Pourquoi le 11 novembre est-il férié en France ?

Le 11 novembre est férié en France pour commémorer l’Armistice signé le 11 novembre 1918, qui a mis fin aux combats de la Première Guerre mondiale. Cette journée rend hommage aux combattants et aux victimes de la « Grande Guerre », ainsi qu’à tous les morts pour la France depuis 2012.

L’armistice a été signé à 5 h 15 par les représentants des Alliés et de l’armée allemande. Il a mis fin aux hostilités, même si la paix définitive n’a été officialisée que le 28 juin 1919 par le traité de Versailles.

Que s’est-il passé le 11 novembre 1918 ?

Le 11 novembre 1918, exactement à 5 h 15, l’Armistice est signé par les représentants des Alliés et de l’armée allemande pour mettre fin à la Première Guerre mondiale. C’est un accord mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale, qui ont causé près de 10 millions de morts en 4 ans, entre 1914 et 1918.

Il a été signé entre le pays vaincu, l’Allemagne, et les Alliés, les pays vainqueurs, notamment la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis. Après une série de défaites militaires et l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, les dirigeants allemands ont compris qu’ils avaient perdu.

L’armistice était prévu pendant 36 jours, puis il a été renouvelé, ce qui a reconnu de facto la victoire des Alliés et la défaite de l’Allemagne. Sur une grande partie du continent, les combats ont cessé le 11 novembre, mais des guerres mineures se sont poursuivies en Europe centrale.

Même si c’était la paix en France, les soldats français ne sont pas revenus tout de suite chez eux. Car si l’armistice signifiait la fin des combats, il a fallu encore attendre 8 mois pour négocier et signer un accord de paix.

Armistice et traité de Versailles : quelle différence ?

Un armistice est une convention qui met fin aux hostilités. Il ne constitue pas nécessairement un traité de paix définitif.

La défaite de l’Allemagne a été définitivement actée le 28 juin 1919, lors de la signature du traité de paix entre la République de Weimar et les Alliés, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, non loin de Paris.

Ce traité de paix était très dur pour les Allemands, car ils ont dû redonner les régions d’Alsace et de Lorraine à la France. L’Allemagne a dû aussi accepter de payer des sommes énormes, ainsi que la présence de soldats français sur son territoire.

Beaucoup d’Allemands ont ressenti un sentiment d’humiliation face à toutes ces conditions. Cette humiliation a nourri un sentiment d’injustice et de revanche, qui est en partie à l’origine de la Seconde Guerre mondiale, 20 ans plus tard.

Depuis quand le 11 novembre est-il un jour férié ?

La première commémoration de l’armistice a d’abord été effectuée discrètement en 1919. La première commémoration de l’Armistice, le 11 novembre 1919, se tient en toute sobriété aux Invalides.

Tandis que les festivités du 14 juillet ont marqué la victoire avec faste, ce jour de novembre devient progressivement un moment de recueillement, notamment grâce au cénotaphe provisoire dressé sous l’Arc de Triomphe, rendant hommage aux soldats morts au front.

Ce n’est qu’à partir du 11 novembre 1920 que la commémoration a été célébrée de façon officielle. C’est également ce jour-là que la France a rendu les honneurs militaires funèbres au « Soldat inconnu ».

Le 11 novembre 1920, la dépouille d’un soldat non identifié, choisi symboliquement par le soldat Auguste Thin, est installée sous l’Arc de Triomphe. Inhumé en janvier 1921, ce « Soldat inconnu » devient l’incarnation de tous les combattants morts pour la France.

Officiellement férié depuis le 24 octobre 1922, le 11 novembre est dédié aux commémorations de l’Armistice de la Première Guerre mondiale. Depuis le 11 novembre 1922, l’Armistice est devenu une fête nationale fériée en commémoration de la victoire et de la paix.

L’année suivante, le 11 novembre 1923 à 18 h, André Maginot inaugure la Flamme du souvenir, ravivée chaque soir sous l’Arc de Triomphe, renforçant l’idée d’une mémoire perpétuelle, entretenue jour après jour.

Soldat inconnu sous Arc de Triomphe

Que commémore exactement le 11 novembre aujourd’hui ?

Depuis 1922, la France rend hommage à ses combattants et aux victimes de la « Grande Guerre ». Cette journée rend honneur au sacrifice du peuple français et aux nombreuses personnes tuées au combat.

Pour la première fois depuis 1922, le 11 novembre 2012 ne marque plus solennellement la seule célébration de la fin de la Première Guerre mondiale mais devient une journée d’hommage à tous les morts pour la France.

En outre, la République française rend hommage à tous les morts pour la France depuis le 11 novembre 2012. En 2011, le président de la République Nicolas Sarkozy annonçait vouloir étendre la commémoration du 11 novembre à tous ceux qui sont morts pour la France.

En 1975, la cérémonie est élargie à tous les soldats tombés pour la France, intégrant ainsi les morts des guerres de décolonisation et d’autres conflits. Puis, en 2012, elle inclut les soldats décédés en opérations extérieures, rappelant l’engagement de la France dans des missions internationales.

Comment se déroule la cérémonie du 11 novembre ?

En règle générale, la cérémonie commémorative officielle se déroule devant le monument aux morts de la commune. Un défilé emmène les autorités, les anciens combattants, les unités d’exécution, comme le piquet d’honneur et la compagnie des sapeurs-pompiers, ainsi que la population autour du monument.

La cérémonie peut inclure la levée des couleurs, une remise de décorations, des allocutions, l’exécution de chants ou de musique, ainsi que l’hommage aux morts avec dépôt de gerbes, sonnerie aux morts, minute de silence et hymne national.

En France, il est traditionnellement respecté deux minutes de silence à 11 h, le 11e jour du 11e mois : c’est à ce moment que l’armistice a été rendu effectif.

Traditionnellement, le président de la République dépose une gerbe tricolore de fleurs au pied de la statue de Georges Clemenceau, avant de remonter les Champs-Élysées pour se recueillir sur la tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe.

Depuis 1920, une dépouille d’un soldat inconnu s’y trouve, en hommage justement à tous les soldats disparus durant la Première Guerre mondiale.

Le bleuet, symbole français du 11 novembre

Le président et les divers officiels arborent traditionnellement à leur boutonnière un bleuet. Cet emblème est devenu au fil du temps un symbole national envers les anciens combattants et les victimes de ce conflit.

Le choix s’est porté sur la plante du bleuet car c’est le surnom que les Poilus attribuaient aux nouveaux soldats, en référence à leur uniforme bleu. En France, le bleuet, également présent sur les champs de bataille et dont la couleur rappelle les uniformes des Poilus, représente traditionnellement le sacrifice des soldats lors du premier conflit mondial.

Le Bleuet de France symbolique est de moins en moins présent depuis les années 1960. À cette occasion, un groupe d’officiers de l’École de guerre et du cours supérieur d’état-major décide de relancer la collecte en faveur du Bleuet de France.

Une commémoration marquée par l’histoire

Le 11 novembre pendant la Seconde Guerre mondiale

Sous l’Occupation, le 11 Novembre devient une date de défiance. En 1940, des étudiants manifestent autour de l’Arc de Triomphe pour exprimer leur attachement aux valeurs de liberté, malgré la répression.

En 1943, les maquisards de l’Ain défilent pour affirmer leur engagement. Après la Libération, la cérémonie du 11 novembre 1944 dans Paris célèbre une liberté retrouvée, tandis que celle de 1945 rend hommage à tous les combattants des deux conflits mondiaux.

Le centenaire de l’Armistice

Le centenaire de l’Armistice en 2018 rassemble les dirigeants de nombreux pays autour de l’Arc de Triomphe, symbole de la mémoire partagée et de l’espoir de paix.

Cette célébration mondiale a souligné l’importance de transmettre les leçons de l’histoire, pour que le souvenir des sacrifices du passé continue d’unir les générations. Chaque 11 Novembre, la France se rappelle que le devoir de mémoire, né dans les tranchées de 1914-1918, reste un pilier de l’unité nationale et un lien indéfectible entre les générations.

Le 11 novembre est-il obligatoirement chômé ?

Le 11 Novembre figure parmi les jours fériés légaux du calendrier français, avec le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er Mai, le 8 mai, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 Juillet, l’Assomption, la Toussaint et le jour de Noël.

JourRègle générale
11 novembreJour férié ordinaire, qui peut être travaillé ou chômé
1er maiJour férié obligatoirement chômé et payé

Selon le Code du travail, seul le jour férié du 1er mai est obligatoirement chômé pour l’ensemble des salariés, quels que soient l’ancienneté et le type de contrat de travail. Le 11 novembre reste donc une journée tout à fait ordinaire en entreprise.

Les salariés peuvent cependant être obligés de travailler le jour de l’Armistice comme c’est un jour férié ordinaire, contrairement au 1er mai, qui est un jour férié obligatoirement chômé et payé.

Il faudra se référer aux dispositions des conventions collectives ou des usages qui sont applicables aux salariés pour en savoir plus. L’employeur peut demander à ses salariés de venir travailler le 11 Novembre si les conventions n’indiquent pas le contraire.

Si les salariés souhaitent s’absenter pour prendre des vacances, ils doivent donc poser des congés ou des RTT, comme ils le feraient n’importe quel autre jour de l’année.

Les exceptions pour les jeunes travailleurs

Même si cela n’est pas imposé par la loi pour le 11 Novembre, certaines personnes ne sont pas autorisées à travailler pendant les jours fériés ordinaires. Il s’agit des jeunes travailleurs tels que les salariés et stagiaires de moins de 18 ans qui accomplissent des stages d’initiation ou d’application en milieu professionnel dans le cadre d’un enseignement alterné ou du déroulement de leur scolarité.

Les salariés et apprentis mineurs n’ont pas le droit de travailler un jour férié. Le non-respect de cette disposition légale concernant les jeunes travailleurs est passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 1500 €.

Certaines conventions collectives prévoient toutefois des règles particulières. Par exemple, les salariés de moins de 18 ans peuvent travailler un jour férié en HCR, c’est-à-dire dans les hôtels, cafés et restaurants, ou en boulangerie, à condition de bénéficier d’un repos hebdomadaire d’au moins 36 heures consécutives.

L’Alsace-Moselle reste un peu à part là aussi, puisqu’elle définit le jour férié du 11 novembre comme chômé. Pareillement pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin en France.

Comment le 11 novembre est-il rémunéré ?

Lorsque le 11 novembre est travaillé

Si le Code du travail interdit aux employeurs de faire travailler les salariés un dimanche, il n’interdit pas de les faire travailler un jour férié, sauf le 1er mai. Ainsi, la rémunération du 11 novembre relève des usages, des accords d’entreprise et des conventions collectives.

Dans le cas où le 11 Novembre est travaillé dans une entreprise, le Code du travail n’impose pas à l’employeur de payer un complément de rémunération. En revanche, il est possible que les conventions prévoient une majoration de salaire pour ce jour férié travaillé.

L’employeur devra respecter les dispositions des conventions collectives. Le 11 novembre ne prévoit donc aucune majoration de salaire ni repos compensateur par principe : il est rémunéré normalement, sauf disposition plus favorable.

Lorsque le 11 novembre est chômé

Selon la réglementation du Code du travail, le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise ou l’établissement.

Ces dispositions s’appliquent aux salariés saisonniers si, du fait de divers contrats successifs ou non, ils cumulent une ancienneté totale d’au moins trois mois dans l’entreprise. Ces dispositions ne s’appliquent ni aux personnes travaillant à domicile, ni aux salariés intermittents, ni aux salariés temporaires.

Si ce jour férié tombe un jour de l’année qui aurait dû être travaillé, le salaire habituel est maintenu à condition de présenter une ancienneté d’au moins 3 mois dans l’entreprise. Les heures de travail perdues pour cause de chômage pendant un jour férié ne donnent, en principe, pas lieu à récupération.

Le 11 novembre et les congés payés

Pour un salarié en congé payé le 11 novembre, et chômé dans l’entreprise, ce jour ne pourra pas être retenu au nombre des jours de congé posés. Cependant, si le 11 Novembre est travaillé dans l’entreprise, le jour férié comptera pour un jour de congé.

Si le 11 Novembre tombe un dimanche ou encore un jour non travaillé habituellement dans l’entreprise, la loi n’oblige pas l’employeur à donner une compensation pour « dédommager » le salarié.

Ni un jour de repos supplémentaire ni un complément de rémunération ne pourront alors être réclamés par le salarié selon la loi. Néanmoins, la convention collective d’entreprise peut avoir prévu une forme de compensation en repos ou en complément de salaire pour les jours fériés perdus.

La journée de solidarité peut-elle avoir lieu le 11 novembre ?

Si le lundi de Pentecôte n’a pas été choisi par défaut comme étant une journée de solidarité, il n’est pas interdit que le jour de l’Armistice soit retenu comme étant une journée de solidarité, d’après les dispositions du Code du travail.

Le 11 novembre travaillé ne donnera donc pas lieu à une rémunération pour les salariés qui viennent au travail, sachant que cette journée a été mise en place afin de venir en aide aux personnes âgées et handicapées.

Il conviendra toutefois de se référer aux dispositions des conventions collectives ou aux usages, sachant que l’organisation de la journée de solidarité est en principe définie au préalable au sein de l’entreprise.

Dans le cas où le 11 Novembre tombe un dimanche, la journée de solidarité ne pourra pas avoir lieu ce jour-là, la règle du repos hebdomadaire du dimanche étant de mise.

Le 11 novembre dans les autres pays

De nombreux pays, y compris la France, commémorent le 11 novembre, date à laquelle la signature de l’armistice qui a mis fin à la Première Guerre mondiale a été faite. Cette date a été retenue pour rendre hommage aux soldats morts au combat durant ce conflit mondial.

Le jour du Souvenir, aussi connu comme jour de l’Armistice, est une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale ainsi que d’autres guerres.

En parallèle, fut instauré aux États-Unis le Veterans Day, qui est également célébré le 11 novembre. Dans certaines provinces du Canada, en France et en Belgique, le jour est férié.

Au Royaume-Uni, le 11 novembre n’est pas férié mais la minute de silence est tout de même respectée, sauf qu’elle dure deux minutes. Les deux minutes sont aussi observées lors du Remembrance Sunday, soit le dimanche le plus proche du 11 novembre, ou à la date dite s’il est dimanche.

Le jour du Souvenir au Canada est le 11 novembre. C’est un jour férié pour les employés fédéraux et dans six des dix provinces et dans les trois territoires, mais il y a des cérémonies partout au pays.

Les symboles floraux du souvenir

Dans les pays du Commonwealth, le coquelicot est un symbole à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre. Le jour du Souvenir y est l’occasion de ventes de coquelicots en papier au bénéfice des anciens combattants.

Avant la Première Guerre mondiale, peu de coquelicots poussaient en Flandre. Durant les terribles bombardements de cette guerre, les terrains crayeux devinrent riches en poussières de chaux favorisant ainsi la venue des coquelicots.

La terre remuée par les combats a aussi pu favoriser la pousse de coquelicots. Le lieutenant-colonel John McCrae, médecin militaire canadien, établit le rapport entre le coquelicot et les champs de bataille et écrivit son célèbre poème In Flanders Fields, ou Au champ d’honneur.

Le coquelicot devint rapidement le symbole des soldats morts au combat. En France, le bleuet, également présent sur les champs de bataille et dont la couleur rappelle les uniformes des Poilus, représente traditionnellement le sacrifice des soldats lors du premier conflit mondial.

Bleuet français et coquelicot du souvenir

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