Quel jour de la semaine était le 14 juillet 1789 ?

Le 14 juillet 1789 était un mardi. Ce jour-là, la prise de la Bastille marque la première journée révolutionnaire d’insurrection populaire et symbolise immédiatement la fin de l’Ancien Régime.

La fête nationale française a lieu le 14 juillet, vous le savez probablement. Mais pourquoi cette date ? Si vous alliez répondre « la prise de la Bastille », et bien ce n’est pas tout à fait cela… Elle représente un symbole, tout au plus.

Le mardi 14 juillet 1789 et la prise de la Bastille

Cette même année 1789, il y a des jours beaucoup plus importants! Le 5 mai (ouverture des états généraux par Louis XVI), le 20 juin (le serment du jeu de Paume), le 4 août (abolition des privilèges et des droits féodaux) ou même le 6 octobre (foule à Versailles pour réclamer du pain). Toutes des dates qui mériteraient également d’être célébrées.

La menace d’un complot aristocratique suite à la réunion des états généraux, la nouvelle du renvoi du ministre Necker, le 11 juillet, dénoncé par Camille Desmoulins comme le tocsin d’une Saint-Barthélemy des patriotes, suscitent une vive émotion dans le peuple parisien, alors que se profile le spectre de la disette et que le roi a massé des troupes autour de Paris.

Une milice bourgeoise est constituée en même temps qu’est proclamée une « municipalité insurrectionnelle ». La colère monte et finit par déclencher l’insurrection.

La foule qui se pressait devant la Bastille ne cherchait pas à attaquer cette prison d’État presque vide, qui n’en demeurait pas moins un symbole de l’arbitraire royal : c’était une forteresse imprenable. Elle exigeait du gouverneur, Bernard Jordan de Launay, des armes et le retrait des canons pointés sur le faubourg Saint-Antoine.

Après avoir commencé par négocier, Launay fit tirer sur la foule. À cinq heures, il capitulait. Il fut ensuite massacré, avec le prévôt des marchands Flesselles, lors de son transfert à l’Hôtel de Ville.

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789

Cet événement révolutionnaire eut pour conséquences le renvoi des troupes de Paris, le rappel de Necker, la nomination de Bailly à la tête de la municipalité et celle de La Fayette à la tête de la garde nationale.

Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille marque la première journée révolutionnaire d’insurrection populaire et symbolise immédiatement la fin de l’Ancien Régime. L’année suivante la fête de la Fédération célèbre cet événement.

Pourquoi le 14 juillet est-il devenu la fête nationale ?

Mais alors, parmi toutes les dates importantes de notre Histoire, pourquoi a-t-on choisi celle, de la prise de la Bastille? Il faut avancer dans le temps: la raison se déroule en 1880, soit près d’un siècle après les événements.

Les députés républicains sont amenés à choisir une date glorieuse comme fête nationale. Les débats sont longs et passionnés! Quelle date choisir? La Révolution bourgeoise de 1789? La révolution démocratique de 1792? La révolution de 1830? Celle de 1848, ou encore celle de 1870? Les choix ne manquent pas!

Le député Benjamin Raspail propose l’adoption du 14 juillet comme fête de la République française. Au Sénat, de vives discussions ont lieu, car cette date est loin de faire l’unanimité.

Pour la fête nationale française, on veut un symbole de l’unité de la nation, de la naissance de la République. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est un de ces symboles, mais il est jugé trop douloureux et sanglant par les sénateurs.

C’est donc le 14 juillet 1790, celui de la fête de la Fédération, qui sera préféré, n’ayant « coûté ni une goutte de sang ni une larme ».

La fête de la Fédération du 14 juillet 1790

La fête nationale française commémore donc la fête de la Fédération, qui a eu lieu le 14 juillet 1790, lors du premier anniversaire de la prise de la Bastille, à l’initiative de La Fayette pour fêter les fédérés des gardes nationales de France.

Elle se voulait un événement de réconciliation et d’unité des Français. Si officiellement le 14 juillet en France commémore la fête de la Fédération, il peut très facilement faire écho au 14 juillet de la prise de la Bastille, on le remarque d’ailleurs aisément par le glissement de date dans la mémoire collective : pour la plupart des Français, la fête nationale commémore la prise de la Bastille du 14 juillet 1789.

Fête de la Fédération 14 juillet 1790

En 1790, l’Assemblée constituante décide d’organiser une grande « Fédération des troupes de ligne et des gardes nationales » sur le modèle des fédéra.

La fête de la Fédération La genèse de la fête Il s’agit de la fête la plus célèbre de la Révolution française. Fête emblématique, au point qu’aujourd’hui encore notre fête nationale réunit en elle deux adversaires : la pri.

Les symboles associés au 14 juillet

Liberté, Égalité, Fraternité

Si vous dites à n’importe quel Français « Liberté, Égalité… », il finira la devise instantanément. Faites le test !

Popularisées par la Révolution française (1789), les notions de liberté, d’égalité et de fraternité datent en réalité des philosophes des Lumières qui, dès la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, ont rapproché et popularisé les concepts de liberté et d’égalité.

La Révolution française permettra l’ajout de la notion de fraternité et la réunion des 3 en triptyque. Dès 1793, les Parisiens peignent sur les façades de leurs maisons l’inscription « Unité, indivisibilité de la République ; liberté égalité ou la mort ».

La dernière partie de la formule, trop associée à la période de la Terreur, ne sera pas conservée. Oubliée sous le Premier empire, la devise révolutionnaire réapparait pendant la révolution de 1848 qui l’inscrit dans la constitution de la IIe République.

La devise républicaine finira par s’imposer définitivement sous la IIIe République et sera inscrite au fronton des bâtiments publics à partir du 14 juillet 1880. Désormais, le triptyque Liberté-Égalité-Fraternité figure dans la Constitution et fait partie du patrimoine national de tous les Français.

Le drapeau tricolore

Le drapeau tricolore est né sous la Révolution française, de la réunion des couleurs du roi (blanc) et de la ville de Paris (bleu et rouge). On dit qu’avant d’être drapeau, il fut une cocarde qui aurait été remise par La Fayette au roi Louis XVI mais on ne connait pas précisément les origines de sa création.

Le drapeau tricolore prend sa forme définitive en 1794 quand la convention nationale décrète que le drapeau « sera formé des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».

Depuis 1958, il est défini à l’article 2 de la Constitution de la Ve République qui précise que « L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge ».

Le défilé militaire du 14 juillet

Depuis 1880 (qui a institué la date du 14 juillet comme fête nationale), chaque fête nationale est l’occasion d’un grand défilé militaire sur les Champs-Élysées à Paris.

Il est organisé pour que la journée soit une fête rassemblant toute la population française et pour illustrer le lien indéfectible entre le peuple français et son armée.

Le défilé a lieu en présence du président de la République française, du Premier ou de la Première ministre, membres du gouvernement, des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale ainsi que des ambassadeurs étrangers en France et, parfois, de chefs d’État étrangers.

Tous sont réunis dans la tribune d’honneur située en bas des Champs-Élysées, sur la place de la Concorde. Après le survol des appareils de la Patrouille de France, différents corps d’armées descendent à tour de rôle la célèbre avenue et saluent le chef de l’État et les représentants des pouvoirs exécutifs et législatifs.

Acheminement des véhicules militaires pour le défilé du 14 juillet

La Bastille dans les représentations de la Révolution

Ce tableau anonyme, témoignage parmi tant d’autres d’un événement qui inspira nombre d’artistes, peintres, dessinateurs et graveurs français et étrangers de l’époque, met en scène le moment où le gouverneur de Launay est emmené vers l’Hôtel de Ville.

Aux abords du pont-levis de la forteresse, le sol est jonché des cadavres des gardes-françaises et des gardes nationaux qui se sont affrontés. Les piques et les baïonnettes levées, la fumée des incendies, tout concourt à dramatiser ce moment héroïque et libérateur.

Les canons du premier plan évoquent l’argument majeur qui fut à l’origine de la prise de la Bastille : le retrait des armes pointées sur le faubourg Saint-Antoine.

Comme le commente une gravure de la période révolutionnaire reprenant cette composition : Il fallait dérober à l’œil le tableau hideux de la plus atroce perfidie ! Launay a consommé son crime ! La rage est dans les cœurs, et le désir de la vengeance brille dans tous les yeux.

L’artillerie marche, la mousqueterie fait un feu roulant, les milices bourgeoises, les gardes nationales entrent au pas de charge dans l’antique prison dont la première enceinte est forcée… Montrer l’élancement héroïque du peuple en acte et assoiffé de justice : voilà ce qui devient la règle de la peinture de propagande révolutionnaire, amplifiée par la diffusion de la gravure.

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