Le mercredi des Cendres est le premier jour du Carême et marque, pour les chrétiens, le passage de l’abondance et de la fête du Mardi gras à une période de pénitence, de prière, de jeûne et de conversion en préparation de Pâques. Lors de la messe, le prêtre bénit les cendres des rameaux de l’année précédente, puis trace une croix sur le front des fidèles.
Les cendres rappellent la fragilité de l’être humain, la nécessité de la repentance et le retour à Dieu. Le Carême dure quarante jours, sans compter les dimanches, et s’achève avec la célébration de Pâques, après la Semaine sainte.
Que se passe-t-il après Mardi gras ?
Le mercredi des Cendres est toujours le mercredi qui suit Mardi gras. La journée de la veille, le mardi gras, est une journée d’abondance et de fête, où l’on "mange gras" avant de jeûner et de faire pénitence. Le Mercredi des Cendres est donc une sorte de journée charnière, un passage important et symbolique qui marque la fin des excès et des bizarreries du Carnaval pour entrer dans un climat d’austérité, d’ordre et de rigueur.
Si le Mardi gras représente la dernière occasion pour faire la fête et manger tous les plats riches et gras qui restent à la maison, le Mercredi des Cendres commence avec jeûne et abstinence de viande. Du reste, dans le nom même de carnaval se renferme le sens de cette fête : il dérive du carnem levare, « enlever la viande ».
Il s’agit vraisemblablement d’une ancienne fête païenne où les paysans se redonnaient des forces à la sortie de l’hiver. Le Carême est un temps de conversion, de pénitence et de prière. Il commence le mercredi des Cendres.

Qu’est-ce que le mercredi des Cendres ?
Le mercredi des Cendres est le jour d’une célébration religieuse qui marque l’entrée des chrétiens en Carême. Du latin Dies cinerum (« jour des cendres »), il représente le premier jour de pénitence et de jeûne.
Le Mercredi des Cendres est une célébration de pénitence publique. Ou bien, à vouloir être plus précis, il représente le début d’un parcours de renonciation et de sacrifice dans le but d’obtenir la purification le matin de Jeudi Saint.
Le rite liturgique du mercredi des Cendres une invitation à l’espérance en la miséricorde de Dieu. Il représente une forme d’appel à se mettre à l’écoute de la Parole. C’est un peu comme un programme de conversion pour les quarante jours à venir.
Le geste de l’imposition des cendres est un signe extérieur vécu en communauté, c’est-à-dire en Église. La communauté des fidèles représente les membres d’un même corps, celui du Christ. Elle est aussi le lieu d’exercice de la vertu de charité.
La date du mercredi des Cendres
Le mercredi des Cendres est célébré le 18 février 2026 et marque le début du carême. Il est fixé quarante-six jours avant Pâques, c’est toujours un mercredi. Il n’a donc jamais lieu à la même date et, en conséquence, il peut se dérouler entre le 4 février et le 10 mars.
Il est toujours célébré le lendemain du Mardi gras. La date de Pâques, elle est déterminée selon la lune. Pâques est le dimanche qui suit la première pleine lune du printemps, qui débute lui le 21 mars.
Ainsi, cette année, le Carême débute le 18 février et finit le 2 avril 2026. Pour les Églises d’Orient, le début du Carême a lieu quarante-huit jours avant Pâques et commence lors du Lundi Pur.
Pourquoi le Carême dure-t-il quarante jours ?
Les quarante jours du Carême, sans compter les dimanches, correspondent aux 40 ans de la traversée du désert par les Hébreux, aux 40 jours que Jésus a passé au désert avant sa crucifixion, mais aussi aux 40 jours du Déluge, dans la Genèse. En fait le chiffre 40 revient plus de 90 fois dans la Bible !
Cette période représente les 40 années passées dans le désert par le peuple d’Israël, entre sa fuite d’Égypte et son entrée en terre promise. Ce nombre peut aussi être associé aux 40 jours passés par Jésus Christ dans le désert, entre son baptême et le début de sa vie publique.
D’ailleurs, le mot "carême" vient de la contraction du mot latin quadragesima, qui signifie « quarantième ». Toute la période du carême permet de se préparer à la mort et la résurrection du Christ.
Pourquoi utilise-t-on des cendres ?
Les cendres qui caractérisent cette fête sont imposées le dimanche, ou le lundi, tandis que le jeûne et l’abstinence sont postposés au vendredi suivant. Le nom de cette récurrence particulière dérive de l’utilisation qui lui est associée des cendres bénites, obtenues des branches d’olivier bénits distribués le Dimanche des Palmiers de l’année précédente, brûlées ensuite et conservées dans ce but.
Lors de la messe célébrée ce jour-là, le prêtre bénit les cendres des rameaux brûlés l’année précédente, puis marque d’une croix de cendres le front des croyants. Les cendres que le fidèle reçoit sur son front sont celles des rameaux de l’année précédente, que le prêtre a brûlés.
La Semaine sainte s’ouvre en effet par le Dimanche des rameaux : une célébration au cours de laquelle les fidèles tiennent à la main une branche de buis pour rappeler l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il est d’usage de conserver chez soi cette branche de rameau puis de la confier au prêtre le dimanche qui précède le mercredi des Cendres.
Cette petite branche qui a séché au cours de l’année signifie que l’on accueille Dieu dans sa maison. Ces cendres sont utilisées par le prêtre pour tracer une croix sur la tête ou le front des fidèles durant la liturgie du Mercredi des Cendres.
Les cendres, symbole de pénitence et de fragilité
Depuis toujours, les cendres sont symbole de pénitence et de la caducité de la vie sur terre, qui rend indispensable la conversion afin d’obtenir la seule et unique immortalité. Les cendres sont hautement symboliques : il s’agit d’un signe de repentance.
Elles représentent le péché et la fragilité de l’être. En s’en recouvrant, le croyant montre qu’il reconnaît ses péchés et demande à Dieu de lui pardonner.
Ces cendres sont le signe "de notre petitesse", nous dit le Père Xavier Grillon, curé de la paroisse Sainte-Blandine à Lyon. Elles signifient l’humilité de l’homme devant, d’après ce que dit Abraham dans le livre de la Genèse : "J’ose encore parler à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre" (Gn 18, 27).
Le symbolisme lié à la fragilité humaine revient souvent dans la Bible. Pensons à Abraham qui s’adresse à Dieu avec ces mots : « Voici, j’ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que poudre et cendre » (Gen 18,27) ou Job qui dit : « Dieu m’a jeté dans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre » (Job 30,19), pour ne citer que deux passages.
Les cendres dans la Bible
Dans la Bible, il y a de nombreux passages où les cendres sont utilisées comme symbole de pénitence. À l’origine, ce rituel provient d’une ancienne pratique pénitentielle, appliquée par le peuple hébreu.
- Genèse (2, 7) « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. »
- Jonas (3, 6) « La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. »
- Jérémy (6, 26) « Ô fille de mon peuple, revêts-toi de sac et roule-toi dans la cendre ! Prends le deuil comme pour un fils unique. »
Dans la Bible, pensons à Mardochée qui pleure le destin de tous les juifs condamnés par le cruel Roi Aman : « déchira ses vêtements, s’enveloppa d’un sac et se couvrit de cendre. Puis il alla au milieu de la ville en poussant avec force des cris amers » (Esther 4,1-2).
Mais les habitants de Ninive aussi, qui, convertis par Jonas, s’habillent de sacs, tandis que leur roi s’asseyait dans la cendre (Jonas 3,5-9), ou Judith qui invite le peuple à faire pénitence pour invoquer l’aide de Dieu contre les envahisseurs : « Tous les Israélites de Jérusalem, hommes, femmes et enfants, se jetèrent sur le sol devant le Temple, la tête couverte de cendres, et déployèrent leurs sacs devant le Seigneur » (Judith 4,11).
Jésus en personne invoque les cendres comme geste de repentance : « Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre » (Luc 10,13).
Une pratique ancienne dans plusieurs civilisations
Du reste, les cendres étaient utilisées dans les manifestations de douleur et de contrition même dans les civilisation préchrétiennes. Dans l’ancienne Grèce, par exemple, on se saupoudrait la tête de cendres pour pleurer la mort d’un être cher.
Au Moyen Orient, dans l’antiquité, pour manifester deuil ou repentance, on se versait des cendres sur la tête ou on s’asseyait ou on se roulait dans des cendres. Le dicton italien « se répandre la tête de cendre » nait précisément de cette tradition et signifie éprouver du remord ou repentance pour quelque chose.
Comment le rite s’est-il développé dans le christianisme ?
À partir du IVe siècle, certaines églises appliquent ce rite afin de marquer le début d’un chemin de pénitence pour les personnes rendues coupables de péchés graves (apostasie, meurtre, hérésie, adultère). Recouvertes de cendres, et donc reconnaissables, celles-ci sont excommuniées temporairement de l’Église et doivent observer un temps de pénitence.
Jusqu’au Moyen-Âge, le rite d’imposition des cendres est public. Il concerne uniquement les pénitents qui doivent respecter une période de quarante jours et durant laquelle ils sont exclus de la communauté chrétienne, avant d’être réintégrés à Pâques.
À partir du XIe siècle, la pratique s’étend à l’ensemble des fidèles. Marqués au front par la croix de cendres, les croyants sont d’abord invités à se confesser puis à entreprendre un chemin personnel de repentance.
Au X siècle, l’usage de bénir les cendres était déjà répandu. L’usage d’observer le jeûne à l’occasion du Mercredi des Cendres remonte à Sant Grégoire le Grand, VII siècle.
Les paroles prononcées lors de l’imposition des cendres
Dans le passé, au cours de la liturgie du Mercredi des Cendres, le prêtre imposait les cendres sur le front des fidèles en récitant cette formule : « Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris », Rappelle-toi que tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière (Genèse 3,19).
Avec le Concile Vatican II, on établit de changer cette formule, qui est toutefois encore utilisée dans la forme extraordinaire du rite romain. La nouvelle formule qui accompagne l’imposition des cendres est : « Pænitemini, et credite Evangelio », Répentez-vous et croyez à la bonne nouvelle » (Marc 1, 15).
Cette formule est tirée de l’Évangile de Marc. Voici l’extrait complet : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée, prêchant l’Evangile de Dieu. Il disait: Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle ».
Les deux formules sont en réalité liées en quelque sorte, puisque qui est conscient de la caducité de sa condition humaine, de son destin inéluctable de devenir poussière, ne peut trouver que dans l’Évangile et dans sa promesse le salut éternel.
La célébration liturgique
Lors de la messe des Cendres, on trace sur le front des fidèles une croix avec de la cendre. Le prêtre bénit les cendres après l’Homélie.
La Liturgie du Mercredi des Cendres prévoit la couleur violette pour les ornements sacerdotaux. Le prêtre célébrant portera étole et chasuble violettes, tandis que le diacre arborera une étole diaconale et une dalmatique violettes.
La célébration liturgique prévoit l’imposition des cendres en substitution de l’acte de pénitence. Tous, baptisés ou catéchumènes, se voient donc conviés à se souvenir ensemble de l’Alliance qui les unit à leur Créateur et Sauveur.
Les lectures et les messages du mercredi des Cendres
- Invitation à se convertir - Première lecture : « Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux […] » (Jl 2, 12-18)
- Invitation à la pénitence - Psaume : « Pitié, Seigneur, car nous avons péché » (Ps 50, 3-4, 5-6ab, 1)
Depuis la réforme liturgique instiguée par le Concile Vatican II, le rite prend une autre tournure : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15). Pendant toute la période du Carême, les chrétiens suivent une voie de conversion, de prière et de retour à Dieu.
Dans la Bible, la cendre est aussi le signe de la repentance. Cependant, "c’est toujours important d’orienter le mercredi des Cendres et tout le Carême vers Pâques", rappelle le père Grillon. C’est-à-dire vers la joie de la résurrection et la foi en un Dieu vainqueur de la mort.
"Il ne s’agit pas de souffrir pour souffrir, mais de se laisser travailler par le Seigneur pour mieux renaître, pour mieux revivre dans la fête de Pâques." Avec la prière et le partage, le jeûne est l’un des trois axes du Carême.
Le jeûne du mercredi des Cendres
Le mercredi des Cendres est un jour où les chrétiens sont invités à se priver de nourriture. Le jeûne revient dans toutes les religions, depuis toujours.
Les chrétiens pratiquent le jeûne et l’abstinence de viande comme pénitence certains jours de l’an, régulés par la constitution apostolique Paenitemini du 17 février 1966 écrite par pape Paul VI et détaillés par le Code de Droit Canonique.
En particulier, les fidèles, à partir de leurs dix-huit ans jusqu’au soixante, doivent respecter le jeûne ecclésiastique et l’abstinence de viande deux fois par an, le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Le Samedi Saint les deux obligations sont conseillées.
| Pratique | Moment concerné |
|---|---|
| Jeûne et abstinence de viande | Le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint |
| Jeûne et abstinence conseillés | Le Samedi Saint |
| Abstinence de viande | Certains jours de jeûne et les vendredis |
Le jeûne ne signifie pas qu’on ne peut rien manger. Un seul repas durant toute la journée est consenti, on peut boire de l’eau et ils existent des exceptions acceptées pour les malades et pour ceux qui ont des problèmes de nature variée.
Le jeûne, c’est une manière de signifier dans son corps ce que l’on veut vivre spirituellement dans son âme et dans son esprit. C’est une façon de donner du concret, de la matérialité à notre relation avec Dieu.
Dans l’évangile du mercredi des Cendres, le jeûne est présenté par Jésus comme "un axe qui nous dispose à entrer en relation avec les autres et avec Dieu". "Jeûner, c’est éprouver du manque, faire une place pour le Seigneur, être en relation avec lui… Et si cette faim dans mon estomac pouvait signifier ma faim de Dieu ?"
L’abstinence de viande
L’abstinence de viande est régulée par la constitution apostolique Paenitemini. L’Église catholique impose de ne pas manger de viande dans les jours de jeûne.
Le vendredi est considéré comme jour de jeûne, durant lequel il est concédé de manger du poisson. Cette règle vaut pour tous les vendredi, y exclus ceux qui tombent l’un des jours de fête de précepte, i.e. une des solennités reprises par le calendrier liturgique.
Aujourd’hui, nous pouvons prendre en considération d’autres formes d’abstinence et de pénitence à pratiquer pendant le Carême, en plus du jeûne. Cigarette, télévision, boissons alcoolisées, mais aussi l’utilisation des social network.
Tout ce qui, en somme, comporte un sacrifice de notre part peut devenir un moyen pour manifester notre envie de purification.
Les trois dimensions du Carême
Durant 40 jours, sans compter les dimanches, les fidèles vont manger maigre, sans viande et sans plats riches ou raffinés, prier, faire pénitence et faire l’aumône.
Les croyants tentent de se rapprocher de lui en menant des actions concrètes : ils doivent se priver de ce qui éloigne de Dieu, adopter un chemin d’humilité par la prière et la pénitence, et ils doivent se tourner vers ceux qui ont besoin d’aide.
Le jeûne, la prière et le partage forment ainsi les principaux axes du chemin de Carême. La privation alimentaire ne constitue pas une fin en soi : elle s’inscrit dans une démarche intérieure, communautaire et tournée vers les autres.
Le lien entre le mercredi des Cendres et Pâques
Le Carême commence donc avec le Mercredi des Cendres et s’achève le jour de Pâques, événement le plus important dans le calendrier chrétien. Toute la période du carême permet de se préparer à la mort et la résurrection du Christ.
Pendant le carême, les croyants célèbrent également la Semaine sainte, qui se situe juste avant Pâques et met fin au carême. Elle débute avec le dimanche des Rameaux, célébration de l’entrée solennelle du Christ à Jérusalem, et inclut le jeudi saint, célébration de la cène et de l’institution de l’Eucharistie.
Elle comprend aussi le Vendredi saint, célébration de la Passion du Christ et de sa mort sur la croix, et s’achève dans la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques.
Le mercredi des Cendres n’est donc pas seulement un jour de privation : il ouvre un parcours qui conduit vers la joie de la résurrection et la foi en un Dieu vainqueur de la mort.
Les particularités selon les traditions chrétiennes
Pas toutes les villes ni les professions de foi ne font coïncider le début du Carême avec le Mercredi des Cendres. Pour les églises catholiques du rite romain et de nombreuses églises protestantes il en est ainsi, mais à Milan, par exemple, on applique le rite ambrosien.
Selon ce rite, le Carême est postposé de quatre jours, i.e. le dimanche suivant le mardi gras, tant que dans cette ville on fête également le Samedi gras. Les cendres qui caractérisent cette fête sont imposées le dimanche, ou le lundi, tandis que le jeûne et l’abstinence sont postposés au vendredi suivant.