La communion chrétienne ou la transsubstantiation : comprendre la présence du Christ dans l’Eucharistie

Dans la théologie catholique, la transsubstantiation désigne la conversion du pain et du vin en corps et en sang du Christ au moment de la consécration, tandis que leurs caractéristiques physiques et leurs apparences demeurent celles du pain et du vin. Cette doctrine exprime la « présence réelle » du Christ dans l’Eucharistie.

L’Eucharistie est à la fois un mystère de présence, un repas, un mémorial du mystère pascal et une communion avec le Christ et avec l’Église. La transsubstantiation ne décrit donc pas seulement un changement doctrinal ou philosophique : elle vise la rencontre du croyant avec le Christ qui se donne en nourriture.

La transsubstantiation : définition et sens théologique

C’est littéralement la transformation d’une substance en une autre. Dans la théologie catholique, c’est la doctrine selon laquelle au cours de l’eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales.

L’Église catholique emploie le terme de « transsubstantiation » pour expliquer que, dans l’Eucharistie, le pain et le vin sont « réellement, vraiment et substantiellement » transformés ou convertis en corps et en sang du Christ, tout en conservant leurs caractéristiques extérieures ou « espèces » (texture, goût, odeur : les apparences) initiales. La conséquence en est la « présence réelle » du Christ dans les espèces consacrées.

La présence eucharistique du Christ commence au moment de la consécration et dure aussi longtemps que les espèces eucharistiques (pain et vin) subsistent.

Substance, accidents et apparences sensibles

La substance (en grec : οὐσία, ousia) est l'une des dix catégories de l'être définies par Aristote. Elle est ce qui existe par soi-même (ipsum esse subsistens), tandis que l'accident est ce qui change, ce qui n’existe qu’en autre chose.

Ainsi, la forme d'un chapeau n'est pas le chapeau lui-même, pas plus que sa couleur, sa taille, sa texture ni aucune autre propriété sensible. C'est le chapeau lui-même (sa « substance ») qui possède une forme, une couleur, une taille, une texture tout en étant distinct de ces propriétés.

Les apparences sont des « accidents », ou « espèces », et sont perçues par les sens. La théologie catholique reprend les définitions aristotéliciennes : ainsi, l'Eucharistie est une véritable transformation de l'être et ne concerne pas ces accidents sensoriellement perceptibles.

En effet, Thomas d'Aquin enseigne que, même après la transformation, le corps du Christ continue à apparaître comme du pain.

Les paroles de l’institution eucharistique

Lorsque Jésus dit pendant la Cène : « Ceci est mon corps » (Mt 26:26), ce qu'il tient dans ses mains a l'apparence du pain mais, selon la doctrine catholique, la substance de ce pain a été convertie en chair du Christ. C'est donc vraiment son corps, même si les apparences accessibles aux sens ou aux études scientifiques demeurent celles du pain.

La même transformation survient lors de chaque célébration de l'Eucharistie : « Par la consécration du pain et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du corps du Christ notre Seigneur et de toute la substance du vin en la substance de son sang ; ce changement, l'Église catholique l'a justement et exactement appelé transsubstantiation. »

Cette transformation eucharistique, ou transsubstantiation, se fait par le truchement du prêtre, qui agit in persona Christi. L'Église catholique professe la transsubstantiation en s'appuyant sur les écrits des Évangiles (« ceci est mon corps, ceci est mon sang ») qui sont compris comme parlant de conversion substantielle et non de substances simultanées.

La présence réelle du Christ

L’Église catholique juge avec raison que « transsubstantiation » est un concept clé pour rendre compte du mystère eucharistique dans une de ses composantes essentielles : la « présence réelle ». Celle-ci est elle-même au cœur de la compréhension et, partant, d’une pratique authentique de l’eucharistie.

L’Église catholique défend la présence réelle en affirmant que le corps et le sang, ainsi que l’âme et la divinité du Christ sont réellement et substantiellement contenus dans l’eucharistie. C’est la transsubstantiation qui dit que l’hostie est convertie, ou changée, en corps du Christ.

C’est l’acmé de la liturgie eucharistique: au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ, tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales.

L’essentiel est de comprendre que, contrairement à ce que disait Luther, il n’y a pas du pain 'et' Jésus, mais Jésus, réellement, corporellement, substantiellement présent avec son humanité et sa divinité ; que ce Jésus est là, non pas à titre symbolique, et que ce corps, né de la Vierge Marie, est présent, comme le chante la liturgie de l’Église.

Une doctrine centrale de la foi catholique

Cette doctrine de la transsubstantiation, -ou de la présence réelle-, proclamée par l’Église lors du 4e Concile du Latran (1215), fut confirmée lors de la seconde session du Concile de Trente, en 1551.

Le terme transsubstantiation est attesté chez Hildebert de Tours vers 1079, et il est défini comme dogme par le quatrième concile du Latran (1215), mais G. K. Chesterton rappelle que l'idée est « visiblement présente dès les premiers temps de l'Église ».

La transsubstantiation (en latin : transsubstantiatio, en grec ancien : μετουσίωσις / metousiosis) est un phénomène surnaturel, qui est la conversion d'une substance en une autre. Le terme désigne, pour la majorité des chrétiens (les catholiques et les orthodoxes), la conversion du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de l'Eucharistie par les paroles de la consécration et l'action du Saint-Esprit.

Ce concept, attesté pour la première fois chez Étienne Ier de Baugé au début du XIIe siècle, est défini comme un dogme par le quatrième concile du Latran (1215) et confirmé par celui de Trente (1545-1563).

Le concile de Trente (1545-1563) confirme le dogme de la transsubstantiation. Le concile de Trente (1545-1563) confirme le dogme de la transsubstantiation.

Une doctrine ancienne, progressivement explicitée

En effet, le mot et la notion d'eucharistia sont présents dès la fin de l'âge apostolique, et c'est au IIe siècle qu'apparaissent les données fondamentales de la célébration eucharistique : celle-ci, précédée d'une liturgie de la parole, a généralement lieu le dimanche et se voit désormais disjointe du repas communautaire (l'agape).

Dans les écrits d'Hippolyte de Rome (IIIe siècle), il est demandé de faire preuve d'une vénération particulière pour le Saint-Sacrement. La consécration de moniales à Jésus-Eucharistie à l'époque de Cyprien de Carthage atteste l'antiquité de cette doctrine.

Augustin d'Hippone, au Ve siècle, dit : « Que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer ; nous pécherions si nous ne l'adorions pas. »

Paschase Radbert, moine de l’abbaye de Corbie, fut l’auteur du premier traité théologique sur l’Eucharistie, De corpore et sanguine Domini (Livre du corps et du sang du Seigneur), rédigé en 831 et présenté au roi Charles le Chauve, en 844.

Pour Paschase Radbert, le pain et le vin consacrés sont réellement le corps et le sang de Jésus. Par la consécration, il y a mutation transubstantielle du pain et du vin qui deviennent présence spirituelle du corps historique du Christ.

Après les controverses du 9e et du 11e siècle, et avant celles du 16e avec la Réforme, l’Église catholique affirme clairement et vigoureusement la réalité du Christ présent dans l’eucharistie.

La définition conciliaire

Le cher cardinal Newman parlait d’un « désenveloppement » du dogme au fil des siècles. Ce trésor nous a été donné dès le départ, le soir de la Cène, et cela a dû être un choc terrible, lorsqu’au soir du 'Seder', repas de Pessah, Jésus a pris ce pain particulier symbolisant le Grand Prêtre, le médiateur entre Dieu et les hommes, qui avait été caché, percé, retrouvé, pour dire «ceci est ma chair», et pareillement lorsqu’il a pris la coupe de bénédiction (…) pour dire «ceci mon sang».

Passé ce choc inouï, il a fallu du temps pour que tout cela se désenveloppe ; il a fallu surtout une contestation de la présence réelle, au XIe siècle avec Béranger de Tours, pour qu’une double réaction soit provoquée dans l’Église, d’abord avec le peuple de Dieu qui a dit «montrez-le nous ! On veut le voir !».

Et donc, à partir du XIIe siècle, on a l’adoration du Saint-Sacrement, ainsi qu’une piété eucharistique inouïe ! Il n’y a pas une phrase, pas un mot de François d’Assise qui ne soit centré sur l’Eucharistie.

Saint Louis vit de l’Eucharistie ; Thomas d’Aquin va développer tout cela, Saint Bonaventure aussi… Toute cette sainteté du XIIIe siècle est complètement eucharistique.

Et puis, la réaction doctrinale a eu lieu avec le 4e Concile du Latran en 1215 où l’on va adopter le dogme de la transsubstantiation.

Donc, on peut dire que le « désenveloppement » du dogme prend une tournure tout à fait particulière et centrale, y compris dans l’architecture avec le gothique qui met en son cœur le tabernacle et la présence réelle du Christ.

L’Eucharistie comme repas et communion

« L’eucharistie est un vrai banquet, dans lequel le Christ s’offre en nourriture … Il ne s’agit pas d’un aliment au sens métaphorique : ‘Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson’ (Jn 6,55) » (EE n. 16).

Une personne ignorant tout du christianisme et qui lirait le Nouveau Testament serait sans doute frappée d’emblée par le singulier repas chrétien institué par le Christ avant de mourir, avec comme geste caractéristique la fraction du pain à laquelle les disciples d’Emmaüs au cours d’un repas reconnaissent le Ressuscité, et qui semble occuper une place centrale dans les assemblées des premiers disciples.

Repas convivial, repas d’alliance, repas de profonde communion, récapitulant tous les repas pris par Jésus avec les pécheurs et en même temps chargé d’un poids de sens inouï.

Les exposés sur l’eucharistie commencent rarement, pour ainsi dire jamais, par évoquer cette dimension de repas, pourtant si riche, à condition d’en déployer toutes les virtualités déjà présentes dans nos repas humains : nécessité de se nourrir pour vivre, végétal ou animal sacrifié, présence des convives les uns aux autres, échange de paroles, alliance renforcée.

D’un point de vue pédagogique, cohérent avec la théologie biblique, ne serait-il pas opportun d’aborder toute catéchèse sur l’eucharistie par le porche royal du repas ? N’est-ce pas ce que Jésus a fait lui-même quand il a institué l’eucharistie ?

Du coup, ce serait l’ensemble du repas eucharistique qui apparaîtrait comme le « saint sacrement », et non seulement la « présence réelle » qui en est le cœur, mais pas le tout.

L’expérience que chacun possède du repas humain comme acte global permettrait d’entrer assez simplement et progressivement dans le mystère. En effet, la « dimension la plus évidente de l’eucharistie est sans aucun doute celle du repas ».

« Prenez, mangez, buvez »

Que Jean-Paul II ait cru bon de souligner aussi fortement cette vérité laisse entendre qu’elle était quelque peu oubliée. En tout cas durant les siècles où l’on s’abstenait de manger le Pain de vie, préférant le contempler.

Le contraste est frappant entre ce que bien des fidèles « pratiquants » font et ce qu’ils disent à propos de la réception de l’eucharistie. Tout le monde ou presque communie. Tous diraient-ils qu’ils ont reçu en nourriture le Corps du Christ ? Qu’il ne s’agit pas là d’un symbole (au sens faible), mais d’une réalité ? Il est permis d’en douter.

Le pain et le vin eucharistiés nous invitent clairement à prendre part au repas du Seigneur qui se donne lui-même en nourriture : « Prenez, mangez, buvez ».

Ils manifestent à l’évidence l’intention du Christ de nous rejoindre au plus intime de nous-mêmes. C’est par la réception de l’eucharistie que nous sommes sanctifiés, avant de l’être par sa contemplation.

La consécration des éléments vise notre propre consécration à travers la communion sacramentelle. La présence réelle et objective du Christ, offerte dans l’eucharistie, n’est pas un pur en-soi, mais essentiellement aussi un « pour nous et pour notre salut ».

La communion avec le Christ et avec l’Église

L'essence de la relation avec Dieu, c'est l'amitié; l'essence de la communion avec Lui, c'est ce cœur-à-cœur.

Comme le disait sainte Thérèse d’Avila, «c’est avec Celui dont je me sais aimée et que je vais aimer en retour».

L’adoration eucharistique est un lieu tout à fait particulier pour vivre ce dialogue d’amour avec Dieu. Il est là, Il me voit, je le vois, je suis en face de Lui, Il est réellement présent sous l’apparence de la petite hostie.

Il y a donc une sorte d’intimité quasiment physique, car Il est corporellement présent. Cet aspect corporel ajoute quelque chose de tout à fait particulier à sa présence dans le cœur de l’homme, au milieu d’une communauté priante, dans sa Parole qui est annoncée.

Cette présence corporelle est un prolongement de la messe et de l’action de grâce, en même temps qu’elle est une préparation à la prochaine communion.

Bien évidemment, il faut d’abord une messe pour pouvoir adorer le corps de Jésus, mais du point de vue de la perfection en quelque sorte, l’adoration, qui se vit aussi bien pendant la messe que durant son prolongement, est le sommet de la vie chrétienne.

Le sacrement et le signe

Tout sacrement, selon Thomas d’Aquin, entre dans le genre du signe (S.Th. III 60, 1). Il est à la fois cause instrumentale et signe de la grâce : les sacrements « réalisent ce qu’ils représentent » (S.Th. III 62, 1).

Un lien est ainsi établi entre le signe sacramentel sensible et son effet spirituel. Voilà un point d’ancrage pour les développements contemporains sur l’« efficacité symbolique », inscrite dans un champ où se rencontrent signe, rite, parole et communauté d’alliance.

S’agissant de l’eucharistie, toutefois, Thomas fait une différence nette entre ce sacrement et les autres. Ces derniers agissent par la vertu de l’Esprit saint qui est en eux, alors que, dans l’eucharistie, c’est « la vertu du véritable corps du Christ » qui est l’agent principal (S.Th. III 73, 1).

C’est là une conséquence logique de la transsubstantiation qui s’opère dans ce sacrement (l’eau du baptême n’est pas transsubstantiée). La place unique de l’eucharistie, sacrement des sacrements, est ainsi soulignée.

Le risque d’une présence isolée

En revanche, le lien entre le signe (pain, vin, repas) et la réalité signifiée (le corps du Christ) semble se distendre : on ne voit plus clairement le rapport entre le signe et le signifié, tellement l’un est hétérogène à l’autre, contrairement à ce que nous pouvons comprendre de l’eau du baptême et de son effet (purification corporelle signe d’une purification ou d’une naissance spirituelle).

De plus, l’Esprit saint semble ici laissé pour compte. Enfin, l’affirmation suivante pose question dans la vérité même qu’elle proclame : « le sacrement de l’eucharistie est pleinement réalisé dans la consécration même de la matière, tandis que les autres sacrements ne sont pleinement réalisés que dans l’application de la matière à l’homme qu’il s’agit de sanctifier » (S.Th. III 73, 1).

Autrement dit, manger le corps du Christ et boire son sang ne paraît pas nécessaire à la réalisation plénière de l’eucharistie. Nous ne saurions évidemment tirer pareille conclusion aujourd’hui.

L’inscription par Thomas de l’eucharistie dans l’ordre du signe est donc affirmée, mais en même temps rendue tellement singulière qu’elle s’efface quelque peu.

Pourtant le docteur angélique a bien vu l’eucharistie comme un aliment spirituel (cf. S.Th. III 73, 1), mais il n’en tire guère de conséquences concernant le rapport entre les espèces et le corps du Christ. Nous pouvons et nous devons aujourd’hui dépasser ces limites.

Le mémorial du mystère pascal

Pour saint Thomas, tout sacrement est uniment un signe : 1) « qui commémore ce qui le précède », à savoir « la passion du Christ », laquelle est « cause de notre sanctification » ; 2) qui « manifeste l’effet de cette passion en nous, à savoir la grâce » ; 3) « qui annonce la gloire à venir » (S.Th. III 60, 3).

Cette magnifique vue synthétique, où le présent récapitule le passé et inaugure l’avenir, en dit beaucoup sur la réalité sacramentelle. Elle vaut tout particulièrement pour l’eucharistie.

Une chose frappe toutefois le lecteur d’aujourd’hui : nulle mention n’est faite explicitement dans ce texte de la résurrection, sans laquelle pourtant, selon saint Paul, notre foi serait vide, vaine (1 Co 15,12-19), et sans laquelle nous serions « encore dans nos péchés », autrement dit non sauvés.

On ne reprochera pas à saint Thomas d’être de son temps en plaçant l’accent sur la passion, mais on se réjouit grandement que Vatican II propose une vision plus équilibrée : l’eucharistie est certes instituée pour « perpétuer le sacrifice de la Croix », mais identiquement pour être « le mémorial de sa mort [du Christ] et de sa résurrection » (Sacrosanctum Concilium 47).

Sans la résurrection, le mystère pascal serait gravement amputé. En effet, sans la lumière que projette la résurrection, la passion et la mort du Christ seraient plutôt les signes de l’échec définitif de l’amour divin.

Il est certes possible et peut-être justifié d’attribuer à l’Aquinate une vision implicitement johannique de la Croix glorieuse où l’élévation du Christ signifie en même temps sa mort et sa résurrection.

Mais on ne saurait en dire autant d’un long courant théologique qui a oblitéré le lien essentiel de la passion avec la résurrection. Relier étroitement, comme il se doit, l’eucharistie à la résurrection du Christ ne diminue en rien l’importance de sa passion, au contraire.

Sans elle, la résurrection ne serait qu’un mythe, le Ressuscité ne porterait pas les marques de ses plaies, il n’aurait traversé ni la souffrance ni la mort. On peut l’affirmer sereinement : c’est la résurrection qui révèle le sens de la Croix, c’est en elle que se déploie l’énergie divine investie dans la passion salvifique.

Les dimensions de la présence eucharistique

Après les controverses du 9e et du 11e siècle, et avant celles du 16e avec la Réforme, l’Église catholique affirme clairement et vigoureusement la réalité du Christ présent dans l’eucharistie. Saint Thomas en donne moins une explication au sens propre qu’une justification rationnelle à partir des concepts de substance et d’accident, emprunté à Aristote, mais acclimatés théologiquement par Thomas d’une façon originale qui aurait sans doute surpris Aristote, et pour cause.

Cette insistance sur la réalité et l’objectivité de la présence du Seigneur était indispensable. Il n’en résulta pas moins quelques distorsions.

  • Un certain primat de l’objectivité relégua dans l’ombre la finalité relationnelle de l’eucharistie, avec pour conséquences une sacralisation peu adéquate de l’« objet » eucharistique, sa mise à distance et, finalement, sa non réception. Le Christ était adoré dans l’hostie, mais rarement pris en nourriture.
  • Le lien de la « présence sacramentelle » avec l’événement de la Croix se relâcha ou s’obscurcit, notamment à cause du peu d’articulation entre Croix et résurrection. Les « miracles » d’hosties qui saignent visaient moins à rappeler la passion qu’à prouver la « réalité » d’une présence corporelle.
  • La dimension eschatologique de la « présence réelle » passa également au second plan : l’eucharistie était certes vue comme le gage et la préfiguration de la vie éternelle, mais le lien dynamique entre ce présent et ce futur n’apparaissait guère.
  • Centrée sur le « corps individuel » du Christ vraiment présent, la pratique et la dévotion eucharistiques intégraient insuffisamment la dimension de communion, celle de la messe comme sacrement et ferment de l’unité dans l’Église, Corps du Christ, l’Église étant elle-même « le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ».

Le face-à-face et le cœur à cœur de chacun avec le « Christ eucharistie » étaient privilégiés.

Considérant comme acquise et faisant mienne la conception thomasienne de la transsubstantiation, dans la mesure où elle est reçue par l’Église catholique, je voudrais maintenant, en contrepoint des dérives signalées à l’instant, replacer celle-ci dans un contexte biblique et doctrinal plus large, tel que nous pouvons aujourd’hui le comprendre.

Par cette opération, rien ne sera perdu de l’essentiel élaboré par saint Thomas, mais certaines limites de sa doctrine, que je signalerai au passage, seront peut-être dépassées.

En outre, plutôt que de remplacer « transsubstantiation » par un autre mot - ce qui n’est probablement pas impossible, mais paraît peu profitable -, j’espère au contraire exploiter toute la richesse de ce concept et contribuer ainsi modestement à l’élaboration d’un langage renouvelé pour dire l’eucharistie.

La messe, l’adoration et la communion

Il semblerait pourtant que ce dogme central de la foi catholique, «source et sommet de la vie chrétienne» ne soit pas perçu comme tel par certains croyants.

Au mois d’août dernier, une étude menée par le Pew Research Center, basé aux États-Unis, montrait que seul un catholique américain sur trois croyait à la doctrine de l’Église sur l’Eucharistie et à la transsubstantiation.

Cet été, une étude menée par le prestigieux Pew Research Center, intitulée «What American know about religion» (ce que les Américains connaissent de la religion), a livré en ce sens des résultats assez édifiants: un tiers des catholiques (31%) disent croire à la présence réelle: le reste, 69%, affirme considérer le pain et le vin consacrés comme de simples «symboles».

Cela m’inspire de la tristesse, car c’est quand même le trésor de notre foi, de notre vie chrétienne. Jésus a choisi de demeurer avec nous sous cette forme-là, jusqu’à la fin des temps.

Mais sans vouloir être pessimiste, il y a ceux qui disent ne pas croire, et, -pour reprendre les mots de Jean-Paul II qui parlait d’athéisme théorique et d’athéisme pratique-, ceux qui vivent comme s’ils n’y croyaient pas.

La foi comme expérience

Je pense que ce n’est pas d’abord une question de connaissance, mais d’expérience. On peut connaître parfaitement, de manière spéculative, la théologie sur l’Eucharistie et tout ce que saint Thomas d’Aquin a écrit sur cela, mais finalement, seuls les saints pourront nous enseigner ce que c’est.

C’est pourquoi au terme de l’encyclique de saint Jean-Paul II, L’Église vit de l’Eucharistie, il disait: «mettons-nous à l’école des saints, les grands interprètes de la piété eucharistique authentique».

Je pense qu’il y a un déficit complet quant au témoignage de la vie des saints et de l’Eucharistie, car il faut donner goût à l’Eucharistie ! Pour cela, il faut voir des gens qui en vivent, comme les saints.

Quand on a vu Mère Teresa devant le Saint-Sacrement comme je l’ai vue une fois, quand on a vu Jean-Paul II célébrer la messe, on comprend que quelque chose se passe et, tout d’un coup, cela nous donne faim et soif.

Le tabernacle et la présence du Christ

C’était d’ailleurs le sermon le plus court du saint Curé d’Ars: «Jésus est là», avait-il simplement dit en montrant le tabernacle qui est cette maison du Christ au milieu de nous, ce lieu d’habitation, ce Bethléem, cette maison du Pain de Vie.

Il s’est ensuite mis à pleurer et s’est assis, et tout le monde a pleuré après lui.

Alors oui, il se passe quelque chose d’inouï, que seul Dieu est capable de faire. On a de la peine à descendre aussi bas que Dieu est descendu.

Déjà, se faire enfant, c’est scandaleux, se faire crucifier c’est inadmissible… Mais être au milieu de nous, sous l’apparence d’une matière inerte, ça, c’est de la folie.

Et Dieu est fou d’amour, à ce point.

Transsubstantiation et autres conceptions chrétiennes

La transsubstantiation prend le nom de transsubstantiation au concile de Trente (1551) où elle est officiellement proclamée par l’Église catholique, prenant ainsi position à l’encontre de la consubstantiation envisagée par les protestants.

La position luthérienne

Le luthéranisme a rejeté la doctrine de la transsubstantiation au profit de celle de la consubstantiation.

Les luthériens croient que, lors de la célébration eucharistique, le corps et le sang de Jésus Christ sont objectivement présents « dans, sous et avec la forme » du pain et du vin : in pane, sub pane, cum pane (Formule de Concorde de 1577).

Luther a explicitement rejeté la transsubstantiation en affirmant que le pain et le vin restaient pleinement pain et vin tout en étant pleinement chair et sang de Jésus Christ.

Il a insisté sur la présence réelle (et non symbolique ou figurative) du Christ dans l’eucharistie. Sa doctrine doit toutefois être distinguée de la consubstantiation au sens strict : le corps et le sang du Christ, selon Luther et ses successeurs, ne sont pas contenus de manière locale dans le pain et le vin.

Les substances ne sont pas unies de manière permanente, mais seulement dans le cadre du sacrement, d'où le terme d'« union sacramentelle ».

Luther rejette la transsubstantiation en disant qu’il n’y a pas changement de substance, mais que le pain et le vin restent pleinement pain et vin tout en étant pleinement chair et sang de Jésus Christ.

Il utilise une image en disant que le Christ est dans le pain et le vin comme le feu est dans la braise.

La position réformée et calviniste

Les dénominations calvinistes, ce qui inclut les Églises réformées comme des Églises presbytériennes ou congrégationalistes, n'ont pas recours à la transsubstantiation et retiennent la doctrine calviniste de la « présence pneumatique » : la présence du Christ dans la Cène n'est pas matérielle mais spirituelle, ce qui, pour des croyants, fait de la présence du Christ une véritable réalité.

La mort sacrificielle du Christ est rendue « effective dans le croyant lorsqu’il prend part aux éléments dans la foi ».

Ainsi, selon la conception calviniste, il y a une union réelle et substantielle du croyant avec le Christ lors de l'eucharistie et non une simple cérémonie mémorielle et symbolique telle que d'autres théologiens, dont Zwingli, l'expriment.

Calvin a une lecture spirituelle du sacrement. Il prend l’exemple de la colombe qui est descendue sur Jésus le jour de son baptême.

Dans les évangiles de Mattieu et de Marc, au moment de son baptême, Jésus « vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir à lui ». C’est Jésus seul qui a vu une colombe pour signifier le don de l’Esprit.

Il faut comprendre la présence du Christ dans le pain et le vin comme l’Esprit est présent dans la colombe.

Zwingli dit que le pain et le vin sont des signes de la présence du Christ qui doivent être compris comme on comprend les affirmations de Jésus disant qu’il est le bon berger ou qu’il est la porte.

La position anglicane

Les Trente-Neuf articles (1563) marquent la différence entre les doctrines anglicane et romaine : « La transsubstantiation (ou le changement de la substance du pain et du vin) lors du dernier repas du Christ, ne peut être prouvée par les Saintes Écritures ; mais elle est incompatible avec les termes même de l’Évangile, elle réduit à néant la nature du Sacrement et a donné lieu à de nombreuses superstitions. »

Certains anglicans (en particulier des anglo-catholiques) acceptent la transsubstantiation tandis que d'autres la rejettent.

L'archevêque John Tillotson a dénoncé son caractère « barbare », considérant impie de croire que les fidèles qui participent à la communion « mangent et boivent vraiment la chair et le sang naturels du Christ ».

Certains auteurs anglicans récents acceptent toutefois la doctrine de la transsubstantiation ou, évitant le terme lui-même, parlent d'une « présence objective » du Christ dans l'Eucharistie.

D'autres soutiennent des idées proches de la consubstantiation luthérienne. Thomas Cranmer assimile la transsubstantiation au cannibalisme, à une dévoration rituelle.

Les conceptions évangéliques et symboliques

De nombreuses Églises protestantes évangéliques estiment que la communion commémore de manière symbolique le dernier repas du Christ avec ses disciples (Ulrich Zwingli) ou que sa célébration prend son importance dans la signification qu'elle prend aux yeux de croyant (« transsignification »).

Certains protestants considèrent que toute doctrine de la présence réelle relève de l'idolâtrie car elle reviendrait à vénérer du pain et du vin comme si c'était Dieu.

La position orthodoxe

L'Église orthodoxe et les Églises des trois conciles, ainsi que l'Église apostolique assyrienne de l'Orient, admettent que le pain et le vin deviennent réellement le corps et le sang du Christ, par l'action du Saint-Esprit répondant aux prières du prêtre et des fidèles.

Le concile de Jérusalem (1672) de l'Église orthodoxe, dont l'importance est pour Philip Schaff comparable à celle du concile de Trente, condamne les doctrines du protestantisme et enseigne la doctrine romaine de la transsubstantiation (μεταβολή, metabolê, « changement », et μετουσίωσις, metousiôsis, « transsubstantation »).

Toutefois, le terme grec de metousiôsis apparaît dans les textes liturgiques et théologiques orthodoxes moins souvent que d'autres, par exemple, metastoicheiôsis, ou « changement d'éléments ».

La Parole de Dieu et l’Eucharistie

Dans le contexte de nombreux débats contemporains, notamment l’ordination de Viri probati (en Amazonie) et autres, certains affirment que l’Église aurait tort de s’arc-bouter, de se focaliser sur l’Eucharistie.

Après tout, disent-ils, c’est un des sept sacrements, et puis, il faudrait remettre en valeur l’étude de la Parole de Dieu et des Écritures Saintes.

Cela me cause une profonde tristesse car je pense qu’il y a là un manque d’intelligence théologale et d’intelligence de l’Eucharistie.

Le père Jérôme de Sept-Fons disait justement que si la Bible constitue un message de Dieu et qu’elle est Parole de Dieu, elle n’est pas Dieu elle-même. L’Eucharistie, c’est Dieu lui-même.

Une chose est d’entendre la parole, une autre est de rencontrer la personne. Une chose est d’écouter par radio, une autre est de se voir face-à-face.

Le cardinal Journet avait une très belle image à ce propos. Il disait, «imaginez deux fiancés qui se parlent au téléphone… C’est extraordinaire, la voix est là, la chaleur, la tendresse, l’émotion sont là et tout d’un coup, ils se voient face-à-face et ils s’embrassent.

Voyez-vous la différence entre une parole au téléphone et une accolade ou un baiser qui est donné entre deux amoureux ? Et bien vous avez compris la différence entre la Parole de Dieu et l’Eucharistie».

C’est la rencontre chair à chair, cœur à cœur avec un Dieu vivant.

Et sa Parole, bien sûr qu’elle est importante puisque c’est elle qui fait l’Eucharistie, -«ceci est mon corps»-, mais elle est là en vue de la présence réelle.

Dieu ne pouvait pas quitter son peuple, l’abandonner après l’Ascension, ce n’était pas possible, -disait encore le cardinal Journet-, et donc Il a inventé l’Eucharistie, sa présence corporelle, comme immense trésor.

Le langage de la transsubstantiation et ses difficultés

Mais ce langage a fait et continue de faire problème. L’A. s’efforce ici de replacer la transsubstantiation dans une perspective qui prend en compte certaines évolutions de la théologie, telle qu’elles apparaissent notamment dans plusieurs documents récents du magistère.

Depuis quelques années, un frémissement eucharistique parcourt l’Église catholique. D’importants documents du magistère se sont succédé en quelques années.

Dans le même temps, des sondages d’opinion montrent que les catholiques sont loin d’adhérer tous aux dogmes les plus centraux de la foi catholique : divinité du Christ, résurrection (celle du Christ et la nôtre), présence réelle du Seigneur dans l’eucharistie.

C’est sur ce dernier point que je voudrais réfléchir.

Les causes en sont sans doute nombreuses, à commencer par l’« inouï » de ce sacrement. Ce n’est rien de moins que l’incroyable qui est donné à croire !

J’aimerais toutefois attirer l’attention sur une autre difficulté, bien connue, qui concerne la compréhension du concept de transsubstantiation.

Les simples fidèles du Moyen Âge et des siècles qui ont suivi la Réforme n’étaient certainement pas plus philosophes que ceux d’aujourd’hui. Ce n’est pas l’argumentation de saint Thomas qui nourrissait leur foi.

Celle-ci était ancrée dans une longue tradition liturgique, elle-même enracinée dans les Écritures, qui affirmait le changement eucharistique : « Ceci est mon Corps livré pour vous, mon Sang versé en rémission des péchés ».

- « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson » (Jn 6,51.55).

Les marques de respect - parfois extrêmes - dont on entourait l’eucharistie proclamaient silencieusement une présence sacrée : on regardait sans les toucher l’hostie et le calice, on se sentait indigne de communier.

Aujourd’hui, l’Église encourage la communion fréquente, le contact avec l’eucharistie est devenu familier. Cela est réjouissant, mais devrait s’accompagner d’une catéchèse à la fois simple et profonde, qui empêche la banalisation du « mystère de la foi ».

Un langage renouvelé sans abandonner le concept

Les réflexions qui suivent veulent esquisser quelques pistes en ce sens. Je prendrai comme point de départ le mot et le concept de « transsubstantiation », un roc sûr et solide.

Mon hypothèse est qu’il est difficile d’aller plus loin ou de faire mieux que saint Thomas, si on reste dans le cadre de la métaphysique classique qu’il a contribué magistralement à élaborer.

En revanche, un langage renouvelé apparaît possible à condition de prendre en compte, pour commencer, quelques dérives nées d’une fixation sur la « présence réelle », considérée dans un splendide isolement, comme une île au sein du contexte biblique, liturgique et doctrinal qui seul pourtant lui confère tout son sens.

Qu’on veuille bien considérer ces lignes comme de simples suggestions, encore à développer, vérifier et approfondir, dans la communion ecclésiale et sous la conduite du magistère.

Une interprétation biblique des paroles du Christ

Ces débats tournent autour de la signification du verbe être dans la phrase prononcée par Jésus pour instituer le repas : ceci est mon corps.

Les uns disent que le est est une correspondance (ce pain est devenu mon corps), d’autres disent que c’est un signe (ce pain désigne mon corps).

Si l’on remonte à la source en essayant de retrouver les paroles que Jésus a prononcées, le débat devient anachronique puisqu’en araméen, la langue que parlait Jésus, le mot est ne s’emploie pas dans ce cas-là.

Jésus a probablement dit : Ceci, mon corps.

En outre, le mot corps a, dans la pensée biblique, un sens beaucoup plus large que pour nous, il évoque toute la personne. Ce sens de la totalité est encore renforcé lorsque le sang, qui est le siège de la vie, est associé au corps.

Ces remarques montrent qu’il est périlleux de se risquer à une interprétation trop matérielle de ce à quoi Jésus pensait lorsqu’il a distribué le pain et le vin en disant : Ceci mon corps… Ceci mon sang.

Il faut entendre que le Christ a donné sa vie pour ses amis.

Transsubstantiation et présence à travers les espèces

Les protestants peuvent se retrouver dans le terme de transsubstantiation utilisée par la théologie catholique à condition de le comprendre au sens étymologique du terme.

En latin, le préfixe trans ne signifie pas un changement, mais à travers, au-delà de.

La transsubstantiation signifie étymologiquement que le Christ se rend présent à travers la substance du pain et du vin.

Avons-nous besoin d’en dire plus ? Il nous suffit de croire qu’une certaine présence du Christ est proposée à travers le repas eucharistique.

La puissance spirituelle de l’Eucharistie

Vous prêchez beaucoup sur «la puissance de l’Eucharistie». L’avez-vous expérimentée vous-même ?

Je dois dire que je l’expérimente tous les jours ; je sais que ma vie vient de cette communion eucharistique, de cette adoration et je le vois aussi chez les jeunes que nous accueillons et qui sont passés par la drogue, l’alcool et la dépression.

Ce qui me frappe, ce sont les témoignages unanimes de ceux qui s’en sortent : «c’est Jésus-Eucharistie qui m’a sauvé. Je sais que ces heures passées devant Lui, que cette communion ont embrasé mon cœur».

Il y a quelque chose de l’ordre de l’amour qui est indicible.

C’est le philosophe Jean-Luc Marion qui dit que cette relation ne s’exprime pas, elle se vit, mais on en voit des fruits inouïs.

L’Eucharistie est au cœur du monde nouveau, elle est déjà la création rachetée, nous dit le Pape François de manière admirable.

C’est là que le ciel nouveau et la terre nouvelle existent au milieu de nous, et que l’humanité nouvelle est régénérée complètement.

Je pense que si l’Église revenait à l’Eucharistie, on pourrait voir se réaliser la prophétie de Jean-Paul II : tout sera possible si une nouvelle ère eucharistique devient le cœur et la vie de l’Église.

La communion entre chrétiens malgré les différences

Parce qu’il existe une différence dans le lien entre l’Église et le sacrement, l’intercommunion pose problème.

Il n’est pas question de célébrer un sacrement par deux ministres catholique et protestant car cela apporterait de la confusion en ce qu’ils n’ont pas la même compréhension de ce qu’ils font ensemble.

En revanche, pourquoi ne pas envisager une hospitalité eucharistique ?

Dans cette expression, le mot le plus important est celui d’hospitalité. Il n’est pas question de déclarer que le différend entre catholiques et protestants sur l’eucharistie serait résolu.

Il est en effet irréductible et ce n’est pas plus mal, car les différences peuvent aussi être des richesses.

Il s’agit simplement de reconnaître que cette différence n’empêche pas l’hospitalité : « Toi qui es différent et qui ne penses pas comme moi, veux-tu néanmoins partager avec moi le repas ? »

N’oublions pas que l’épître aux Hébreux fait une promesse à la démarche d’hospitalité : « N’oubliez pas l’hospitalité : il en est qui, en l’exerçant, ont à leur insu logé des anges ».

Je connais des protestants qui refuseraient une telle invitation qu’ils trouveraient ambiguë, mais d’autres qui se sentiraient honorés d’être officiellement accueillis à la table de l’Église sœur.

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Mange-t-on vraiment le corps du Christ ? La vérité sur l’Eucharistie

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