music-Hall et des revues des grandes maisons parisiennes, également des divas pop d’hier et d’aujourd’hui. Spectaculaires, ses performances éblouissent les nuits parisiennes, comme celles de « La Madame Klaude », les premiers vendredis de chaque mois.
Freya Kor
Ah Brasil… Copacabana… Rio… Freya Kor a ça dans le sang ! Son nom signifie « couleurs » en portugais.
Cette amazone qui cultive une image et urbaine et chaleureuse ne rêve que d’une seule chose : inscrire un sourire permanent sur votre visage. Ouverte sur le monde, fascinée par la pop culture, elle déploie une énergie très haute tension.
Oui, Freya Kor est une boule de feu qui ne demande qu’à exploser sur scène. Tudo bem… Accrochez vos ceintures : ça va secouer avec cette tornade d’un sexy renversant.
Le corps drag dans la culture populaire
Le succès de RuPaul’s Drag Race, diffusé en France sur Netflix a participé à la popularisation des drag queens. Avec le succès fracassant du reality tv show RuPaul's Drag Race, l'univers drag a réussi à se démocratiser pour toucher le cœur du public, et plus encore : certaines queens se sont frayées un chemin jusqu’à devenir de véritables icônes pour toute une génération.
Aujourd’hui, avec des émissions comme RuPaul’s Drag Race, le drag est entré dans la culture pop. Pourtant, derrière le glamour se cachent souvent des parcours de lutte, des heures de préparation, et une grande technicité.
De la baby doll Violet Chachki à la Barbie 60's Trixie Mattel, en passant par la Française Nicky Doll, voici une liste non-exhaustive des meilleures drag queens à suivre sur Instagram.
Violet Chachki
Grande vainqueur de la saison 7 de RuPaul's Drag Race, Violet Chachki conquiert rapidement les créateurs avec son style à la fois glamour, vintage, et infusé de références à la mode fétichiste.
Elle rejoint d’ailleurs le spectacle néo-burlesque de la reine de l’effeuillage américaine en 2017. Si, aujourd’hui, on l’aperçoit au premier rang des défilés, elle a également prouvé son statut d’icône en devenant égérie pour Jean Paul Gaultier, ou encore en foulant le catwalk du show Moschino en 2018 à Milan.
Nicky Doll
Elle est la première Française à avoir participé à l’émission RuPaul's Drag Race. Originaire de Marseille, Nicky Doll, qui vit aux Etats-Unis depuis 2015, a su apporter sa fraîcheur frenchy et son audace à l’émission.
Sans jouer sur le cliché, elle a réussi à sortir son épingle du jeu avec son approche du drag inspirée de la scène underground parisienne et de la mode années 90, âge d'or du glamour où les tops comme Linda Evangelista et Kate Moss ont marqué de leur empreinte les silhouettes et les podiums.
Trixie Mattel
Éliminée lors de la septième saison de RuPaul's Drag Race, elle revient dans la saison 3 de RuPaul's Drag Race: All Stars bien décidée à décrocher la couronne, sésame qu’elle parvient à obtenir.
Celle qui s'est auto-proclamée Skinny Legend possède sa propre web-série complètement loufoque avec une autre candidate de la saison, Katya Zamolodchikova, intitulée UNHhhh. Artiste à part entière, Trixie Mattel est aussi chanteuse country : elle sort un premier album, Two Birds, en mai 2017, puis en mars 2018, un second, One Stone.
Jaida Essence Hall
Jaida Essence Hall débute sa carrière drag en 2010. Avec son œil pointu pour la mode et ses talents de créatrice -elle crée elle-même ses majestueux costumes-, son style au charme Hollywoodien, ainsi que son énergie débordante, Jaida Essence Hall a été désignée grande vainqueur de la saison 12 de RuPaul's Drag Race, battant ses deux autres rivales, Crystal Methyd et Gigi Goode.
Jodie Harsh
Elle est l'une des figures de proue de la scène drag. Jodie Harsh, DJ et party star Britannique aujourd’hui au premier rang des défilés qui comptent, est devenue drag par simple hasard, comme elle l'indique dans une interview accordée à Vogue Paris en 2018 : “Je sortais souvent avec des amis et, un jour, ils ont commencé à me déguiser et cela m’a plu”.
Si Jodie Harsh est une DJette prolifique, entre production d’autres artistes et remix de titres de stars comme Justin Timberlake, Cher, Sophie Ellis-Bextor, elle possède et dirige aussi des nightclubs depuis 2010, comme Room Service, un club qui s’exporte dans les plus grandes villes du monde.
Detox
Dans les années 2000, cette originaire de Los Angeles se fait connaître en performant dans des nightclubs et en apparaissant dans des clips de Kesha et Rihanna (rien que ça). Si elle fait partie du casting du spectacle Showgirls in Drag en 2011, adaptation live de Showgirls, la consécration arrive deux ans plus tard, en 2013, lorsqu'elle entame le concours de la saison 5 du concours RuPaul's Drag Race où elle finit quatrième.
Elle participe ensuite à RuPaul's Drag Race: All Stars où elle termine deuxième. Elle acquiert ainsi une notoriété sans précédent.
Latrice Royale
À son actif, pas moins de trois participations à RuPaul's Drag Race : dans la quatrième saison tout d'abord, où malgré son élimination lors du onzième épisode, Latrice Royale a su marquer les esprits, ce qui lui aura par la suite permis de faire partie des participantes de RuPaul's Drag Race: All Stars saison 1 et 4.
Latrice Royale, c'est un style old-school non dénué de glamour, des courbes voluptueuses assumées et une allure de diva. Elle l'a d'ailleurs prouvé lors de son mémorable lipsync sur la chanson (You Make Me Feel Like) A Natural Woman d'Aretha Franklin contre sa rivale Kenya Michaels.
Willam
Si l'on devait retenir un trait de caractère de Willam, ce serait son humour. Malgré sa disqualification de la saison 4 de RuPaul's Drag Race, elle réussit à détecter la recette du succès, et devient l'une des drag queens les plus influentes et appréciées.
Vous ne le saviez probablement pas mais Willam a fait ses premiers pas à la télévision dans des séries comme Cold Case, Washington Police ou encore Boston Public, avant d'obtenir le rôle de la transgenre Cherry Peck dans les saisons 2 et 3 de Nip/Tuck.
Alaska Thunderfuck
Considérée comme l'une des drag queens les plus appréciées de RuPaul's Drag Race -elle a participé à la saison 5 puis a été sacrée vainqueur de la saison 2 de RuPaul's Drag Race: All Stars-, Alaska est un véritable puit de créativité à elle-seule.
Pour former son personnage, elle prétend être un alien venant de la planète Glamtron et s'étant écrasé sur Terre. Depuis sa participation au reality tv show, Alaska ne cesse d'être en tournée, et se met en scène dans des spectacles comme RuPaul's Drag Race Battle of the Seasons à travers l'Europe et les Etats-Unis, ou encore pendant les croisières Drag Stars at Sea, dans un spectacle de cabaret intitulé Red for Filth, ainsi qu'un autre intitulé Blue Christmas.
Miss Fame
Après sa participation à la septième saison de RuPaul's Drag Race, durant laquelle elle a démontré ses talents de make-up artist, Miss Fame s’aventure dans une carrière musicale avec un premier single, Rubber Doll, sorti en avril 2015, suivi par un premier album, Beauty Marked, en juin 2015.
Elle lance, sur sa chaîne YouTube, Painted by Fame, où elle poste des vidéos dans lesquelles elle démontre son savoir-faire en maquillant une pléthore de personnalités, allant de Marc Jacobs à Maddie Ziegler.
Kim Chi
Son nom de drag, elle le tire d'un plat traditionnel coréen, composé de chou fermenté aux épices. L'Américaine Kim Chi, fière de ses origines coréennes, nous transporte par son humour, sa sensibilité mais pas seulement.
Participante de la huitième saison de RuPaul's Drag Race, elle a surpris toute l'assemblée avec ses incroyables maquillages complètement déjantés, où le make-up devient synonyme d'art avec un grand A. Se considérant comme une sorte de personnage animé, elle s'inspire de la culture japonaise, et notamment de l’esthétique des films d’animation, ou encore de la k-pop.
Où observer ces transformations à Paris ?
La scène drag parisienne est en pleine explosion. On retrouve des shows dans les bars, les cabarets, les galeries d’art ou même en entreprise.
Des lieux comme le Café de Paris, le Rosa Bonheur, ou le Centre LGBTQIA+ organisent régulièrement des performances. Les artistes se produisent également dans les clubs, les bars ou encore les scènes ouvertes aux côtés des autres queens parisiennes.
On a pu les voir à la Screen Queens, la Drag Me ou encore à la finale du Dragathon, en ce qui concerne Rose Fistedepute, qui apprécie le soutien qu’elle reçoit de la part de drag queens qui la bookent ou lui donnent des conseils make up qu’elle qualifie elle-même de « wake up » tant son drag est débutant et fébrile.
Les lieux de performance montrent que le corps de drag queen n’est pas seulement une apparence : il devient un langage scénique, une construction esthétique et un moyen de remettre en question les représentations sociales du genre.