Enlever une haie de sapins ne consiste pas uniquement à couper les branches et les troncs. Pour libérer correctement le terrain et limiter les repousses, il faut également intervenir sur les souches et les principales racines.
La méthode dépend notamment de la taille de la haie, du diamètre des troncs, de son système racinaire et de l’accès au terrain. Une petite haie peut parfois être retirée manuellement, tandis qu’une haie ancienne ou composée de grosses souches peut nécessiter un matériel de traction ou une mini-pelle.
Peut-on arracher une haie de sapins librement ?
Avant d’arracher une haie, il faut vérifier qu’elle vous appartient et qu’aucune règle particulière ne s’applique à votre terrain. Une haie mitoyenne, située sur la limite séparative et appartenant aux deux propriétaires, ne peut pas être supprimée unilatéralement.
Si la haie est privative, son arrachage peut également être encadré dans certaines situations, notamment en présence de règles locales ou d’une protection particulière. En cas de doute, renseignez-vous auprès de votre mairie avant de commencer les travaux.
Les distances de plantation par rapport à la propriété voisine concernent principalement l’implantation et la hauteur des végétaux. Elles ne déterminent pas, à elles seules, si une haie peut être arrachée.
Vérifier les règles locales et les protections éventuelles
Il faut vérifier le classement ou non de la haie détruite dans le PLUi. Son classement, en fonction du règlement du PLUi, nécessite un accord du maire si demande d’arrachage.
L’arrachage sans autorisation d’une haie classée au PLUi expose à des sanctions. Dans le document d’urbanisme, peuvent apparaître d’autres protections de la haie via les classements Natura 2000, site classé, espèce protégée, …
Si vous ne connaissez pas les limites exactes entre votre terrain et celui de votre voisin, il peut être utile de faire réaliser un bornage.
Haie mitoyenne ou haie privative
Si la plantation est mitoyenne, par exemple une haie, l’entretien est à la charge de votre voisin et de vous-même : chacun doit tailler son côté. Il est conseillé de couper les 2 côtés en même temps.
Vous pouvez supprimer la plantation mitoyenne jusqu’à la limite de votre propriété, mais seulement si vous construisez un mur sur cette limite.
Si la plantation vous appartient et si ses branches avancent sur le terrain de votre voisin, vous êtes responsable de leur coupe. Votre voisin peut vous contraindre à couper vos branches, mais il n’est pas autorisé à les couper lui-même.
En ce qui concerne les racines ou les ronces qui empiètent sur le terrain voisin, votre voisin peut les couper librement, et ce droit est imprescriptible. Toutefois, la coupe doit être effectuée à la limite exacte de sa propriété.
Distances de plantation à connaître
Les plantations telles que les haies, les arbres et les bambous peuvent être plantées près de la limite entre votre terrain et celui de votre voisin, à condition de respecter une certaine distance.
Cette distance peut être fixée par des règles locales, des règlements particuliers existants ou des usages locaux. Pour le savoir, vous devez vous adresser à votre mairie.
| Hauteur de la plantation | Distance minimale en l’absence de règle locale |
|---|---|
| Plus de 2 mètres | 2 mètres par rapport à la limite de la propriété voisine |
| 2 mètres ou moins | 0,5 mètre par rapport à la limite séparative |
Si vous plantez une végétation dont la hauteur dépasse 2 mètres, vous devez respecter une distance minimale de 2 mètres jusqu’à la limite de la propriété voisine. Les végétaux plantés à plus de 2 mètres de cette limite ne sont pas soumis à une restriction de hauteur.
En revanche, si la plantation mesure 2 mètres ou moins, la distance minimale à respecter est de 0,5 mètre par rapport à la limite séparative.
La hauteur d’une plantation se calcule du sol jusqu’à son sommet, tandis que la distance se mesure depuis le milieu du tronc.
Les arbres, arbustes ou arbrisseaux peuvent être plantés directement contre un mur mitoyen, sans avoir à respecter une distance minimale. Toutefois, ces plantations ne doivent pas dépasser la hauteur du mur, appelée le sommet du mur.
Respecter la période de nidification des oiseaux
La haie constitue un lieu de vie très important pour la biodiversité. Les haies permettent d’héberger de nombreuses espèces protégées par le Code de l’Environnement ou non.
Pour ne pas déranger ou déloger les oiseaux pendant cette période cruciale pour leur cycle de vie, l’Office français de la biodiversité recommande de ne pas tailler les haies ni d’élaguer les arbres du 15 mars au 31 juillet.
La destruction et/ou l’entretien de haies, par exemple dans un jardin, en pleine période de reproduction, est particulièrement néfaste pour la faune sauvage.
Cas des agriculteurs
Pour les agriculteurs, la taille des haies est interdite du 16 mars au 15 août.
La taille des haies et des arbres est interdite entre le 16 mars et le 15 août, pour permettre la nidification des oiseaux.
Le déplacement, le remplacement ou la destruction d’une haie sont possibles, sous condition et sous réserve d’une déclaration préalable à votre DDT.
La destruction de la haie n’est autorisée que dans les cas suivants :
- création d’un nouveau chemin d’accès rendu nécessaire pour l’accès et l’exploitation de la parcelle, dans la limite de 10 mètres de large ;
- création ou agrandissement d’un bâtiment d’exploitation justifié par un permis de construire ;
- gestion sanitaire de la haie décidée par le préfet au titre des dispositions visées au livre II du code rural et de la pêche maritime ;
- défense de la forêt contre les incendies décidée par le préfet au titre des dispositions visées au titre III du code forestier ;
- réhabilitation d’un fossé dans un objectif de rétablissement d’une circulation hydraulique ;
- travaux déclarés d’utilité publique ;
- opération d’aménagement foncier avec consultation du public, en lien avec des travaux déclarés d’utilité publique.
Cette opération doit faire l’objet d’un conseil environnemental de la part des organismes visés à l’annexe VI.
Dans chacun de ces cas de destruction, l’intervenant, s’il est agriculteur, doit au préalable déclarer à la direction départementale chargée de l’agriculture dans laquelle se situe le siège de l’exploitation la destruction de la haie et joindre les pièces justifiant la destruction.
Pourquoi éviter l’arrachage pendant la reproduction ?
Les haies ont un rôle important dans la prévention des risques naturels, notamment les coulées de boue et les inondations. Elles constituent aussi des brise-vent.
Leur taille ou leur arrachage est susceptible de causer des préjudices importants à l’environnement. En dehors de la période de nidification, l’arasement des haies ne peut se faire qu’après réflexion, en estimant l’impact de sa destruction, par exemple sur les coulées de boue, et suivant la réglementation en vigueur.
Les contrevenants sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende pour atteinte à la conservation d’espèces animales non domestiques et pour destruction de leur habitat, sans préjudice d’éventuelles retenues au titre de la conditionnalité sur les aides de la Politique Agricole Commune.
Quel matériel prévoir pour retirer une haie de sapins ?
Le matériel nécessaire dépend de la taille de la haie, du diamètre des troncs, de l’importance des racines et de l’accès au terrain.
Pour couper et dégager la végétation, prévoyez notamment :
- un sécateur, une scie ou une tronçonneuse adaptés au diamètre des branches et des troncs ;
- des gants et des équipements de protection adaptés aux outils utilisés ;
- une pelle ou un louchet pour dégager les principales racines ;
- une bêche ;
- une hachette ;
- une griffe, éventuellement ;
- selon la taille des souches, un matériel de traction adapté ou une mini-pelle.
Une tronçonneuse avec une chaîne bien affûtée peut faciliter la coupe des troncs, mais il faut éviter de toucher la terre avec le guide-chaîne.
Une fois le matériel réuni et la zone de travail dégagée, l’arrachage peut être réalisé progressivement, en commençant par la partie aérienne de la haie avant de s’attaquer aux souches et aux racines.
Comment enlever une haie de sapins étape par étape ?
Étape 1 : pré-couper les troncs
Commencez par couper les arbres à environ 1,50 m de hauteur. Cela permet d’y voir plus clair et de faciliter le travail au sol.
Cette méthode manuelle permet de conserver une partie du tronc, qui peut servir de levier ou de point de prise lors du dégagement de la souche.
Étape 2 : couper les branches et dégager la haie
La première étape consiste à « dénuder » la haie, c’est-à-dire à retirer progressivement les branches et les parties aériennes afin de dégager les troncs.
Utilisez un sécateur, une scie ou une tronçonneuse selon le diamètre des branches, en travaillant progressivement pour conserver un accès dégagé à la base des végétaux.
Enlevez les branches latérales pour accéder facilement à la base des arbres. Cette opération permet de rendre le tronc, la souche et le départ des principales racines plus accessibles avant de poursuivre l’arrachage.
Étape 3 : scier les troncs pour dégager les souches
Une fois les branches retirées et la haie dégagée, il faut couper les troncs des différents arbustes afin d’accéder plus facilement aux souches.
À l’aide d’une scie ou d’une tronçonneuse, coupez les troncs à environ 40 cm du sol. Cette hauteur permet de conserver une partie du tronc visible tout en libérant suffisamment la base de la haie pour intervenir ensuite sur les souches et les racines.
Pour une méthode d’extraction manuelle, il est également possible de scier au ras du sol après avoir dégagé la base de la souche.
Étape 4 : creuser autour de chaque souche
Avec une bêche, creusez un trou autour de chaque tronc sur environ 50 cm de rayon et 20 cm de profondeur. Cela vous donnera accès à la souche et aux racines principales.
Creusez autour de la souche à l’aide d’une pelle ou d’un louchet afin de dégager les principales racines. Travailler sur une terre légèrement humide peut également faciliter le dégagement des racines.
Étape 5 : nettoyer la base et couper les racines
À l’aide de la hachette, écorcez légèrement la base du tronc pour enlever les racines et aspérités gênantes.
Retirez aussi les pierres et silex qui pourraient abîmer la chaîne de la tronçonneuse. Les racines principales peuvent ensuite être sectionnées avec un outil adapté.
Une fois les troncs dégagés, il faut retirer les souches et les principales racines afin de libérer correctement le terrain.
Étape 6 : extraire les souches
La méthode dépend surtout de la taille des souches, de leur enracinement et de l’accès au chantier. Plusieurs solutions sont possibles.
Extraction manuelle
Pour de petites souches ou lorsque l’accès à une machine est impossible, l’extraction peut être réalisée manuellement.
Creusez autour de la souche à l’aide d’une pelle ou d’un louchet afin de dégager les principales racines. Celles-ci peuvent ensuite être sectionnées avec un outil adapté avant de faire progressivement bouger puis extraire la souche.
Cette méthode demande davantage de temps et d’effort, mais elle peut convenir à une haie de taille limitée.
Utilisation d’un palan ou d’un tire-fort
Pour certaines souches de taille modérée, un palan ou un tire-fort peut faciliter l’extraction après avoir dégagé et sectionné une partie des racines principales.
Le système permet d’exercer progressivement une force de traction sur la souche. Il nécessite toutefois un point d’ancrage suffisamment résistant et un matériel adapté à l’effort à fournir.
Utilisation d’une mini-pelle
Pour une haie importante ou composée de plusieurs grosses souches, la mini-pelle permet de dégager les racines principales puis d’extraire progressivement chaque souche à l’aide du godet.
Cette méthode est particulièrement adaptée lorsque le terrain est suffisamment accessible pour laisser circuler l’engin. Elle permet de traiter plusieurs souches plus rapidement, mais implique généralement la location du matériel ou l’intervention d’un professionnel.
Le choix de la méthode dépend donc principalement de l’envergure de la haie, de la taille des souches et de l’accessibilité du terrain. Pour les souches importantes ou les configurations complexes, le recours à un professionnel peut être préférable.
Étape 7 : scier au ras du sol
Positionnez la tronçonneuse dans le trou, à l’horizontale ou légèrement inclinée vers le haut. Coupez le tronc au ras du sol, juste sous la surface.
Attention à ne pas toucher la terre avec le guide-chaîne.
Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’utiliser du désherbant ou autre produit chimique. Une fois les troncs coupés au ras, les conifères ne repoussent pas.
Les souches et racines restantes se décomposeront naturellement au fil du temps.
Nettoyer et remettre le terrain à niveau
Une fois les souches retirées, il reste à nettoyer la zone et remettre le terrain en état. Retirez les principales racines encore présentes, rebouchez les cavités laissées par l’arrachage et répartissez la terre afin d’obtenir une surface aussi régulière que possible.
Remettez la terre extraite et émiettez les mottes avec une griffe pour un rendu propre. Vous pourrez ensuite passer la tondeuse sans encombre.
Si vous avez utilisé une mini-pelle, elle peut également servir à déplacer la terre et à niveler plus facilement la zone. Pour une petite surface, ces opérations peuvent être réalisées manuellement à l’aide d’une pelle et d’un râteau.
La remise à niveau est particulièrement importante si vous prévoyez d’installer ensuite une clôture. Elle permet de dégager correctement la future ligne d’implantation et de préparer plus facilement le positionnement des poteaux.
Si vous retirez votre haie pour remplacer cette séparation par une clôture, il est utile d’anticiper dès cette étape la préparation du terrain et la future ligne d’implantation.
Que planter après l’arrachage des sapins ?
Une fois les conifères enlevés, vous pouvez planter une nouvelle haie plus naturelle, appelée haie champêtre.
L’idéal est de ne pas la mettre exactement au même endroit que l’ancienne, surtout si le sol est devenu sec. Pour aider les nouvelles plantes à bien pousser, ajoutez du compost ou du terreau.
Le thuya, ou cyprès, a longtemps été choisi pour ses qualités pratiques : pousse rapide, faible coût, feuillage persistant. Mais ce mur vert dense offre peu d’intérêt écologique.
Il ne produit ni fleurs pour les pollinisateurs, ni fruits pour les oiseaux, et très peu d’abris utiles pour la faune. À long terme, ses racines appauvrissent et assèchent le sol, rendant difficile la repousse d’autres espèces.
Choisir une haie champêtre
Choisissez des plantes locales comme l’aubépine, le noisetier, le cornouiller, la viorne ou le prunellier.
Mélangez des plantes qui perdent leurs feuilles en hiver avec d’autres qui restent vertes toute l’année, pour un beau résultat en toutes saisons.
Avec un peu de temps, votre jardin attirera de nouveau les oiseaux, les insectes, les pollinisateurs et même les hérissons. La nature reviendra petit à petit.
Entretenir une haie de résineux avant de la supprimer
La fréquence de taille de votre haie dépend des plantes qui la composent. Pour une croissance saine et une forme durablement esthétique, les haies doivent être taillées environ deux fois par an.
| Végétaux | Fréquence de taille |
|---|---|
| If, berbéris, laurier-cerise, faux cyprès, vieux thuya | Au moins une fois par an |
| Troène, charme, érable champêtre, hêtre rouge, jeune thuya après la première année | Au moins deux fois par an |
Au printemps, jusqu’au début du mois de mars, on procède à ce que l’on appelle la taille de printemps. La haie est fortement taillée et mise en forme.
En été, il est important que la haie garde sa forme : si des inégalités apparaissent au fur et à mesure de la croissance des feuilles, il convient de les aplanir.
On coupe alors les deux tiers des pousses de l’année pour éliminer les pousses gênantes qui s’écartent du rang. Si nécessaire, une taille plus importante peut être effectuée en automne, à partir du 1er octobre.
Pour les sujets en formation régulière comme les haies droites et l’art topiaire, il est conseillé d’intervenir 2 fois par an. Une première fois en début d’automne, après les grosses chaleurs, et une seconde fois au printemps pour réduire les nouvelles pousses.
Une intervention régulière permet une homogénéité de l’ensemble et de limiter le diamètre du bois coupé, mais également de contrôler fréquemment l’apparition de maladies et ravageurs.
Certaines espèces supportent aisément la taille, comme le thuya en haie régulière, alors que d’autres ne supportent pas les tailles et notamment la suppression de la tête qui peut entraîner la mort du sujet ou la formation d’une fourche qui le fragilise.
Pour les sujets isolés, il est préférable d’intervenir lors de leur période de dormance et en évitant les périodes chaudes et sèches.
Lors de la phase de croissance des sujets et jusqu’à ce qu’ils atteignent leur taille adulte, il faut relever la couronne et supprimer le bois mort. Ensuite, tous les 2 à 3 ans, une taille douce d’éclaircie et de nettoyage du bois mort peut être effectuée.
Cette intervention permet d’aérer les sujets pour laisser passer l’air et la lumière, mais aussi de contrôler l’état sanitaire de l’arbre.
