Un long dimanche de fiançailles : l’histoire de Mathilde et Tina Lombardi

Un long dimanche de fiançailles est un drame historique réalisé par Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2004, dans lequel Mathilde cherche à retrouver Manech, son fiancé disparu pendant la Première Guerre mondiale. Malgré l’avis officiel annonçant sa mort, elle refuse de croire qu’il est décédé et mène une enquête obstinée pour découvrir ce qui s’est réellement passé.

Le film s’inspire de l’œuvre de Sébastien Japrisot et réunit Audrey Tautou dans le rôle de Mathilde, Gaspard Ulliel dans celui de Manech et Marion Cotillard dans celui de Tina Lombardi. L’intrigue mêle histoire d’amour, enquête, mémoire de guerre et tragédie personnelle autour de cinq soldats condamnés à mort puis abandonnés entre les lignes françaises et allemandes.

Un film de Jean-Pierre Jeunet adapté de Sébastien Japrisot

Jean-Pierre Jeunet ne pouvait laisser une telle Mathilde enfermée longtemps dans un livre. La Mathilde de Sébastien Japrisot est en effet une héroïne telle que les aime Jeunet : généreuse, romantique, qui n’abandonne jamais sa quête.

Et le merveilleux style de Japrisot dans Un Long dimanche de fiançailles rappelle souvent celui d’Amélie Poulain (des phrases du livre sont d’ailleurs reprises en voix off dans le film).

Scénario : Guillaume Laurant, Jean-Pierre Jeunet.

D’après l’œuvre de : Sébastien Japrisot.

Dialoguiste : Guillaume Laurant.

Informations principales

ÉlémentInformation
Année2004
Durée2 h 14 minutes
GenreDrame
FormatCouleur / Dolby Digital / 2.35
RéalisateurJean-Pierre Jeunet
CompositeurAngelo Badalamenti
DistributionWarner Bros. France

Le point de départ de l’histoire

En 1919, Mathilde, une jeune orpheline, tente de retrouver son fiancé, Manech, disparu lors de la guerre qui vient de s'achever. Accusé de mutilation volontaire, Manech avait été abandonné, avec quatre autres soldats, en plein no man's land.

Tous les témoignages concordent : les cinq condamnés à mort ont bien été tués dans la journée qui a suivi. Mais Mathilde s'obstine. Elle est persuadée que Manech est encore en vie et explore toutes les pistes disponibles.

Elle engage un détective privé du nom de Pire, qu'elle charge de retrouver tous les vétérans qui ont croisé la route du disparu. L'un d'eux, Célestin Poux, pourrait détenir des informations sur Manech.

Mathilde et sa quête de Manech

En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d'autres, il est "mort au champ d'honneur". C'est écrit noir sur blanc sur l'avis officiel.

Pourtant, Mathilde refuse d'admettre cette évidence. Si Manech était mort, elle le saurait ! Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant.

L’enquête que mène Mathilde Donnay entre août 1919 et l’été 1924 a pour but de retrouver la trace de Manech (Jean en basque) Etchevery, disparu sur le front le dimanche 7 janvier 1917 avec quatre compagons d’armes : Kléber Bouquet (l’Eskimo ou Bastoche), Benoît Notre-Dame (Cet Homme), Francis Gaignard (Six-sous) et Ange Bassignano (Droit commun ou le Marseillais).

Mathilde pense que Manech - surnommé le Bleuet parce qu’il était de la classe 1917 - n’est pas mort. Elle a dix-neuf ans, est belle comme Audrey Tautou et ne marche plus.

Peut-être suite à une chute d’escabeau à trois ans. Le fait est que « les ordres de son cerveau n’allait plus jusqu’à ses jambes ». Manech, son ami d’enfance, devait l’épouser.

Audrey Tautou en Mathilde

Les cinq condamnés de Bingo Crépuscule

Parce qu’ils se sont volontairement mutilés, les cinq hommes ont été condamnés à mort à Dandrechain et, bien que grâciés par Poincaré le 2 janvier, ont été accompagnés le soir du 6 jusqu’à une tranchée de première ligne appelée Bingo Crépuscule, dans le secteur de Bouchavesnes dans la Somme, puis lachés en direction des lignes allemandes.

Leur escorte était entre autres composée du soldat Célestin Poux, du caporal Benjamin Gordes (Biscotte), du sergent Daniel Esperanza et du caporal Urbain Chardolot.

SoldatSurnom ou identité associée
Manech EtcheveryLe Bleuet
Kléber BouquetL’Eskimo ou Bastoche
Benoît Notre-DameCet Homme
Francis GaignardSix-sous
Ange BassignanoDroit commun ou le Marseillais

Les témoignages et les premières pistes

Par Petit Louis, l’ami de Klébert Bouquet que Mathilde a visité dans son bar de la rue Amelot, Véronique Passavant, la compagne de Bouquet, a appris que Mathilde enquêtait.

Elle lui apprend qu’une autre femme à l’accent du midi (Tina Lombardi) l’a rencontrée en mars 1917 et refuse de croire en la mort de son compagnon Ange Bassignano, celui qui portait des bottes prises à un Allemand.

Car elle sait qu’au moins un des cinq condamnés en a réchappé, et peut-être deux, et elle voulait savoir si Véronique avait revu Kléber après janvier 1917.

Mathilde, Tina, Véronique. Trois femmes qui espèrent que le survivant de Bingo Crépuscule est leur compagnon, et qui hésitent à se dire l’une à l’autre ce qu’elles savent ou même espèrent, car un condamné à mort survivant, ce serait de toute façon un futur bagnard à vie.

Le rôle de Germain Pire et de Célestin Poux

En mars 1920, suite à une annonce qu’elle a passée dans la presse, Mathilde est contactée par le détective Germain Pire, qui a enquêté en 1919 pour la femme du caporal Gordes.

La mère du caporal Urbain Chardolot lui écrit aussi que son fils, décédé pendant l’été 1918, a dit avoir retrouvé cinq corps dans la neige, mais qu’au moins un, sinon deux, n’était pas celui qu’il s’attendait à trouver là…

Mathilde apprend plus tard que les deux amis inséparables, Bouquet et Gordes, se sont brouillés pendant l’été 1916.

Elodie Gordes lui révèle bientôt que son mari, stérile, a demandé à Bouquet de lui faire un enfant, car Gordes en a déjà cinq - qui ne sont pas de lui - et un sixième signifie la radiation de l’armée.

Ensuite, jusqu’au 3 août 1924, l’enquête de Mathilde ne progresse pas vraiment. Tina Lombardi et Célestin Poux restent introuvables et Germain Pire a renoncé.

Puis, le 3 août 1924, Célestin Poux se présente en moto à la maison de Mathilde, à Hossegor. Germain Pire l’a retrouvé par hasard, grâce à une amie.

Les indices de Célestin Poux

Célestin pense que les cinq soldats sont morts, et dit que Gordes est mort un peu plus tard, dans le bombardement de Combles.

Il explique à Mathilde que Gordes a échangé le 7 janvier ses bottes allemandes à Bouquet pour lui éviter une vengeance des Allemands s’ils le prenaient vivant.

Or un soldat français avec des bottes allemandes a été aperçu le lendemain portant un plus jeune sur son dos. Tina Lombardi, qui l’a su, a pensé à Bouquet et son amant.

Mais il s’agissait de Gordes et d’un autre appelé Desrochelles, partis lundi près de Bingo Crépuscule, sur le terrain regagné dans la nuit par les Français.

Célestin dit aussi qu’il a donné un gant rouge (main gauche) à Manech, pour protéger du froid sa main non bandée.

La lettre posthume de Tina Lombardi

Mathilde se rend sur le champ de bataille, guidée par Célestin. Ils interrogent une femme qui a assisté après l’Armistice au déterrement des cinq corps et qui ne se souvient pas avoir vu de gant rouge…

Mathilde reçoit soudain, le 8 août 1924, à l’Auberge des remparts de Péronne, une lettre posthume de Tina Lombardi, qui vient d’être exécutée pour l’assassinat du colonel Lavrouye.

Pour d’obscures ambitions personnelles, ce dernier avait gardé par-devers lui la grâce accordée par Poincaré aux cinq soldats. Tina a vengé la mort de Droit commun.

Dans sa lettre, elle informe Mathilde qu’elle a recueilli le témoignage d’un sergent-chef tué en mai 1917, qui prétendait que le soi-disant Desrochelles portait un gant rouge à la main gauche.

Mathilde recolle les morceaux. Cet autre Jean, ce Desrochelles, est peut-être Manech.

Mathilde rappelle Germain Pire et le lance sur la piste de Jean Desrochelles, qu’ils retrouveront finalement à Noisy-sur-École, près de Milly-la-Forêt.

Marion Cotillard dans le rôle de Tina Lombardi

La véritable identité de Desrochelles

Entretemps, Mathilde a appris par un officier allemand qui s’est retrouvé prisonnier le lundi 8 janvier à Bingo Crépuscule qu’un cadavre français avec des bottes allemandes gisait dans une cave effondrée au milieu des tranchées.

Gordes était donc revenu à Bingo Crépuscule et y était mort, alors qu’on le croyait tué plus tard à Combles ! Quel était donc le soldat aux bottes allemandes aperçu ensuite avec le soi-disant Desrochelles sur le dos ?

Par élimination, Mathilde devine qu’il s’agit de Benoît Notre-Dame. Réfugié dans la cave pendant la nuit du 7, il a échangé ses bottes et sa plaque d’immatriculation avec Gordes, revenu le lendemain et qui, blessé, est tombé dans la cave pour y mourir.

Il lui fallait en effet dissimuler à tout prix sa véritable identité. Sortant de son abri, il a aperçu Manech à moitié mort, lui a donné la plaque de Desrochelles et l’a éloigné du front.

En décryptant la dernière lettre codée qu’il a écrite à sa femme, Mathilde comprend que Notre-Dame l’a invitée, s’il en réchappe, à le retrouver à Bernay, près de Rozay-en-Brie, en Seine-et-Marne.

Elle le retrouve et il confirme toute l’histoire. Elle ne le dénoncera pas.

Les retrouvailles de Mathilde et Manech

C’est ainsi que Mathilde retrouve Manech, alias Jean Desrochelles, amnésique, qui s’est mis à peindre comme elle, et qu’elle vit sans doute encore à ses côtés.

La relation entre Mathilde et Manech constitue le cœur émotionnel du film. L’enquête ne repose pas uniquement sur des documents et des témoignages : elle est portée par la certitude intime de Mathilde, qui continue à croire en leur histoire malgré les preuves officielles et les années de silence.

Les principaux acteurs et personnages

Acteur ou actricePersonnage
Audrey TautouMathilde
Gaspard UllielManech
Dominique PinonSylvain
Clovis CornillacBenoît Notre Dame
Jérôme KircherBastoche
Chantal NeuwirthBénédicte
Denis LavantSix Sous
Jean-Pierre BeckerEsperanza
Marion CotillardTina Lombardi
Dominique BettenfeldAnge Bassignano
Jean-Pierre DarroussinGordes dit Biscotte
Albert DupontelCélestin Poux
André DussollierPierre-Marie Rouvières
Jean-Paul RouveLe facteur
Jean-Claude DreyfusCommandant Lavrouye
Tchéky KaryoCapitaine Favourier
Julie DepardieuVéronique Passavant
Michel VuillermozP’tit Louis
Ticky HolgadoGermain Pire
Jodie FosterElodie Gordes
Bouli LannersChardolot

La distribution et l’équipe technique

Production : Jean-Pierre Jeunet.

Producteur associé : Francis Boespflug.

Producteur exécutif : Bill Gerber.

Directeur de la photographie : Bruno Delbonnel.

Montage : Hervé Schneid.

Chef décorateur : Aline Bonetto.

Costumes : Madeline Fontaine.

Ingénieurs du son : Jean Umansky, Gerard Hardy, Vincent Arnardi.

Régisseur général : Eric Duchene.

Premier assistant réalisateur : Pascal Roy.

Compositeur : Angelo Badalamenti.

Les sociétés de production sont TF1 Films Production, Warner Bros. France, Tapioca Films Production et 2003 Productions.

Une mise en scène entre romance, guerre et enquête

Le film alterne les temporalités et les points de vue afin de reconstituer progressivement le destin des cinq soldats. Les souvenirs, les récits des survivants, les lettres et les documents administratifs composent une enquête fragmentée dont chaque détail peut modifier la compréhension des événements.

La guerre n’est pas seulement un décor historique : elle impose son désordre aux personnages, brouille les identités et rend incertaine la frontière entre les morts, les disparus et les survivants.

La scène où on traverse la tranchée comme la voit le soldat qui escorte les détenus est identique dans la prise de vue et le déroulement à celle du film 'les sentiers de la gloire'.

En effet lorsque Kirk Douglas passe dans la tranchée avec une troupe dérrière lui la camera était alors placée tel qu'on voit comme lui donc interne puis la caméra passe devant lui et nous les montre. Ces prises de vues se répètent pendant un petit moment comme dans un long dimanche de fiançailles.

La photographie, les décors et la musique

La photographie de Bruno Delbonnel participe à l’identité visuelle du film, en opposant les paysages dévastés du front aux espaces plus intimes associés à Mathilde et à son enquête.

La musique originale est composée par Angelo Badalamenti. Les décors sont dirigés par Aline Bonetto et les costumes sont conçus par Madeline Fontaine.

Une scène du film a été tournée au même endroit qu’une scène du film 'Vidocq'. Seuls les décors ajoutés en matpainting changent quelque peu l’image mais on reconnaît bien les bâtiments et l’escalier.

La scène où Mathilde se déshabille à la lueur des allumettes est peut-être un clin d’œil à un poème tiré de 'Paroles' de Jacques Prévert.

Les erreurs historiques et les anachronismes

Le film a suscité de nombreuses observations concernant la représentation des armes, des avions, des chars, des communications et des pratiques militaires de la Première Guerre mondiale.

Les avions et les chars

L’Albatross (avion allemand) qui mitraille Manech, est en réalité un Boeing PT-17, avion biplan d’entrainement américain datant des années 30/40, il a été 'déguisé' notamment au niveau de la dérive, comme c’est souvent le cas pour simuler des avions aujourd’hui introuvables ou rarissimes.

Il est la propriété du collectionneur français Jean-Baptiste Salis basé à la Ferté-Alais.

Outre l’erreur concernant le blindé français déjà mentionnée, il faut aussi rappeler que l’Albatros, le soi-disant appareil allemand avec mitrailleuse à l’arrière, est en fait un avion de chasse et pas un appareil de reconnaissance/bombardement comme cela est suggéré dans le film.

Les Albatros D.III, notamment, causeront de lourdes pertes à l’aviation britanniques dans ce qui est resté connu comme le 'Bloody April', en 1917.

En outre, l’Albatros a bien des mitrailleuses tirant à travers les hélices, contrairement à ce qu’affirme Augustin Poux. le procédé existe alors depuis un certain temps !

Lorsque Manech se livre au combat, juste avant qu’un de ses compagnons se fasse pulvériser par un obus, on voit un tank rouler au coté des soldats ! Comment est-il possible qu’un tank ait pu survoler les tranchées et rentrer dans le combat ?

Lors de l’assaut au cours duquel le héros Manech voit son ami pulvérisé par un obus en début de film, on aperçoit un char : il s’agit d’un Renault FT 17, qui subit ses premiers essais le 9 Avril 1917 et est commandé définitivement en mai 1917.

Les premiers chars furent achevés en septembre 1917. Le FT-17 connut sa première bataille le 31 mai 1918, lors d’un combat pour la forêt de Retz.

Les armes et les assauts

Observation On peut, même de nos jours, tirer sur un avion à basse altitude avec un fusil et l’endommager, mais attaquer un avion avec un grenade à main, même à l’époque, c’est grotesque.

Les charges de l’infanterie française telles qu’elles sont montrées dans le film correspondent plus à ce que l’on a pu voir au début de la guerre, dans les premiers mois des hostilités.

En 1917, malgré le carnage du Chemin des Dames en avril, dans un secteur très localisé comme cela est présenté dans le film, la tournure des assauts a évolué : c’est particulièrement flagrant au moment de l’attaque des poilus de Bingo Crépusucule sur la tranchée allemande d’en face.

Bastoche lance une grenade 'citron' alors qu’elle n’apparaît qu’en février 1918.

Pendant le plan 'pour la france', on voit un soldat portant un FM Chauchat, à ses pieds un fantassin tué dont la baionette est pliée, chose impossible, elle aurait soit cassé soit resté accrochée au fusil.

La chanson de Craonne et les uniformes

Ce film est truffé d’erreurs historiques et d’anachronismes : l’action se passe en janvier 1917 mais le char Renault FT17 n’est pas encore en service à cette date.

Lors du mitraillage de Manech par l’Albatros, un protagoniste affirme que le mitrailleur est placé derrière le pilote 'parce que le tir à travers l’hélice n’existe pas encore' ce qui est inexact : il est opérationnel dès la fin 1914.

Dans le no man’s land, le syndicaliste chante 'la Chanson de Craonne' qui sera composée en fait plusieurs mois plus tard, après l’offensive du 'Chemin des Dames' (avril 1917).

La plupart des militaires du film portent le même numéro de régiment au col : cela impliquerait qu’ils se connaissent tous ce qui n’est pas cohérent par rapport à l’histoire.

La représentation de la Bretagne

La famille de Mathilde vit en Bretagne, or à l’époque, la majorité des femmes portent la coiffe de leur pays, même les villes ont leur coiffe spécifique, en basse comme en haute Bretagne.

On parlait très peu français, plutôt gallo ou breton.

On voit aussi faire sauter des crèpes à la poelle. Instrument qui n’est pas employé pour faire des crèpes en Bretagne.

On utilise une plaque de 30/40 cm de diamêtre posé sur un trépier, souvent au dessus du feu de la cheminée.

La guillotine et le destin de Tina

Depuis 1893, on ne guillotinait plus les femmes en France. Elles étaient automatiquement graciées.

C’était plus un accord tacite qu’une loi. On recommença à guillotiner les femmes sous le Régime de Vichy.

Tina Lombardi ne pouvait donc être éxécutée de cette manière. Au pire, elle aurait pu être fusillée si ses crimes avaient été jugés par un tribunal militaire.

Les téléphones

Le téléphone qu’on voit ici est bien un Marty 1910 mural (dit boîte à sel) mais le timbre de la sonnerie est placé à un endroit tout à fait invraisemblable !

Le plus drôle c’est qu’il ne possède pas de micro. On voit le brave curé décrocher un écouteur sur la gauche (alors que ce devrait être un combiné) et l’autre écouteur (pas d’origine, de même que le fil) en dessous et s’en servir comme d’un microphone !

On a dû fourguer une infâme bidouille à l’accessoiriste ! Il y a une autre séquence du film où on voit le détective Pire (alias La Fouine) utiliser le plus sérieusement du monde un combiné téléphonique à cornet à l’envers !

Le téléphone était il vraiment si répandu en 1920 ? Les acteurs n’arrêtent pas de téléphoner pendant tout le film.

Quand l’allemande téléphone à Mathilde vers la fin du film, il y a deux grosses incohérences. Premièrement, Mathilde ne lui donne pas son numéro (elles vont se réassoir séparément au restaurant après leur discussion). Deuxièmement, elle appelle à la gare au moment ou Mathilde y est ! Quel coup de chance !!

Les incohérences de continuité

La première scène se passe le 6 janvier 1917, il y est dit à propos de Manech 'qu’il lui manquait 5 mois pour avoir 20 ans'. On peut en conclure qu’il est né vers le mois de juin 1897.

Il est dit plus tard que Mathilde est née le 1er janvier 1900 'c’est commode pour calculer son âge'. Mathilde et Manech auraient donc environ 2 ans et demi de différence d’âge, or, on apprend ensuite que: 'en juin 1909 Mathilde a donc 9 ans, Manech en a 10'.

Plus tard dans le film il est encore fait référence à une seule année de différence. Erreur entièrement pardonnée, le film est magnifique !

Dans la scène où Notre-Dame est dans la trappe et que Bastoche vient mourrir dans l’escalier, on voit Notre-Dame fermer les yeux de Bastoche, or dans la scène suivante il y a un gros plan de Bastoche avec les yeux ouverts.

Quand Manech grave les trois m sur la cloche il frappe à chaque coup que la cloche sonne si il est midi la cloche sonne 12 fois il est possible qu’elle recommence 5 minutes plus tard ce qui fais 24 coups on vois très qu’il a besoin de donner une centaine de coups pour graver les trois m.

La voix off dit que la première fois que Manech et Mathilde ont concrétisé leur amour, il s’est endormi la main posée sur son sein et sentait les battements de son cœur.

Sur l’image, on voit qu’il a la main sur le sein droit de Mathilde.

Manech mange son bol de cacao et sa tartine au miel, quand on lui demande le nom de sa fiancée.

Le plan change, et quand la caméra revient sur Manech, on le voit juste manger sa tartine. Mais où est donc passé le bol de cacao, puisqu’à cause de ses deux doigts manquants, il ne pouvait logiquement pas poser le bol par terre sans le renverser ?

Alors que la scène se déroule en 1920, Pierre-Marie, dans sa discussion avec Mathilde, emploie le terme 'ubuesque', mot apparu en 1922 dans le 'Mercure de France'.

Les décors et les effets spéciaux

Toujours à la recherche de son amoureux, Mathilde décide d’aller voir sur place et est guide par un vieux monsieur.

1er problème : comment se peut-il que cet homme connaisse si bien le terrain, vu son age, il n’a pas pu être dans les tranchées.

2eme problème, comment ont-ils pu tomber sur la trappe donnant accès à la chapelle puisque d’après le récit du survivant celle-ci a volée en éclat par un obus lors d’une attaque.

De plus, on voit ses derniers dans un grand champ de fleurs, tout a repoussé 2 ans après : c’est impossible les terrains ont tellement été saccagés par les obus et les gazs qu’il a fallu plus de temps pour que dame nature reprenne ses droits.

De plus en 1920, les champs de batailles n’étaient pas encore néttoyés tout était encore intact : cadavres, armes, obus, etc.

On voit toute l’équipe de tournage se refléter dans le casque du Poilu qui vient s’allumer une cigarette à la lanterne.

Minutage : 00:01:45.

On voit que l’araignée qui se pose sur la joue de Manech est une image de synthèse.

Minutage : 00:11:00.

Une scène romantique et ses références

La scène où Mathilde se déshabille à la lueur des allumettes est peut-être un clin d’œil à un poème tiré de 'Paroles' de Jacques Prévert.

La voix off dit que la première fois que Manech et Mathilde ont concrétisé leur amour, il s’est endormi la main posée sur son sein et sentait les battements de son cœur.

Le making-of et les projections

Le making-of est réalisé par Julien Lecat.

Le film a notamment été présenté en présence de Valentin Monge, cadreur Steadicam du film, et de Bruno Delbonnel, chef opérateur, sous réserve.

Des images associées au film montrent Jérôme Kircher et Gaspard Ulliel dans Un long dimanche de fiançailles, Gaspard Ulliel dans Un long dimanche de fiançailles, Audrey Tautou dans Un long dimanche de fiançailles, ainsi qu’Audrey Tautou et Gaspard Ulliel réunis dans le film.

Shooting 'A Very Long Engagement' (with Jean Pierre Jeunet & Bruno Delbonnel, AFC, ASC)

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