Les danses et le ballet masque de Bali: traditions, gestes et symboles

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Il existe trois genre de danses traditionnelles à Bali - sacrée, semi-sacrée et celles qui sont destinées au divertissement des communautés en général. Les danseurs et danseuses de danses traditionnelles balinaises sont vêtus de costumes traditionnels composés d’étoffes de couleurs vives et ornés de motifs dorés peints représentant des animaux et des fleurs. À cette tenue vestimentaire s’ajoutent des bijoux et différents accessoires recouverts de feuilles d’or. Les danses s’inspirent de la nature et symbolisent des traditions, des coutumes et des valeurs religieuses particulières. Elles combinent une variété de différents mouvements comprenant la posture de base, les genoux tournés vers l’extérieur et le ventre rentré, les mouvements locomoteurs exécutés dans des directions et à des tempos différents, les mouvements de transition ponctués de changements dynamiques et enfin, les expressions faciales dont les mouvements oculaires expriment tour à tour le bonheur, la tristesse, la colère, la peur, l’amour. Les danses sont accompagnées par un gamelan. Tout danseur doit, en plus de sa maîtrise technique, faire preuve d’humilité et de discipline et posséder du charisme et une énergie spirituelle particulière qui donne vie au spectacle.

Dans les communautés balinaises, les danses sont principalement transmises aux enfants en groupe de façon informelle, dès leur plus jeune âge. La formation commence par l’enseignement des positions et des mouvements de danse élémentaires, puis de chorégraphies plus complexes. Les cours durent jusqu’à ce que les élèves mémorisent la séquence de mouvements d’une danse donnée. Situé au centre de Bali sur les flancs d’un volcan, les interprètes du village de Sebatu sont connus pour leur style très poétique, à la fois virtuose et d’une singulière délicatesse. En 2023, Sebatu présente à la France une nouvelle troupe de jeunes villageois virtuoses. Sur quarante membres, elle compte 67 % d’agriculteurs, 18 % de commerçants et 5 % d’artisans sculpteurs, les 10 % restants vivant du domaine touristique… car dans la tradition balinaise, musique et danse ne sont pas des activités rentables, mais des devoirs citoyens.

Après une ouverture musicale au gamelan gong kebyar, réunissant vingt-cinq instrumentistes, la première partie présente une série de danses balinaises emblématiques, notamment le nandir - qui fait s’entrecroiser six danseuses en sarong jaune d’or, dont trois vêtues en hommes, poignets pliés et torses inclinés pour cette danse en miroir. S’ensuit le baris tunggal - un iconique solo masculin, très martial, mais aussi le kebyar duduk ou le baris tunggal, des danses tout aussi précises, rapides et délicates. Les costumes précieux aux couleurs vives, les accessoires, comme les éventails, indispensables à la narration et la contrainte des corps à cette technique exceptionnelle forment un ensemble époustouflant.

La deuxième partie propose une forme narrative inédite de spectacle total, en sept courts épisodes articulant des traditions savantes de musique, de danse, de masques, d’arts vocaux et de chœur chorégraphié. Elle démarre avec une pièce musicale jouée sur un gamelan au son cristallin, étoffé d’un chanteur narrateur à la voix rauque et d’une chanteuse. Elle fait ensuite jaillir sur scène le legong kraton (ballet royal narratif), fleuron de la danse classique balinaise. Les deux premiers épisodes de ce récit spectaculaire se situent au palais royal, où apparaît une confidente, bientôt rejointe par les danseuses jumelles. Le texte tourne autour de la figure du roi, qui apparaît, désireux de tuer son rival dans la jungle. Pour y parvenir, celui-ci doit d’abord affronter quatre géants de la forêt, les faunes jauk, dans une bataille homérique. On est étonné par le contraste entre le raffinement de la danse et les paroles directes, voire familières, énoncées avec truculence par le narrateur. Les faunes jauk font appel à une bête immense, le barong ket, contre laquelle le roi doit également se battre.

Le Topeng (masque en bahasa indonésia) est un théâtre à la fois masqué, chanté et dansé. Il s’inspire des chroniques légendaires des clans et royaumes balinais ou même du Java pré musulman. Le Topeng n’est traditionnellement joué que par des hommes qui prennent différents caractères. Dans le Topeng les costumes sont les mêmes quelque soit l’histoire, car à travers chaque personnage c’est un caractère qui s’exprime. Par l’histoire contée il transmet des enseignements éthiques ou idéologiques. Le Topeng est traditionnellement improvisé. Les acteurs ou Penasar, choisissent en coulisse une histoire, les valets règlent ensuite les entrées en scène des différents caractères.

  1. Le Dalem : C’est le caractère du roi. Il reste muet, entre généralement en dansant puis mime un discours qui sera traduit par ses valets. On le reconnaîtra à la lenteur de ses gestes et surtout à son masque blanc qui lui couvre tout le visage. Comme tout à Bali, le Topèng respecte l’ordre cosmique, Le Dalem représente donc le pivot autour duquel l’univers social s’organise en une hiérarchie de castes, de clans, de lieux.
  2. Le Keras (violent - dur) : C’est le caractère du ministre violent, on le reconnaît à sons masque plein, coloré, mai au visage encore jeune.
  3. Le Tua (vieux) : C’est le caractère du vieux dignitaire de la cour. Tout comme le Keras il reste muet et danse en prélude du spectacle.

2. Les Valets : Ils font office de narrateurs et de metteurs en scène. Les Bondres : Ce sont les caractères du peuple, ces masques bouffons et caricaturaux peuvent ainsi représenter le bègue, l’hypocondriaque ou la coquette ridicule. Lorsque les Bondres caricaturent une personne de l’assistance ils font entrer dans l’histoire l’actualité locale. Le Topeng a le grand avantage d’utiliser un langage avant tout visuel -sur le mode grotesque- facile à comprendre… même pour les novices en culture balinaise. L’ambiance dans l’assistance est invariablement aux rires et vous permet d’être pour un moment sur la même longueur d’onde que les habitants de l’île des Dieux, car vous rirez, vous aussi, d’un rire réveillant votre enfance! Si si!

Situé au centre de Bali sur les flancs d’un volcan, le village de Sebatu (1.800 habitants) a connu une fortune particulière. C’est à partir de 1969 que les musiciens de Sebatu, à l’époque isolés dans la montagne, ont été remarqués pour leur style très poétique, à la fois virtuose et d’une singulière délicatesse. Jaya Semara Wati, la troupe des jeunes du village montagnard de Sebatu, succède avec brio à son aînée Carmanwati déjà connue par de nombreuses tournées en France. Comme la plupart des troupes coutumières balinaises, Jaya Semara Wati ne compte aucun artiste professionnel, car musique, danse et théâtre sont avant tout des devoirs citoyens exercés lors des innombrables et somptueux rituels hindou-balinais. Le spectacle de la troupe Jaya Semara Wati de Sebatu est représentatif du riche éventail des styles balinais dû à leurs différentes origines et fonctions : les danses collectives rituelles, propres à chaque village; leur évolution en chorégraphies virtuoses pour solistes aguerris; le Kebyar, révolution musicale et chorgraphique (à partir de 1915) ; les traditions aristocratiques de ballet narratif et théâtre dansé tirées de la littérature indienne et hindoue-javanaise, en particulier celles, tantriques, des masques sacrés associés au cimetière et à la jungle.

Conçu en 2 parties, le spectacle présente d’abord des fleurons de la musique et de la danse balinaise, puis une forme narrative inédite de spectacle total, en 7 courts épisodes articulant des traditions savantes de musique, de danse, de masques, d’arts vocaux et de choeur chorégraphié. Le spectacle de Jaya Semara Wati présente, toujours avec gamelan, un même équilibre de pièces de pure musique et pure danse et de traditions dramatiques dansées, masquées et vocales. L’Indonésie est riche d’au moins une centaine de catégories d’ensembles instrumentaux nommés gamelan, à l’origine (et encore majoritairement) à percussion de métal et/ou de bambou. Leur dénominateur commun est un concept, « l’instrument collectif », en tous points inverse de celui de l’orchestre réunissant des instruments individuels. L'instrument est le gamelan entier, comme si un piano était joué par des dizaines de musiciens armés de marteaux. Cette entité est indissoluble car chaque gamelan a son propre accordage, « sa propre voix ». Dans le style balinais, les musiciens se partagent les notes pour tresser les lignes mélodiques à des tempi vertigineux.

1ères parties ou moments de référence, comme l’ouverture au gamelan Gong Kebyar et les pièces telles que le Nandir, le Baris Tunggal, le Kebyar Duduk et la Taruna Jaya, montrent un équilibre entre danses et musiques accompagnant les récits. Cette approche, expliquée lors de présentations en France et à Bali, met en lumière les dimensions historiques et symboliques du legong kraton et du ballet royal narratif, considéré comme le sommet de l’art chorgraphique balinais.

Le Topèng est un théâtre dansé et masqué traditionnel balinais, à la fois rituel et théâtral. Une représentation de Topèng met en scène une succession de personnages archétypaux incarnés par différents masques : roi, ministre, vieillard, serviteurs et figures du peuple. Cette forme alterne danse stylisée, jeu masqué, narration et improvisation. Le travail du masque exige une grande précision corporelle : posture, regard, souffle, rythme et relation à l’espace. Le corps devient le principal vecteur d’expression du personnage. Au cœur de cette pratique se trouve la danse masquée du Topèng, fondée sur une architecture corporelle spécifique, une musicalité rigoureuse et une relation très fine entre geste, regard et respiration. Dans ce stage, les participants exploreront le Topèng dans ses dimensions physique, rituelle et dramaturgique. La transmission s’appuie sur une pédagogie traditionnelle balinaise fondée sur l’observation, l’imitation, la répétition et l’intégration progressive du mouvement. Ces personnages développent une danse stylisée et un langage corporel codifié.

Né en 1972 à Takmung, dans la régence de Klungkung (Bali), I Wayan Susana est un maître porteur de la tradition vivante du Topèng, art sacré du théâtre masqué et dansé balinais. Très jeune, il est sollicité pour les danses rituelles (ngayah) dans les temples et se spécialise rapidement dans les styles codifiés du Topèng balinais. Il reçoit l’enseignement de grands maîtres balinais - I Wayan Darsana, I Wayan Taka, I Made Jimat, I Ketut Kodi - qui lui transmettent les styles classiques du Topèng : Keras (énergie guerrière), Tua (sagesse du vieillard), Dalem (noblesse raffinée), Sidekarya (personnage du service rituel) et du Topeng Prembon, forme expressive proche du théâtre populaire. Il est également danseur aguerri de Barong. Depuis les années 1990, il danse lors des grandes fêtes balinaises, notamment le Festival des Arts de Bali (PKB, Art Center), et il représente la régence de Klungkung dans divers événements culturels en Indonésie (Sumatra, Jakarta) et à l’international (Corée du Sud). Son ancrage artistique s’inscrit dans la région de Klungkung, ancien centre royal et haut lieu de la culture balinaise. Cette région est réputée pour la richesse de ses traditions - peinture classique, danse, théâtre masqué. Au-delà de son parcours d’interprète, il est également un pédagogue engagé et généreux. Depuis plus de vingt ans, il transmet les arts du Topeng et du Gamelan à des jeunes de sa communauté ainsi qu’à des élèves venus de l’étranger. Il fonde, à Klungkung, sa propre école de transmission, le Sanggar Gurnita Sandi, lieu dédié à la formation. Sa pédagogie repose sur une approche traditionnelle, immersive, incarnée et respectueuse du rythme de chacun. Il transmet le Topèng non comme une matière théorique, mais comme une discipline du corps et de l’esprit, fondée sur la précision, l intention et la présence.

Une artiste franco-britannique, formée en art dramatique et ayant une pratique intensive du Topèng grâce à Bali, travaille aujourd’hui comme passeuse artistique entre l’Indonésie et la France. Formée au Conservatoire de Bordeaux et au Drama Centre London, elle collabore avec des metteurs en scène et a fondé la Compagnie Topèng en 2021, dédiée aux arts du masque, à la création, à la recherche et à la transmission. Cette soirée exceptionnelle met en exergue plusieurs fleurons de la danse balinaise, dont le Legong Kraton, le ballet royal narratif souvent considéré comme le sommet de l’art chorographique classique balinais. Après une envoûtante ouverture musicale au gamelan Gong Kebyar, la première partie de la soirée présente une série de danses balinaises aux configurations diverses : le Nandir, qui fait s’entrecroiser six danseuses (dont trois vêtues en hommes) ; le Baris Tunggal, iconique solo masculin, très martial ; le Kebyar Duduk, solo spectaculaire glorifiant un corps androgyne ; et la Taruna Jaya, solo extrêmement sophistiqué interprété par une danseuse de la plus haute virtuosité.

caractéristiques costumes danse balinaise couleurs dorés motifs

Legong Semarandhana in Balerung stage, Peliatan

Legong Semarandhana in Balerung stage, Peliatan

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