La proposition d’instaurer des jours fériés musulmans et juifs en France consiste principalement à reconnaître l’Aïd-El-Kébir et Kippour, éventuellement en remplacement de deux jours fériés chrétiens. Le think tank Terra Nova a proposé de supprimer les lundis de Pâques et de Pentecôte pour les remplacer par un jour férié musulman et un jour férié juif.
Cette réforme est juridiquement envisageable, mais elle supposerait une modification de la liste légale des jours fériés et provoquerait un débat politique important sur la laïcité, l’égalité entre les confessions, l’héritage historique du calendrier français et le risque de tensions communautaires.
La proposition de remplacer deux jours fériés chrétiens
Le think tank Terra Nova, proche de la gauche, a rouvert ce dossier cette semaine, dans un rapport sur l’islam en France, pour demander que, par souci d’équité entre les différentes confessions, on intègre désormais symboliquement deux nouvelles dates importantes, Kippour et l’Aïd-El-Kébir, dans le compte des jours fériés en France.
Le think tank a publié un rapport, mercredi, qui préconise de remplacer les lundis de Pâques et de Pentecôte par deux nouveaux jours fériés : le Kippour pour les juifs, l’Aïd-el-Kébir pour les musulmans.
Longue d'une quarantaine de pages, l'étude s'intitule "L’émancipation de l’islam de France". Dans ce rapport, Terra Nova propose de supprimer les lundis de Pâques et de Pentecôte, deux jours fériés chrétiens, et d'instaurer à la place un jour férié musulman (Aïd-el-Kébir) et un jour férié juif (Kippour).
"Pour que toutes les confessions soient traitées à égalité, expliquent les auteurs du rapport, il convient d'intégrer désormais au moins deux nouvelles dates importantes, le Kippour et l'Aïd-el-Kébir, dans le compte des jours fériés, en supprimant les deux lundis qui ne correspondent à aucune solennité particulière".
L’idée est assez simple : décréter que, sur les sept jours fériés religieux qui correspondent à des fêtes chrétiennes, il pourrait y en avoir deux pour les communautés musulmanes et juives.
La fête de l’Aïd commémore le sacrifice d’Abraham, et celle de Kippour, le jour du grand pardon pour les juifs.
L’un et l’autre marquent des moments importants pour ces deux religions.
Une proposition ancienne, régulièrement relancée
Ce n’est pas la première fois que cette proposition est faite.
Déjà, en 2004, dans un rapport sur « l’application du principe de laïcité dans la République » remis au président de la République, Jacques Chirac, Bernard Stasi l’avait avancé, expliquant, pour reprendre ses mots, que « la République s’honorerait en reconnaissant les jours les plus sacrés des deux autres religions monothéistes ».
La création de jours fériés pour musulmans et juifs, proposition du rapport Stasi sur la laïcité non reprise dans la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux à l'école, était de nouveau d'actualité jeudi, à la grande satisfaction des responsables musulmans.
Dans son rapport Bernard Stasi proposait en effet « dans le monde de l’entreprise, (de) permettre aux salariés de choisir un jour de fête religieuse sur leur crédit de jours fériés. »
La fonction publique ne serait pas directement concernée.
En effet, le rapport Stasi ne prévoit pas que soit légalisée la pratique actuelle dans l’administration, via une circulaire annuelle qui devrait d’ailleurs paraître dans les prochaines semaines, de permettre aux fonctionnaires, sur accord de leur chef de service, de prendre une journée de fête religieuse.
Lâchée dans une interview au Parisien par le président de l'ex-commission sur la laïcité Bernard Stasi, une petite phrase a suscité des réactions enthousiastes de responsables musulmans, notamment du président du conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, qui a salué "la bonne nouvelle".
Regrettant que l'idée du jour férié pour les religions autres que catholique n'ait pas été retenue dans la loi sur la laïcité, M. Stasi a affirmé que "le ministère de l'Education y réfléchit sérieusement" aujourd'hui.
Interrogé, le ministre François Fillon, en visite pour la rentrée scolaire à Chambourcy, a simplement dit : "Le gouvernement est ouvert au dialogue".
"Je crois savoir qu'il y a une réflexion sur le sujet", a confirmé à l'AFP Bernard Stasi, qui dit l'avoir appris "avant les événements actuels", faisant allusion à la forte mobilisation de la communauté musulmane contre la prise d'otages en Irak, et à une rentrée scolaire marquée par l'attention portée aux jeunes filles musulmanes.
La création de jours fériés "permettrait d'équilibrer, de montrer que les Français ne sont pas hostiles à l'islam", a affirmé M. Boubakeur.
"Qu'il y ait un jour férié pour le culte musulman apporterait beaucoup d'apaisement à une communauté qui tend à se sentir brimée", dit-il, évoquant par ailleurs l'effet positif, dans un éventuel débat sur les jours fériés, de "la mobilisation de la communauté" musulmane en faveur des otages.
"Si le débat sur les jours fériés est relancé, ce sera une bonne chose", a affirmé également le président de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), Lhaj Thami Breze.
"La mobilisation musulmane actuelle peut contribuer" à faire avancer l'idée, dit-il, même si "c'est l'avenir qui dira si cet engagement des musulmans de France aura fait changer les mentalités dans la durée ou ne sera qu'éphémère".
La proposition du rapport de Bernard Stasi d'instaurer un jour férié pour les fêtes musulmane de l'Aïd-El-Kebir et juive de Kippour avait suscité d'abord la surprise puis un large débat dans l'opinion publique, avant d'être enterrée par le président Jacques Chirac, qui jugeait "inutile d'ajouter de nouveaux jours fériés au calendrier scolaire, qui en compte déjà beaucoup".
Le président demandait cependant "qu'aucun élève n'ait à s'excuser d'une absence justifiée par une grande fête religieuse comme le Kippour ou l'Aïd-El-Kebir, à condition que l'établissement en ait été préalablement informé".
"J'ai été déçu", affirme Bernard Stasi, qui regrette aussi que "d'autres propositions positives pour l'islam ont reçu l'approbation des pouvoirs publics mais n'ont pas été mises en valeur", comme l'enseignement des religions à l'école.
"On a donné le sentiment aux musulmans que la loi (du 15 mars 2004) était une loi contre l'islam, alors que c'est faux", a-t-il ajouté.
"Il faut persuader ceux qui en doutent encore que l'islam a sa place en France comme toutes les autres religions, avec ses droits et ses devoirs".
Les autres tentatives politiques
En 2012, la proposition avait été reprise, déjà juste avant une autre élection présidentielle, par Eva Joly.
En pleine campagne présidentielle en 2012, la candidate écologiste Eva Joly avait jeté un pavé dans le bénitier en proposant d'accorder un jour férié aux juifs et aux musulmans pour célébrer Yom Kippour et l’Aïd.
Cela avait entraîné une levée de boucliers, principalement car le moment n’était pas jugé opportun, juste avant des élections.
Rebelote en février 2015, avec Ericka Bareigts.
La députée socialiste de la Réunion avait déposé un amendement à la loi Macron donnant la possibilité aux départements d'outre-mer de remplacer des jours fériés catholiques par des fêtes locales, "afin de tenir compte des spécificités culturelles, religieuses et historiques".
Mais en 2015, quand des députés d’outre mer ont souhaité introduire un amendement dans la loi Macron pour permettre à la Réunion de remplacer des jours fériés chrétiens par des fêtes musulmanes et hindoues, là encore, il y a eu une certaine opposition, du moins en France métropolitaine, car à la Réunion, même l’évêque était d’accord.
Finalement retoqué au Sénat, l'amendement avait en tout cas suscité une vive polémique.
De toute façon, l’amendement a ensuite été rejeté, car non recevable n’ayant pas de rapport direct avec la loi Macron, de fait.
"On entre de plain-pied dans le communautarisme, avait déclaré à l'époque le député de droite Eric Ciotti.
La France ne vient pas de nulle part, elle a une histoire, elle a une identité.
Elle est l'héritière d'une civilisation judéo-chrétienne".
Un avis partagé par le vice-président du FN, Florian Philippot, qui dénonçait une "atteinte manifeste au principe d'unité et d'invisibilité de notre République" et de "violente régression communautariste".
Le calendrier français des jours fériés
Par une loi de 1886, les députés de la IIIe République, tout anticléricaux qu'ils fussent, ont institué huit fêtes légales dont six se référent à la tradition catholique : Lundi de Pâques, Jeudi de l’Ascension, Lundi de Pentecôte, Assomption de la Vierge (15 août), Toussaint (1er novembre) et Noël (25 décembre) ; une à la coutume : Jour de l’An ; une seulement à la geste républicaine : Fête nationale (14 juillet).
Là-dessus se sont greffées trois fêtes légales supplémentaires : Fête du Travail (1er mai), Armistice (11 novembre), Capitulation du IIIe Reich (8 mai).
Au total, si on compte le 1er janvier comme fête religieuse, (sainte marie) on a donc sept fêtes religieuses en France.
| Catégorie | Jours fériés mentionnés |
|---|---|
| Fêtes chrétiennes | Lundi de Pâques, Jeudi de l’Ascension, Lundi de Pentecôte, Assomption, Toussaint, Noël |
| Fête liée à la coutume | Jour de l’An |
| Fêtes civiles | Fête nationale, Fête du Travail, Armistice, Capitulation du IIIe Reich |
Mais en France, il y a aussi des fêtes civiles plus nombreuses, notamment le 8 mai, le 11 novembre, en plus du 14 juillet.
C’est dans la moyenne des autres pays européens pour les fêtes religieuses, comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne, c’est moins que l’Autriche (13), la Grèce, la Suède (9), et l’Espagne (8).
Certaines régions ou localités ont aussi des jours fériés spécifiques.
Par exemple, dans l’ancienne Alsace-Lorraine, le Vendredi Saint qui précède Pâques et le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne (premier martyr de la chrétienté), sont des jours fériés.
Et en Alsace-Lorraine, on a conservé des fêtes religieuses propres : le Vendredi saint, et la saint Étienne, au lendemain de Noël.
En Guadeloupe, on commémore l’abolition de l’esclavage le 27 mai.
Pourquoi les fêtes chrétiennes sont-elles toujours présentes ?
Pourquoi est-ce si difficile de bouger des fêtes religieuses en France ?
C’est effectivement étonnant, notamment au regard de la pratique, qui est devenue très minoritaire : le jeudi de l’Ascension, je ne suis pas certaine que tout le monde soit à la messe !
Mais sans doute les fêtes religieuses font-elles partie de traits profondément ancrés dans la culture d’un pays, qui vont bien au-delà de la pratique religieuse.
D’une certaine manière, ces sept journées sont considérées comme « sacré » par beaucoup.
Avant la Révolution française, savez-vous combien il y avait de jours fériés ?
Entre 40 et 50 jours, en plus des dimanches !
Les révolutionnaires ont voulu y mettre bon ordre, ils ont supprimé le dimanche, et restreint le nombre de ces jours.
Mais c’est très mal passé dans les campagnes françaises, notamment la suppression du dimanche et aussi de fêtes très populaires, comme la fête-Dieu ou la fête de la Saint Jean.
Donc Napoléon Bonaparte est allé négocier avec l’Église en 1802 : ils sont tombés d’accord sur un nombre limité de fêtes chômées, en plus du dimanche, une seule par saison : Toussaint (automne) Noël (hiver), Ascension (printemps) et assomption (été).
Mais la troisième République, à la fin du même siècle, a du constater que cela n’était pas respecté, et rétablir les lundis de Pâques et de Pentecôte.
D’ailleurs, si vous vous souvenez le tollé lorsqu’en 2004, après la canicule de 2003, on a voulu supprimer le lundi de Pentecôte, on voit bien que ce n’est pas aisé.
Les arguments favorables à la reconnaissance de l’Aïd et de Kippour
Pourquoi une telle demande ?
On est dans le symbole.
Un peu, suggèrent d’ailleurs les auteurs du rapport Terra Nova, comme lorsque l’on avait édifié la Grande mosquée de Paris, dans les années 1930, pour rendre hommage aux soldats français de confession musulmane morts pour la France.
Donc ce ne serait pas totalement absurde.
La France se définit comme une République laïque, garante de l’égalité de traitement de toutes les confessions et de la liberté de culte.
Pourtant, le calendrier des jours fériés en France reste exclusivement fondé sur les grandes fêtes du christianisme : Noël, Pâques, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint, etc.
Ce déséquilibre, hérité de l’histoire, ne correspond plus à la réalité sociale et religieuse actuelle.
De nombreuses autres confessions sont pratiquées aujourd’hui par des centaines de milliers de citoyens français, mais aucune de leurs fêtes n’est reconnue par un jour férié national.
Une telle réforme permettrait de :
- Corriger une inégalité historique dans la reconnaissance des différentes confessions.
- Adapter la République à la diversité religieuse réelle de la population française.
- Donner aux salariés la possibilité de célébrer les fêtes les plus importantes de leur religion dans la dignité.
Cette mesure est ambitieuse mais nécessaire si la France veut assumer pleinement son engagement envers une laïcité authentique, égalitaire et inclusive.
Les arguments opposés à la réforme
Mais il y a au moins deux sortes d’arguments que l’on oppose à une telle réforme : on risque de monter les communautés les unes contre les autres, or la religion est devenue un fait sensible, surtout en période préélectorale.
Et puis, en « prenant » des jours sur le quota des fêtes chrétiennes, on donnerait raison à ceux qui craignent ce qu’ils appellent le « grand remplacement », théorie selon laquelle, en France, l’islam va progressivement remplacer la religion chrétienne.
Enfin, observent certains, faut-il absolument mettre à égalité les religions, alors que nous sommes dans un pays dont les racines sont chrétiennes ?
À l’époque d’ailleurs, l’idée avait rencontré moins d’oppositions qu’aujourd’hui, signe que sur ce qui concerne la religion, les avis se sont crispés.
En tous les cas, aujourd’hui, les résistances sont très fortes, en France, à l’encontre d’un tel projet.
Les autorisations d’absence déjà prévues
Ceci dit, depuis quelques années, pour l’administration, une circulaire est publiée chaque année par le ministère de la fonction publique précisant les « autorisations d’absence pouvant être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ».
Mais il s’agit d’autorisation d’absence, et non de jours fériés pour tous.
C’est ainsi que la circulaire du ministre de la fonction publique 901 du 23 septembre 1967 fixe les « autorisations d'absence pouvant être accordées à l'occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ».
En vertu de cette circulaire toujours en vigueur, les fonctionnaires français peuvent solliciter de leur chef de service :
- un jour d'absence s'ils se recommandent de la religion orthodoxe (Noël orthodoxe),
- trois jours s'ils revendiquent leur origine arménienne (Noël arménien, fête des Varanants, commémoration du génocide du 24 avril 1915,
- trois jours pour les musulmans qui se veulent ou se disent pratiquants (Aïd El Adha, Al Mawlid Annaboui, Aïd El Fitr),
- trois jours pour les juifs qui se veulent ou se disent pratiquants (Roch Hachana, Yom Kippour),
- un jour seulement (!) pour les bouddhistes (fête du Vesak),
- Les fonctionnaires catholiques, protestants, pratiquants des cultes africains, mormons, athées, agnostiques. n'ont, eux, droit à aucune autorisation d'absence (sauf à se convertir publiquement à l'une des religions précitées).
La neutralité républicaine justifierait l'abrogation de cette circulaire discriminatoire.
Notons aussi que l'émergence récente de nouvelles confessions, en premier lieu l'islam, conduit dans les écoles et dans le secteur privé, en-dehors de la fonction publique, à un absentéisme important et parfois massif lors de certaines fêtes comme Aïd El Adha, Aïd El Fitr sans parler de Kippour, célébré par les juifs.
Le souci d'équité entre tous les salariés français justifierait une remise à plat des jours chômés officiels.
Les règles applicables dans les entreprises
Aïd-el-Kébir pour les musulmans, Yom Kippour pour les juifs, Vaisakhi pour les hindous… Toutes ces fêtes religieuses ne font pas l'objet de jours fériés en France actuellement.
Pour autant, les entreprises peuvent autoriser un salarié à s'absenter pour motif religieux.
Dans le secteur privé, le droit du travail garantit la liberté de religion aux salariés.
Mais l’employeur peut y apporter certaines restrictions.
Il peut s'assurer, par exemple, que cette absence ne met pas le fonctionnement du service en péril.
Autre cas de figure : si tous les salariés souhaitent s'absenter à une même date, l'employeur a la possibilité "d'accepter un nombre limité d'absences, par exemple en sélectionnant les premières demandes reçues ou en les tirant au sort", expliquait Le Monde des religions, en juin 2016.
Les modèles étrangers
D’autres pays ont-ils ce type de réflexion ?
Oui, en Autriche, il existe un important débat sur ce sujet, tout comme en Allemagne.
Au Portugal, en 2012, on a supprimé deux jours fériés religieux mais pour des raisons économiques, d’ailleurs on en a supprimé deux civils aussi, et pour une période de cinq ans.
En Allemagne, une ville, Hambourg a signé de manière un peu solennelle un accord avec la communauté religieuse, mais non pas pour créer une fête chômée musulmane pour tous, mais donner la possibilité aux citoyens allemands musulmans d’avoir des congés le jour de l’Aïd.
À l’ONU, même si ce n’est pas un pays, il y a eu ainsi des revendications en ce sens : l’organisation avait depuis longtemps Noël et vendredi Saint comme jours fériés, auxquels se sont ajouté l’Aïd et, depuis 2015 seulement, Kippour.
Sinon, il faut signaler des pays musulmans qui ont accepté des jours fériés chrétiens, donc ce n’est pas toujours dans le même sens : l’Égypte, en 2003, a reconnu le Noël oriental, pour la forte minorité copte, et le Kurdistan irakien, (la région de Kirkouk), en 2015, a décidé de faire du 24 décembre un jour férié pour honorer la minorité chrétienne de ce pays très affectée par la guerre.
Une réforme plus large de l’égalité religieuse
Les Français s'interrogent sur le devenir de la laïcité !
Dans le même temps se multiplient les entorses à la séparation des Églises et de l'État : jours de congé communautaristes, financement des lieux de culte, mariages discriminatoires.
La loi de séparation des Églises et de l'État (9 décembre 1905) avait permis à la République française, il y a près d'un siècle, d'accéder à une relative sérénité dans ses rapports avec les religions, à l'époque limitées au catholicisme, aux confessions protestantes et au judaïsme.
Il serait périlleux de retoucher cette loi mais il conviendrait de l'appliquer dans un esprit de plus stricte neutralité à l'égard de toutes les croyances aujourd'hui présentes au sein de la communauté nationale.
Nous avons relevé trois domaines dans lesquels elle mériterait d'être renforcée : les fêtes et jours chômés, le financement des lieux de culte, le mariage.
Pourquoi ne pas rendre l'initiative aux citoyens en leur donnant la faculté de faire leur choix ?
Nous demandons donc l’instauration d’un véritable équilibre républicain, par la reconnaissance officielle et nationale des fêtes religieuses suivantes, toutes issues de religions comptant au moins 125 000 pratiquants en France :
- Islam : Aïd el-Fitr (fin du Ramadan), Aïd el-Kebir (fête du sacrifice).
- Judaïsme : Yom Kippour (jour du Grand Pardon), Rosh Hashanah (Nouvel An juif).
- Bouddhisme : Vesak (commémoration de la naissance, de l’illumination et de la mort de Bouddha).
- Hindouisme : Diwali (fête des lumières).
- Christianisme non catholique : Noël orthodoxe (7 janvier), Pâques orthodoxe (souvent à une date différente du calendrier grégorien).
Ces journées deviendraient des jours fériés nationaux, au même titre que ceux déjà en place.
Cela ne signifie pas un arrêt total de l'activité économique : les entreprises seraient libres de faire travailler leurs employés ces jours-là, à condition de les rémunérer double, comme c’est le cas actuellement pour le 1er mai.
Par souci d'équité et de cohérence, nous demandons également que cette règle du double paiement soit généralisée à tous les jours fériés existants, et non réservée uniquement au 1er mai.
Le caractère variable des fêtes religieuses
Les fêtes musulmanes sont fondées sur le calendrier lunaire et, selon la communauté, les dates d'observance peuvent différer des dates indiquées dans le présent document.
Les dates précises des fêtes religieuses varient d'une année à l'autre en fonction des calendriers solaire et lunaire.
Les pratiques religieuses commencent au coucher du soleil la veille de la date identifiée.
La date de la célébration peut varier selon les coutumes locales ou les phases de la lune.
Le calendrier des jours fériés à instaurer devrait donc tenir compte du fait que l’Aïd-El-Kébir et d’autres fêtes musulmanes ne correspondent pas chaque année à la même date du calendrier civil.
| Fête | Religion | Élément distinctif |
|---|---|---|
| Aïd-El-Kébir ou Aïd al-Adha | Islam | Fête du sacrifice |
| Yom Kippour | Judaïsme | Jour du Grand Pardon |
| Rosh Hashanah | Judaïsme | Nouvel An juif |
| Vesak | Bouddhisme | Naissance, illumination et mort de Bouddha |
| Diwali | Hindouisme | Fête des lumières |
