La Danse de la fée Dragée est une pièce enchanteresse tirée du ballet Casse-Noisette. Cette musique, d'une grande délicatesse, évoque la légèreté et la magie grâce à son célèbre solo de célesta, un instrument qui lui donne une sonorité cristalline et aérienne.
La Danse de la fée dragée, issue de Casse-Noisette, ballet du compositeur Piotr Ilitch Tchaïkovski, est une œuvre féerique permise grâce à un instrument original : le célesta. Pour la jouer à la guitare, il faut donc chercher à restituer avec les cordes pincées la légèreté, la transparence et le caractère scintillant que Tchaïkovski obtient avec le célesta et les pizzicati des cordes.
La place de la Danse de la fée Dragée dans Casse-Noisette
En 1892, Piotr Ilitch Tchaïkovski, compositeur notamment célèbre pour Le Lac des cygnes, crée son troisième et dernier ballet : Casse-Noisette. Une œuvre restée célèbre, dans laquelle se trouve une mélodie enchanteresse.
Je te rappelle l’histoire de ce ballet (œuvre symphonique composée pour la danse). À Nurenberg, au début du XIXe siècle, le soir de Noël, la famille du Président Silberhaus a invité des amis. Les enfants admirent les décors de Noël.
L’étrange Drosselmayer, ami de la famille, arrive et distribue des cadeaux : un chou d’où sort une poupée pour Claire et un pâté qui contient un soldat pour son frère, Fritz. Drosselmayer sort un troisième jouet : un casse-noisette en habit de soldat.
Claire et Fritz se chamaillent pour jouer avec le casse-noisette. Fritz finit par casser une dent du jouet. Au moment de se coucher, Claire berce le casse-noisette puis l’installe dans un lit de poupée pour le réconforter.
La nuit, des souris envahissent la chambre de la petite fille et se battent contre les jouets qui prennent vie. Voyant le casse-noisette en difficulté, Claire jette sa pantoufle sur le roi des souris ; Casse-noisette en profite pour le tuer, ce qui a pour conséquence de le transformer en prince.
Afin de remercier Claire qui l’a libéré du mauvais sort, le prince l’emmène dans un pays féérique. Ils arrivent à la capitale Confiturenbourg dont le décor est fait de sucreries.
Ils y sont accueillis par la fée Dragée et le prince Orgeat près de la rivière d’essence de Rose. Une grande fête est organisée durant laquelle se succèdent des danses. La fée Dragée elle-même se met à danser.
À la fin de ce voyage merveilleux, Claire se réveille sous le sapin de Noël avec un casse-noisette dans les bras. N’était-ce qu’un rêve ?

Une mélodie cristalline et féerique
Il s’agit de la Danse de la fée dragée, aux sonorités cristallines qui peuvent rappeler des gouttelettes scintillantes. Dansée par la Fée Dragée, reine du royaume des délices, cette scène transporte les spectateurs dans un univers féérique et sucré, où chaque note semble briller comme un éclat de confiserie.
Tout comme chez Ravel dans « l’Enfant et les sortilèges », Tchaïkovski prend un soin particulier à évoquer en musique le monde de l’enfance dans Casse-Noisette. Il utilise un instrumentarium composé de jouets d’enfants pour évoquer les chamailleries de ces derniers.
Fantasia, classique d’animation de Walt Disney qui mettait en scène le ballet, l’illustra ainsi, dans une scène où des fées virevoltent entre des fleurs qu’elles parsèment de rosée. Les studios Disney ont imaginé des fées virevoltant d’une fleur à l’autre pour caractériser ce mouvement.
Le célesta, instrument emblématique de la pièce
Cet effet provient d’un instrument, le célesta, composé de marteaux qui frappent des lames métalliques. Le célesta qui joue le premier thème, le thème A, lumineux et aérien, fait alors son entrée.
Tchaïkovski découvrit cet instrument innovant lors de l’Exposition universelle de 1889, à Paris. Totalement séduit par le célesta, il décida de le faire venir en Russie.
Cependant, il l’y envoya en cachette, de peur que d’autres compositeurs, comme ses compatriotes Nikolaï Rimski-Korsakov ou Alexandre Glazounov, ne le découvrent également et s’en servent avant lui pour des créations musicales.
Et pour la toute première fois en Russie on entend le célesta qui évoque le monde féérique de Confiturenburg dans la Danse de la fée Dragée. Le morceau est un des plus connus du ballet.
Orchestration et écoute attentive
Après le prince Orgeat, c’est à la fée Dragée de danser en l’honneur des convives. Tchaïkovski, dans un jeu d’orchestration subtil et de choix de timbres, parvient à faire entendre toute la féérie du personnage.
Les cordes introduisent la danse en égrenant la pulsation en pizzicato dans un caractère mystérieux. Le célesta joue deux fois le thème en dialoguant avec la clarinette basse qui est parfois remplacée par un basson selon les versions, tandis que les cordes frottées accompagnent en pizzicato.
Le timbre obscur de la clarinette basse contraste avec le célesta. Cela ajoute du mystère à la pièce, de la magie.
Quand le thème principal est repris à la fin du mouvement, il est encore plus mystérieux. La réécoute permet de repérer ce qui a changé dans cette reprise et d’observer la manière dont Nina Kaptsova l’interprète.
Danse de la Fée Dragée, ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski
Adapter la pièce à la guitare
La guitare ne possède pas les marteaux ni les lames métalliques du célesta, mais elle peut produire une couleur claire et délicate grâce au jeu en notes détachées, aux cordes aiguës et à une dynamique maîtrisée. L’objectif est de préserver la légèreté et la magie de la pièce plutôt que d’imiter mécaniquement l’instrument original.
Les cordes introduisent la danse en égrenant la pulsation en pizzicato dans un caractère mystérieux. À la guitare, cette fonction peut être rapprochée d’un accompagnement régulier et discret, qui laisse la mélodie se détacher nettement.
Le contraste entre le célesta et la clarinette basse constitue un élément essentiel de l’écriture. Dans une adaptation pour guitare seule, ce contraste peut être suggéré en différenciant les registres, l’intensité et la couleur des attaques.
Le thème lumineux et aérien doit rester facilement identifiable. Une interprétation trop forte ou trop pesante risquerait d’effacer les sonorités cristallines qui peuvent rappeler des gouttelettes scintillantes.
Repères pour interpréter la mélodie à la guitare
- Privilégier une attaque légère et régulière afin de conserver le caractère aérien de la pièce.
- Faire ressortir la mélodie sans alourdir l’accompagnement.
- Conserver une pulsation souple et discrète, inspirée du caractère mystérieux des pizzicati.
- Différencier les registres pour suggérer le dialogue entre le célesta et la clarinette basse.
- Éviter une dynamique uniforme afin de préserver les changements de couleur du mouvement.
- Accorder une attention particulière à la reprise finale du thème principal, encore plus mystérieuse.
Une adaptation pour guitare peut ainsi mettre en valeur la délicatesse de la pièce, à condition de préserver sa légèreté, son contraste de timbres et son atmosphère féerique.