Épisode grec de la Saint-Valentin : mythes, rites et héritage d’Athènes

La Saint-Valentin n’a pas une origine unique : son histoire réunit des rites de fertilité de la Grèce antique, les Lupercales romaines, le culte chrétien de saint Valentin et les traditions amoureuses apparues au Moyen Âge. L’épisode grec de la Saint-Valentin se manifeste notamment à travers Pan, Aphrodite, les récits mythologiques liés aux plantes et la conservation de reliques de saint Valentin dans des îles grecques et à Athènes.

Avant que Rome n’existe, les Grecs célébraient déjà la fête des loups, « Lukéia », dont découlera les Lupercales. En Grèce, c’était le dieu à cornes de la forêt Pan qui était à l’honneur tandis qu’à Rome, il s’agissait du peuple des luperques, nom qui d’ailleurs a créé l’appellation de la variante romaine « Lupercales ».

Une fête aux origines multiples

La Saint-Valentin, célébrée le 14 février, est considérée à divers endroits dans le monde comme la grande fête des amoureux pour les uns, comme un événement commercial provenant du monde anglo-saxon, pour d’autres. Il est légitime de se poser la question du choix de cette date, du lien avec saint Valentin et qui était ce saint de l’Eglise catholique.

Il semble que la Saint-Valentin n’a pas vraiment d’origine unique et pourrait bien être le fruit de différents facteurs historiques et symboliques. De nombreuses fêtes du calendrier chrétien ont été instaurées à des dates qui, à l’époque païenne, étaient déjà célébrées par les populations.

Beaucoup d’entre elles se contredisent néanmoins, chacune sollicite un lien étroit, sinon fort, avec la mythologie grecque ou son territoire. D’abord parce que la coutume romaine dont tire les origines de la fête était aussi une tradition grecque.

Des Lukéia grecques aux Lupercales romaines

Prenant place au milieu du mois de février, entre le 13 et le 15 février et consacrée au dieu Lupercus, également appelé Faunus ou encore Pan chez les Grecs, divinité de la fertilité et défenseur des troupeaux contre les loups et ayant un aspect mi-homme, mi-bouc, cette fête est l’une des plus importantes du calendrier romain.

La tradition commune voulait que les hommes poursuivent les femmes avant de les frapper avec des peaux de bouc pour leur assurer fécondité et prospérité. La tradition de la Saint-Valentin pourrait trouver son origine dans le rituel des Lupercales, dans l’antiquité romaine.

Les Lupercales, qui se tenaient quinze jours avant les calendes de mars, associaient en une même cérémonie le dieu Lupercus et la louve nourricière, divinisée en Dea Luperca. La fête se déroulait en trois étapes : sacrifice, course et loterie amoureuse.

Élément du rituelFonction ou symbole
Pan, Faunus ou LupercusDivinité de la fertilité et défenseur des troupeaux contre les loups
Le boucAnimal associé à la fertilité et à la luxure
La coursePurification du site et garantie symbolique de fécondité
La loterie amoureuseAssociation de jeunes femmes et de jeunes hommes pour un banquet ou une période plus longue

12 prêtres luperques sacrifiaient un bouc à leur dieu dans la grotte de Lupercal au pied du Mont Palatin, là où la louve aurait allaité Romulus et Rémus, en souvenir de Romulus qui avait tracé, jadis, l’enceinte de la ville en creusant un sillon avec une charrue, autour de ce mont.

Un rituel était officié par un prêtre sacrificateur qui tailladait le front de deux jeunes hommes pour que le sang versé soit mélangé à du lait. L’événement le plus marquant de ces réjouissances était la course des Luperques qui suivait le rituel.

Les prêtres de Faunus, demi nus et couverts seulement de la peau des chèvres ou des boucs sacrifiés, faisaient le tour du Mont Palatin pour purifier l’ancien site, puis se répandaient dans la ville en riant et en buvant. Enivrés, ils couraient dans les rues avec des lambeaux de peaux des bêtes, avec lesquels ils touchaient les passants.

Pour une jeune femme, être touchée devait lui assurer d’être féconde, d’avoir une grossesse heureuse et faciliter la montée de lait. Il s’agissait d’une fête de la fertilité et de la purification, destinée à assurer la prospérité, des cultures, des troupeaux et des femmes romaines !

Avant le banquet final, chaque jeune fille inscrivait son nom sur un parchemin qu’elle déposait dans une grande jarre, puis, chaque jeune garçon tirait au sort le nom de la jeune fille qui devait rester avec lui pendant tout ce banquet, voire plus, c’était une sorte de loterie amoureuse. Parfois, les jeunes gens tombaient amoureux et se mariaient.

Le rôle de l’Église et le choix du 14 février

Les hauts dignitaires de l’Eglise détestaient cette fête païenne des Lupercales ; ce culte à la fertilité, cet étalage public de nudité et de débauche. Les papes successifs tentèrent de la faire disparaître, mais en vain.

Tout change en 492, avec l’élection du pape Gélase Ier, réformateur et pieux. Il souhaite définir un code de comportements irréprochables et commence par interdire à tout chrétien de participer à ces débauches.

En 495, pour faire diversion, Gélase Ier décide de fêter un saint, la veille des célébrations païennes pour les absorber dans la religion chrétienne tout en les corrigeant. Ce sera donc le 14 février, jour de trois saints martyrs appelés Valentin.

L’objectif était de combattre ces rites païens tout en donnant du sens à des pratiques rituelles liées au cycle de la nature. En effet, en faisant de ce saint le protecteur des couples à la date du 14 février, l’Eglise encouragea la célébration de l’amour au moment des prémices du printemps tout en combattant la fête païenne des Lupercales qui avait lieu à la même période.

Ainsi, pour remplacer la fête païenne on instaura tout à la fois une fête de la purification, la Chandeleur, et une fête de l’amour et de la fécondité, la Saint-Valentin. On ne peut affirmer que la saint Valentin a été instaurée pour remplacer cette fête païenne, d’autant plus qu’elle ne fut guère célébrée par l’Église.

Saint Valentinus, un martyr lié à Athènes et à la Grèce

Le 14 février, plusieurs Valentin béatifiés sont célébrés. Toutefois, les historiens s’accordent sur saint Valentin de Terni en Ombrie, à l’époque de la Rome antique, pour être celui principalement retenu pour la fête des amoureux.

Il s’agissait d’un prêtre chrétien, connu pour ses dons de guérisseurs, un thaumaturge, qui vivait au 3e siècle sous le règne de l’empereur Claude II, dit le Gothique ou le Cruel. Vers 268, Rome était engagée dans des campagnes militaires sanglantes et impopulaires.

L’empereur ayant des difficultés à recruter des soldats pour rejoindre ses légions, décida d’interdire le mariage, pensant que la raison pour laquelle les Romains refusaient de combattre était leur attachement à leurs femmes et foyers respectifs, et car, croyait-on, les célibataires faisaient de meilleurs soldats.

Un prêtre, nommé Valentin, désobéit aux ordres de l’empereur et maria des jeunes couples en secret. Pour avoir transgressé la loi, le préfet de Terni, Placide, fit arrêter, flageller, condamner à mort puis décapiter vers 270 sur la voie Flaminienne à Rome, celui qui avait mis ses pouvoirs de prêtre et ses talents de « médecin » au service des Chrétiens prisonniers pour leur foi.

Si l’année de sa mort est incertaine, le jour en revanche est connu et c’est cela qui importe, un 14 février. Saint Valentin serait donc mort en défenseur de l’amour et du mariage.

L’engagement du prêtre envers l’amour lui a donc coûté la vie un 14 février à… Athènes, alors possession romaine. C’est bien plus tard après son décès que le saint donnera son nom à la fête.

Depuis, ses reliques sont conservées à Lesbos et Chios, deux îles grecques, ce qui accentue encore un peu plus la relation de la Grèce antique avec la Saint-Valentin.

Plus de mille ans plus tard, en 1496, Valentin de Terni, fêté le 14 février, est désigné par l’Église catholique comme saint patron des amoureux par le pape Alexandre VI, Rodrigo Borgia qui lui donne le titre de « patron des amoureux », ce qui n’empêche pas l’Église de combattre la tradition du valentinage.

Le miracle de Valentin et l’amandier

Julia, la fille de son geôlier, aveugle de naissance fut touchée par cette arrestation et demanda à son père de le rencontrer. Durant sa captivité, elle lui rendit de nombreuses visites. Elle lui apportait même à manger.

Valentin lui décrivait le monde, la nature et lui parlait de son Dieu. Touché par la détresse de la jeune fille, Valentin implorait son Dieu matin et soir pour qu’elle retrouve la vue.

Puis, un soir, lors d’une de ses visites, une lumière illumina la cellule. Julia se mit à pleurer car un miracle venait de se produire, elle voyait enfin ! « Je suis heureuse », dit-elle, « je voulais tellement voir tout ce que vous m’avez raconté ! »

Devant ce miracle, toute la famille de Julia se convertit à la religion chrétienne. L’empereur Claude II fut informé rapidement de ce miracle et Valentin, ayant refusé de renier son Dieu, fut condamné à mort.

La veille de sa mort, il écrivit une dernière lettre à Julia, l’invitant à rester près de son Dieu et la signa : « de votre Valentin ». Il est dit que Julia planta, près de la tombe de Valentin, un amandier.

L’arbre est depuis ce jour, un symbole de l’amour et d’amitié. La légende dit qu’avant de mourir, il fit envoyer à sa bien aimée une feuille en forme de cœur où figurait ce message « de ton Valentin ».

La mythologie grecque au cœur de la fête des amoureux

La mythologie grecque a permis à la Saint-Valentin de s’élever au rang de « fête des amoureux » grâce à sa déesse Aphrodite. Surnommée « déesse de l’Amour », la divinité aurait d’après la légende jeté son dévolu sur les fleurs rouges et particulièrement la rose, symbolisant pour elle la pureté de l’amour.

La plupart de ses représentations sont accompagnées d’une rose pour mieux matérialiser encore son amour envers cette fleur. La tradition d’offrir une rose le 14 février sur laquelle s’appuient aujourd’hui les croyants remonte donc en réalité à cette ère mythologique.

À l’origine, la mi-février correspond en effet, à la période où l’on fête, dans la Grèce antique, le mariage forcément divin d’Héra et de Zeus, le roi des Dieux. On y célèbre alors les puissances de l’union, de la fécondité et du renouveau de la nature.

De l’Éros grec au Cupidon romain

Le 14 février, c’est proche de Mardi Gras. Sous le masque du saint Valentin, ne serait-ce pas plutôt Éros-Cupidon qui se cache ?

En effet, celui que l’on devrait fêter ce jour-là, c’est Cupidon, le dieu de l’amour des Romains, qui correspond au dieu grec Ἔρως, Érōs. Cupidon est représenté sous les traits d’un enfant ailé.

Cupidon est toujours accompagné de son arc, son carquois et ses flèches : arcus et pharetra et sagittæ. Il tire sur celui qu’il veut rendre fou… d’amour.

Cupidon vient du latin cupido, terme poétique désignant le désir, l’envie. Cupidon, c’est le désir amoureux personnifié.

Le mot grec a aussi connu une restriction du sens au cours des siècles. Si ἒρως a donné en français l’érotisme, en grec ancien, érōs signifie amour, dans son sens général.

En grec, ancien et moderne, est érotique ce qui concerne l’amour et non seulement l’amour sexuel : une lettre érotique, c’est une lettre d’amour et des chansons érotiques, ce sont des chansons d’amour ! Éros, c’est donc bel et bien le dieu de l’amour et non le dieu du sexe.

Les récits d’amour grecs et les plantes

Des mythes grecs à l’empire romain, du Moyen Âge à la Renaissance, les récits d’amour tissés avec des fils divins se mêlent aux plantes. De Perséphone et Hadès à Pyrame et Thisbé, de Tristan et Iseut à Roméo et Juliette, à l’approche de la Saint-Valentin, parcourons ces épopées où amour et nature s’entrelacent.

Perséphone et Hadès

Dans la mythologie grecque Antique, Perséphone naît de l’union entre Déméter, déesse des cultures et des moissons, et Zeus. Le charme indiscutable de la jeune femme séduit Hadès, dieu des Enfers.

Alors qu’elle s’amuse avec les Océanides, il fait s’épanouir devant elle un narcisse. Éblouie par tant de beauté, Perséphone s’arrête pour le cueillir. La terre s’ouvre alors sous ses pieds, et elle tombe dans les Enfers.

Déméter, folle de chagrin, la cherche partout, en délaissant les récoltes. Zeus, qui refuse que la Terre ne s’assèche, parvient à un compromis.

Perséphone restera une partie de l’année aux Enfers, et une autre sur l’Olympe. Heureuse, Déméter fait fleurir les champs et c’est ainsi que naît le cycle des saisons.

Le coquelicot, Papaver rhoeas, mêle la teinte passionnée de l’amour, le rouge, à la fragilité, à la délicatesse de Perséphone, les pétales éphémères, et à la marque sombre d’Hadès visible à l’aisselle des pétales.

Pyrame et Thisbé

Alors que l’Empire Romain est en train de naître, Ovide raconte l’histoire de Thisbé et Pyrame, deux Babyloniens. Ces deux amants prévoient de se rencontrer secrètement sous un mûrier en dehors de la ville.

Thisbé arrive en premier, mais elle est effrayée par une lionne à la gueule ensanglantée. En fuyant, elle perd son voile, que la lionne déchire et souille de sang.

Quand Pyrame arrive et découvre le voile taché ainsi que les empreintes de la bête, il imagine que Thisbé a été dévorée. De désespoir, il se suicide.

Thisbé revient et découvrant le corps inanimé de Pyrame, se donne la mort. Le mythe raconte que dans ses dernières volontés, Thisbé implore leurs parents de leur offrir un même tombeau et demande au mûrier de conserver l’empreinte de leur sang.

Beaucoup de confusions existent autour des mûres et des mûriers. Dans l’histoire de Pyrame et Thisbé, il s’agit du mûrier blanc, Morus alba. Les mûres de ronces, Rubus sp., ne doivent pas être confondues avec celles de ces deux arbres.

Tristan et Iseut

« Belle amie, ainsi en va-t-il de nous : ni vous sans moi, ni moi sans vous »

La légende médiévale de Tristan et Iseut aurait vu le jour au XIIe siècle. L’intrigue se déroule en Cornouailles, en Irlande et en Bretagne.

Le roi Marc de Cornouailles charge son neveu Tristan d’aller quérir la princesse Iseut la Blonde pour en faire son épouse. Par mégarde, les deux jeunes gens boivent le philtre d’amour.

Bien qu’Iseut épouse Marc, à qui elle était promise, son amour pour Tristan persiste. Tristan épousera quant à lui, une autre Iseut, Iseut la Blanche, à contrecœur.

Le poème de Marie de France, le Lai du Chèvrefeuille, reprend un épisode de cette histoire, qui introduit le chèvrefeuille et le noisetier, Corylus avellana.

Tristan, chassé par Marc, se réfugie en forêt où il grave son nom sur un coudrier pour faire parvenir à Iseut un message secret : comme le chèvrefeuille et le noisetier, une fois enlacés, ils ne pourraient plus vivre l’un sans l’autre.

Roméo et Juliette

« Qu’y a-t-il en un nom ? Ce que nous nommons rose, sous un autre nom, sentirait aussi bon »

Au XVIe siècle, Shakespeare raconte l’histoire de Roméo et Juliette, dans la ville italienne de Vérone. La rivalité entre les Capulet et les Montaigu ensanglante la ville sous le regard désapprobateur du prince Escalus.

Roméo, héritier des Montaigu, vit dans la mélancolie à cause de Rosaline, dont il est éperdument amoureux, mais qui le repousse. Lors d’une fête, il rencontre Juliette. Elle prend rapidement la place de Rosaline dans son cœur.

Leur amour, condamné dès le départ, évolue dans l’ombre des querelles familiales. Très vite, ils se marient, en secret.

Roméo sera banni suite aux morts qu’il aura provoquées tandis que Juliette sera forcée à se remarier avec l’homme à qui elle était promise. Pour y échapper, elle boit un philtre d’amour lui donnant l’apparence d’une morte.

Roméo n’ayant pas été informé de la supercherie, se suicide en avalant une fiole de poison. À son réveil, Juliette, horrifiée devant le corps sans vie de Roméo, se donnera la mort à son tour.

Cet épisode n’est pas sans rappeler la fin tragique du mythe de Pyrame et Thisbé. La rose devient ici une métaphore du romantisme, de l’amour interdit et de la douleur associée.

Du valentinage médiéval aux cartes d’amour

Pour retrouver une origine historique avérée à la Saint-Valentin, il faudra malgré tout attendre le 14e siècle. Aux origines supposées, on préféra une autre, issue de la croyance populaire et sans doute plus poétique.

La première mention du jour de la Saint-Valentin avec une connotation romantique et amoureuse vient d’Angleterre encore catholique, où l’on croyait que le 14 février était le jour où les oiseaux s’accouplaient ; ainsi débutait la saison des amours.

Prenant exemple sur les oiseaux, les hommes auraient trouvé ce jour propice à la déclaration amoureuse. Les poètes anglais Chaucer et Shakespeare en font mention dans leurs œuvres.

Le chevalier poète Othon de Grandson s’appuiera sur la tradition pour lancer la coutume de l’échange de cartes et de billets doux entre le « Valentin » et sa « Valentine », le 14 février.

Attention, seuls les célibataires fêtaient la Saint-Valentin. Un de ces billets doux du 14e siècle se trouverait à la British Library.

Poésie et tradition furent relayées en France par Charles d’Orléans à son retour de captivité. En effet, fait prisonnier à la bataille d’Azincourt, en 1415, il resta captif des Anglais un quart de siècle.

Ainsi, il sera désormais d’usage, le jour de la Saint-Valentin, de s’échanger des poèmes d’amour et de s’appeler « Valentin ». Il est probable que nombre de légendes sur la Saint-Valentin ont été inventées pendant cette période.

En 1400, le roi de France Charles VI choisit le jour de la Saint-Valentin pour fonder une « cour d’amour » ou « cour amoureuse », c’est-à-dire un cercle poétique, variante de « l’amour courtois médiéval ».

Des processions étaient même organisées pour célébrer les amoureux. Des parties de cache-cache entre célibataires étaient destinées à permettre à chacun de trouver l’âme sœur.

La pratique de l’échange de petits mots d’amour se développe. Et les « Valentines », cartes portant des poèmes ou messages d’amour et d’amitié, se répandent à travers l’Europe et deviennent les symboles de la Saint-Valentin.

De la tradition européenne à la fête moderne

Au 18e siècle, les Valentines deviennent aussi plus sophistiquées, décorées de cœurs et de cupidons et davantage encore à l’époque Victorienne ; illustrées à la plume, ornées de dentelle, et même de tissus soyeux, on y ajoute parfois des fleurs séchées et du parfum.

À l’époque industrielle, la Saint-Valentin devient l’occasion d’offrir non plus seulement des cartes, mais aussi des fleurs, des chocolats, des bijoux, de sortir au restaurant, etc.

Alors qu’elle s’efface en Europe au 19e siècle, la fête réapparaît de l’autre côté de l’Atlantique, où l’importation de cartes britanniques fait émerger un nouveau marché.

Il faut attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que la Saint-Valentin réapparaisse en Europe, notamment en France où les soldats américains, toujours stationnés dans les bases militaires, tentent de séduire les Françaises en leur achetant des fleurs.

Les fleuristes flairent le filon dès les années 1950-1960 et la fête revient sur ses terres natales, avant de se diffuser dans le monde entier ; uniquement réservée aux amoureux.

Les symboles de la Saint-Valentin

La rose

Les symboles de la Saint-Valentin que nous connaissons, Cupidon, les roses, le cœur, se sont surtout imposés au début du 20e siècle sur de jolies cartes colorées qui connurent un grand succès populaire.

La Rose de Provins, Rosa gallica, est l’une des espèces de rosiers les plus anciennement cultivées. Déjà connue des Grecs et Romains, elle était commune dans les jardins du Moyen Âge.

Au XIXe siècle, c’est l’une des espèces les plus répandues. C’est aussi elle qui, durant des siècles, fut la seule à être utilisée à des fins médicinales : eau de rose, sirop de rose, miel rosat, vin et vinaigre de rose, etc.

Cupidon

Dans la mythologie romaine, le cupidon est le dieu de l’Amour. Cupidon est un enfant facétieux qui blesse sans distinction les dieux et les hommes avec ses flèches qui les rendent amoureux.

C’est pour cela qu’il est représenté sous la forme d’un enfant nu et ailé ou non, portant un arc et un carquois rempli de flèches, souvent les yeux bandés traduisant l’aveuglement de l’amour.

Les Amoureux de Peynet

En 1942, Raymond Peynet se trouve à Valence pour remettre un pli confidentiel à un correspondant de guerre. Il attend son contact sur un banc devant un kiosque à musique.

Et pour tromper l’ennui autant que l’anxiété, il se met à le dessiner ainsi que le jeune violoniste qui joue de la musique à l’intérieur, face à une admiratrice qui l’écoutait. Se superpose alors dans son esprit, l’image de sa bien-aimée.

Il crée son couple d’amoureux que Max Favalelli, rédacteur en chef de la revue Ric et Rac, charmé par ce duo, rebaptisera Les Amoureux de Peynet.

Le couple sera plus tard décliné à l’infini sur de nombreux supports, bijoux, tissus, etc., emblème de l’amour et de la tendresse jusqu’à devenir symbole de la Saint-Valentin.

La Saint-Valentin à Athènes : une lecture grecque de la fête

Et oui, le 14 février est le jour des amoureux. L’occasion idéale de se faire plaisir et de passer une journée et/ou une soirée romantique pour la Saint-Valentin à Athènes.

Si vous fêtez la Saint-Valentin à Athènes, profitez-en pour retourner aux sources et aller voir les reliques de Saint Valentin. Voilà une idée originale et unique en ce jour de 14 février.

Les reliques de Saint Valentin sont en effet pour partie conservées à Athènes, dans l’église catholique italienne de San Francesco e Santa Chiara, 7 rue Gkiilfordou, à proximité de la place Victoria, au nord de la place Omonia.

Vous trouverez notamment dans cette Église, un petit livre intéressant de Demetrios PAPADAKIS-PERATHORAKIS intitulé « Le Saint-Valentin d’Athènes », dans lequel l’auteur raconte les moments importants de la vie de ce Saint et explique comment ses reliques sont arrivées en Grèce.

D’habitude, chaque année, le 14 février à 18 heures, une messe est célébrée dans l’église de San Francesco e Santa Chiara en l’honneur du Saint. A cette occasion, le prêtre bénit « des roses rouges de Saint-Valentin », signe d’amour, avant de les distribuer aux fidèles.

Les lieux romantiques d’Athènes

La Pnyx est une colline du centre d’Athènes, qui surplombe l’Agora et offre une vue grandiose sur l’Acropole. Elle a l’avantage d’être très verte, à tel point que par moments on se croirait en pleine campagne.

Athènes se prête facilement à une escapade romantique avec ses dédales de ruelles dans Plaka et ses bougainvilliers toujours en fleurs. Nous vous conseillons de vous promener du côté de Plaka et d’Anafiotika.

Le jardin national est lui aussi très agréable : arche fleurie, petits pavillons, pont en bois sur l’étang. Déambulez dans les rues du centre ville au gré de ses boutiques et de ses tavernes.

Allez explorer quelques lieux mythiques et incontournables de la cité grecque antique où le couple le plus orageux de la mythologie grecque, Zeus et Héra, étaient célébrés.

En fin d’après-midi, montez au sommet du mont Lycabette au sommet duquel se trouve perchée la jolie chapelle Saint-Georges, blanchie à la chaux. De là-haut, la vue sur Athènes et la mer Égée est magnifique.

Une autre fête grecque de l’amour : Agios Yakinthos

Certains Grecs préfèrent célébrer l’amour le 3 juillet, jour dédié à Agios Yakinthos, Saint Hyacinthe, considéré comme le véritable saint de l’amour dans la tradition orthodoxe grecque.

Cette fête, moins commerciale, est particulièrement célébrée en Crète. Quitte à faire, autant souhaitez les deux !

Ces mythes et légendes révèlent un lien profond entre les émotions humaines et le règne végétal. Chaque histoire évoque la fusion entre les passions du cœur et le pouvoir symbolique des plantes.

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