Le verdict n’est pas tombé, mais c’est tout comme : Guillaume Meurice ne sera pas à l’antenne dans le Grand Dimanche Soir de Charline Vanhoenacker cette semaine, ni sans doute dans les semaines à venir.
Guillaume Meurice a reçu le 2 mai dernier une convocation pour sanction disciplinaire, assortie d’une interdiction de coprésenter le « Grand Dimanche Soir » et de se présenter à la Maison de la Radio.
Cette convocation intervient après que l’humoriste ait répété à l’antenne le 28 avril sa blague sur Netanyahu : « Il y a des choses qu’on peut dire, par exemple si je dis que “Netanyahou est une sorte de nazi mais sans prépuce” c’est bon le procureur il a dit c’est bon, il l’a dit cette semaine.
La justice avait en effet classé sans suite le 18 avril les deux plaintes déposées le 6 novembre 2023 par l’Organisation juive européenne pour « provocation à la haine antisémite » et « injures publiques à caractère antisémites ».
La plainte avait été transmise à la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP), après que Guillaume Meurice, dans une chronique sur Halloween, avait prononcé une phrase controversée : « Alors, en ce moment, il y a le déguisement Netanyahou, qui marche pas mal pour faire peur. Vous voyez qui c’est ?
Dans son livre « l’oreille du cyclone », sorti en avril, dont le fruit des ventes est reversé à Médecins sans frontières, Guillaume Meurice raconte comment il a été convoqué par la police, mais aussi comment il a été harcelé, menacé de mort, son numéro de téléphone et son adresse dévoilés sur internet.
Le tout sans soutien de la direction, qui a pourtant une obligation de protection de ses salariés, et qui lui a à l’inverse demandé de présenter des excuses aux auditeurs, ce qu’il a refusé.
Des humoristes l’ont aussi soutenu, à commencer par ses camarades du Grand Dimanche Soir, qui lui ont consacré une émission le 5 mai dernier.
À l’occasion, son collègue Djamil le Schlag a démissionné en direct.
En notant au passage que « la justice a classé sans suite la blague de Guillaume. Mais la direction l’a quand même puni.
Dimanche 12 mai, l’antenne de Radio France a été en grève toute la journée, à l’appel de l’intersyndicale, pour protester contre les atteintes à la liberté d’expression.
D’autant que plusieurs voix de l’antenne, la même semaine, ont été évincées : l’émission écologique « La Terre au carré », de Mathieu Vidard et Camille Crosnier, a été jugée trop militante pour continuer, les quatre journalistes issus de l’émission phare « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet, Giv Anquetil, Antoine Chao, Charlotte Perry et Anaëlle Verzaux, ont été remerciés, la librairie francophone s’arrête, tout comme la chronique de Dominique Meda sur France Culture.
La direction de Radio France, Sybile Veil en tête, s’appuie pour sanctionner Guillaume Meurice sur la mise en garde de l’Arcom à France Inter, le 23 novembre dernier.
Cette mise à pied et cette sanction entrent aussi dans un contexte plus large : Rachida Dati a relancé l’idée de la fusion de l’audiovisuel public, projet qui doit être présenté à l’Assemblée Nationale jeudi et vendredi prochain.
La radio publique pourrait être la grande perdante de cette fameuse holding, et les reculs sur le nombre de reportages et le coût de l’antenne sont déjà un indice de ce qui l’attend.
Nous ne sommes financés par aucun milliardaire. Et nous en sommes fiers ! Mais nous sommes confrontés à des défis financiers constants. Soutenez-nous ! Votre don sera défiscalisé : donner 5€ vous reviendra à 1.65€.
Pour l’ex-humoriste de France Inter, « il faut toujours être patient » devant les prud’hommes, qui n’ont, ici, pas réussi à trancher sur son affaire.
Guillaume Meurice, ici au mois de décembre 2025, à Paris. Retour à l’envoyeur. Les conseillers prud’hommes chargés de se prononcer sur le licenciement de l’ex-humoriste de France Inter Guillaume Meurice n’ont pas réussi à s’accorder sur un jugement et l’affaire sera tranchée lors d’une nouvelle audience dont la date reste à déterminer, a annoncé à l’AFP son avocat, ce lundi 9 février.
Limogé par Radio France en 2024 pour avoir qualifié à deux reprises le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu de « nazi sans prépuce », Guillaume Meurice conteste la légalité de son licenciement et réclame quelque 400 000 euros de dommages et intérêts à Radio France.
Son ancien employeur assure, lui, que l’humoriste a commis une « faute grave » et manqué à son « devoir de loyauté » en réitérant cette phrase polémique à l’antenne malgré un avertissement.
Cette affaire avait provoqué des turbulences au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d’expression.
Un humoriste « jugé pour une blague » Faute d’accord entre les quatre conseillers prud’hommes qui ont examiné le dossier lors de l’audience début décembre, l’affaire est renvoyée à « un juge départiteur », un magistrat professionnel qui devra « départager les voix », a déclaré Me Hugues Dauchez, l’avocat de l’humoriste.
Selon une source judiciaire, le délai pour une nouvelle audience peut aller de six mois à deux ans.
« Il faut être patient mais, devant les prud’hommes, il faut toujours être patient », a commenté Guillaume Meurice aux côtés de son avocat, insistant de nouveau sur l’enjeu de ce dossier à ses yeux.
Selon l’humoriste, passé depuis sur Radio Nova, sa défaite devant les tribunaux signifierait « qu’un humoriste pourrait être jugé pour une blague, pourrait être viré pour ce motif-là, pour une blague qui a déplu à la direction ».
Guillaume Meurice entendu par la police L’origine de l’affaire remonte au début novembre 2023, quand Guillaume Meurice a suggéré dans un sketch sur Halloween un « déguisement » de Benjamin Netanyahu, « sorte de nazi mais sans prépuce ».
Ces propos, tenus quelques semaines après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, ont provoqué une tempête médiatique et lui ont valu des accusations d’antisémitisme.
L’humoriste a alors été entendu par la police dans le cadre d’une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d’infraction suffisamment « caractérisée ».
S’estimant blanchi, Guillaume Meurice a repris l’expression à l’antenne en avril 2024 et déclenché une nouvelle et ultime tempête.
Mi-juin 2024, la direction de Radio France l’a licencié, malgré l’opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter, qui a alors dit redouter un « précédent grave » pour la liberté d’expression.
Un an après la polémique qui avait éclipsé sa chronique sur France Inter, l’humoriste Guillaume Meurice tente désormais de faire reconnaître que son départ de Radio France, acté en juin 2024 pour « faute grave », n’était pas fondé.
Pour rappel, le contentieux remonte à une émission du 29 octobre 2023. La direction de France Inter avait alors exigé une prise de position publique de l’humoriste, qui a refusé.
D’autre part, une plainte pour incitation à la haine raciale, déposée par l’Organisation juive européenne, avait ensuite été examinée mais classée sans suite en avril 2024.
Ce livre il permet de voit un peu les coulisses de l’affaire. Mais aussi la façon dont l’humoriste réfléchit sa pratique, un humour qu’il qualifie de politique.
Il part d’un constat, il n’y a pas de critiques de l’humour comme il y a des critiques de cinéma ou de littérature qui sont des définitions de la subjectivité artistique. Et il n’y a pas non plus de définition de l’humour : "Qu'est-ce que l'humour ? C'est une chose difficile à définir. Je pense qu'il faut plutôt, comme endroit, essayer de juger l'intention. Quelle était l'intention ? Mon intention était-elle de cibler tous les juifs du monde entier ? Je ne crois pas. Je peux même vous garantir que non.
Cette absence de définition de l’humour, c’est son essence même, et c’est aussi ce qui le rend à la fois fragile. Fragile car il ne mettra jamais tout le monde d’accord, parce qu’on peut, avec des arguments de toutes sortes, pas forcément rationnels, le critiquer. Et à la fois il est puissant, puissant parce qu’il ridiculise le pouvoir, sape le sérieux et le sacré dont le pouvoir a besoin pour asseoir sa crédibilité.
L’histoire d’une blague qui commence à France Inter et finit à la police judiciaire. Le 29 octobre, Guillaume Meurice fait un trait d’humour dans le cadre de sa chronique dans l’émission Le Grand dimanche soir. « Pour Halloween, je vous conseille le déguisement de Netanyahou qui marche pas mal. Vous voyez qui c’est ? Une sorte de nazi, mais sans prépuce. »Ses mots, qui font rire le public le soir même, déclenchent le lendemain une tempête médiatique qui prend une dimension politique.
Le comique est sous le feu des critiques de…
L'humoriste de France Inter Guillaume Meurice a été suspendu par sa direction dans l'attente d'une éventuelle sanction, après avoir réitéré dimanche une blague polémique lancée fin octobre sur Benjamin Netanyahu, a-t-il annoncé jeudi.
«Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne participerai pas aux deux prochaines émissions», a comenté le chroniqueur sur X. Il annonce avoir été convoqué par sa direction et risquer une « éventuelle sanction disciplinaire pouvant aller jusqu'à la rupture anticipée de son contrat» pour « faute grave », a-t-il fait savoir.
Dans l'intervalle, l'humoriste est suspendu de l'antenne mais conserve son salaire.
Répétition aux allures de provocationsCette convocation est liée à l'introduction de sa chronique de dimanche, selon une source interne à la radio.
Il faisait ainsi référence au récent classement sans suite d'une plainte à son encontre l'accusant d'antisémitisme pour des propos similaires tenus le 29 octobre.

Le 49.3 expliqué par les professionnels de la démocratie, Le moment Meurice
Les enjeux autour de la liberté d’expression et du cadre éthique
Cette affaire met en lumière les marges et les limites de l’humour politique, et le rôle des diffuseurs publics face à des critiques et des plaintes pour incitation à la haine.
Elle soulève aussi la question du équilibre entre protection des salariés et obligations professionnelles de la direction, notamment en matière de soutien institutionnel et de mesures disciplinaires.
| Épisode clé | Date | Conséquence | |
|---|---|---|---|
| Blague Halloween Netanyahou | 29 octobre 2023 | Provocation à la haine | Suspension et avertissements |
| Réitération blague | avril 2024 | olygon | Licenciement |