Saint Silvestre Gozzolini, né à Osimo en 1177 et mort au mont Fano en 1267, fut un prêtre devenu ermite, puis le fondateur de la congrégation bénédictine des Silvestrins. Après avoir médité devant le tombeau ouvert d’un proche, il abandonna les honneurs, la richesse et les ambitions du monde pour se consacrer entièrement au Christ dans la solitude.
Il établit sa communauté sous la Règle de saint Benoît, en recommandant particulièrement la pauvreté, la prière, l’ascèse et le travail apostolique. Sa fête est célébrée le 26 novembre, tandis que le 31 décembre est consacré à saint Sylvestre Ier, pape, qu’il ne faut pas confondre avec l’abbé Silvestre Gozzolini.
Une distinction essentielle entre les deux saints Sylvestre
À ne pas confondre avec Saint Silvestre Gozzolini (1177-1267), Abbé fondateur de l’Ordre des Silvestrins, fêté le 26 novembre.
Le 31 décembre, l’Église célèbre saint Sylvestre Ier, pape et confesseur du IVe siècle. Saint Silvestre Gozzolini, quant à lui, est un abbé italien du XIIIe siècle, fondateur d’une famille monastique bénédictine nouvelle.
| Saint | Époque | Fonction | Fête |
|---|---|---|---|
| Saint Sylvestre Ier | IVe siècle | Pape et confesseur | 31 décembre |
| Saint Silvestre Gozzolini | 1177-1267 | Abbé et fondateur des Silvestrins | 26 novembre |
Origines et vocation de Silvestre Gozzolini
Saint Silvestre, contemporain de saint François d'Assise, était, comme lui, destiné à se brouiller avec son père, pour avoir suivi l'attrait de la grâce et obéi à sa vocation.
Il naquit à Osmo ou Osimo, dans la Marche d'Ancône, en 1177, de la noble famille des Gozzolini. La science des lettres et les bonnes mœurs avaient, dès l'enfance, merveilleusement brillé en lui.
Son père l'envoya à Bologne, quand il fut plus grand, pour y étudier la jurisprudence. Mais, sur un avertissement divin, il s'adonna aux lettres sacrées et, de ce chef, encourut l'indignation paternelle qu'il supporta patiemment durant dix années.
Comme il était savant en théologie, l'évêque d'Osmo l'ordonna prêtre et lui donna un canonicat dans sa cathédrale. Son éminente vertu détermina les chanoines de l'église cathédrale d'Osimo à lui faire partager l'honneur de leur titre.
Il fut dans cet office le secours du peuple par ses oraisons, son exemple et ses prédications. Notre saint s'adonna avec succès à la prédication.
La méditation du tombeau et le renoncement au monde
Un jour qu'il assistait aux funérailles d'un de ses proches, noble personnage remarquable par sa beauté, il vit dans le cercueil ouvert l'affreux état du cadavre et dit : « Je suis ce qu'il fut ; ce qu'il est, je le serai. »
Devant la tombe ouverte d'un ami qui venait de mourir, il comprit toute la vanité du monde et se retira dans la solitude.
Puis la parole du Seigneur lui vint en pensée : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. »
Combien sont vaines noblesse et beauté, la mort, en vous le révélant, ouvrit devant vous les sentiers de la vie.
La futilité d'un monde qu'abuse le mirage de plaisirs trompeurs, ne saurait comprendre l'Evangile qui remet au delà du temps la béatitude, et fait du renoncement, de l'abaissement, de la croix, le chemin pour y parvenir.
La vie d’ermite
Sans tarder, la cérémonie funèbre achevée, il se retira dans la solitude pour y travailler à sa perfection, se livrant aux veilles, aux prières, aux jeûnes, n'usant le plus souvent comme nourriture que d'herbes crues.
Placée, comme autrefois saint Bruno, près d'un évêque scandaleux et incorrigible, il n'éprouva plus, comme lui, que du dégoût pour le monde et résolut de le quitter.
Il s'enfuit secrètement avec un guide, et alla se cacher seul dans un désert, à dix lieues d'Osimo. Il avait alors quarante ans.
Il vécut là de la manière la plus pauvre et dans de grandes austérités. Pour rester mieux caché aux hommes, il changea plusieurs fois d'asile, et arriva enfin au mont Fano.
Après avoir changé plusieurs fois de lieu, pour mieux se cacher des hommes, il finit dans un lieu désert, à Monte Fano, par jeter les fondements de la Congrégation des Silvestrins, sous la Règle de saint Benoît.
Dieu, souvent, amène le monde à ceux qui le fuient; Silvestre Gozzolini, après bien d'autres, en fait aujourd'hui l'expérience.
Les disciples et la fondation de Monte Fano
Malgré le soin qu'il avait de se cacher, il lui vint des disciples, qui lui demandèrent à vivre sous sa conduite.
C'est l'heure où la terre, émerveillée par la sainteté, l'éloquence des Ordres nouveaux, semble, au XIIIe siècle, oublier les moines et le chemin du désert ; Dieu, qui n'oublie pas, conduit silencieusement son élu dans la solitude, et derechef la solitude tressaille et fleurit comme le lis.
Il bâtit avec eux un monastère sur le mont Fano, près de Fabriano, dans la Marche d'Ancône, en 1231, et y jeta les fondements de son ordre, qui prit d'abord le nom de Monte-Fano.
Il y bâtit en l'honneur du très saint Père Benoît une église, et y jeta les fondements de la congrégation des Silvestrins, sous la règle et l'habit que, dans une vision, Benoît lui avait montrés.
Il donna à ses moines la règle de saint Benoît, leur recommandant surtout la plus grande pauvreté, à l'instar des franciscains.
L'austérité des vieux âges, la ferveur des oraisons prolongées revivent à Monte-Fano, et se propagent en soixante autres monastères ; une nouvelle famille religieuse, celle des Silvestrins, reconnaissable au vêtement bleu qui la distingue de ses aînées, acclame après sept siècles écoulés Benoît, le patriarche du Cassin, comme législateur et comme père.
Approuvée par Innocent IV, en 1247.

La spiritualité de la congrégation silvestrine
La congrégation fondée par Silvestre unit la tradition érémitique à une vie communautaire organisée selon la Règle de saint Benoît.
Les moines étaient appelés à rechercher Dieu dans la solitude et le silence, tout en vivant sous une discipline commune et en se consacrant aux tâches apostoliques.
Il embrassa la vie monastique pour se donner totalement au Christ et il fonda une nouvelle congrégation bénédictine, dédiée également aux tâches apostoliques.
Mains languissantes, genoux débiles des fils du cloître, la force vous est rendue.
L'Église honore sa mémoire pour rappeler aux fidèles la valeur de la vie monastique, la recherche de Dieu dans la prière continue, et l'édification d'une société chrétienne fondée sur la charité, l’humilité et la discipline spirituelle.
La célébration de saint Silvestre à cette date rappelle la fécondité spirituelle des pionniers de la vie monastique et l’importance des fondateurs de communautés dans l’histoire de l’Église, même lorsque leur biographie n’est connue que de manière fragmentaire.
Les épreuves du monastère et les dons de Silvestre
Cependant la jalousie de Satan s'efforçait de troubler ses moines, cherchant à les effrayer en diverses manières, donnant de nuit l'assaut aux portes du monastère.
Mais l'homme de Dieu repoussa si bien l'attaque de l'ennemi, que les moines, connaissant la sainteté de leur père, s'en trouvèrent plus affermis encore en leur saint institut.
L'esprit de prophétie et d'autres dons brillaient en lui.
L'humilité toujours si profonde qu'il leur donnait pour garde excita à ce point l'envie du démon que, le précipitant par l'escalier de l'oratoire, il l'eût tué sans la très secourable assistance de la bienheureuse Vierge qui le releva sain et sauf.
Il voua jusqu'au dernier soupir à sa bienfaitrice une piété singulière.
Les fondations et la mort de l’abbé
Saint Silvestre, dont la vie fut longue, fonda lui-même une douzaine de monastères de son ordre, et mourut dans celui de Monte-Fano, le 26 novembre 1267, à l'âge de quatre-vingt-dix ans: ce qui prouve que les austérités n'abrégent pas toujours l'existence des hommes.
Agé d'environ quatre-vingt-dix ans, illustre par sa sainteté et ses miracles, il rendit son âme à Dieu l'an du salut mil deux cent soixante-sept, le six des calendes de décembre.
Près de Fabriano dans les Marches, en 1267, saint Silvestre Gozzolini, abbé.
La mémoire de Silvestre demeure ainsi liée au mont Fano, à la fondation de la famille silvestrine et au renouveau de la vie bénédictine dans l’Italie du XIIIe siècle.
Fête liturgique du 26 novembre
Le 26 novembre, la couleur liturgique est le blanc. Dans le Vetus Ordo Missae, la fête comporte la mémoire de saint Pierre d'Alexandrie, martyr.
Particularités locales : Belgique - Saint Jean Berchmans, religieux.
Introït
La bouche du juste méditera la sagesse et sa langue annoncera l’équité ; la loi de Dieu est dans son cœur.
Ne porte pas envie au méchant et ne sois pas jaloux de ceux qui commettent l’iniquité. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Collecte
Dieu très clément, qui avez appelé à la solitude le bienheureux Abbé Sylvestre, tandis qu’il méditait devant un tombeau ouvert la vanité de ce monde, et qui avez daigné l’orner des mérites d’une vie très sainte ; nous vous supplions de faire que, méprisant à son exemple les biens de la terre, nous jouissions du bonheur de votre éternelle compagnie.
Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Épître
Il a été aimé de Dieu et des hommes : sa mémoire est en bénédiction.
Dieu lui a donné une gloire semblable à celle des saints, il l’a rendu grand par la terreur qu’il inspira aux ennemis. Par sa parole, il a fait cesser des prodiges.
Il l’a glorifié devant les rois, il lui a donné un commandement devant son peuple et il lui a montré sa gloire. À cause de sa foi et de sa douceur, il l’a sanctifié et l’a choisi entre tous les hommes.
Il lui a fait entendre sa voix et l’a introduit dans la nuée. Il lui a donné face à face ses commandements, la loi de la vie et de la science.
Graduel
Vous l’avez prévenu, Seigneur, de bénédictions de choix ; vous avez posé sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
Il vous a demandé la vie et vous lui avez accordé de longs jours pour la durée des siècles. Alléluia, alléluia. Le juste fleurira comme le palmier, il s’élèvera comme le cèdre du Liban. Alléluia.
Évangile
En ce temps-là, Pierre dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté et t’avons suivi : qu’y aura-t-il donc pour nous ? »
Jésus leur répondit : « En vérité, je vous le dis, vous qui m’avez suivi, lorsqu’au jour du renouvellement le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa majesté, vous siégerez vous aussi sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël.
Et quiconque aura quitté, à cause de mon nom, maison, frères, sœurs, père, mère, femme, enfants ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle. »
Offertoire
Vous lui avez accordé le désir de son cœur et vous ne l’avez point frustré de la demande de ses lèvres : vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses.
Secrète
Nous vous demandons, Seigneur, qu’en offrant respectueusement ces dons à votre divine majesté, nous devenions par la pieuse préparation de l’âme et la pureté du cœur les imitateurs du bienheureux Abbé Sylvestre et méritions de recevoir saintement le Corps et le Sang de votre Fils.
Qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Communion
Voici le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi sur sa famille pour qu’il donne à chacun en temps voulu sa mesure de blé.
Postcommunion
Nourris au divin banquet, nous vous en supplions, Seigneur, accordez-nous de marcher sur les traces du saint abbé Sylvestre de telle sorte que nous ayons, avec vos saints, dans le royaume de votre gloire, la récompense abondante.
Par notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Saint Pierre d’Alexandrie, mémoire du jour
La liturgie du 26 novembre fait également mémoire de saint Pierre d’Alexandrie, évêque et martyr.
Pierre, évêque d'Alexandrie après saint Théonas, fut par sa science et sa sainteté la gloire de l'Egypte et la lumière de toute l'Eglise de Dieu.
Son courage fut tel dans l'atroce persécution excitée par Maximien Galère, que le spectacle d'une si admirable patience fortifia la vertu d'un grand nombre de chrétiens.
Ce fut lui qui sépara le premier de la communion des fidèles Arius, diacre d'Alexandrie, à cause de l'appui qu'il donnait au schisme des Mélétiens.
Pour Pierre, il eut la tête tranchée, cueillant ainsi la couronne du martyre, en la douzième année de son épiscopat, le VI des calendes de décembre.
Une figure distincte de saint Sylvestre Ier
Saint Sylvestre 1er, Pape et Confesseur, élu pour succéder à Saint Melchiade en 314, vit la Paix accordée à l'Église.
Sous son règne le Concile de Nicée en 325 condamna l'hérésie d'Arius en proclamant que Jésus de Nazareth, né de la Vierge, est vraiment Le propre Fils de Dieu, « consubstantiel au Père ».
Saint Sylvestre 1er organisa la discipline de l'Église Romaine qui put dès lors sortir des catacombes et paraître au grand jour ; aidé par Constantin, il contribua à la construction des grandes Basiliques, notamment Saint-Pierre et Saint-Jean-de-Latran ; il établit divers règlements liturgiques.
Il mourut en paix vers 336 et fut l'un des premiers Saints non Martyrs objet d'un culte liturgique.
Saint Sylvestre naît à Rome vers la fin du IIIe siècle, dans une période où les persécutions contre les chrétiens sont encore actives. Ordonné prêtre, il sert l’Église dans la discrétion et la fidélité.
En 314, peu après l’édit de Milan (313) qui met fin aux persécutions, Sylvestre devient évêque de Rome. Son pontificat marque le début de la chrétienté publique et protégée.
En 325, le premier concile œcuménique se tient à Nicée. Sylvestre n’y assiste pas en personne, mais il y envoie des légats. Ce concile affirme la Trinité contre l’arianisme et donne naissance au Credo de Nicée.
Le sens spirituel de la fête
La vie de saint Silvestre Gozzolini rappelle que la conversion peut commencer par une prise de conscience radicale de la fragilité humaine.
Le tombeau ouvert lui révéla la vanité des apparences et l’urgence de chercher les biens éternels. La solitude ne fut pas pour lui une fuite stérile, mais le lieu d’une transformation intérieure, d’une prière persévérante et d’une fécondité communautaire.
Avec l'Eglise nous demandons au Dieu très clément qu'il veuille, en considération de vos mérites, nous donner de mépriser comme vous les félicités sitôt dissipées de la terre, pour jouir un jour en votre compagnie de l'éternel et vrai bonheur.
Daignez appuyer nos supplications de votre prière. Nous attendons de Celui qui vous a glorifié qu'il bénisse et multiplie vos fils, qu'il soutienne avec eux tout l'Ordre monastique, toute famille religieuse, dans les angoisses du temps présent.
Saint Abbé, reconnaissez par des bienfaits nouveaux la confiance du Pontife suprême étendant votre culte à l'Eglise entière en ces tristes jours.