Violet Chachki a remporté la saison 7 de RuPaul’s Drag Race en 2015 et s’est imposée depuis comme une star internationale du drag, de la mode et du burlesque. Son esthétique spectaculaire, son goût pour les corsets et son approche très théâtrale de la beauté ont marqué durablement la compétition.
Elle a également porté un regard critique sur l’évolution de l’émission, qu’elle considère désormais davantage comme un programme de divertissement que comme une compétition destinée à élire la meilleure drag-queen du monde. Son parcours, des bars d’Atlanta aux podiums des grandes maisons de mode et au Crazy Horse, illustre l’ampleur prise par sa carrière après sa victoire.
Violet Chachki dans Drag Race France
Alors que le nouvel épisode de cette troisième saison de Drag Race France est diffusé sur France 2, ce vendredi 21 juin dans la soirée, on a demandé son avis sur la compétition à l’une des drag-queens les plus bankables de la scène internationale : Violet Chachki. La grande gagnante américaine de la saison 7 de RuPaul’s Drag Race, programme original qui a généré une dizaine de spin-off dans le monde, reconnaît partir avec un handicap : elle ne parle pas un mot de français.
« C’est donc difficile de suivre vraiment », admet-elle, avant toutefois de préciser être admirative de plusieurs des stars du show, dont Nicky Doll, La Grande Dame et Cookie Kunty. En revanche, elle dit avoir vu beaucoup de vidéos et être « impressionnée par les défilés ».
« Et ça fait sens car la France est vraiment la capitale mondiale de la mode », concède Violet Chachki, reconnue dans le milieu pour son sens aiguisé du style, des corsets et du glamour. Elle a elle-même défilé pour plusieurs grandes maisons, dont Jean-Paul Gaultier et Moschino.
Les défilés et les looks de Drag Race France
D’après la reine des podiums, Drag Race France se distingue notamment par les coiffures de ses concurrentes. « Il y a tellement de créativité, poursuit la superstar du drag qui va se produire au Crazy Horse. Elles ont vraiment les meilleures perruques, les meilleurs costumes et les meilleurs looks. »
Le regard de Violet Chachki s’explique par la place centrale que la mode occupe dans sa propre carrière. Ses silhouettes, ses perruques, ses corsets et ses costumes ont contribué à faire d’elle une figure immédiatement reconnaissable de la scène drag internationale.
Une critique de l’évolution de RuPaul’s Drag Race
Cependant, depuis qu’elle a remporté la couronne en 2015, Violet Chachki n’a plus vraiment le temps, ni l’envie de suivre RuPaul’s Drag Race. « Je me réveille en pensant au drag, je me couche en y pensant. Il n’y a pas de jours de repos. Je suis une drag-queen 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Et quand je ne travaille pas, c’est la dernière chose dont je veux entendre parler », reconnaît-elle.
Son petit plaisir : les « true crimes » ou les émissions de déco. Ce besoin de déconnecter ne l’empêche toutefois pas d’avoir un avis sur le programme qui l’a fait découvrir.
Un programme qui est désormais un gigantesque business du divertissement (16 saisons aux États-Unis, 8 « All Stars » et pas moins de 13 variantes internationales). « C’est devenu quelque chose que je ne reconnais plus », témoigne Violet Chachki.
Les « Jeux olympiques » du drag
Bien que reconnaissante du succès que lui a apporté le show, elle s’explique : « Quand j’y ai participé, j’ai vraiment eu l’impression d’aborder ça comme les Jeux olympiques du drag, avec pour but d’élire la meilleure drag-queen du monde. Dix ans plus tard, je me dis que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. C’est en réalité une émission de divertissement pure et simple. »
Et qui se résume un peu « aux mêmes choses, aux mêmes récits et tropes ». En cause notamment, la redondance des épreuves, selon elle.
Chaque saison, les fans de Drag Race retrouvent en effet plusieurs défis cultes, comme le Snatch Game, le Ball ou le Talent Show. Des maxi-challenges scénarisés, envers lesquels elle se montre très critique : « J’ai détesté les faire. Je détestais les regarder. »
« Pour moi, la partie intéressante, c’est quand les reines s’expriment », précise Violet Chachki, qui garde toutefois un œil sur la saison actuelle car sa grande amie Gottmik figure au casting.
Elle n’a pas une minute de plus à y consacrer. « L’équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée est complètement déréglé. Même quand j’ai du temps libre, je me sens coupable de me reposer, comme quand j’ai été me promener dans les bois la dernière fois », nous confie-t-elle.
Une chose est sûre : vous avez maintenant plus de chances de la croiser en forêt que devant Drag Race.
Qui se cache derrière Violet Chachki ?
Jason Dardo est l’homme qui se cache derrière le masque de Violet Chachki. Jason est âgé de 19 ans lorsqu’il imagine et devient le personnage de Violet.
Il choisit son nom de scène Violet Chachki avec soin. Violet est le nom du personnage joué par Jennifer Tilly dans le film des années 90, Bound. Quand au nom Chachki, il vient du yiddish “tchochke” qui signifie bibelot.
Un nom original qui est à l’image de la drag-queen qui le porte. Originaire d’Atlanta en Géorgie, il se produit pour la première fois à Marietta en Géorgie, au bar Le Buzz.
Les débuts à Atlanta
Ses débuts sont alors semés d’embûches puisque Jason doit utiliser une fausse pièce d’identité pour se produire dans les bars. Aux États-Unis, la majorité légale pour fréquenter les bars est de 21 ans.
Jason Dardo doit alors enfreindre la loi pour se produire en tant que drag-queen sur la scène locale d’Atlanta. Violet Chachki est pris sous la tutelle de Dax Exclamation Point, qui devient alors sa drag-mother : une drag queen plus âgé qui veillera sur elle à ses débuts.
En parallèle, Jason se consacre à son autre passion et entame des études de mode. Ses études sont vite avortées à cause de sa carrière naissante de drag-queen.
Violet gagne en notoriété lorsqu’elle se produit au bar Jungle d’Atlanta et devient un membre régulier de “The other Show”. Elle performe notamment auprès de légende de la drag culture comme Amanda Lepore, Lady Bunny et Alaska Thunderfuck 5000.
Dardo prête son image pour le projet “Legendary Children” qui présente la scène drag-queen d’Atlanta, en Géorgie.
La victoire de Violet Chachki dans la saison 7
Tournant marquant dans la carrière de Dardo : le 7 décembre 2014 RuPaul’s Drag Race annonce que Violet Chachki fera partie du casting de la saison 7 de l’émission.
Forte d’une confiance inébranlable, Violet Chachki rejoint le casting de la septième saison de RuPaul’s Drag Race à seulement 22 ans, soit peu de temps après sa majorité. Au-delà de son franc-parler et de sa détermination, plusieurs moments marquent son passage télévisé, notamment sur le podium, lorsque qu’elle apparaît vêtue d’un corset tellement serré (45 cm de tour de taille) qu’elle simule l’asphyxie et la nécessité de respirer dans un masque à oxygène.
« Il faut souffrir pour être belle, avait-elle alors déclaré face caméra. Et la plus belle, c’est moi. »
Lors de l’émission, la drag-queen s’illustre comme favorite et surprend par son goût pour la mode et son esthétique. Sans surprise, Violet Chachki est sacrée en 2015 “America’s next drag superstar” et remporte les 100 000 $ tant convoités.
| Élément | Information |
|---|---|
| Émission | RuPaul’s Drag Race |
| Saison remportée | Saison 7 |
| Année de la victoire | 2015 |
| Âge lors de son arrivée dans la compétition | 22 ans |
| Distinction | “America’s next drag superstar” |
| Récompense | 100 000 $ |
| Tour de taille du corset présenté sur le podium | 45 cm |
Une esthétique fondée sur la silhouette et l’illusion
Si la douleur est bien visible lorsque l’on entrevoit sur son corps les marques laissées par tous ces attributs, l’artiste défend son dévouement à une vision extrême de la beauté.
« J’aime façonner sur moi une silhouette si exagérée qu’elle semble presque irréelle. Enfiler ces corsets si gainants et mes escarpins qui me perchent si haut altère ma posture, mon attitude. Et le fait que je sois une des seules à pouvoir les porter me fait me sentir puissante. »
Un style mixant le contemporain et le rétro avec des références ultra précises, de l’illustrateur Art déco Erté à l’icône fétichiste Bettie Page, en passant par Divine, drag-queen irrévérencieuse star des films de John Waters, et les défilés théâtraux de Thierry Mugler et de John Galliano pour Dior.
Mais aussi un amour pour l’univers du burlesque et du BDSM qui la distingue alors de ses homologues locales.
“Contrairement à certaines de mes consœurs, je n’ai jamais souhaité ressembler à une femme, confie-t-elle, mais plutôt à l’illustration d’une femme. D’ailleurs mon esthétique était déjà très claire dans mon esprit à l’adolescence, lorsque je m’amusais à enrouler une écharpe sur ma tête et que j’empruntais le maquillage de ma mère pour me photographier devant ma webcam !”
Au-delà de la mode : les compétences scéniques
À ceux qui seraient tentés de réduire son talent à sa seule apparence, l’Américaine a rapidement su démontrer, sur les scènes du monde entier, l’éventail de ses compétences : l’incarnation habitée des morceaux dont elle mime les paroles - prérequise pour la plupart des drag-queens -, la création de vêtements de toutes pièces, parfois à partir de rien, mais aussi la maîtrise de certains arts du cirque tels que le tissu et le cerceau aérien ou la jonglerie avec le feu.
L’effeuillage occupe également une place centrale dans ses performances, auquel elle ajoute, dès ses débuts, une touche très queer : lorsque la drag-queen ôte son corset puis son soutien-gorge, elle révèle chaque fois, plutôt qu’une poitrine généreuse, un torse d’homme orné de cache-tétons scintillants.
Dita Von Teese, mentor et source d’inspiration
Cette approche singulière séduit tant Dita Von Teese qu’elle invite Violet Chachki à tourner avec elle en 2017 et à présenter son propre numéro dans son spectacle.
Un immense honneur pour celle qui n’a jamais caché sa fascination pour son aînée : “J’ai beaucoup appris de Dita, de sa manière de produire un show dans sa totalité avec un impeccable sens du détail, à celle de gérer son propre business, toujours avec une grande élégance. Un jour, elle m’a dit : ‘Ce que je veux, c’est voir le plus de choses possible dans ma journée.’ Une citation à laquelle je pense souvent.”
Ainsi, après des années de tournées, partagées entre Dita Von Teese et ses consœurs de l’écurie Drag Race, Violet Chachki décide de monter son propre seul-en-scène en 2019, dont elle assure à son tour la direction artistique complète, du déroulement des numéros à la création des costumes sur mesure, en passant par la sélection musicale et l’éclairage.
Violet Chachki dans la mode
Aujourd’hui, Violet originaire d’Atlanta s’est installée à New York. Suite à l’émission RuPaul’s Drag Race, elle s’illustre dans le monde du burlesque.
Elle crée notamment des shows sophistiqués dont les performances s’apparentent au strip-tease. Elle combine dans ces shows : performances acrobatiques aériennes et esthétique fétichiste.
Elle prend part à des numéros burlesques dans des festivals internationaux et part même en tournée avec la célèbre Dita von Teese.
Ses qualités d’interprétation scénique et sa passion pour le vêtement (la trentenaire collectionne des pièces depuis des années) séduisent peu à peu le monde très exclusif de la mode.
En 2018, la maison Prada l’inclut dans l’une de ses campagnes, tandis que Moschino l’invite à défiler à plusieurs reprises, avant de la vêtir d’une sublime robe noire lors de l’incontournable Met Gala l’année suivante : ce soir-là, Violet Chachki devient la première drag-queen, aux côtés de son mentor RuPaul, à fouler le tapis rouge de l’événement historique de la mode.
Elle apparaît en Marylin Monroe pour la campagne publicitaire de la collection automne 2018 de la marque Prada. La drag queen défilait cette été pour la collection printemps-été 2019 de la marque Moschino.
La drag queen a aussi fait des apparitions très remarquées à la Paris fashion week et à la Milan fashion week, le mois dernier. Depuis, on la croise régulièrement au premier rang des défilés haute couture Schiaparelli, Giambattista Valli ou encore Jean Paul Gaultier.
De la scène drag queen d’Atlanta aux plus prestigieux défilés du monde, Jason Dardo n’a pas fini de faire parler de lui.
Une reconnaissance parfois en demi-teinte
Une reconnaissance parfois en demi-teinte : “Il n’est pas toujours facile d’être drag-queen dans ce milieu-là, où j’ai mis du temps à être prise au sérieux. Mais j’ai eu la chance de rencontrer des personnes comme Jeremy Scott chez Moschino et Fabio Zambernardi chez Miu Miu, deux créateurs incroyables qui expriment un sincère respect pour notre art, et qui m’ont ouvert beaucoup de portes.”
Violet Chachki au Crazy Horse
Révélée par l’émission RuPaul’s Drag Race, qu’elle a gagnée en 2015, la drag-queen américaine aux airs de pin-up des années 50 met en scène son corps de rêve sur la scène burlesque et dans les arts du cirque. Courtisée par les plus grandes maisons de mode, de Jean Paul Gaultier à Miu Miu, l’artiste foule jusqu’au 28 juin la scène du Crazy Horse, le mythique cabaret parisien.
Une peau de porcelaine et des lèvres rouge carmin, une longue perruque noir de jais et des sourcils finement tracés au crayon dans l’esprit des années 30… Lorsque Violet Chachki apparaît dans les loges feutrées du Crazy Horse, corsetée dans son fourreau noir assorti de longs gants d’opéra, juchée sur des talons aiguilles vertigineux, c’est une gravure de mode qui semble prendre vie sous nos yeux.
Magnétique et impressionnante, cette figure rappelle aussi bien la célèbre mannequin Dovima que la star du burlesque Dita Von Teese, l’une de ses inspirations majeures, même si Violet Chachki est bien plus grande que ses aînées : 1,85 m (sans stilettos).
Neuf ans après avoir été couronnée “future star du drag américain” par l’émission de télé-réalité américaine de compétition Rupaul’s Drag Race, distinction ultime pour les drag-queens aujourd’hui, la jeune trentenaire se retrouve en tête d’affiche du plus illustre cabaret parisien, du 24 au 28 juin.
Un lieu qui, depuis son ouverture en 1951, a accueilli des danseuses telles que Lova Moor et Rosa Fumetto, mais aussi, plus récemment, des guest stars comme Pamela Anderson, Noémie Lenoir ou encore Arielle Dombasle.
La participation de Violet Chachki marque toutefois un tournant dans l’histoire du “Crazy” : pour la première fois, un artiste au corps masculin partage les planches avec ses emblématiques danseuses.

Une collaboration artistique ambitieuse
Violet Chachki, a true icon of the international drag scene, set Crazy Horse Paris ablaze with her 10 exclusive performances from June 24 to 28, 2024, drawing fans from around the world.
In 2024, the Parisian cabaret surprises once again by inviting Violet Chachki, the most glamorous drag queen, to join the Crazy dancers on its iconic stage.
Acclaimed by both the public and the press - Le Parisien describes Violet Chachki's performances as "an incredible moment. that electrified the audience" - Violet performed alongside Crazy Horse Paris dancers as well as alone in solos.
Among her acts: a burlesque striptease, an adaptation of the famous "Attitude" tableau alongside artist Johny Boy, as well as "Scanner," "Lay Laser Lay," and "You Turn Me On."
These challenging acts were brilliantly executed and greeted with standing ovations from the audience. The custom-tailored costumes were made by Ludovic de Saint Sernin, Coperni, Disco Daddy, and Christian Louboutin, the jewelry created by Alan Crocetti, and enhanced by lighting effects especially designed for the exclusive shows.
This unique event adds a new chapter to the history of artistic collaborations at Crazy Horse Paris, following in the footsteps of legends such as Dita Von Teese, Pamela Anderson, Viktoria Modesta, and Lisa of BlackPink.
La conception du spectacle parisien
Entre Los Angeles - où elle réside - et Paris, où elle se rend régulièrement, Violet Chachki prépare actuellement son show au Crazy Horse, où elle avait vu son premier spectacle en 2015 et avait été conquise.
Lors de ces dix représentations dont elle coordonne aussi la direction artistique, on la verra successivement seule sur les planches avec une performance complètement inédite, réinterpréter des numéros plus classiques du cabaret, avant de se transformer, à son tour, en “Crazy Horse girl” en compagnie des danseuses originales, avec l’aide du chorégraphe Philippe Découflé.
Côté costumes, on peut déjà s’attendre à découvrir la drag-queen dans des escarpins Christian Louboutin sur mesure (évidemment), des créations du jeune duo Coperni et des pièces ornées de cristaux Swarovski, entre autres.
Si l’Américaine évoque la pression liée au fait de se mesurer à un lieu aussi emblématique et de faire face à son public, elle promet toutefois un spectacle “époustouflant” qui atteindra enfin l’exigence à laquelle elle aspire depuis ses débuts.
L’une de ses devises reste d’ailleurs celle de la superstar du drag RuPaul : “Incarner l’image de sa propre imagination est ce que l’on peut faire de plus puissant.”
La place de Violet Chachki dans l’univers Drag Race
Violet Chachki garde toutefois un œil sur la saison actuelle car sa grande amie Gottmik figure au casting. Son parcours reste ainsi lié à l’univers Drag Race, même si son activité artistique l’a progressivement menée vers le burlesque, la mode, les arts du cirque et les grandes scènes internationales.
Gagnante de la saison 7 de « RuPaul’s Drag Race », la drag-queen de 32 ans devenue une star a son point de vue sur l’émission française. Elle est à la fois l’une des anciennes gagnantes les plus identifiables de la franchise et une artiste dont la carrière dépasse largement le cadre de la télévision.
La trajectoire de Violet Chachki montre comment une victoire dans une émission de compétition peut devenir le point de départ d’une carrière multidisciplinaire. Son image associe l’héritage du drag, la précision de la haute couture, la théâtralité du burlesque et la performance circassienne.