Confettis, déguisements carnavalesques et bugnes délicieusement saupoudrées de sucre glace…nous sommes bien à Mardi gras ! Ce jour de fête, où tous les excès sont permis, précède l’entrée en Carême. Mais que signifie « Mardi gras » ? Pourquoi se déguise-t-on et pourquoi avons-nous la coutume de manger des beignets ?
Une fête mobile rattachée au calendrier liturgique
Mardi gras est une fête mobile. La fête du Mardi gras tire son origine des rites agraires antiques qui avaient pour objectif, vers la nouvelle année, de renverser l’ordre du monde afin de le rééquilibrer. Des Sacées babyloniennes aux Saturnales romaines, pendant quelques jours, l’ordre social était symboliquement inversé. À partir du IVe siècle, les Pères de l’Église commencent à définir un calendrier, ponctué de fêtes liturgiques chrétiennes, comme Noël ou celle de l’Épiphanie. Le Carême est également instauré à cette époque. Cette période demande aux baptisés de se priver de certains aliments, comme les œufs et la viande, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. Du latin carne levare (qui donnera carnaval), on leur demande ainsi d’ôter ou de supprimer la viande.
L’entrée en carême débute un mercredi, celui « des Cendres ». C’est donc la veille de ce jour-là que tous font bombance, et donc « gras », avant de se restreindre et de « faire maigre ». Les chrétiens organisent alors des grands rassemblements festifs et cuisinent à partir d’ingrédients qui risquent de se perdre lors des six semaines de pénitence, comme les œufs et les matières grasses. Ceci a donné, au fil des siècles, des recettes de beignets, bugnes, crêpes et autres gourmandises.
Le carnaval, miroir de l’inversion des rôles
Au Moyen-Âge, cette période de jeûne était très strictement observée. Aujourd’hui, la tradition veut que les chrétiens « fassent maigre » principalement les vendredis de Carême en préférant, ce jour-là, le poisson à la viande dans leurs assiettes. La pratique du jeûne est plutôt observée lors du Vendredi Saint, c’est-à-dire le jour qui précède celui de la veillée pascale, ou fête de la résurrection. Mardi gras est souvent associé au Carnaval, sorte de fête jumelle si l’on peut dire. Les enfants s’y déguisent et les adultes s’y travestissent car, ce jour-là, « tout est permis ».
Au IVe siècle, les calendes de janvier - dernier îlot païen dans l’Empire chrétien - sont des fêtes publiques et très populaires. Il est fréquent de voir des maîtres jouer aux dés avec leurs esclaves mais, surtout, d’observer des parades où défilent des personnes portant des masques d’animaux. À partir du Xe siècle, la tradition populaire du carnaval s’affirme et s’étend même au clergé, lors de la fête des Fous, dont les membres se déguisent et renversent leurs rôles. Ces jeux et mises en scène théâtrales s’érigent en cortèges dans les villes. Les déguisements effacent les différences de classes sociales et de genres. Le caractère transgressif de cette fête est même renforcé par l’adoption des masques au Carnaval de Venise car, en préservant l’anonymat des participants, elle rend plus permissifs les excès.
Une tolérance ecclésiale et une signification profonde
Cette fête est tolérée par l’Église car celle-ci perçoit le besoin vital de vivre, pour la population, des moments d’exutoire avant de retourner à une spiritualité plus intense. En 2026, Mardi Gras aura lieu le mardi 17 février. Cette journée marque la veille du Mercredi des Cendres et le début du Carême dans le calendrier chrétien. Mardi Gras ne possède pas de date fixe. Elle dépend du calendrier liturgique et du calcul de Pâques. La fête se situe quarante-six jours avant Pâques, en comptant les dimanches.
Le terme « Mardi Gras » signifie littéralement le dernier jour où l’on pouvait consommer des aliments riches avant la période de jeûne du Carême. Historiquement, cette journée permettait d’utiliser les réserves de beurre, d’œufs et de sucre avant qu’elles ne soient interdites pendant quarante jours. En France, Mardi Gras est associé à des gourmandises simples et généreuses, souvent préparées en famille. Les incontournables sont les crêpes, les gaufres et les beignets.
Un phénomène mondial et des traces locales
Dans d’autres pays, on retrouve le même esprit. En France, Mardi Gras est associé aux déguisements, aux défilés et aux gourmandises. Dans certaines villes, des carnavals sont organisés avec des chars décorés et des figures symboliques comme le Roi Carnaval. La fête de Mardi Gras dépasse largement les frontières françaises. À Venise, le carnaval est célèbre pour ses masques élégants et son atmosphère historique. À Rio de Janeiro, les défilés de samba attirent des millions de visiteurs. Le déguisement est l’un des éléments les plus emblématiques de Mardi Gras. Dans de nombreuses cultures, les masques d’animaux symbolisent la force, la sagesse ou la transformation.
Aujourd’hui, Mardi Gras est autant une fête culturelle qu’une tradition religieuse. À La Nouvelle-Orléans, le Mardi Gras est synonyme de Carnaval et reste une tradition très marquée. Par endroits, cette fête traditionnelle est aussi appelée Pancake Tuesday. Certaines églises offrent des petits déjeuners ou dîners de crêpes, en sollicitant parfois des contributions caritatives. Les crêpes sont dégustées avec du sirop d’érable (au Canada et aux États-Unis) ou de la compote de fruits.
Des pratiques festives et des recettes emblématiques
Les célébrations du Mardi Gras d’origine finlandaise se nomment Laskiainen. Certaines villes continuent d’organiser un carnaval qui se termine généralement par le Mardi Gras. Les enfants se déguisent et vont sonner aux portes en demandant des friandises. En rentrant chez eux, ils mangent des crêpes en famille. Tout comme leurs voisins finlandais, qui fêtent eux le Laskiainen, cette journée est associée à différentes activités qu'on pratique en général en famille ou entre amis. On récupère d’ailleurs l’os du jambon. Le Mardi gras a pour équivalent russe, Maslenitsa, « la semaine des crêpes ». C’est une fête folklorique russe qui date de l’ère païenne et est célébrée la semaine précédant le Grand Carême orthodoxe. La tradition implique des chants et des défilés, et l’on peut gagner des indemnités lors des activités scolaires.
Le Mardi Gras moderne invite chacun à créer des déguisements et à partager des moments festifs en famille. C’est l’occasion de proposer des ateliers d’écriture ou des activités d’arts plastiques sur le thème de Mardi Gras: bal masqué, romance, défilé, costume coloré, récit des origines… Toutes les idées et tous les styles sont les bienvenus. Pas besoin de décrire sa création, l’important est d’oser créer. Chez GoStudent, on n’offre pas de cours de couture ou de cuisine dans ce cadre, mais c’est l’occasion de nourrir l’intérêt historique et culturel des enfants et, si souhaité, d’inscrire à des cours particuliers.
En résumé, le Mardi Gras est une rencontre entre calendrier religieux et fête populaire, mêlant significations spirituelles et plaisir sensoriel. Le choix du mardi est lié au mercredi des Cendres qui suit et qui commence traditionnellement le Carême. Le mot « gras » rappelle ce qui est retiré des tables pendant le Carême: viande, beurre, gâteaux… et incite à tout manger avant le début de la période de jeûne pour ne rien gaspiller. Si vous aimez cuisiner avec vos enfants, c’est une super activité à leur proposer à l’occasion du Mardi Gras, mais aussi de la Chandeleur.
