Insectes ravageurs du sapin : espèces, symptômes et moyens de prévention

Les sapins peuvent abriter de nombreux insectes et arachnides, notamment des pucerons, des cochenilles, des scolytes, des acariens, des diprions, des mites et des araignées. Une étude de l’Université de Bergen a démontré qu’un arbre de Noël pouvait héberger jusqu’à 25 000 insectes.

La plupart de ces organismes sont inoffensifs pour l’être humain et vivent normalement dans l’écorce, les branches ou les aiguilles. En revanche, certains ravageurs affaiblissent les arbres, perturbent la circulation de la sève, provoquent le jaunissement des aiguilles ou peuvent entraîner la mortalité des sapins lorsqu’ils se multiplient fortement.

Quels insectes peuvent vivre dans un sapin ?

Les petites bêtes les plus diverses vivent dans l’arbre de Noël. Il peut s’agir de parasites spécifiques à l’espèce, comme le puceron vert de l’épicéa ou le puceron des pousses du sapin, ou bien de simples araignées ou acariens qui sont venus y pondre leurs œufs.

On peut également rencontrer quelques insectes volants, comme des mouches, des mites, ou des coléoptères, à l’image du typographe de l’épicéa. En plus des pucerons, le sapin de Noël peut aussi abriter des araignées, des papillons, des tiques et des acariens.

  • Pucerons ;
  • Cochenilles ;
  • Scarabées ;
  • Araignées ;
  • Mites ;
  • Pucerons lanigères du sapin ;
  • Diprions du sapin ;
  • Mantes religieuses ;
  • Acariens ;
  • Coléoptères et scolytes.

Les arbres de Noël abritent pas moins de 25 000 insectes. Vous n’en remarquerez probablement pas la plupart - ils vivent à l’intérieur de l’arbre et sont si petits qu’on peut à peine les distinguer à l’œil nu.

Les colonies d’insectes sont particulièrement élevées dans les monocultures, comme celle des plantations d’arbres de Noël. Il faut savoir que les sapins de supermarché sont souvent traités et ont donc beaucoup moins d’insectes que ceux achetés directement chez le fournisseur ou celui que vous avez coupé dehors.

Insectes cachés dans les branches d’un sapin

Les pucerons et les insectes suceurs de sève

Les pucerons, souvent minuscules (1 à 2 mm), peuvent aussi être présents, notamment le puceron vert de l’épicéa, connu pour faire jaunir puis tomber les aiguilles. Il peut s’agir de parasites spécifiques à l’espèce, comme le puceron vert de l’épicéa ou le puceron des pousses du sapin.

Les lachnidés font partie du groupe des pucerons. Ils vivent surtout sur les sapins et les pins, mais également sur d’autres conifères. En raison de leur taille et de leur couleur, ces insectes marron à noirs sont souvent confondus avec des coléoptères.

Les chermès des rameaux de sapin, ceux du tronc du sapin et les cochenilles farineuses ont une prédilection pour les sapins de Nordmann vert foncé et qui sentent la résine. Tandis que l’on repère les chermès des rameaux de sapin à leur couleur noire et à leurs trois bandes dorsales, le chermès du tronc du sapin est de couleur rouge-noire.

Les cochenilles farineuses en revanche ont certaines caractéristiques visuelles : elles sont enveloppées d’une couche cireuse blanche. Ces insectes ont néanmoins quelque chose en commun : ils sucent la sève riche en énergie des arbres et l’affaiblissent.

Les acariens, les araignées et les autres occupants temporaires

D’autres parasites, comme certains acariens, se nourrissent de la sève des branches et peuvent provoquer un jaunissement par endroits. Les acariens, qui sont une sous-classe des arachnides, sont généralement inoffensifs pour l’être humain, mais peuvent parfois déclencher des allergies dans de rares cas.

Les araignées sont parmi les plus courantes. Elles pondent parfois leurs œufs dans l’écorce ou entre les aiguilles, avant que la chaleur d’un salon n’accélère leur éclosion.

Alors que les araignées et les papillons sont des insectes vraiment inoffensifs, il faut se protéger contre les tiques. Les tiques sont inoffensives pour le sapin, elles ne s’y réfugient que pour s’abattre ensuite sur une proie.

Le risque d’attraper une tique est toutefois relativement limité. Les acariens présents sur votre sapin sont différents de l’espèce commune qui incommodent les personnes asthmatiques. Il n’y a donc pas de risque pour les membres de votre famille.

Pourquoi les insectes sortent-ils du sapin à l’intérieur ?

Dans la nature, tous ces habitants restent en dormance jusqu’au printemps. Mais une fois à l’intérieur, ils sont réveillés par la chaleur nos maisons ! Ils peuvent alors être tentés de sortir de l’arbre pour partir à la recherche de nourriture dans le salon.

Les conifères sont pour de nombreux insectes un lieu d’hibernation idéal. Dehors dans la nature, ils ne gênent personne, malheureusement il en est tout autrement à l’intérieur.

La chaleur bienfaisante d’un séjour sort les insectes de leur léthargie hivernale, qui confondent alors les températures intérieures et le début du printemps. Ils se mettent directement en quête de nourriture.

Comme ils ne trouvent pas de nourriture ni d’eau chez vous, ils dépérissent la plupart du temps en un temps record. Ceci mis à part, ce sont des insectes qui se nourrissent de l’écorce de l’arbre.

Les principaux ravageurs du sapin blanc

Les corticoles du sapin blanc, qui sont décrits dans une Notice pour le praticien, partagent parfois le même biotope. Ils sont généralement des ravageurs secondaires, c’est-à-dire qu’ils ne trouvent des conditions favorables à leur développement que dans les arbres affaiblis ou qui dépérissent.

Leurs lieux de ponte sont des sapins renversés par le vent, abîmés par la neige ou le gel, colonisés par des insectes ou fragilisés par la sécheresse ou la chaleur. Certains insectes ont tendance à pulluler et peuvent alors coloniser des sapins vigoureux.

Le scolyte curvidenté

Le scolyte curvidenté (Pityokteines curvidens) est à l’origine des plus gros dégâts sur le sapin blanc. Il attaque de préférence les vieux sapins affaiblis et qui dépérissent, s’installant dans les parties du tronc dépourvues de branches.

Il est rarement présent dans les troncs d’un diamètre inférieur à 16 cm. Le scolyte curvidenté ne se rencontre généralement pas avec d’autres espèces et il est le représentant le plus fréquent des espèces Pityokteines.

La chambre d’accouplement du scolyte curvidenté est souvent cachée à l’intérieur de l’écorce, ce qui la rend difficilement visible. Les femelles forent un sytème de galeries, typique de l’espèce, qui évolue transversalement par rapport aux fibres du bois.

Pityokteines spinidens

Pityokteines spinidens colonise les mêmes parties du tronc que le scolyte curvidenté. Il est l’espèce la plus rare parmi les trois décrites ici.

Pityokteines vorontzovi

Pityokteines vorontzovi préfère les parties sommitales du tronc, à l’écorce fine et lisse, et les branches. Voilà pourquoi on le rencontre surtout dans la zone de la cime des sapins.

En revanche, lorsqu’il attaque les jeunes arbres, il colonise le tronc tout entier. Après l’attaque par Pityokteines vorontzovi, les aiguilles des branches touchées commencent à brunir.

Le petit scolyte du sapin

Le petit scolyte du sapin (Cryphalus piceae) attaque de préférence l’écorce mince des branches et des rameaux situés dans la zone du houppier des vieux sapins affaiblis.

On le trouve aussi dans les cimes cassées ou dans les branches tombées au sol. Tout comme le scolyte chalcographe, il est capable d’endommager des fourrés et des perchis lorsque ses populations sont denses.

Le petit scolyte du sapin s’apparente au scolyte curvidenté dans ses tendances à pulluler.

Le pissode du sapin

Le pissode du sapin (Pissodes piceae) est un ravageur secondaire qui colonise les troncs de toutes tailles. Il n’hésite pas non plus à attaquer le bois empilé et les souches.

Le pissode du sapin se distingue par sa forte capacité de reproduction. Ce coléoptère a une longue durée de vie, de 3 ou 4 ans.

Les scolytes et le typographe de l’épicéa

Le Typographe, Ips typographus, est un coléoptère de la famille des curculionidés. L’insecte adulte mesure 5 mm. Les larves sont en forme de haricot.

C’est le principal problème sanitaire forestier en termes de volumes de dégâts. Il a pour hôte l’Epicéa commun mais on peut le rencontrer occasionnellement sur Epicéa de Sitka, sapins, pins et mélézes.

On le retrouve souvent au côté du Chalcographe, scolyte plus petit de 2 à 3 mm. L’essaimage de printemps commence dès les premières chaleurs (quelques jours à 18 - 20°C).

Les femelles déposent leurs œufs dans des galeries de ponte parallèles aux fibres du bois. Dès l’éclosion la larve creuse une galerie sinueuse perpendiculaire à la galerie maternelle.

Elle s’élargit progressivement pour se terminer en berceau de nymphose. L’hivernation se fait soit sous forme de larves, nymphes ou adultes immatures dans les galeries, soit dans la litière pour les adultes.

En général, il y a 2 générations par an (suivant conditions météos). Le Typographe est un ravageur secondaire attaquant plutôt les arbres abattus, affaiblis ou blessés.

Cependant, il peut devenir un ravageur épidémique lors de nombreux chablis, massifs très affaiblis et donc s’attaquer à des arbres sains.

Galeries de scolytes sous écorce de sapin

Symptômes caractéristiques des scolytes

  • Présence de vermoulure sur l’écorce et au pied de l’arbre (sciure brune, l’insecte se situe entre le bois et l’écorce) ;
  • Trous d’entrée et de sortie ;
  • Galeries sous-corticales ;
  • Décollement d’écorce ;
  • Jaunissement puis rougissement total des aiguilles.

Les scolytes sont des coléoptères foreurs. Ils pondent leurs œufs sous l’écorce et leurs larves creusent des galeries qui perturbent la circulation de la sève.

Les arbres attaqués peuvent mourir rapidement. Les galeries dans le bois par les adultes et les larves favorisent ensuite le développement de champignons, agents de bleuissement, détruisant les tissus conducteurs de sève.

La mort de l’arbre survient quelques semaines après.

Facteurs favorisant les attaques

Les arbres ciblés sont notamment l’épicéa, le sapin et le pin sylvestre. Les facteurs favorables sont la sécheresse, les arbres affaiblis et le stress hydrique.

Le Typographe est un ravageur secondaire attaquant plutôt les arbres abattus, affaiblis ou blessés. Cependant, il peut devenir un ravageur épidémique lors de nombreux chablis, massifs très affaiblis et donc s’attaquer à des arbres sains.

Lutte contre les scolytes

Lorsque des tiges attaquées sont détectées, le principe de lutte est d’abattre les arbres scolytés dans un délai très bref, dans les quelques jours à quelques semaines selon le stade de développement des scolytes.

Il faut ensuite « inactiver » les grumes en les débardant en écorce, à chaque fois que le débardage peut être effectué simultanément à l’abattage, puis idéalement, en les transportant hors forêt.

Ces produits doivent être stockés à une distance d’au moins 5 km des massifs forestiers, ou entrer rapidement dans le processus de transformation.

Si les arbres n’ont plus d’écorces et sont devenus rouges, il est déjà trop tard pour intervenir.

Pour enrayer les processus de multiplication des scolytes, il faut limiter leurs sites de reproduction que constituent les produits frais issus des coupes normales ou de produits accidentels, comme les chablis.

Il est fortement déconseillé de prévoir des « coupes préventives » d’épicéas afin de limiter au maximum un engorgement en bois frais sur le marché.

Le cas échéant, il faut vidanger les bois hors forêt dans des délais stricts ne permettant pas le déroulement complet du cycle des scolytes : avant mi-avril - mi-juin pour des coupes effectuées d’octobre à mars, et 6 semaines maximum après abattage durant la période à risque, d’avril à octobre.

Le diprion du sapin

Le diprion du sapin est un ravageur indigène des forêts de conifères du Canada. Cet insecte peut causer des dommages graves et localisés, mais la mortalité des arbres ne survient généralement qu’en combinaison avec des dommages causés par d’autres insectes ou d’autres facteurs de stress comme la sécheresse.

Les arbres défoliés par le stade larvaire de l’insecte ont une vigueur et une croissance réduites. Les infestations de l’insecte se produisent généralement tous les 10 ans et durent de trois à cinq ans.

Les tendances récentes montrent des infestations plus longues et plus dommageables, en particulier dans les forêts aménagées et les plantations, ce qui préoccupe l’industrie forestière et les producteurs d’arbres de Noël.

La dénomination commune des diprions, soit « mouches à scie », fait référence à l’ovipositeur en forme de scie dont l’adulte femelle se sert pour couper des entailles sur le feuillage de l’arbre hôte pour y déposer ses œufs.

Hôtes et répartition

Le diprion du sapin est originaire d’Amérique du Nord et on le retrouve partout au Canada, aux États-Unis et vers le sud jusqu’au nord du Mexique.

La diprion du sapin se nourrit des aiguilles des jeunes sapins baumiers (Abies balsamea) et des sapins semi-matures. Les larves défolient également l’épinette blanche (Picea glauca), l’épinette noire (P. mariana) et le mélèze laricin (Larix laricina).

Signes d’infestation

Les jeunes larves éclosent à partir d’œufs déposés dans le nouveau feuillage de l’année précédente et commencent à se nourrir en groupes communautaires de 30 à 100 individus.

Ces groupes ne consomment initialement que les pourtours extérieurs des aiguilles et laissent des filaments centraux distinctifs non consommés attachés aux brindilles.

Au début de l’été, les premiers signes évidents d’infestation sont la défoliation et les aiguilles jaunes, partiellement consommées et mourantes. La couleur jaune vire progressivement au rouge à mesure que les aiguilles sèchent.

Les arbres défoliés ont des extrémités de branches vertes caractéristiques et des aiguilles rouges vers l’intérieur de l’arbre. Après une défoliation importante, les aiguilles rouges tombent au sol, laissant les arbres nus à l’exception du feuillage actuel.

Lors d’une infestation, on sent une forte odeur caractéristique de résine de sapin baumier lorsque les aiguilles sont mangées. On trouve des cocons de diprion du sapin parmi le feuillage restant et le long des branches des arbres attaqués.

Les cocons de couleur beige sont ovales et mesurent environ 6 sur 3 millimètres. Les larves du premier stade mesurent environ 2,5 millimètres de long, tandis que les larves adultes peuvent atteindre 20 millimètres avant la pupaison.

Cycle de vie

Le diprion du sapin ne produit qu’une seule génération par an. L’insecte hiverne sous forme d’œufs dans des fentes découpées le long des bords des aiguilles.

Les larves du premier stade éclosent de juin à la mi-juillet. Les femelles ont cinq ou six stades de développement larvaire et cette période dure généralement 35 jours.

Les mâles ont cinq stades et terminent leur développement en environ 30 jours. Tout au long de l’été, les larves se nourrissent sur les arbres hôtes et en août, lorsqu’elles sont matures, elles tissent un cocon.

La pupaison à l’intérieur des cocons dure environ trois à quatre semaines. Les adultes sortent des cocons à la fin d’août ou en septembre, s’accouplent et les femelles fécondées utilisent leur ovipositeur en forme de scie pour découper des fentes le long des bords des aiguilles actuelles.

Les femelles adultes pondent généralement 35 œufs. Les larves de diprion du sapin ont un mécanisme de défense particulier lorsqu’elles sont provoquées : elles redressent la tête, régurgitent une gouttelette de terpénoïdes et tamponnent cette matière collante sur tout ce qui les menace.

Dommages et conséquences

La mort d’un arbre peut survenir après trois à cinq années consécutives de défoliation grave. Cependant, les populations de diprions s’effondrent généralement avant que cela ne se produise.

Les arbres fortement défoliés présentent une réduction de leur taux de croissance et de leur productivité pendant 13 à 18 ans après l’effondrement d’une infestation.

Les arbres affaiblis sont plus vulnérables aux attaques secondaires de ravageurs. De plus, les peuplements qui ont subi une défoliation importante présentent un risque d’incendie potentiellement plus élevé en raison des amoncellements d’aiguilles mortes et sèches sur le sol de la forêt.

Prévention et répression

Les stratégies de répression d’un ravageur particulier varient suivant plusieurs facteurs, notamment le niveau de la population du ravageur, les dommages prévus, la compréhension du cycle de vie du ravageur et le nombre de spécimens hôtes touchés.

La valeur attribuée à l’hôte ou aux hôtes doit être mise en balance avec les coûts rattachés aux approches de lutte contre le ravageur. Il faut également prendre en considération les diverses approches de lutte de nature sylvicole, mécanique, chimique, biologique et naturelle, de même que leurs avantages et désavantages.

Un agent pathogène naturel présent dans les populations de diprions du sapin est un virus spécifique à l’hôte appelé virus de la polyédrose nucléaire. À mesure qu’une infestation se développe, ce virus se multiplie dans la population de diprions du sapin et agit comme un moyen de lutte naturel.

La pulvérisation de ce virus sur des arbres, des plantations et des peuplements individuels exposera rapidement les insectes au virus, accélérant ainsi l’effondrement. Les larves consomment le virus à partir du feuillage pulvérisé.

Les pesticides homologués pour lutter contre le diprion du sapin dans des situations particulières peuvent changer d’une année à l’autre. Tout produit homologué devrait être appliqué en fonction de la taille de la population et seulement lorsque nécessaire et au stade de vie indiqué.

Les pesticides peuvent être toxiques pour les humains, les animaux, les oiseaux, les poissons et d’autres insectes utiles. Veuillez, par conséquent, appliquer les produits homologués uniquement en cas de besoin et conformément aux indications inscrites sur l’étiquette du fabricant.

Autres ravageurs des pins et des conifères

La cochenille tortue du pin

La cochenille tortue du pin (Toumeyella parvicornis) est un insecte suceur de sève originaire d’Amérique du Nord, aujourd’hui invasive en France.

Elle s’installe sur les jeunes rameaux et produit du miellat qui favorise le développement de fumagine noire.

  • Arbres ciblés : pin de Weymouth, pin d’Alep, pin noir ;
  • Dégâts : affaiblissement de l’arbre, feuillage collant, dépôt noirâtre ;
  • Zones touchées : sud de la France, en extension.

Les pucerons lanigères et les acariens rouges

Les pucerons lanigères forment des colonies cotonneuses sur les rameaux. Les tétranychidés, aussi appelés acariens rouges, sont responsables du jaunissement des aiguilles.

Les cochenilles farineuses sont parfois présentes sur les pins nains ou en pot. Ces nuisibles ne sont pas toujours spécifiques aux résineux, mais peuvent s’installer si l’arbre est affaibli ou déjà attaqué par un autre ravageur.

Le nématode du pin

Le nématode du pin est un ver microscopique qui se développe aux dépens d’arbres hôtes, essentiellement des pins.

Les larves de ce ver sont transportées d’un conifère à l’autre par des insectes qui deviennent porteurs du nématode si leur développement s’est déroulé dans un arbre contaminé.

Présent en Asie, où il a provoqué des dégâts considérables, le nématode du pin est arrivé aujourd’hui dans le sud de l’Europe. En France, la région des Landes, notamment, est une zone à risque en cas d’introduction de ce parasite.

Le fomes des résineux

Le fomes est un champignon racinaire capable de provoquer d’importantes pourritures du bois de coeur surtout chez les épicéas, et des mortalités disséminées ou en rond chez tous les résineux.

La contamination des peuplements indemnes s’effectue à la suite de la germination des spores sur les souches fraîches, notamment lors des éclaircies, et le mycélium du champignon se transmet ensuite aux arbres voisins par contacts racinaires.

La lutte contre le fomes est essentiellement préventive, et se fait par badigeonnage ou pulvérisation d’un produit antagoniste à la surface des souches des arbres fraîchement exploités, afin d’empêcher leur infection.

Comment reconnaître un sapin infesté ?

Des signes souvent discrets doivent vous alerter. Les aiguilles déformées ou jaunissantes, les coulées de résine anormales, la présence de dépôts noirs ou collants et les petits trous dans l’écorce ou au pied des troncs peuvent révéler la présence de ravageurs.

Les chenilles visibles ou les nids dans la ramure constituent également des indices d’infestation. Les traces de toiles, les petits amas d’œufs ou de sciure et les petits trous dans les branches peuvent révéler la présence de parasites.

SymptômeRavageurs possibles
Aiguilles jaunissantes ou brunissantesPucerons, acariens, diprion, scolytes
Sciure brune au pied du troncScolytes
Petits trous dans l’écorceColéoptères foreurs
Dépôt noir ou collantCochenilles et fumagine
Toiles, cocons ou amas blancsAraignées, cochenilles, œufs d’insectes
Défoliation progressiveDiprion du sapin

Comment éviter d’introduire des insectes avec un sapin de Noël ?

Un des meilleurs moyens d’éviter de voir les insectes du sapin s’installer chez vous, c’est de ne pas les laisser entrer ! Cela commence alors dès le choix du sapin en jardinerie, avant qu’il soit emballé pour que vous puissiez l’emporter chez vous.

Inspectez bien son tronc et ses branches, notamment le revers des aiguilles, afin de déceler la présence d’insectes. Lors du choix de votre arbre, inspectez les branches et le tronc à l’aide d’une lampe de poche.

Cela vous permettra de repérer la présence d’araignées, de cafards ou de pucerons. Des traces de toiles, des petits amas d’œufs ou de sciure, des petits trous dans les branches sont autant d’indices qui peuvent révéler la présence de parasites.

Secouer l’arbre avant de le rentrer

L’un des conseils les plus efficaces est aussi le plus facile à appliquer : secouer l’arbre avant de le faire rentrer chez soi.

« Un bon secouage fera fuir les araignées cachées et vous aidera à repérer les toiles ou les amas d’œufs logés entre les branches », explique Sophie Thorogood dans le Daily Mail.

Secouez vigoureusement votre arbre au-dessus d’un drap blanc. Cela vous permettra de voir s’il y a des insectes et/ou des oeufs, ou encore un nid d’oiseau.

Si vous n’avez pas d’extérieur ou d’espace annexe, vous pouvez secouer votre sapin au-dessus d’un vieux drap dès votre retour à la maison. Vous pourrez ensuite secouer le drap dehors avant de le jeter ou de le laver à haute température.

Prévoir une période d’isolement

Une fois arrivé chez vous, si vous disposez d’une cave ou d’un garage, entreposez-y votre sapin pendant un jour ou deux pour laisser l’occasion aux insectes de s’en aller.

Laissez votre arbre un minimum de 24 heures dans le garage avant de le rentrer à l’intérieur. Laissez le sapin durant quelques jours à la cave ou au garage.

Il est important que les températures soient supérieures à 8 °C. Les quelques insectes restant dans l’arbre se réveillent et se mettent en quête de nourriture.

Ces conseils s’appliquent également aux petits arbres en pot comme l’épinette blanche, le sapin nain de Corée ou le pin de Norfolk classique.

Inspecter les décorations

Enfin, les boîtes de décorations peuvent aussi servir de refuge à des insectes restés là depuis l’année précédente. De ce fait, « ouvrez vos boîtes de décorations à l’extérieur et vérifiez la présence d’araignées ou de toiles avant de les rentrer ».

Comment se débarrasser des insectes présents dans le sapin ?

Si malgré toutes vos précautions, vous observez des insectes ou des araignées dans votre sapin, vous avez le choix entre différentes solutions pour vous en débarrasser.

Si des toiles, cocons ou petits amas blancs sont visibles, il suffit de les retirer délicatement avec une brosse ou un aspirateur. Passez l’aspirateur régulièrement à la base de votre arbre, cela contribuera à éliminer d’éventuels parasites.

Si vous n’êtes pas dégoûté, il est possible de recueillir à la main les insectes visibles à l’œil nu. Une des meilleures méthodes pour vous débarrasser des araignées est de les attraper avec un aspirateur à insecte ou un verre et une feuille de papier et de les déposer dehors.

« Si vous en repérez une, utilisez simplement la méthode du verre et du papier ou un aspirateur à araignées pour la relâcher dehors », dit-elle. Elles cherchent juste un endroit chaud pour passer l’hiver.

Pourquoi éviter les aérosols insecticides ?

Dans l’idéal, évitez d’utiliser des produits chimiques qui pourraient abîmer votre arbre, voire ses décorations, et polluer fortement l’air intérieur.

La spécialiste prévient cependant : « Évitez simplement d’utiliser des sprays chimiques agressifs, car ils peuvent être dangereux pour vos enfants et vos animaux et pourraient endommager l’arbre ».

Il est important de ne jamais pulvériser votre arbre avec un insectifuge, pesticides en aérosol, car ce type de produit est inflammable. Votre joli arbre de Noël abrite beaucoup d’insectes sans danger ; inutile donc de le vaporiser de pesticides très souvent inflammables.

Les solutions et produits naturels restent à privilégier si quelques insectes parviennent malgré tout à entrer. Vous pouvez également vous servir de répulsifs naturels comme de la terre de diatomée de qualité alimentaire, non-toxique pour l’homme et les animaux de compagnie, ou de l’huile de neem, efficaces contre les araignées, les acariens et les pucerons.

Quand demander un diagnostic ?

Un diagnostic professionnel est recommandé lorsque les symptômes progressent rapidement, que l’arbre présente de nombreuses galeries, une forte production de sciure, un décollement d’écorce ou une défoliation importante.

Un certain nombre de ravageurs et d’agents pathogènes peuvent causer des dégâts significatifs aux arbres et peuplements forestiers. Vous pouvez contribuer à la surveillance en signalant vos observations auprès du correspondant observateur du DSF de votre secteur ou en utilisant l’outil MOBIGIP.

Les pins et conifères peuvent être ciblés par plusieurs nuisibles, souvent discrets mais redoutablement efficaces : chenilles urticantes, coléoptères foreurs, cochenilles suceuses… Une observation régulière et des mesures préventives adaptées permettent de repérer plus tôt les attaques.

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