Oui, le premier janvier, appelé jour de l’An, est un jour férié légal en France. Le Code du travail le cite expressément parmi les onze fêtes légales françaises.
Le 1er janvier est toutefois un jour férié « ordinaire » : il n’est pas obligatoirement chômé dans toutes les entreprises. Il peut donc être travaillé selon les dispositions applicables dans l’entreprise, notamment un accord collectif, une convention collective ou, en l’absence de texte, une décision de l’employeur.
Que signifie « jour férié » ?
En France, les jours fériés constituent des jours de fête légale dont la liste est définie par le Code du travail. Le calendrier français en présente onze qui correspondent aux fêtes chrétiennes, aux fêtes civiles, ainsi qu’aux commémorations des deux dernières guerres mondiales.
Un jour férié est un jour de fête civile ou religieuse, ou commémorant un évènement. Il n'est pas obligatoirement chômé, les lois de chaque pays et/ou les conventions collectives des entreprises précisant les modalités et dispositions à appliquer, notamment en termes de rémunération (jour payé ou non payé).
Les jours fériés sont des fêtes légales dont la liste est inscrite dans le code du travail. Leur gestion relève en grande partie de la négociation collective, mais le 1er mai fait exception : il impose un jour de repos obligatoire pour tous les salariés. Les autres jours fériés peuvent être travaillés selon les modalités définies par accord collectif ou par l'employeur.
Le 1er janvier est-il obligatoirement non travaillé ?
Le Nouvel An est dit un jour férié « ordinaire », ce qui n’est pas le cas du 1er Mai qui est un « jour férié et chômé » selon l’Article L.3133-4. Ainsi, l’employeur peut envisager de faire travailler les salariés de son entreprise d’après les dispositions de la Cour de cassation Chambre sociale du 23 février 1994, n°90-45401.
En général, les jours fériés sont chômés dans les entreprises à l’exception de certaines activités professionnelles spécifiques qui nécessitent de travailler un jour férié ou encore des conditions collectives qui ont prévu de faire travailler les salariés un jour férié.
Les jours fériés chômés sont définis par accord d'entreprise ou d'établissement ou à défaut par la convention collective applicable à l'entreprise, un accord de branche ou encore par l'employeur en l'absence de textes.
Le salarié n’est donc pas automatiquement en repos le 1er janvier. Pour savoir si cette journée est travaillée, il faut vérifier les règles applicables dans l’entreprise et le secteur d’activité.
Le 1er janvier peut-il être choisi comme journée de solidarité ?
En outre, le 1er Janvier peut aussi être retenu comme journée de solidarité selon l’Article L.3133-8 du Code du travail, une éventualité interdite pour le 1er Mai.
Le jour de solidarité consiste en un extra day of work. Il est destiné à financer des actions visant à promouvoir l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.
La journée de solidarité peut prendre la forme d’un jour férié précédemment non travaillé, autre que le 1er Mai, ou de toute autre organisation permettant de travailler 7 heures auparavant non travaillées.
Les conditions de réalisation de cette journée sont fixées soit par la convention collective ou un accord de branche, soit par un accord d’entreprise ou d’établissement, soit, en l’absence d’accord, par l’employeur après consultation du Comité social et économique.
Les heures travaillées pendant la journée de solidarité ne sont pas rémunérées, dans la limite de 7 heures non rémunérées pour les salariés mensualisés, avec une réduction proportionnelle pour les salariés à temps partiel.
Les onze jours fériés légaux en France
Selon l’Article L.3133-1 du Code du travail : « Les fêtes légales ci-après désignées sont des jours fériés : 1° Le 1er Janvier ; 2° Le lundi de Pâques ; 3° Le 1er Mai ; 4° Le 8 Mai ; 5° L’Ascension ; 6° Le lundi de Pentecôte ; 7° Le 14 Juillet ; 8° L’Assomption ; 9° La Toussaint ; 10° Le 11 Novembre ; 11° Le jour de Noël ».
| Fête légale | Date |
|---|---|
| Le jour de l’An | Le 1er janvier |
| Le lundi de Pâques | Date mobile |
| La fête du Travail | Le 1er mai |
| La victoire de 1945 | Le 8 mai |
| Le jeudi de l’Ascension | Date mobile |
| Le lundi de Pentecôte | Date mobile |
| La fête nationale | Le 14 juillet |
| L’Assomption | Le 15 août |
| La Toussaint | Le 1er novembre |
| L’Armistice | Le 11 novembre |
| Noël | Le 25 décembre |
Le 1er janvier est le premier jour de l’année civile. Dans beaucoup de cultures, cette date symbolise un nouveau départ, une nouvelle étape.
Pourquoi le 1er janvier est-il férié ?
Le 23 mars 1810, le jour de l’An, soit le 1er Janvier, a été déclaré jour férié par arrêté du Conseil d’État.
Il faut remonter à 1810 pour trouver l’origine officielle de ce jour chômé. Le 23 mars, sous le règne de Napoléon Ier, le Conseil d’État décide que le jour de l’An sera désormais férié.
C’est la première fête civile à obtenir ce statut, bien avant le 1er mai ou le 14 juillet. Une décision qui va marquer durablement le calendrier français.
Ce n'est que depuis 1810 que le 1er janvier est férié en France. Et ce n'est le premier jour de l'année que depuis 1564.
Si le 1er janvier est choisi, c’est avant tout parce qu’il marque le début de l’année civile selon le calendrier grégorien, toujours en vigueur aujourd’hui. Adopté en 1582 à l’initiative du pape Grégoire XIII, ce calendrier remplaçait l’ancien calendrier julien, jugé imprécis.
La France avait quant à elle adopté cette date comme nouvel an officiel dès 1564, sur décision du roi Charles IX. Avant cela, la nouvelle année pouvait débuter en mars, voire à Pâques selon les régions.
Une fête civile et religieuse
Le 1er janvier fut longtemps associé à une fête religieuse : la circoncision de Jésus, célébrée huit jours après sa naissance, le 25 décembre.
Cette fête, ancrée dans la tradition chrétienne depuis le Moyen Âge, fut maintenue jusqu’en 1974. Cette année-là, l’Église décide de lui substituer une autre célébration : la solennité de Sainte-Marie, Mère de Dieu, désormais mise à l’honneur le 1er janvier.
L’occasion pour les croyants de rendre hommage à la mère du Christ dès les premiers jours de l’année.
Après la Révolution, et la parenthèse du calendrier républicain, Napoléon supprime de nombreuses fêtes religieuses pour ne conserver que quelques dates symboliques.
Résultat : aujourd’hui, le 1er janvier s’impose comme un repère universel, à la fois laïc et culturel, pour démarrer l’année. Une journée de transition entre deux calendriers, mais aussi une pause bienvenue pour des millions de Français.
Le 1er janvier est-il payé lorsqu’il est chômé ?
Le jour férié n’est pas toujours obligatoirement une journée non travaillée et payée. Du point de vue financier, le jour férié chômé est rémunéré tout autant qu’une journée de travail effectif.
L’Article L.3133-3 du Code du travail stipule que l’absence au travail du salarié ce jour férié chômé ne peut faire l’objet d’une perte de salaire. Cette règle est applicable notamment pour un salarié qui a à son actif, au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise.
Le salaire habituel est maintenu lorsque le salarié totalise au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise. Les salariés saisonniers qui ont signé plusieurs contrats de travail dans l’entreprise, successifs ou non, sont également concernés lorsque leur ancienneté totale cumulée atteint au moins trois mois.
Pour un jour férié autre que le 1er Mai qui coïncide avec un jour habituellement travaillé, l’Article 3133-3 du Code du travail affirme que « le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise ou l’établissement ».
Le 1er janvier est-il payé s’il tombe sur un jour habituellement non travaillé ?
Un jour férié peut tomber sur un jour qui n’est habituellement pas travaillé, par exemple un dimanche. Dans ce cas, le salarié ne peut pas réclamer de jour de repos supplémentaire.
Pour un jour férié qui coïncide avec le jour de repos habituel du salarié, il n’y aura aucun impact sur le salarié et cette coïncidence de date ne donne pas le droit à un repos complémentaire.
Dans ce cas, il est d’usage de parler d’un « hasard du calendrier ».
Un salarié à temps partiel bénéficie d'un jour férié payé uniquement s'il tombe sur un jour habituellement travaillé. Si le jour férié ne correspond pas à un jour normalement travaillé, il n'est ni payé ni récupéré.
Que se passe-t-il si le 1er janvier tombe pendant les congés payés ?
Lorsque le jour férié chômé coïncide avec un jour travaillé et pendant les congés payés du salarié, l’employeur devra lui accorder un jour de congé supplémentaire.
Lorsqu’un jour férié tombe pendant une période de congés payés et qu'il n'est pas travaillé dans l'entreprise, il n'est pas décompté comme un jour de congé.
En revanche, si le jour férié est habituellement travaillé dans l’entreprise, le jour supplémentaire n’a pas lieu d’être.
Peut-on travailler le 1er janvier ?
Oui, le 1er janvier peut être travaillé, car il s’agit d’un jour férié ordinaire. La loi ne prévoit pas, pour cette date, d’obligation générale de fermeture comparable à celle du 1er mai.
Dans le cas où le jour férié est prévu travaillé, l’employeur est tenu de suivre les consignes de la convention collective qui déterminera par exemple le principe de récupération, la majoration de salaire.
La loi ne prévoit pas de majoration du salaire de l’employé ce jour férié étant convenu être travaillé dans les conventions collectives de l’entreprise en raison de la nature de ses activités.
Toutefois, les salariés de ce type d’entreprise peuvent s’informer sur leur convention collective, sachant que certaines conventions peuvent prévoir des dispositions plus favorables, soit une majoration de la rémunération pendant les jours fériés.
Le fait de travailler le 1er janvier ne donne donc pas automatiquement droit à un paiement double. Une majoration peut cependant être prévue par la convention collective, un accord collectif ou les usages applicables dans l’entreprise.
Que risque un salarié qui refuse de travailler le 1er janvier ?
Si lors du jour férié travaillé, le salarié refuse de se présenter à son travail, il fait une « absence irrégulière » qui permet à son employeur de lui appliquer une retenue sur salaire, voire une sanction disciplinaire.
Si les salariés refusent de se présenter à leur travail, ils s’exposent à une sanction disciplinaire et à la retenue sur salaire des heures non effectuées.
Cette règle concerne le 1er janvier lorsqu’il est régulièrement prévu comme une journée travaillée. Elle ne s’applique pas de la même manière au 1er mai, qui est obligatoirement chômé, sauf dans les établissements et services dont l’activité ne peut pas être interrompue.
Le cas particulier du 1er mai
Le 1er Mai est le seul jour férié qui est prévu par le Code du travail comme étant obligatoirement un jour chômé pour tous les salariés, quel que soit leur statut ou encore leur ancienneté dans l’entreprise.
Selon le code du travail, « le 1er mai est un jour férié et chômé ». Ces dispositions sont d'ordre public : aucun texte ne peut y déroger.
Il existe cependant des dérogations à cette obligation de repos lors de la fête du Travail, notamment pour les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, comme les services hospitaliers et les transports publics.
Le salarié qui travaille le 1er mai bénéficie, en plus du salaire correspondant au travail accompli, d’une indemnité égale au montant de ce salaire. Autrement dit, il est payé double.
Le 1er janvier en 2025, 2026 et 2027
| Année | Date du 1er janvier | Jour de la semaine |
|---|---|---|
| 2025 | 1er janvier | Mercredi |
| 2026 | 1er janvier | Jeudi |
| 2027 | 1er janvier | Vendredi |
En 2026, le jour de l’An tombe donc un jeudi 1er janvier.
En 2027, le jour de l’An tombe un vendredi 1er janvier.
Les jours fériés légaux en 2026
| Jour férié | Date en 2026 |
|---|---|
| Jour de l'An | Jeudi 1er janvier 2026 |
| Lundi de Pâques | Lundi 6 avril 2026 |
| Fête du Travail | Vendredi 1er mai 2026 |
| Victoire 1945 | Vendredi 8 mai 2026 |
| Ascension | Jeudi 14 mai 2026 |
| Lundi de Pentecôte | Lundi 25 mai 2026 |
| Fête nationale | Mardi 14 juillet 2026 |
| Assomption | Samedi 15 août 2026 |
| Toussaint | Dimanche 1er novembre 2026 |
| Armistice 1918 | Mercredi 11 novembre 2026 |
| Noël | Vendredi 25 décembre 2026 |
Le prochain jour férié en 2026 est le lundi de Pâques, qui tombe le 6 avril 2026.
Les particularités de l’Alsace-Moselle
Dans les départements du Bas-Rhin, de la Moselle et du Haut-Rhin, des jours fériés supplémentaires s’appliquent en raison du droit local.
Dans les départements d’Alsace-Moselle, deux jours supplémentaires sont fériés : le Vendredi saint, avant Pâques, et la Saint-Étienne, le 26 décembre.
Le Vendredi Saint est un jour férié légal dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, mais seulement dans les communes possédant une église mixte ou un temple protestant.
La commune à prendre en compte pour savoir si ce jour est chômé est la commune du lieu de travail.
Le 26 décembre célèbre saint Étienne, qui est, selon le Nouveau Testament, le premier martyr de l’ère de la chrétienté. Ce jour est férié en France depuis 1892 lorsque l’Alsace et la Moselle étaient sous contrôle allemand.
Pour les habitants des départements du Bas-Rhin, de la Moselle et du Haut-Rhin, tous les jours fériés sont chômés, donc en l’occurrence les 25 et 26 décembre.
| Jour férié supplémentaire | Date en 2026 |
|---|---|
| Vendredi Saint | Vendredi 3 avril 2026 |
| 2e jour de Noël | Samedi 26 décembre 2026 |
Les particularités des territoires d’outre-mer
Ainsi, les jours fériés en France sont au nombre de 11, mais ce nombre peut être augmenté dans les départements d’Outre-Mer, d’Alsace-Lorraine ou de la Moselle, en raison d’usages locaux.
Dans les territoires d’outre-mer, des jours fériés supplémentaires sont accordés, notamment pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage.
En plus des jours fériés légaux nationaux, la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage est un jour férié en Guadeloupe, en Guyane française, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.
| Territoire | Date de commémoration |
|---|---|
| Guadeloupe | 27 mai |
| Guyane française | 10 juin |
| Martinique | 22 mai |
| Mayotte | 27 avril |
| La Réunion | 20 décembre |
| Saint-Barthélemy | 9 octobre |
| Saint-Martin | 27 mai |
D’autres commémorations locales ou professionnelles peuvent également être reconnues comme jours fériés, notamment la Saint-Éloi dans la métallurgie, la Sainte-Barbe pour les salariés travaillant dans les mines et la Mi-Carême dans certains territoires d’outre-mer.
Les ponts autour d’un jour férié
Une journée de pont peut être décidée dans l'entreprise avant ou après un jour férié, mais cette pratique ne fait l'objet d'aucune réglementation légale.
La décision est prise par l'employeur et constitue une modification temporaire de l'horaire hebdomadaire. Lorsque l'employeur souhaite instaurer un pont, il doit consulter le Comité Social et Économique s'il en existe un.
Les heures non travaillées en raison d’un pont peuvent être récupérées lorsqu’elles font passer le temps de travail sous la durée légale ou conventionnelle.
Cette récupération doit s'effectuer dans les 12 mois précédant ou suivant la perte des heures. Ces heures récupérées sont payées au tarif normal, sans majoration, car elles ne constituent pas des heures supplémentaires mais simplement des heures différées.
Un pont autour du jeudi 1er janvier peut donc entraîner une organisation particulière du temps de travail, selon la décision de l’employeur et les règles collectives applicables.
