« En secondes noces » : définition, emploi et nuances de l’expression

« En secondes noces » signifie « lors d’un second mariage » ou « après un premier mariage terminé ». L’expression s’emploie lorsqu’une personne se marie une deuxième fois, que le premier mariage se soit terminé par un divorce ou par le décès du conjoint.

On peut ainsi dire : « Il s’est marié en secondes noces avec sa collègue de travail. » Cette formulation signifie qu’il avait déjà été marié auparavant et qu’il a contracté un nouveau mariage.

Que signifie « en secondes noces » ?

« En secondes noces » est une expression soutenue ou littéraire qui désigne un remariage. Elle peut être remplacée, selon le contexte, par « lors d’un second mariage », « pour la deuxième fois » ou simplement « après s’être remarié ».

L’expression ne précise pas nécessairement comment le premier mariage s’est terminé. Il peut s’agir d’un divorce, d’un veuvage ou, dans certains contextes historiques, d’une nouvelle union alors que les usages sociaux et juridiques étaient différents.

ExpressionSignification
En secondes nocesLors d’un second mariage
Se remarierContracter un nouveau mariage après un premier mariage
Second mariageMariage célébré après un premier mariage terminé
Premières nocesPremier mariage

Exemples d’emploi

Il s’est marié en secondes noces avec sa collègue de travail. Elle s’est remariée en secondes noces après plusieurs années de veuvage.

Ils se sont unis en secondes noces lors d’une cérémonie très discrète. Après son divorce, elle a célébré ses secondes noces l’année suivante.

  • Le père de Cendrillon épousa en secondes noces une femme qui devint la belle-mère de la jeune fille.
  • Elle s’est mariée en secondes noces après la mort de son premier mari.
  • Il a rencontré sa seconde épouse plusieurs années après son divorce.

Divorce, veuvage et remariage

Une personne peut se remarier après un divorce, mais aussi après un veuvage. Se remarier après un veuvage n’est pas interdit.

Dans nos contrées, il difficile de se remarier sans avoir divorcé (femmes ou hommes) mais sous d'autres latitudes l'emploi de secondes noces est également employé pour la polygamie.

Cette remarque correspond à des contextes sociaux et juridiques particuliers. Dans l’usage courant du français contemporain, « en secondes noces » signifie généralement qu’une personne contracte un deuxième mariage après la fin du premier.

La différence entre « secondes noces » et « noces »

Le mot « noces » désigne le mariage ou la célébration du mariage. Dans « secondes noces », l’adjectif « secondes » indique que le mariage n’est pas le premier pour la personne concernée.

Il ne faut donc pas confondre « secondes noces » avec les expressions qui désignent un anniversaire de mariage. Les « noces d’argent » célèbrent vingt-cinq années de mariage, tandis que les « noces d’or » célèbrent cinquante années de mariage.

  • Noces d’étain : anniversaire célébrant dix années de mariage.
  • Noces d’argent : célébration du vingt-cinquième anniversaire de mariage d’un couple.
  • Noces d’or : célébration du cinquantième anniversaire de mariage d’un couple.
  • Noces de perle : anniversaire qui célèbre trente années de mariage.
  • Voyage de noces : voyage que font les nouveaux mariés après leur mariage.

Mes grands-parents ont fêté leurs noces d'argent en famille. Mes grands-parents fêtent leurs noces d'or cette année.

Mes parents ont fêté leurs noces d'étain avec une belle réception. Ils sont partis en voyage de noces à Venise pendant une semaine.

La construction grammaticale

« En secondes noces » est un complément circonstanciel qui indique le moment ou le contexte du mariage. Il se place souvent après le verbe, mais peut également être placé en début de phrase pour mettre l’expression en relief.

La construction la plus fréquente est formée avec les verbes « épouser », « se marier », « se remarier » ou « s’unir ».

  • Il épousa en secondes noces une femme de son village.
  • Elle s’est remariée en secondes noces après plusieurs années de veuvage.
  • Ils se sont unis en secondes noces lors d’une cérémonie très discrète.

La phrase « Il épousa en secondes noces » est grammaticalement incomplète si le complément d’objet direct n’est pas indiqué dans la suite du texte : on attend généralement de savoir qui il a épousé.

Une petite précision: après avoir divorcé de la première femme.

« Secondes noces » ou « deuxième mariage » ?

« Deuxième mariage » est une formulation neutre et courante. « Secondes noces » est plus élégante, plus soutenue et parfois plus ancienne.

FormulationRegistreExemple
Il s’est remarié.CourantIl s’est remarié après son divorce.
Il s’est marié une deuxième fois.CourantIl s’est marié une deuxième fois à l’âge de cinquante ans.
Il s’est marié en secondes noces.Soutenu ou littéraireIl s’est marié en secondes noces avec sa collègue de travail.
Il a contracté un second mariage.Administratif ou soutenuIl a contracté un second mariage après plusieurs années de veuvage.

Dans une conversation ordinaire, « se remarier » est généralement la tournure la plus naturelle. Dans un récit, un texte historique ou une présentation plus littéraire, « en secondes noces » apporte une nuance plus formelle.

Le sens dans un récit familial

Dans un conte ou une histoire familiale, l’expression peut servir à présenter la nouvelle épouse ou le nouveau mari d’un personnage. Le premier mariage appartient alors au passé, tandis que le second mariage ouvre une nouvelle étape de la vie familiale.

Le père de Cendrillon épousa juste après la mort de sa première femme. Dans cette phrase, « en secondes noces » indique que le père avait déjà été marié et que son premier mariage s’est terminé par le décès de son épouse.

Pour Tessa, jeune juriste talentueuse, l’heure est venue de sauter le pas, après des années de célibat revendiqué : elle va épouser James, l’homme de sa vie. Mais le prince charmant est fourni avec bagages : trois filles, dont une ado à l’hostilité déclarée, et une ex-femme, Bea.

C’est Bea qui a pris l’initiative du divorce, ce qu'elle regrette amèrement. Elle n’ira pas jusqu’à jouer les horribles frustrées qui utilisent leurs enfants pour reconquérir le mari rejeté - quoique…

Tessa, elle, doit gérer les disputes des filles, laver les uniformes scolaires et surveiller du coin de l’œil son futur mari, qu’elle trouve bien sensible aux maladroites tentatives de séduction de son ex. Et préparer le fameux mariage, qui aura lieu dans un an.

Elle l’ignorait, mais le plus dur commence une fois qu'on a accepté la bague de fiançailles !

La signification historique de « secondes noces »

Dans les textes anciens, l’expression pouvait être associée à des règles particulières concernant le veuvage, le deuil, les enfants du premier mariage et les biens transmis par le premier conjoint.

Jadis, en se remariant, les veuves encouraient des peines, surtout lorsqu’elles ne respectaient pas la fin de la période du deuil. Edits et traités furent, sur ce point, implacables !

Il n’était pas bon de perdre son conjoint au milieu du seizième siècle, essentiellement les femmes. Un Edit de François II, de juillet 1560, appelé « Edit des secondes noces » contient deux chefs contre les veuves qui se remarient.

« Le premier défend à celle qui se remarie de donner à son second mari plus qu’un de ses enfants le moins prenant peut en avoir », indique le Dictionnaire de droit et de pratique… publié en 1779.

« Le second veut qu’elle laisse à ses enfants du premier lit tous les avantages qu’elle aura reçu de son premier mari ».

L’Encyclopédie s’est également penchée sur le veuvage et notait qu’autrefois « il existait une peine d’infamie contre les femmes qui se remariaient avant la fin du deuil ; mais le droit canonique avait levé cette tâche ».

L’article de l’Encyclopédie s’achève par un simple constat : « les personnes qui se remarient après l’an du deuil sont sujettes aux peines ordinaires des secondes noces ».

Le délai de viduité

Le délai autrefois imposé avant un nouveau mariage était appelé le délai de viduité. Cette notion appartient principalement à l’histoire du droit et des mœurs.

Cette discussion n'est pas réellement dans les attributions de ce forum, alors profitons-en pour apprendre un nouveau mot

Ce délai s'appelle le délai de viduité.

« En France, l'article 228 du code civil établissait une durée de trois cents jours avant la possibilité d'un remariage, mais cette disposition a été abrogée en 2004 avec effet au 1er janvier 2005. »

Pourvu que l’année du veuvage soit écoulée rien n’est répréhensible. Dans le cas contraire des pénalités devaient être portées contre les veuves et les veufs, c’est ce qu’explique Louis Astruc.

Les anciens traités consacrés aux secondes noces

Le sujet était donc d’importance, on sentait le souffre de la bigamie. Et, à l’époque, le divorce était rare et circonstancié.

Des juristes, très sérieux se sont donc penchés, tout au long du dix-huitième siècle sur ces « peines des secondes noces ».

Me Pierre Dupin, avocat au Parlement de Bordeaux, fut de ceux-là. Il étudia « de quelle manière les Peines de seconde Nôces sont observées; tant dans les Provinces du Droit écrit, que dans la France coutumière, selon les Edit & Ordonnances de nos Rois, & suivant les différentes Coûtumes du Royaume, avec la Jurisprudence de tous les Parlements sur la même matière ».

Son Traité des peines des secondes noces fut publié à Paris, Chez Denis Mouchez, à l'entrée de la Grand'-Salle du Palais, à la Justice en 1743.

Nous avons entre les mains, un autre ouvrage intitulé Traités des peines des secondes noces (A Galembrun, chez Henry Vaugeth, 1750, petit in-12).

Son auteur, « Feu Noble Louis Astruc, Professeur en Droit Français de l'Université de Toulouse », examine les irrégularités que pourraient commettre tant les veuves que les veufs, notamment durant ou après le deuil imposé, et notamment vis à vis des enfants d'un premier mariage, dans le code civil et le droit coutumier.

Ce travail est « intéressant et démontre le rapport étroit entre les lois et les mœurs », soulignent à son propos les bibliographes.

Cet ouvrage ne comporte pas, curieusement, de privilège ni d’achevé d’imprimer, mais un discours préliminaire. Ceci s’explique par sa fausse adresse bibliographique.

Il n’y a jamais eu d'imprimeur installé à Galembrun, un hameau du village de Larra, dans le canton de Grenade en Haute-Garonne.

D'après Fernand Pifteau (né en 1865), un bibliophile passionné par l'histoire de l'imprimerie toulousaine, il s'agirait de l'imprimerie des Hénault à Toulouse.

Le sujet consacré au remariage était-il déjà suffisamment brûlant pour que, non pas l’auteur puisqu’il était mort, mais son élève ou son successeur ait jugé préférable de publier ce traité de manière discrète ?

Astruc, également avocat, dispensait pourtant ses cours à l’université de Toulouse.

Une table des matières permet au lecteur ou à l’étudiant de piocher entre les « avantages nuptiaux », le « divorce » dont les effets sont différents de la « résolution du mariage par mort » ou les « habits de deuil ».

L’auteur examine une grave question : « le mari est-il obligé de pleurer sa femme ? »

Cet ouvrage qui fit autorité à son époque, remporta un certain succès. Une deuxième édition semblable à la première, dont rien ne la distingue, à dix pages près, sortit en 1752.

Les Libraires associés à Toulouse en publièrent une troisième en 1774, et enfin un « avocat au Parlement de Toulouse » revit et corrigea le texte pour une ultime édition qui fut imprimée en 1775, à Lausanne aux dépens de la Société Typographique (in-12).

Manque peut-être une remarque de saint Jérôme : « Je déclare hautement qu’on ne condamne pas dans l’Eglise ceux qui se marient deux, trois, quatre, cinq & six fois, & même davantage ; mais si on ne proscrit pas cette répétition, on ne la loue pas. »

Les nuances de l’expression

« En secondes noces » ne signifie pas obligatoirement « après un divorce ». Cette expression peut également désigner un mariage célébré après le décès du premier conjoint.

Elle ne signifie pas non plus que le second mariage est moins important que le premier. Elle indique seulement l’ordre chronologique des unions matrimoniales.

Dans un récit, elle peut toutefois évoquer une nouvelle vie, une famille recomposée, la persistance du passé ou les difficultés liées à une nouvelle union. Le sens exact dépend alors du contexte.

  • Après un divorce : elle s’est remariée en secondes noces après son divorce.
  • Après un veuvage : il s’est marié en secondes noces plusieurs années après la mort de sa première épouse.
  • Dans un récit familial : le père épousa en secondes noces une femme qui devint la belle-mère de ses enfants.
  • Dans un texte historique : les secondes noces pouvaient être soumises à des règles particulières.
remariage et famille recomposée

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