Le détournement du repas de noces dans la peinture de Bruegel

Dans Le Repas de noces, Pieter Bruegel l’Ancien détourne la représentation traditionnelle du banquet nuptial : au lieu de glorifier uniquement les mariés et l’idéal du mariage, il met au premier plan la gloutonnerie, l’abondance, le mouvement collectif et les comportements ordinaires des convives.

Le sujet idéal, la mariée, se trouve décentré, repoussé au fond, passant presque inaperçu, tandis que le sujet réel, la gloutonnerie, s'affiche au premier plan : le vin coule à flots, l'enfant se suce les doigts, le plateau - une porte dégondée - est couvert de plats.

Le Repas de noces de Bruegel

Une scène paysanne peinte en 1568

Le Repas de noces (huile sur toile, 114 x 164 cm, Kunsthistorisches Museum de Vienne) a été conçu par Bruegel en 1568. En représentant le monde paysan dans cette toile et dans bien d'autres (La danse de la mariée en plein air, Tête de paysanne, La danse des Paysans. ), Bruegel se singularise.

Le monde rural n'est pas un sujet à la mode et fait plutôt l'objet de sarcasmes. Si les intentions de Bruegel ne sont pas tout à fait limpides, il est fort probable qu'il n'est pas montré le monde paysan comme un repoussoir mais plutôt comme une composante de la société, qu'il tente de présenter avec réalisme.

Ce tableau représente une noce campagnarde : le paysage a disparu au profit d'un entassement de paysans flamands dans une grange. Bruegel ordonne cette liesse dans une composition raffinée : diagonales, verticales, couleurs claires au centre, soutenues sur les bords, luminosité diffuse forment un espace à la fois clos et profond.

Le détournement du sujet matrimonial

Le peintre superpose ici trois sujets. Le sujet idéal, la mariée, se trouve décentré, repoussé au fond, passant presque inaperçu.

Le sujet réel, la gloutonnerie, s'affiche au premier plan : le vin coule à flots, l'enfant se suce les doigts, le plateau - une porte dégondée - est couvert de plats. Le domestique du premier plan est rendu monumental par l'effet de perspective.

Le premier et le second plan sont mis en rapport par la position de l'homme (le marié ?) qui passe les plats. Quant au sujet caché, la satire des Noces de Cana, du Tintoret, il est illustré par le verseur de vin, qui évoque les miracles du Christ, et il met en scène à la fois le pessimisme de Bruegel - que certains critiques ont cru reconnaître dans le personnage placé à l'extrême droite du tableau - et son humour pour l'exorciser.

Le repas de noces comme moment collectif

Le repas de noces était le moment le plus attendu de la journée et marquait le début des réelles festivités pour les invités. On pouvait alors partager le repas de noces, pris chez la jeune mariée ou dans l’auberge du village : avec la généralisation de la photographie, c’était juste avant le repas que l’on prenait la photo du groupe entourant les époux et immortalisant ce jour.

Comme pour les photos de conscrits, on faisait poser avec la noce les personnes préparant le repas, le servant et l’animant. A l’heure actuelle, ces photos jaunies, sépias et en noir et blanc ayant inscrit à jamais un moment important d’une famille nous apprennent énormément sur les usages et façon de s’habiller d’autrefois.

Le repas lors de la noce était un moment symbolique puisqu’il réunissait les familles des deux époux dans une ambiance joyeuse et était vécu comme les repas pris lors de la machine, où les mets ordinaires laissaient place à une ribambelle de plats, toujours issus des produits de la ferme lorsqu’il se prenait chez l’épousée, mais arrangés par les femmes de la maison.

Potages, galantines, viandes diverses, légumes, fromages, desserts, rien n’était laissé au hasard pour que ce moment reste dans toutes les mémoires et saluent un jour heureux. Le tout était bien évidemment arrosé de vins, liqueurs, goutte et on prenait le temps de savourer ces plats et ce moment.

Abondance, service et hiérarchie dans la composition

Le plateau porté par les serviteurs matérialise l’abondance du repas et devient l’un des éléments les plus visibles de la scène. Les plats circulent entre les personnages, reliant les espaces et organisant le regard.

Le domestique du premier plan est rendu monumental par l'effet de perspective. Le premier et le second plan sont mis en rapport par la position de l'homme (le marié ?) qui passe les plats.

La nourriture n'est donc pas seulement un détail pittoresque : elle structure la composition, donne son rythme à la scène et transforme le banquet en spectacle de gestes, de déplacements et de consommation.

Traditions du repas de noces

Le mariage est tout autant fait de traditions que de nouveautés. Certaines règles et habitudes se transmettent plus que d’autres comme c’est le cas du protocole qui encadre le repas de noces. Découvrez-en ici les us et coutumes.

Que vous envisagiez un mariage original ou une réception classique, vous pensez sans doute mettre au programme de votre journée un repas assis. Si tel est votre cas, vous trouverez dans cet article différentes informations concernant le repas de noces, du cocktail aux discours de mariage de remerciement en passant par le plan de table.

Invitation au cocktail et au repas assis

Il existe la possibilité pour les mariés de classer leurs invités en deux catégories : ceux qui participeront à l’ensemble de la réception, et ceux qui ne seront invités qu’au vin d’honneur. Si tel est votre cas, pensez à le préciser sur les invitations de mariage en indiquant un horaire de début et de fin pour le vin d’honneur.

Lors du cocktail, allez saluer en priorité les personnes qui ne resteront pas pour le repas placé.

Les règles du plan de table

Les repas de noces sont généralement des dîners assis et placés. On prévoit une table d’honneur à laquelle seront assis les mariés, dans leur beau costume de mariage bleu et robe pour mariage.

À la table d’honneur, on assoit normalement les témoins et les amis les plus proches. On peut aussi s’entourer de ses frères et sœurs, ses parents, parrains et marraines.

Aujourd’hui, les mariés optent souvent pour une table d’honneur festive entièrement composée d’amis, de personnes de leur génération. Les parents sont quant à eux installés à une table avec leurs propres amis.

Dans les réceptions de très grande envergure, on peut séparer les parents pour que les invités soient plus nombreux à avoir l’honneur d’avoir un parent des mariés à leur table. Pour les tables annexes, on doit placer au plus près des mariés les personnes les plus proches.

On considère que plus une table est éloignée de la table d’honneur moins les invités ont de proximité affective avec les mariés. Dans la mesure du possible, la tradition veut que l’on alterne entre hommes et femmes autour de la table.

L’affichage du plan de table

Afin de faciliter le placement de vos invités, rédigez un plan de table clair, décorez-le en fonction de votre thème de mariage, et affichez-le de manière à ce qu’il soit facile à repérer et à lire.

En revanche, si tout le monde n’est pas invité au dîner, n’installez pas le plan de table au beau milieu des stands du cocktail, et placez plutôt votre panneau à l’entrée de la salle du dîner pour ne pas manquer de délicatesse auprès d’une partie de vos invités.

Le menu : de l’entrée à la pièce montée

Pour que les invités sachent à quoi s’attendre, et d’autant plus si l’on a prévu un menu de mariage original, on ne manquera pas d’en afficher le détail à table ! Cela permettra à chacun de doser son appétit et aux personnes allergiques de repérer s’ils doivent faire l’impasse sur certains mets, l’idéal étant d’avoir prévu en amont des options pour les personnes suivant un régime particulier.

En termes d’affichage, on évite le grand panneau à la façon du plan de table et on préfère un menu imprimé par table ou par personne, dans un format facile à manipuler.

Le repas de noces traditionnel veut que l’on enchaîne plusieurs plats. Une entrée légère, surtout si le vin d’honneur a été copieux, une assiette de poisson suivie par un plat de viande (dans les faits on ne sert aujourd’hui qu’un seul plat principal), un plateau de fromages et une pièce montée à découper par les mariés.

Des traditions plus locales peuvent être ajoutées au menu, comme celle du trou normand par exemple. Potages, galantines, viandes diverses, légumes, fromages, desserts, rien n’était laissé au hasard pour que ce moment reste dans toutes les mémoires et saluent un jour heureux.

L’arrivée des mariés et l’animation du banquet

Les mariés attendront que tous les invités aient trouvé et rejoint leur place assise avant de faire leur entrée dans la salle du repas. C’est souvent l’occasion d’organiser une petite animation de mariage consistant en un défilé des mariés entre les tables au son d’une musique entraînante, pendant que les invités les applaudissent voire même se lèvent en faisant tourner leurs serviettes.

Tout ceci était accompagné de musique, chants et danses et au cours du XXème siècle, le bal ouvert par la mariée et son père ou les garçons d’honneur permettait de se dégourdir un peu avant de prendre le dessert.

Si vous comptez prévoir de la musique pour le reste du repas, choisissez une playlist douce, idéalement des morceaux sans paroles, et baissez le volume au minimum pour ne pas gêner les conversations ni saturer la salle de bruit.

Les discours entre les plats

Si l’on veut respecter le protocole, on attendra le repas de noces pour entendre les discours. On prévoira les interventions entre les plats pour ne pas interrompre les convives, on essaiera de les répartir tout au long du repas, en coordination avec le traiteur, pour éviter les pauses qui traînent en longueur.

On réserve normalement la première prise de parole aux pères des mariés, puis pourront avoir lieu le discours de mariage de la sœur, du frère, les sketchs des témoins et des amis proches.

Une image réaliste du monde rural

En représentant le monde paysan dans cette toile et dans bien d'autres (La danse de la mariée en plein air, Tête de paysanne, La danse des Paysans. ), Bruegel se singularise. Le monde rural n'est pas un sujet à la mode et fait plutôt l'objet de sarcasmes.

Si les intentions de Bruegel ne sont pas tout à fait limpides, il est fort probable qu'il n'est pas montré le monde paysan comme un repoussoir mais plutôt comme une composante de la société, qu'il tente de présenter avec réalisme.

Le détournement repose ainsi sur un contraste : la noce conserve ses signes traditionnels, mais l’attention se déplace de la célébration idéale vers les pratiques concrètes du groupe, les repas, le service, l’alcool, la foule et les gestes quotidiens.

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