Le carnaval de Dunkerque est né des fêtes organisées pour les marins qui partaient pêcher la morue en Islande, avant de devenir une tradition populaire fondée sur les bandes, les chansons, les costumes, les bals et la solidarité. Son histoire est étroitement liée au monde maritime, aux jours gras qui précèdent le carême et à la mémoire collective des Dunkerquois.
À Dunkerque, le carnaval ne se résume pas à un défilé destiné aux visiteurs : ce sont les participants qui font les bandes, ouvrent les chapelles, tiennent les bals, reprennent les chansons et en inventent de nouvelles. Le carnaval a un sens : il veut signifier que les dunkerquois solidaires sont de solides gaillards capables de traverser les épreuves.
Le carnaval, une fête de renversement social
Le Carnaval est une période de divertissement pendant laquelle l’ordre établi et la distribution des rôles sont renversés. Le roi devient un humble habitant, le mendiant est sacré roi du Carnaval, chacun se promène masqué ou grimé, et se cache derrière son masque pour faire ce qui lui est interdit en temps normal.
Les conventions et les règles sociales sont modifiées, bousculées et oubliées pendant le Carnaval. Le Carnaval précède le mercredi des cendres et le Carême. Le Carnaval se déroule en hiver (dans l’hémisphère nord) mais sa date est mobile puisqu’elle dépend de la date de Pâques.
Le Carnaval commence le jour de l’Epiphanie, jour des Rois, et se termine le jour de mardi-gras veille du mercredi des cendres. Le point culminant est le jour du mardi-gras. Selon les pays ou les régions le Carnaval court durant toute cette période ou il est limité sur une période donnée dans cet intervalle.
Le carnaval de Dunkerque excède les normes contemporaines que nous avons laissés nous brider quotidiennement. Il témoigne des jours gras de naguère qui permettaient de se rire des pouvoirs, de dénoncer leur imposture, d’inverser les rôles.
Les racines anciennes du carnaval
La tradition du carnaval est presque aussi ancienne que l’homme lui-même. La première certitude que nous ayons que l’homme se soit masqué remonte au paléolithique ( moins 15 000 à moins 10 000 ans avant J.C.)
Elle date de la découverte de « l’homme au masque » dans la grotte des Trois Frères en Ariège en France. En fait, on ne connaît pas la signification du masque à cette époque, mais on sait qu’il existait déjà.
Le Carnaval moderne (tel qu’on le connaît) trouve ses origines en Europe où il s’est développé avant de se répandre dans le monde entier. Les origines du Carnaval sont multiples comme toujours, les plus anciennes connues remontent à l’antiquité.
Comme de nombreuses fêtes, le Carnaval doit ses origines à l’antiquité et à l’église catholique. Dans sa volonté de s’imposer comme seule religion, l’église catholique a dans un premier temps lutté contre des pratiques qu’elle considère comme idolâtres puis elle les a progressivement récupérées et intégrées aux pratiques et croyances catholiques.
Les départs pour la pêche en Islande
En fait, la singularité du carnaval de Dunkerque repose largement sur son caractère maritime. À l’origine, la fête était destinée aux gens de mer qui allaient embarquer pour une longue saison de pêche en Islande : les armateurs leur offraient un banquet mais surtout eux-mêmes organisaient à leur guise les jours qui précédaient la dure vie à bord.
Le Carnaval de Dunkerque puise ses racines dans une tradition du XVIIe siècle. À cette époque, Dunkerque, fraîchement intégrée au royaume de France, voyait ses marins partir pour des expéditions périlleuses en Islande.
Les origines du carnaval remontent au XVIIe siècle lors des départs pour la pêche en Islande, plus précisément en 1676 selon certains écrits qui mentionnent la première fête. Dunkerque était alors une petite ville de pêcheurs, la pêche représentant la majorité de l’économie locale.
Les marins-pêcheurs dunkerquois venaient pêcher la morue en Islande, qui abondait dans les eaux froides de l'hémisphère nord, particulièrement au sud de l’île. Au XIXe siècle, environ 200 goélettes et près 5 000 marins français venaient pêcher la morue.
Les préparatifs de la pêche débutaient au mois de janvier ou février avec l’installation des voiles stockées dans les maisons des armateurs, la réparation des gréements, et l'embarcation de l’avitaillement nécessaire. A partir du XVIe siècle, les marins naviguaient en goélettes qui mesuraient de 20 à 25 mètres, puis au XIXe siècle, le dundee a remplacé la goélette car il était beaucoup plus simple à diriger.
Le dundee est un voilier à deux mâts conçu spécialement pour la pêche au hareng, la vitesse de ce voilier est bien supérieur à celle de la goélette et son poid inférieur. Sur les quais l’agitation montait de jour en jour, les armateurs et le capitaine sélectionnaient les marins et moussaillons, âgés de 13 à 28 ans, sur le port.
La foye, ancêtre de la fête carnavalesque
Ces expéditions très longues et dangereuses ammenaient donc les marins à quitter leurs proches durant ces 6 mois, ces derniers n’ayant peu ou pas de nouvelles. La plupart des marins savaient qu’il y avait un risque important de ne jamais revenir, en partie à cause des naufrages des bateaux très fréquent.
Ces campagnes de pêche duraient plusieurs mois et nul n’était tout à fait sûr d’en revenir… Alors, avant de partir, on dépensait une partie de l’avance sur salaire pour prendre du bon temps.
Au début du 18ème siècle, à l’occasion du départ des marins pour la pêche en Islande, l’armateur offrait la « foye », une fête pour les pêcheurs. À cette époque, toutes les festivités se déroulaient dans une auberge.
Quelques semaines avant le départ, les hommes de l’équipage percevaient une avance sur salaire avec laquelle ils faisaient une fête la veille de l’embarquement. Dans les auberges, nous retrouvions des centaines de marins qui partagaient entre amis une dernière soirée, en se défoulant avant la grande aventure.
Ces soirées étaient appelées les “foyes”. Ces festivités, appelées «FOYE» se déroulaient dans les estaminets ; elles ont pu, parfois, coïncider avec les jours gras qui précèdent la période de Carême.
Que l’embarquement coïncide avec le début du carême démultipliait leur énergie les jours précédents. Les traditions de carnaval et de fête des pêcheurs se sont sans doute entremêlées pour devenir la «Visscherbende» (bande des pêcheurs).
C’est la naissance de la « Visscherbende », la bande des Pêcheurs. Le carnaval de Dunkerque était né !
Le travestissement et les costumes
Traditionnellement, l’homme empruntait les habits de sa femme pour se costumer. La légende raconte que leurs valises étant déjà préparées pour ce long périple, certains prenaient les vêtements de leurs femmes pour se couvrir lors de cette beuverie.
Cela expliquerait l’origine de cette tradition du carnaval durant laquelle des hommes se travestissent. Beaucoup d’hommes viennent déguisés en femme, mais cette tradition n’a rien d’obligatoire.
Le clet'che (costume en dunkerquois) définit l’identité du carnavalier, il se doit d’être original, coloré et surtout très extravagant. Les éléments indispensables du déguisement lors du carnaval sont le chapeau, le maquillage, un grand manteau de fourrure coloré et bien sûr un parapluie.
Les parapluies sont généralement personnalisés par les carnavaliers, et même si le beau temps est au rendez-vous, il est essentiel et permet aux Dunkerquois de se repérer dans la foule et d’identifier leurs proches !
Chaque année, les participants créent des costumes uniques qui peuvent être basés sur l’histoire de Dunkerque, les traditions locales, les légendes, et bien plus encore. Certains d’entre eux sont parfois très élaborés et nécessitent plusieurs mois de préparation.
Le déclin puis la renaissance après la guerre
Au cours du XIXe siècle, le carnaval avait presque disparu notamment à cause des nombreux conflits armés entre français et allemands (ou prussiens).
Dunkerque, comme Douarnenez d’ailleurs à l’autre bout de la France, fait exception. Bien sûr, la municipalité s’y est investie, elle a relancé le carnaval plus d’une fois, au début du XXème ou au lendemain de la longue catastrophe de 1940-1945.
Le grand retour de ce carnaval a eu lieu en 1946, juste après la seconde guerre mondiale alors que la ville, théâtre des bombardements et point de contrôle stratégique, était encore ravagée.
Durant la guerre, la ville ayant été détruite à 90%, les Dunkerquois ressentaient le besoin de sortir et de se retrouver pour essayer d’ajouter de la gaieté dans la cité de Jean Bart, et de ressouder une communauté forte.
Mais c’est des participants que jaillit la sève de carnaval. C’est eux qui font les bandes et ouvrent les chapelles, qui tiennent les bals, reprennent et inventent les chansons.
Les bandes, cœur de la tradition dunkerquoise
Aujourd'hui, le carnaval réunit des dizaines de milliers de carnavaliers pendant 3 mois. Durant plusieurs jours, différentes “bandes” viendront animer les rues et les salles dunkerquoises.
De nos jours, le Carnaval de Dunkerque s’étend sur près de trois mois, de janvier à mars, transformant les villes en un spectacle de couleurs, de musique et de traditions. Chaque année, jusqu’à 75 000 carnavaleux et curieux participent à des moments de liesse collective.
Les bandes sont des groupes de musiciens, chaque quartier ayant sa bande respective, elles sont dirigées par un tambour-major. Le tambour-major est en quelque sorte le responsable de toute la bande.
Il choisit son itinéraire, sélectionne les musiciens qui auront le privilège d’intégrer son groupe et administre le cortège. Il est reconnaissable grâce à son costume de grenadier Napoléonien, son grand chapeau à plume et sa canne à pommeau.
Les défilés, appelés "bandes", voient les foules costumées suivre un tambour-major, chantant et dansant dans des chahuts effrénés. Chaque bande suit un parcours précis à travers la ville, mêlant musique, danse et bonne humeur.
La tradition des bandes - cortèges bruyants et colorés où les participants portent des costumes distinctifs et chantent à tue-tête - est née de cette culture maritime et de camaraderie.
Les fêtes se produisent quasiment tous les week-ends, où les carnavaliers défilent dans les rues au rythme des orchestres. Le Carnaval de Dunkerque est l’un des plus grands carnavals de France avec celui de Nice.
Les chansons, les chahuts et le rigodon
On y entend de nombreuses chansons de carnaval traditionnelles, les Géants prennent part aux défilés. Le soir venu, les bals de carnaval et les bandes vous accueillent pour une soirée traditionnelle, notamment autour de typiques chansons du carnaval Dunkerque.
Apprends les chansons Et chante à l’unisson, jusqu’au rigodon. Marche quand les fifres jouent, Au lieu de pousser comme un fou. Quand les cuivres et les tambours résonneront, Tous ensemble nous chahuterons.
Le rigodon : final de la bande où s’enchaînent les chahuts une heure durant. Les masquelours tournent en chantant autour des musiciens installés sur un kiosque.
Le rigodon s’achève par la Cantate à Jean Bart, précédée par l’hommage à Cô-Pinard. Quand le mardi gras s’achèvera, les dunkerquois entonneront à genoux l’hymne à Jean Bart. Et ils se tiendront la main.
Jean Bart et la mémoire collective
La communion au personnage du corsaire dit tout. Sous Louis XIV, Jean Bart avait assuré le ravitaillement de la ville ; en 1945, sa statue tenait encore debout au milieu des ruines.
Le Carnaval de Dunkerque est un des événements phares du Nord de la France, un événement où l’authenticité et la tradition se mêlent à la fête, pour le plus grand plaisir de tous les carnavaleux.
A Dunkerque, la ville entière se métamorphose, avec des rituels précis et un langage codé propre à chaque bande. Chaque participant devient acteur d’un spectacle où humour, traditions, et irrévérence se mêlent.
Le lancer de harengs : une tradition récente devenue emblématique
Puisque le carnaval de Dunkerque est lié à la pêche à Islande, on peut penser que le l’on jette des kippers aux carnavaleux depuis la nuit des temps ? Et bien non.
C’est en 1962 que cette tradition est née, sur l’idée de Jean Verlynde, vice-président du Syndicat d’Initiative et des commerçants. À Dunkerque, la bande s’arrête devant l’hôtel de ville.
La clique entame un chahut endiablé ; puis le maire et ses invités lancent les poissons emballés sur la foule ; ce qui donne lieu à des bousculades dantesques.
Le jeu en vaut la chandelle : attraper un kipper constitue une récompense suprême et une fierté indicible, presque supérieures au fait de le déguster.
Le jet de harengs de la bande de Dunkerque est le plus spectaculaire et rassemble plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le lancer de harengs fumés est devenu un rite emblématique : il symbolise le partage entre ceux qui reviennent de la mer et ceux restés à terre, une marque de générosité et de convivialité.
Ce geste est un clin d’œil aux ressources précieuses que la pêche apportait à la communauté. La signification de ce geste est que la pêche en Islande, et donc sa fête, le carnaval, nourrit au sens propre comme figuré la population dunkerquoise.
Dans certains quartiers et communes, les jets revêtent une spécificité : par exemple, à Rosendaël et à Saint Pol sur Mer, on lance du poisson séché, à Bergues du fromage… A Malo-les-Bains, autre tradition, on distribue des violettes.
Les chapelles, les bals et la convivialité
Les "chapelles", lieux de rassemblement où l'on partage un verre ou un repas, témoignent de l'esprit authentique du carnaval. Plus de 40 bals sont organisés, chacun rivalisant de créativité et de démesure dans les costumes, incarnant l'exubérance et la joie du Carnaval de Dunkerque.
Les costumes, souvent excentriques et hauts en couleur, symbolisent l'esprit d'humour et d'extravagance qui anime cet événement. Les bals et veillées : tout au long de la période carnavalesque, des bals populaires, veillées et autres fêtes animées ponctuent les soirées.
Ces moments d’échange et de danse renforcent le lien entre les participants. Les visites aux marins : certaines bandes vont à la rencontre des marins et des habitants, perpétuant ainsi la tradition d’accueil et de solidarité qui a donné naissance au carnaval.
Le corso fleuri : cette parade colorée mêle chars décorés de fleurs et participants costumés, célébrant la beauté et la créativité dans la fête. La finale et la clôture : le carnaval se termine par une grande fête populaire, souvent accompagnée d’un feu d’artifice, où tous les carnavaleux se retrouvent pour célébrer la fin de la période festive avant le carême.
Le langage et les gestes du carnavaleux
Le « parler dunkerquois » est issu en grande partie de mots d’origine flamande ou parfois anglo-saxonne, un peu dévoyés dans leur prononciation. Il était d’usage chez les dockers du port notamment. C’est un « langage de la rue ».
Il est bon de savoir qu’une association dunkerquoise « Les Pénelècres » s’attache à le faire vivre au-delà des chansons du carnaval. Le carnavaleux s’exprime de manière curieuse.
On ne dit pas « bonjour, madame, je suis ravi de vous rencontrer aujourd’hui dans ces circonstances joyeuses…. » mais Qu’est-ce ça dit ? On ne dit pas Madame mais Matante, de même Monsieur devient Mononcle.
L’Oncle Cô, par ailleurs, est devenu un nom générique de l’ancêtre pêcheur à Islande. Le carnavaleux se comporte de manière curieuse.
Il embrasse la plupart des personnes qu’il connaît sur la bouche, c’est le fameux « zôt’che ». Mais ne venez pas exprès pour ça, ou alors plusieurs fois, car il faut se reconnaître pour avoir son petit bisou.
Soucieux d’optimiser chaque seconde de son carnaval, le masquelour, à peine sorti de chapelle, veut se jeter dans le prochain chahut… alors il cherche la musique et les carnavaleux. C’est un sport national et cela se traduit par une question : « Est-ce que t’as pas vu la bande ? »
Quelques mots essentiels
| Terme | Signification |
|---|---|
| Bande | Il ne s’agit pas d’un groupe de carnavaleux mais du défilé lui-même. Faire la bande, c’est faire le carnaval. |
| Chapelle | Lieu mythique du carnaval qui n’a rien de religieux, ce sont les maisons ou rendez-vous privés dans lesquels les carnavaleux sont invités à se restaurer et passer un petit moment. |
| Clet’che | Costume du carnavaleux. |
| Figueman | Personnage de la bande pratiquant l’intrigue. |
| Intrigue | Certains carnavaleux se travestissent jusqu’à être méconnaissables et taquinent les spectateurs en déguisant leur voix. |
| Masquelour | Carnavaleux qui fait la bande. |
| Reuze Papa | Dans la tradition du Nord, c’est le géant de la Ville. |
| Rigodon | Final de la bande où s’enchaînent les chahuts une heure durant. |
| Zôt’che | C’est un baiser que se font les carnavaleux, le zôt’che de carnaval est un bisou sur la bouche, il est amical et pratique, il a l’avantage de ne pas abîmer le maquillage. |
La charte du carnaval
Le Carnaval de Dunkerque est une fête populaire qui mêle valeurs et traditions. Pour les préserver, notre Carnaval a des règles sacrées.
Au Carnaval, on est là pour s’amuser, On vient pas pour se fracasser, Ni risquer sa peau Pour faire le beau sur les réseaux.
À Dunkerque, nous on aime faire la fête, On n’a que la tradition en tête, Quoi qu’on (en) dise, le carnaval a des règles sacrées; Il faut les respecter.
Carnavaleux, va dans la bande bien accroché, Mais jamais entre la première ligne et les cirés. Le Carnaval ça s’apprend, Sois pas trop pressé d’être devant.
Si tu veux que carnaval se passe bien, Prends-toi en mains gamin. Charte respectée, Carnaval préservé !
Les géants et les symboles de la ville
Reuze Papa : dans la tradition du Nord, c’est le géant de la Ville. A Dunkerque un guerrier scandinave sur un char tiré par des chevaux, accompagné de ses 6 gardes, de ses enfants et de sa femme la Reuzine.
Ils sont spectateurs aux bandes de Dunkerque et de Malo. Les Géants prennent part aux défilés.
Le Carnaval de Dunkerque est un trésor culturel qui incarne l’identité dunkerquoise, mêlant traditions, folklore et solidarité dans une fête inoubliable.
Une fête populaire qui a conservé son identité
Pourtant, dans bien des villes, la culture populaire a été émasculée et carnaval, d’exutoire jubilatoire, est devenu un instrument de promotion touristique et économique, quand il ne sert pas, comme à Nice, de laboratoire aux nouvelles techniques de reconnaissance policière.
Le carnaval de Dunkerque est un carnaval très traditionnel, attendu toute l’année par les Dunkerquois et les autres gens des hauts de France. Les célébrations commencent généralement autour du mardi gras.
Le Carnaval de Dunkerque génère des retombées économiques significatives pour la région et les associations philanthropiques. L’afflux de visiteurs profite également aux commerces, à l’hôtellerie et à la restauration locale.
En plus de son impact économique, cet événement est un trésor culturel qui incarne l’identité dunkerquoise, mêlant traditions, folklore et solidarité dans une fête inoubliable. Aujourd’hui, le Carnaval de Dunkerque est un des plus grands carnavals de France, reconnu pour sa richesse culturelle et son esprit de fête unique, où le patrimoine maritime reste au cœur des célébrations.
Les spécialités culinaires associées au carnaval
Durant les célébrations, il est aussi possible de déguster la gastronomie locale dans des restaurants ou même des stands disposés lors des fêtes. Friteries en extérieur, soupe à l’oignon dans les cafés, pot’je vleesch et carbonade flamande dans les brasseries…
Pot’je Vleesch : plat typique dunkerquois composé de 4 viandes blanches (poulet, porc, lapin et veau) cuisinés avec carottes et aromates, se déguste froid en gelée avec des frites.
Beultekaze : fromage de tête. Smout : saindoux. On le consomme sur du pain, assaisonné de poivre et de sel.
Podingue : gâteau de pain, au lait, aux œufs, avec des raisins et aromatisé au rhum. Cululutte : brioche de semoule cuite au torchon, se sert accompagnée d’une sauce tiède au rhum (spécialité de Grand-Fort-Philippe).
Le carnaval aujourd’hui
À Dunkerque, vos 5 sens sont en éveil… et vous pourrez même en gagner un 6e : le sens de la fête !
Un vent de folie et de fête souffle sur le territoire, le Carnaval de Dunkerque entraîne des nuées de « masquelours » et des « forêts de parapluies » dans les rues de la ville.
Le coup d’envoi du carnaval de Dunkerque donné, des milliers de personnes envahissent les rues de la ville, bras dessus, bras dessous. Les défilés du carnaval Dunkerquois sont réputés pour leur ambiance très festive et bon enfant.
Un événement « off », le matin de la bande de Dunkerque, où les carnavaleux de tous âges et de tous horizons essaient d’imiter le cri de la mouette dans un challenge festif, décalé, bon enfant… donne lieu chaque année à la désignation d’un champion, d’une championne !
Le Carnaval de Dunkerque dure 3 mois et réunit chaque année une cinquantaine de milliers de visiteurs sur l’ensemble des festivités.
Le carnaval de Dunkerque est né des fêtes de marins, a survécu aux bouleversements de l’histoire et s’est transmis par la pratique collective. Ses rites, son vocabulaire, ses costumes, ses chants et son hommage à Jean Bart continuent de faire de chaque bande une expression vivante de la mémoire maritime et de la solidarité dunkerquoise.
