Vinapu sur l’île de Pâques : architecture, statues et énigmes d’un site cérémoniel unique

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Vinapu est un complexe archéologique situé sur une vaste esplanade au bord de la côte sud de l’île, où se termine la piste d’atterrissage de l’aéroport. La zone Vinapu est une zone cérémonielle où se trouvent les restes de 3 plates-formes. Dans le principal ahu appelé également Vinapu I ou Tahira, situé à gauche de la route, se trouvent six statues tombées face contre terre avec trois des pukao qui les ont couronnées. Son orientation, comme dans de nombreuses autres plates-formes de l’île, est liée à la position des étoiles. De dos face à la mer, il y a un autre moai enterré dont seule la tête fait surface. Sa silhouette est très détériorée par l’érosion et on se rend compte que les orbites ne sont pas sculptées. Derrière la statue, se dresse le mur du fond de l’ahu qui est à l’origine de la renommée et des diverses théories de ce lieu unique sur l’île. Ce mur énigmatique montre l’une des plus belles œuvres de l’architecture rapanui. Cette construction a une grande ressemblance avec les structures que l’on peut observer dans la forteresse de Saysachuaman et dans la citadelle de Machu Picchu au Pérou.

Selon une théorie, Vinapu aurait été construit par l’Inca Tupac Yupanqui lors de son expédition dans le Pacifique. Selon ces chroniques, Tupac Yupanqui, se trouvant dans la zone nord du Pérou, prit conscience de l’existence d’îles éloignées et décida d’aller les conquérir. José Antonio del Busto affirma que ces deux îles pouvaient être Mangareva (en Polynésie française) et l’île de Pâques. Il déclara avoir trouvé plusieurs preuves qui le prouvaient, notamment le fait qu’il exista Mangareva une légende selon laquelle un roi Tupa serait venu de l’Est sur un radeau à voile, transportant des orfèvres, de la céramique et des textiles. L’historien français Jean Hervé Daude affirme que les plates-formes de Vinapu étaient fabriquées de la même manière que les chullpas de Sillustani, près du lac Titicaca au Pérou, les mêmes que celles qui furent élevées à l’époque de Tupac Yupanqui. Les deux bâtiments sont formés par une façade en pierre qui soutient les gravats qui servent de matériau de remplissage. L’Ahu Vinapu connu sous le nom de Vinapu II, situé à droite de l’Ahu Tahira, est la plate-forme plus ancienne. Cinq moai sont renversés et plusieurs pukao sont dispersés. Mais la principale attraction de cet endroit est la colonne rouge particulière qui se dresse devant l’ahu. Il semble que cette « colonne » érodée représente en réalité un singulier moai féminin, comme le montrent les détails de sa surface. Les statues trouvées représentant le genre féminin sont très rares. Il reste des vestiges d’une troisième plateforme, appelée Vinapu III, qui serait la plus ancienne du complexe, mais il ne reste presque plus aucun tas de pierres.

Pour accéder à Vinapu depuis Hanga Roa, prenez l’avenue Hotu Matu’a qui est parallèle à la piste d’atterrissage de l’aéroport de Mataveri. En passant les réservoirs de carburant, vous devez tourner à gauche jusqu’à ce que vous atteigniez une fourche dans les chemins de terre. Ahu Vinapu est un ensemble de plateformes cérémonielles ou Ahu. La plateforme principale est la plus vaste de l’île. L'ensemble des Moaïs présents sur le site sont ici renversés et ce n'est donc pas tant les statues qui font l’intérêt du site mais plutôt la construction même de la plateforme. On trouve en effet ici un "mur Inca", une construction constitué d’impressionnant blocs de pierres parfaitement ajustés, ressemblant exactement au types de murs que l'on retrouve à Cusco, au Pérou, la capitale des Incas. Le plus ancien ahu de l’île, mais également le plus résistant de tous. L’ahu Vinapu est assurément le plus beau, le plus massif et le plus précisément assemblé de l’île de Rapa Nui. Composé de blocs massifs, il dénote des autres. Il est selon l’archéologie et selon la mémoire du peuple Rapa Nui le plus ancien de l’île, bien que j’ai récemment entendu dire que l’on affirmait qu’il était au contraire le plus récent et d’influence péruvienne.

Les questions que je me pose sont simples. Fidèles à cette idée de progrès permanent de l’Homo sapiens, l’on s’attendrait donc à ce que les ahu suivants soient identiques, voire même meilleurs… or le problème, c’est justement qu’ils ne seront ni aussi massifs, ni même aussi précis dans leurs assemblages, au point de finir tous par s’effondrer… exception faite de l’ahu Vinapu ! De gauche à droite, les ahu d’Akivi, de Tongariki, et de Nau Nau, dans la baie d’Anakena, n’ont rien à voir avec l’ahu Vinapu. Alors soit le secret de cette fabrication est un cas unique rapidement perdu ; soit, sans vouloir offusquer personne et encore moins le peuple Rapa Nui, il n’a rien à voir avec la construction de l’ahu Vinapu. Il existe une très forte parenté de style entre l’ahu Vinapu et les murs attribués aux Incas, au Pérou. Nous sommes encore dans les hauteurs du volcan Rano kau, nous empruntons une petite piste. De tous les ahu de Rapa Nui, le site du Vinapu est le plus énigmatique et suscite le plus de théories sur les origines du peuplement de l’île. Le Vinapu est composé de deux ahu (côte à côte) tournant le dos à une falaise, sur la pente sud-est du Rano Kau et des restes d’un troisième. Parmi les trois ahu, l’un est fait d’un assemblage de pierres comparable à un mur incaïque. Le Vinapu est antérieur à l’âge d’or des Incas (les ahu sont datés de 1200). Le Vinapu n’a probablement rien de sud-américain.

Les Pascuans venaient-ils de l’est ou bien de l’ouest ? L’Ile de Pâques captive… Étape emblématique d’un voyage au Chili ou d’un tour du monde, ce joyau du Pacifique est entouré d’un halo de mystère auquel s’ajoute la splendeur de son environnement naturel déclaré Parc National et inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Et puis il y a bien sûr les Moais, ces statues de pierre qui se dressent fièrement à chaque coin de l’île. On les imagine comme de muets protecteurs de basaltes mais quels mystères les entourent ? Située au large des côtes chiliennes, l’Ile de Pâques doit son nom au navigateur hollandais Jacob Roggeveen qui découvrit ces rivages le dimanche de Pâques de l’année 1722. Son nom se répandit ainsi dans le monde entier même si pour ses habitants elle s’appelle en réalité Rapa Nui. Un patronyme qui sonne comme une revendication de ses origines polynésiennes. Lorsque Roggeveen débarqua, l’Ile de Pâques était en effet déjà peuplée de quelques 3 000 habitants qui y vivaient en autarcie depuis plus d’un siècle. La légende des Sept Explorateurs Polynésiens raconte leur arrivée. Nous sommes alors au VIème siècle ; Hotu Matu’a, roi d’une île des Marquises, fit un rêve où il vit ses terres noyées par la montée des eaux. Il décida d’envoyer sept hommes en éclaireurs pour trouver un nouveau foyer à son peuple. Après plus de 3 000 km en pirogue en direction du soleil levant, ces derniers abordèrent les pentes fertiles de l’Ile de Pâques. Bien des théories circulent sur la fin des premiers habitants de Rapa Nui. La plus répondue voit leur soudaine disparition dans l’épuisement de leurs ressources naturelles. On dit qu’ils ont signé leur perte lorsqu’ils ont coupé le dernier arbre de l’île. A l’hypothèse de la surexploitation de leur sol, certains théoriciens privilégient celle d’une guerre entre les différents clans de l’île. Aujourd’hui, un peu plus de 3 000 habitants résident encore sur Rapa Nui au cœur du village de Hanga Roa. Outre les airs de paradis perdu de l’Ile de Pâques, ce qui attire et inspire les voyageurs ce sont bel et bien ces gigantesques bonshommes de pierre. Pouvant atteindre jusqu’à 9 mètres de haut, les Moais gardent précieusement leurs secrets. Certains sont à moitié ensevelis, d’autres gisent à terre brisés ou inachevés tandis que d’autres arborent un pukao, étonnant chapeau taillé dans une roche volcanique rouge. On compte près de 900 Moais sur Rapa Nui. Rano Raraku est le lieu le plus fort en émotion de l’Ile de Pâques. Cette carrière où furent taillées toutes les statues de l’île ressemble à un cimetière de Moais. 397 visages y reposent, à l’abandon, attendant éternellement d’être achevés… Malgré leur 8 tonnes, certains Moais furent transportés, intacts, à l’autre bout de l’île. Tongariki est l’une des images les plus réputées de l’Ile de Pâques car son Ahu présente le plus grand alignement de Moais de l’île. Ils sont au nombre de 15. A l’instar des autres statues de Rapa Nui ces géants tournent le dos aux eaux. Ce serait les ancêtres qui, dressés vers l’intérieur de l’île, protégeraient les membres de leur clan. Rapa Nui a beau être une île, ce n’est pas le trio sable fin, cocotiers et eaux turquoise qui la caractérise. La plage paradisiaque d’Anakena fait cependant exception. Seuls Moais de Rapa Nui faisant face à l’océan, ces sept majestueuses statues représenteraient les fameux sept explorateurs polynésiens venus en éclaireurs sur ces terres lointaines. Vinapu est très différent des autres sites de l’Ile de Pâques. Aucun Moai à l’horizon mais l’un des plus grands Ahu de Rapa Nui. Cette plateforme cérémonielle en pierre n’est pas sans rappeler les roches massives des constructions incas. Certains historiens évoquent d’ailleurs un lien possible entre les incas et l’Ile de Pâques. Une expédition serait partie du Pérou en direction de ce territoire dans les années 1460. Rapa Nui est à l’origine une île volcanique. Elle abrite trois volcans aujourd’hui éteints qui sont situés chacun à une extrémité du territoire. Le plus emblématique est celui de Rano Kau dont le cratère abrite une tourbière. Au sommet du volcan Rano Kau se trouve le village d’Orongo. De nos jours, il n’en reste que quelques ruines et un petit musée rappelant l’histoire de ce site où naquit le culte de l’Homme-Oiseau. Il s’agissait de la plus grande cérémonie religieuse de l’île. Chaque année, toutes les familles ou les clans de Rapa Nui envoyaient un de ses membres tenter de récupérer le premier œuf d’hirondelle de mer de la saison. Pour se faire, les élus devaient rallier à la nage, dans une mer infestée de requins, l’îlot de Motu Nui situé à deux kilomètres de l’Ile de Pâques. Sur Motu Nui, il leur fallait parfois survivre de longs jours durant avant que le premier œuf ne se laisse entrevoir. De là, les participants devaient encore remonter à Orongo en gravissant la paroi rocheuse de l’île afin de devenir l’Homme-Oiseau de l’année. L’Ile de Pâques compte de nombreuses grottes, perchées à flanc de falaise, qui servaient à la fois de maisons ou de refuges. Surnommée « la grotte aux bananes », Ana te Pahu s’est formée par l’effondrement d’un tunnel de lave.

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