Féliciter une femme à l’occasion de la Journée internationale des femmes peut exprimer le respect, l’admiration et la reconnaissance, mais une formule automatique ou excessivement enthousiaste risque aussi de devenir une félicitation forcée. Une louange n’est réellement pertinente que lorsqu’elle est sincère, adaptée à la personne, à la situation et à la relation entre les interlocuteurs.
Le 8 mars, il est donc possible de rendre hommage aux femmes sans les réduire à des qualités toutes faites, à leur apparence, à leur rôle familial ou à une image héroïque. Il vaut mieux reconnaître leurs choix, leurs actions, leurs efforts et les droits pour lesquels elles continuent à se battre.
Pourquoi les félicitations peuvent-elles sembler forcées ?
« Bravo ! Tu as bien réussi ton coup ! » Sarcasme ou éloge ? En général, ce genre d’exclamation relève davantage de l’ironie que de la mise en valeur, mais elle met bien en avant l’ambivalence des félicitations. Tout comme les parents le font lorsqu’ils couvrent leur enfant de « waouh, c’est génial ! », alors que les sons qu’il produit avec sa guitare sont inaudibles ou que son château de sable n’est pas vraiment « super beau ».
De même, combien de collègues sont gênés par les compliments qu’ils reçoivent devant l’ensemble des collaborateurs, parce qu’ils ont alors l’impression d’avoir - enfin ! - réussi à réaliser quelque chose de valable ? Alors, sarcasme ou éloge ? Certains éloges sont certes ironiques ou excessifs, voire « empoisonnés » quand il s’agit de critiques cachées.
Mais est-ce si grave ? Pour l’ambiance du bureau, les compliments feints entre collaborateurs ne sont-ils pas plus bénéfiques que des injures ? Et les félicitations exubérantes des parents à leur enfant ne sont-elles pas plus chaleureuses et agréables que la réalité, plus terre à terre, ou les réprimandes ?
Une chose est claire : certaines louanges partent d’une bonne intention mais manquent leur but, tandis que d’autres sont vraiment efficaces. Voilà pourquoi féliciter correctement quelqu’un, surtout un jeune, est un art difficile…
Le 8 mars : hommage ou compliment automatique ?
Aujourd’hui c’est la journée internationale de la femme ! Alors, voilà, je crois que la meilleure façon de vous féliciter c’est de vous offrir ce petit podcast avec la transcription (voir plus bas) !
Bonjour et bienvenue sur Français avec Pierre ! Et surtout aujourd’hui, je voulais dire bonjour à toutes les femmes, à toutes les filles ! Bravo, félicitations puisque, aujourd’hui, c’est votre jour ! Et donc, voilà : félicitations pour vous les femmes, les filles.
Bon, je voulais en profiter pour dire juste 2, 3 petits mots sur ce thème. Juste dire que des fois, je me dis que les femmes elle sont extraordinaires parce que, si on regarde bien tous les malheurs de l’humanité, presque à 99%, les responsables ce sont des hommes, c’est-à-dire que, en général, ceux qui font des guerres ce sont les hommes, ceux qui déclenchent les guerres ce sont les hommes, les tortionnaires ce sont presque toujours des hommes, les psychopathes qui emmerdent tout le monde, qui font des crimes, qui torturent des enfants, etc. c’est toujours des hommes et voilà !
Alors des fois, je me dis qu’elles ont beaucoup de patience de nous supporter et donc félicitations ! Merci beaucoup ! Et puis, et puis, voilà, je trouve que, une femme, il faut vraiment la respecter, il ne faut jamais oublier qu’on est tous sortis du ventre d’une femme et s’il y a bien une personne à respecter, une figure à respecter sur la Terre parmi l’humanité eh bien c’est bien la femme, qui en tout cas, a tout mon respect.
Voilà, j’espère qu’un jour la femme aura le rôle qu’elle mérite parce que, à mon avis, elle n’est pas encore assez respectée sur la Terre et l’homme fait n’importe quoi encore bien trop souvent dans beaucoup trop d’endroits sur la Terre même pour ainsi dire quasiment partout et donc j’espère qu’on redonnera le rôle à la femme, le rôle qu’elle mérite et le respect qu’elle mérite.
Voilà, en tout cas, elle a tout mon respect et toute mon admiration. Voilà donc bravo et félicitations à toutes les femmes vous êtes super !
Respecter les femmes sans les idéaliser
Une félicitation générale peut partir d’une intention positive, mais elle risque de présenter « la femme » comme une catégorie homogène, naturellement patiente, extraordinaire ou moralement supérieure. Or les femmes ne constituent pas un groupe auquel on devrait attribuer les mêmes qualités, les mêmes aspirations ou les mêmes rôles.
Il ne faut jamais oublier qu’on est tous sortis du ventre d’une femme et s’il y a bien une personne à respecter, une figure à respecter sur la Terre parmi l’humanité eh bien c’est bien la femme, qui en tout cas, a tout mon respect.
Cette phrase exprime une admiration forte, mais elle associe aussi le respect dû aux femmes à la maternité. Une femme mérite pourtant le respect qu’elle soit mère ou non, qu’elle ait des enfants ou non, et indépendamment de son apparence, de sa profession ou de sa vie privée.
Voilà, j’espère qu’un jour la femme aura le rôle qu’elle mérite parce que, à mon avis, elle n’est pas encore assez respectée sur la Terre et l’homme fait n’importe quoi encore bien trop souvent dans beaucoup trop d’endroits sur la Terre même pour ainsi dire quasiment partout et donc j’espère qu’on redonnera le rôle à la femme, le rôle qu’elle mérite et le respect qu’elle mérite.
La difficulté de féliciter correctement
D’une part, tout éloge comporte une évaluation. De sorte que son auteur s’attribue d’une certaine façon la compétence et le pouvoir de juger son interlocuteur. Et en général, il le fait sans lui demander la permission, ce qui en dit long sur la relation entre les deux protagonistes : celui qui félicite est au moins sur un pied d’égalité avec l’individu dont il vante les mérites, si ce n’est au-dessus de lui.
C’est pourquoi il semble déplacé, par exemple, qu’un agent d’entretien dise au directeur de la société : « Dossier bien géré ! » Tout éloge représente une évaluation, de sorte que celui qui félicite est au moins sur un pied d'égalité avec le sujet dont il vante les mérites. Voilà pourquoi il semble déplacé qu'un agent d'entretien félicite le directeur de la société.
Dans le contexte du 8 mars, cette question de la position de celui qui félicite est particulièrement importante. Un homme qui adresse des félicitations aux femmes peut exprimer son soutien, mais il ne devrait pas se comporter comme s’il accordait lui-même une récompense ou une autorisation symbolique.
Une formule comme « bravo à toutes les femmes » peut être chaleureuse dans une relation personnelle. Dans un contexte professionnel ou public, elle peut toutefois paraître vague, paternaliste ou déconnectée des réalités concrètes vécues par les femmes auxquelles elle s’adresse.
Féliciter une action plutôt qu’une identité
D’autre part, une même louange peut se rapporter à différents faits ou actions. Par exemple, quand on découvre la nouvelle œuvre d’un peintre, on peut faire l’éloge de son activité - « il a beaucoup travaillé » -, du résultat - « quel beau tableau » -, ou d’un de ses traits de caractère - « quelle personne créative… ».
Ainsi, selon le cas, le degré de responsabilité de la personne félicitée varie : le peintre est lui-même responsable du tableau, mais guère de son intelligence créatrice. De plus, l’éloge est soit subjectif - « je le trouve beau, ton tableau » -, soit objectif - « c’est vraiment un excellent tableau ».
Appliquée aux femmes, cette distinction permet d’éviter les compliments qui portent sur une identité supposée. Au lieu de dire qu’une femme est « naturellement forte », on peut reconnaître une décision qu’elle a prise, un projet qu’elle a mené, une difficulté qu’elle a surmontée ou une injustice qu’elle a contribué à dénoncer.
Troisième règle : il est préférable de complimenter ce que la personne concernée est capable de maîtriser par elle-même. C’est uniquement dans ce cas qu’elle s’attribue le mérite de la louange.
Les compliments sur l’apparence et les qualités supposées
Recevoir un compliment sur notre couleur de cheveux naturelle fait évidemment plaisir, mais peut aussi laisser un goût d’inachevé car on n’a rien fait pour cela, ce n’est pas le résultat de notre propre action ni de notre mérite.
En revanche, on sera déjà un peu plus sensible à des compliments sur ses choix vestimentaires élégants ou sur un corps que l’on a opiniâtrement musclé.
Selon la psychologue Carol Dweck, de l’université de Stanford, en Californie, les compliments adressés à des traits de caractère - qui sont difficilement contrôlables ! - sont même souvent contreproductifs : la personne félicitée a alors tendance à croire que son niveau de performance ne peut guère évoluer, ce qui entraîne une baisse de motivation et d’ambition.
De plus, un « que tu es intelligent(e) ! », lancé à la volée, laisse planer le soupçon : la personne visée risque de se demander si elle n’est pas justement un peu lente ou empruntée.
Dans les messages adressés aux femmes, les compliments sur la beauté, l’élégance, la douceur ou la capacité à « tout gérer » peuvent donc être insuffisants. Ils ne sont pas forcément offensants, mais ils deviennent réducteurs lorsqu’ils remplacent toute reconnaissance du travail, des compétences ou des choix de la personne.
La juste mesure des éloges
Première règle : les félicitations doivent être aussi sincères et authentiques que possible. Par exemple, il est préférable de s’abstenir de complimenter un collègue si l’on ne trouve pas, en fait, sa prestation géniale ou si l’on se doute qu’il n’en est lui-même pas vraiment satisfait.
La forme de la louange exprimée, son intensité, mais également le contexte où elle intervient, de même que la relation qui existe entre les protagonistes, tout cela influence la façon dont il convient de la formuler. Comment la rendre efficace ? Un simple « bravo ! » ne suffit généralement pas…
En 2016, des psychologues de l’université Yonsei, à Séoul, ont demandé à plus de 300 élèves d’écoles primaires sud-coréennes de déterminer dans quelle mesure ils trouvaient les félicitations de leur papa ou maman appropriées.
Les enfants et leurs parents ayant participé à l’étude ont évalué divers compliments sur une échelle allant de 1, pour une reconnaissance trop faible des performances, à 7, pour des éloges excessifs.
| Élément étudié | Observation |
|---|---|
| Échelle des compliments | De 1 à 7 |
| Participants | Plus de 300 élèves d’écoles primaires sud-coréennes |
| Valeur optimale pour les jeunes | Autour de 5 |
| Valeur optimale pour les parents | 4 |
Résultat : il s’est avéré que la réussite scolaire et le bien-être des jeunes dépendaient de la forme et de la dose des félicitations. Ainsi, quand les enfants recevaient des louanges « moyennes », donc plutôt appropriées, ils avaient de meilleures notes et étaient plus heureux (on relevait chez eux moins de signes dépressifs) que lorsque les compliments étaient sous- ou surévalués.
Toutefois, un éloge un brin exagéré semblait convenir aux élèves : pour eux, la plage optimale des valeurs de félicitations se situait autour de 5, tandis que pour les parents, plus stricts, elle était à 4. Quelques études ont confirmé ces résultats dans d’autres pays : les jeunes apprécient souvent des louanges un peu excessives…
Quand les félicitations excessives produisent l’effet inverse
En matière de félicitations, la forme est également cruciale. Un « waouh, c’était absolument fantastique ! » ou « c’est tout simplement parfait ! » ont vite fait de mettre la pression sur son destinataire qui se doit alors d’atteindre ce niveau d’excellence à chaque fois qu’il réitère son action.
Certes, ce genre d’exagération trouve un terrain fertile chez les enfants à l’ego hypertrophié, comme l’a rapporté en 2022 l’équipe du psychologue du développement Eddie Brummelman, à l’université d’Amsterdam. Mais cette dernière a aussi montré que les jeunes moins sûrs d’eux-mêmes et moins confiants risquent d’être découragés par ce type de déclarations.
En effet, Eddie Brummelman et ses collègues ont demandé à 200 élèves âgés de 8 à 12 ans d’effectuer une tâche d’adresse à l’aide de lunettes de réalité virtuelle.
Ensuite, un de leurs parents les félicitait, soit de façon modérée - « bien joué ! » -, soit de façon exagérée - « tu as réalisé une performance incroyable ! » - ou ne disait rien sur la performance de son enfant.
Résultat : les louanges exubérantes encourageaient les enfants particulièrement sûrs d’eux à poursuivre leurs activités dans l’environnement virtuel où ils avaient commencé, alors que les plus timides étaient moins enclins à continuer que lorsqu’ils ne recevaient aucun commentaire.
À l’inverse, les exigences envers la personne encouragée ne doivent pas être trop faibles. Car se voir félicité pour quelque chose qui semble banal ou trop facile engendre le sentiment que l’autre avait une bien piètre image de nous, pour être aussi positivement surpris d’un résultat aussi simple…
Dans tous les cas, il s’agit donc de bien doser ses éloges, pour ne pas affaiblir leur valeur ni leur portée.
Féliciter l’effort plutôt que le résultat ou la personne
Ce qui nous amène au deuxième conseil important pour apprendre à bien féliciter : mettre l’accent sur l’action, plutôt que sur le résultat. Certes, il n’est pas toujours évident de faire la part des choses.
Mais, par exemple, si un enfant a réussi un devoir de mathématiques, il est en général plus encourageant de lui dire « c’est bien d’avoir travaillé dur pour réaliser ce devoir », plutôt que « super, tu as eu un A. »
Du moins, il ne faut pas toujours se focaliser sur la note, et davantage reconnaître les efforts fournis pour y parvenir. Mais c’est un équilibre à trouver : en effet, l’éloge sur l’action finit par affaiblir, progressivement, l’intérêt des enfants pour les apprentissages, alors que l’éloge sur le résultat conduit parfois les jeunes à penser qu’ils ne seront peut-être aimés ou respectés que s’ils rapportent de bonnes notes à la maison…
Cette nuance est utile pour parler des femmes dans le cadre professionnel. Une félicitation comme « tu es une femme incroyable » reste générale et difficile à rattacher à un fait précis. Une formulation qui reconnaît une action permet davantage de montrer que l’on a réellement observé le travail accompli.
- « Ta persévérance et ton dévouement ont porté leurs fruits. »
- « Les efforts que tu as fournis pour arriver jusqu’ici sont impressionnants. »
- « Chaque étape que tu franchis est une preuve de ta détermination et de ton courage. »
- « Ta détermination et ton travail acharné ont porté leurs fruits. »
La pression de la comparaison
Dernier conseil pour bien complimenter : ne pas mettre l’accent sur une comparaison avec autrui. Dans ce cas, la personne félicitée risque de se soucier moins de ce qu’elle a réalisé que du fait qu’elle a réussi à surpasser les autres.
La pression de la concurrence, même si elle peut être stimulante dans certains cas, a globalement pour effet de freiner les efforts ultérieurs de l’individu.
Les psychologues ont donné à des élèves de CM1 et de CM2, après qu’ils ont réalisé des puzzles difficiles, un retour sur leur performance qui soulignait soit leurs efforts - « super, tu as fait de mieux en mieux » -, soit leur supériorité par rapport à leurs camarades - « tu es meilleur que la plupart des élèves de ton âge ! »
Puis, lorsque les chercheurs ont laissé les enfants bricoler de façon libre dans une sorte de « laboratoire créatif », ceux qui avaient reçu des félicitations se rapportant à eux-mêmes se sont montrés bien plus intéressés et joueurs que ceux ayant été valorisés comparativement à autrui.
Même l’absence totale de retour sur leur performance faisait perdre moins de plaisir face aux nouvelles activités que la comparaison sociale.
Selon l’équipe de Jennifer Henderlong, la « motivation intrinsèque » souffre donc de la pression de la concurrence. Cet effet était d’ailleurs, en moyenne, plus prononcé chez les filles que chez les garçons, et était particulièrement flagrant chez les enfants peu sûrs d’eux-mêmes.
D’autres expériences, menées auprès d’adultes, ont aussi confirmé ce phénomène. Comment l’expliquer ? Il est probable que le fait de dire « tu es le meilleur ! » nous fasse plutôt craindre de ne plus être aussi performant la prochaine fois.
Dès lors, plus la peine de faire des efforts…
Les femmes ne sont pas obligées d’être fortes en permanence
Les messages du 8 mars utilisent fréquemment des expressions comme « femmes fortes », « femmes courageuses », « femmes indépendantes » ou « femmes combatives ». Ces mots peuvent être valorisants, mais ils créent aussi une attente : celle de rester admirable, résistante et efficace quelles que soient les difficultés.
Tu es beaucoup plus courageuse que je ne peux le décrire. Bonne Journée de la femme.
Bonne fête du 8 mars à toi, femme incroyable et courageuse! Ta combativité m’inspire! Tu es une personne incroyable, et je ne peux que t’apprécier. Bonne Journée de la femme.
Tout ce que je souhaite en ce jour spécial, c'est que vous ne cessiez jamais de rêver et ne jamais perdre espoir. Puissiez-vous toujours vous battre pour vos droits!
Ces formules peuvent être sincères, mais elles ne devraient pas transformer la force en obligation morale. Une femme peut être fatiguée, hésitante, vulnérable, en colère ou simplement ordinaire sans perdre sa valeur ni sa dignité.
Les compliments qui enferment dans un rôle
Bonne fête! Tu es vraiment une personne merveilleuse qui jongle entre la maison et le travail et qui fait toujours tout à la perfection!
Cette phrase cherche à admirer une femme qui assume plusieurs responsabilités, mais elle peut aussi normaliser une charge excessive. Dire qu’elle « jongle » parfaitement entre la maison et le travail risque de présenter cette situation comme un idéal auquel elle devrait continuer à répondre.
Il est également préférable d’éviter les félicitations qui confondent la valeur d’une femme avec son utilité pour les autres. Une femme ne mérite pas l’admiration uniquement parce qu’elle soutient son partenaire, organise sa famille, travaille sans relâche ou rend la vie des autres plus agréable.
Merci d’être la femme derrière ma réussite et d’avoir joué le rôle de critique, de support, de guide et d’ami dans ma vie.
À mes yeux, tu es la combinaison complète de l’intelligence et de la beauté. Bonne Journée de la femme.
Ces formulations peuvent convenir à un message intime, mais elles risquent de réduire la destinataire à son influence sur la réussite d’une autre personne ou à l’association de son intelligence et de sa beauté.
Une félicitation sincère et concrète
Joyeuse Journée de la femme! Bravo pour tous tes efforts et triomphes! Tellement fier de toi!
C'est le jour où nous rendons hommage à toutes les femmes fortes, courageuses et indépendantes partout dans le monde! C'est pour cela que je tiens à te souhaiter une bonne fête!
Un message plus personnel gagne à préciser ce qui est admiré. La félicitation devient alors moins automatique et montre que l’on s’adresse à une personne singulière plutôt qu’à une image générale de « la femme ».
- « Je suis fier de toi pour la manière dont tu as défendu ton projet. »
- « Ta persévérance et ton dévouement ont porté leurs fruits, et c'est un plaisir de célébrer ce moment avec toi. »
- « Les efforts que tu as fournis pour arriver jusqu’ici sont impressionnants. »
- « Tu as surmonté des défis, et cela montre à quel point tu es déterminé(e). »
- « Chaque étape que tu as franchie pour arriver ici mérite des félicitations. »
Féliciter sans confisquer la parole
Le 8 mars ne devrait pas être seulement une occasion pour les hommes de féliciter les femmes. C’est aussi un moment pour écouter ce qu’elles disent de leurs droits, de leur travail, de leurs expériences et des obstacles qu’elles rencontrent.
Voilà, à mon avis, elle n’est pas encore assez respectée sur la Terre et l’homme fait n’importe quoi encore bien trop souvent dans beaucoup trop d’endroits sur la Terre même pour ainsi dire quasiment partout.
Une félicitation pertinente ne remplace donc pas le respect quotidien. Elle ne remplace pas non plus les changements nécessaires dans la vie professionnelle, familiale, politique ou sociale.
Tout ce que je souhaite en ce jour spécial, c'est que vous ne cessiez jamais de rêver et ne jamais perdre espoir. Puissiez-vous toujours vous battre pour vos droits!
Les félicitations et la motivation
En tenant compte de tous ces éléments, malgré tout, la plupart des personnes félicitées trouvent souvent les louanges très agréables. Ce qui pourrait laisser croire qu’une stratégie très générale pour plaire à ses semblables et les amener à s’améliorer serait de féliciter, féliciter et féliciter, encore et encore.
Peut-on voir les choses sous cet angle ?
Il faut également faire preuve de retenue lorsque les jeunes aiment déjà quelque chose. Par exemple, si un enfant apprécie beaucoup de jouer au handball et que l’on ne cesse de le féliciter - « c’est bien que tu joues autant au handball » -, sa motivation intrinsèque - « parce que c’est amusant » - peut se transformer en motivation extrinsèque - « parce que je plais ainsi à mes parents. »
Il n’est plus certain alors que le jeune ait longtemps envie de pratiquer son sport…
Cette idée peut être transposée aux adultes : à force de féliciter une femme uniquement parce qu’elle correspond à une attente, on risque de faire dépendre la reconnaissance de son comportement. Le compliment devient alors une récompense conditionnelle plutôt qu’une marque de respect.
Narcissisme, estime de soi et besoin de reconnaissance
Selon Eddie Brummelman, psychologue et professeur de psychologie à l’université d’Amsterdam, en réalité, tout le monde n’a pas toujours soif d’éloges - loin de là -, certaines personnes y étant nettement plus sensibles que d’autres : « Deux traits de personnalité sont particulièrement importants à cet égard : le narcissisme et l’estime de soi.
Les individus présentant des traits narcissiques forts, qui pensent être formidables et avoir droit à une sorte de traitement de faveur, montrent en général un fort désir, et un fort besoin, d’être valorisés par autrui. »
Et souvent, un simple compliment ne leur suffit pas… « Ils veulent vraiment être bien félicités ! Si les éloges ne sont pas assez positifs, ils se sentent parfois offensés, frustrés, voire furieux, et réagissent en conséquence. »
De façon réciproque, des félicitations excessives renforcent parfois les traits de personnalité narcissiques, comme l’a également montré Eddie Brummelman lors de ses études : si l’on félicite trop son enfant - « tu fais ça de manière fantastique ! » - et qu’on le place constamment sur un piédestal, c’est-à-dire qu’on lui laisse trop souvent entendre qu’il est le meilleur, le plus grand, le plus intelligent ou le plus rapide, il est probable qu’il finisse par le penser vraiment.
Mais comme cela ne correspond pas toujours à la réalité, l’enfant rencontrera inévitablement des déceptions qui, elles, sont de nature à diminuer son estime de soi.
La situation des femmes en France : éviter les idées reçues
À propos, un de ces jours, je ferai un podcast sur les femmes en France et je raconterai un petit peu la situation des femmes en France.
Souvent on pense que la femme est très libérée en France, qu’elle a beaucoup de droits et que les Français ont été très à l’avant-garde pour la libération de la femme.
Bon, c’est vrai que ça a été un pays qui a donné des droits à la femme assez rapidement mais c’est pas toujours exactement comme on pense et donc je vous expliquerai un petit peu ma vision des choses dans un podcast à venir très prochainement.
Cette remarque rappelle qu’une formule de félicitations peut aussi véhiculer une image simplifiée d’un pays ou d’une société. Dire que les femmes sont déjà « libérées » ou qu’elles disposent partout d’une égalité réelle peut invisibiliser les différences entre les droits reconnus, leur application et les expériences individuelles.
Exemples de formulations à privilégier
Une félicitation destinée à une femme peut rester chaleureuse tout en étant plus précise et moins imposée. Les propositions suivantes mettent l’accent sur la personne, son parcours ou ses choix, sans lui attribuer un rôle obligatoire.
- « Bonne Journée de la femme. Je t’admire pour qui tu es. »
- « Aujourd’hui est le jour idéal pour dire que je suis fier de toi et tellement chanceux d’avoir une femme inspirante comme toi dans ma vie. »
- « Tu es une personne incroyable, et je ne peux que t’apprécier. »
- « Je suis tellement heureux pour toi et fier de tes accomplissements. »
- « C’est une belle étape que tu as franchie, et je sais que c’est le début d’une aventure passionnante et enrichissante. »
- « Tu as travaillé dur pour y arriver, et ça mérite d’être célébré ! »
- « Je te souhaite le meilleur dans cette nouvelle aventure, et sache que je suis là pour te soutenir à chaque pas. »
J’espère que tu es fier de toi ! Ce que tu as accompli est incroyable. Chaque pas que tu as franchi pour arriver ici mérite des félicitations. Je suis tellement heureux(se) pour toi. Prends le temps d’apprécier ce moment.
C'est une belle victoire et tu as travaillé dur pour y arriver. N’oublie pas que de nombreux beaux moments t'attendent encore. Bravo encore une fois !
Ce qu’il vaut mieux éviter dans un message du 8 mars
- Présenter les femmes comme naturellement meilleures, plus patientes ou plus pacifiques.
- Les féliciter uniquement pour leur beauté, leur apparence ou leur capacité à plaire.
- Les remercier seulement pour le soutien qu’elles apportent à la réussite d’un homme.
- Transformer la maternité ou la gestion du foyer en obligation féminine.
- Employer une exagération qui ne correspond pas à la relation ou à la situation.
- Comparer une femme aux autres femmes ou aux hommes pour créer une hiérarchie.
- Supposer qu’une femme souhaite être félicitée ou qu’elle se reconnaît dans une formule collective.
Une félicitation peut être sincère, personnelle et respectueuse, mais elle n’a pas besoin d’être spectaculaire. Une phrase simple, directement liée à une action ou à une qualité réellement observée, vaut souvent mieux qu’un long éloge automatique.
Voilà, en tout cas, elle a tout mon respect et toute mon admiration. Voilà donc bravo et félicitations à toutes les femmes vous êtes super !

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