Baptême catholique : pourquoi tous les appelés portent-ils le nom de Marie sur les registres de baptême ?

Dans le baptême catholique, le prénom donné à l’enfant et son inscription sur le registre de baptême sont deux réalités distinctes : le registre conserve l’identité de la personne baptisée et la réalité historique du sacrement, tandis que le prénom « Marie » peut être choisi comme prénom de baptême, prénom usuel ou deuxième prénom, en lien avec la dévotion à la Vierge Marie.

Le baptême ne signifie pas que toutes les personnes baptisées doivent s’appeler Marie, ni que le nom de Marie est automatiquement ajouté à leur identité civile. Le registre de catholicité peut toutefois mentionner les prénoms de baptême, qui ne sont pas toujours les mêmes que ceux de l’état civil, ainsi que le nom du parrain, de la marraine et les autres éléments liés au sacrement.

Le nom inscrit au moment du baptême

Au début de la célébration, le prêtre accueille la famille du futur baptisé en lui demandant le nom qu’ils ont choisi pour leur enfant. Dans un dialogue avec les parents et les parrains/marraines, le prêtre leur rappelle que ce choix du baptême implique une éducation chrétienne.

Le célébrant interroge les parents, le parrain et la marraine. « Quel nom avez-vous choisi pour votre enfant ? » : xxx « Que demandez-vous pour lui ? » : le baptême

Par vos réponses, vous exprimez publiquement l’engagement que vous prenez pour votre enfant. Le célébrant du baptême ainsi que les parents, le parrain et la marraine tracent une croix sur le front de l’enfant.

Le nom prononcé pendant cette première étape est celui sous lequel l’enfant sera accueilli dans la communauté chrétienne. Il peut s’agir du prénom civil, d’un prénom composé ou d’un prénom de baptême choisi par la famille.

Marie, un prénom chrétien très répandu

Qui ne connaît pas de Marie dans son entourage ? S’il est moins porté aujourd’hui, le prénom reste l’un des plus donnés au monde. Rien qu’en France, plus de deux millions de Marie ont vu le jour entre 1900 et 2018 !

Le prénom Marie peut être choisi pour rappeler la place de la Vierge Marie dans la foi chrétienne, pour inscrire l’enfant dans une tradition familiale ou pour le placer symboliquement sous sa protection. Il peut être porté par une fille, mais aussi apparaître dans un prénom masculin composé comme Louis-Marie, Jean-Marie ou Pierre-Marie.

Pourquoi donner le prénom Marie au baptême ?

Un choix lié à la foi familiale

Au moment de la naissance de leur troisième enfant, une fille, Airelle et Yann demandent à Dieu de leur inspirer un prénom. Vient l’évidence : ce sera Marie.

« Toutes les sages-femmes étaient ravies, elles se sont extasiées à l’idée d’accueillir une petite Marie ! » se remémore la maman de 36 ans qui trouve que le prénom est moins donné de nos jours : « En onze ans d’enseignement, je n’ai eu qu’une seule Marie en élève. »

Airelle se prénomme en réalité Airelle-Marie. À l’adolescence, elle a raccourci son prénom, le jugeant long et pompeux. Appeler sa fille Marie est un cadeau qu’elle lui fait.

« Cela revient à transmettre un bout de moi, de ma foi et de mon cœur, pour que la Sainte Vierge soit un peu plus au côté de ma fille », raconte-t-elle. La petite Marie, âgée de 15 mois, babille sagement dans les bras de sa mère.

Airelle espère que sa fille saura se démarquer et s’affirmer. Le couple souhaite que leur enfant soit aussi courageuse que sa sainte patronne.

« Je reste très impressionnée de l’avoir appelée Marie, c’est le prénom et je veux qu’elle ait conscience que nous l’avons choisi pour elle. » Tout sauf un hasard.

Une tradition familiale

Donner le prénom Marie est une tradition chez les Ducrot. « Mon grand-père vouait un vrai culte à la Vierge Marie », raconte Marie-Apolline.

Pour Anne-Marie, la grand-mère, ainsi que son époux désormais décédé, leurs enfants doivent être consacrés à Marie, mère de tous les chrétiens.

Le couple décide ainsi de placer sous sa protection ses cinq enfants : Marie-Joseph, Jean-Marie, François-Marie, Marie-Bernard et, enfin, Pierre-Marie.

Marie-Apolline s’amuse de cette tradition, non sans fierté. « Mon père, Pierre-Marie, a décidé de la poursuivre. Mes sœurs s’appellent Marie et Marie-Déméter, et mon frère, Louis-Marie », raconte la jeune femme de 24 ans, qui se dit toujours croyante et pratiquante.

« En plus du baptême, je suis marquée d’un sceau spécial avec mon prénom. Je ne pourrais pas m’en débarrasser », souligne-t-elle.

Marie-Apolline prie et chante la Vierge : « Elle est le socle de la famille. Elle a tout donné pour son fils Jésus ; elle se tient à son côté jusqu’à la fin, c’est très beau », confie-t-elle.

Poursuivra-t-elle la tradition familiale ? Elle sourit : « Je ne pense pas mais je donnerai Marie en deuxième prénom. »

Un prénom classique devenu signe d’appartenance

Enfant, si elle avait pu choisir, Marie ne se serait pas appelée ainsi. La petite fille trouvait le prénom trop classique.

« J’aurais aimé un nom plus dynamique, avec plus de personnalité », confie-t-elle à présent. « Marie » lui évoque pourtant la douceur, la bienveillance et l’écoute.

« Des qualités que je possède », reconnaît-elle. Son entourage lui disait souvent que c’était le plus beau prénom du monde.

Mais « ils étaient tous cathos, cela ne comptait pas », sourit-elle, ce qui ne l’a pas empêchée de transmettre le prénom à ses enfants !

Dans son chemin de foi, son lien avec la Vierge ne s’est pas créé par ce dénominateur commun mais plutôt par la prière. Marie lui confie ses doutes et ses inquiétudes.

Mais c’est son deuxième prénom qui la fait soupirer aujourd’hui, non sans humour : « Je m’appelle aussi Josèphe. Au moins comme ça, j’ai toute la crèche avec moi ! »

Un prénom marial porté par un homme

Quand j’étais petit, avoir un nom aussi catégorisé “catho” n’était pas agréable », se souvient Louis-Marie. Trop long, son prénom est un poids.

« J’ai pris des surnoms que j’ai gardés : LM, Loulou », ajoute le jeune homme de 31 ans. Est-ce différent, quand on est un homme, de porter ce prénom ?

« J’ai longtemps pensé que la Vierge Marie ne s’adressait qu’aux femmes, les Marie, c’était les mamies qui égrenaient les chapelets », plaisante-t-il.

En devenant père, Louis-Marie réalise que Marie parle à tout le monde, même aux hommes. Il la prend comme modèle parental.

« Comme Marie accompagne Jésus, discrètement mais pleinement, je veux avoir une juste distance avec mes enfants. Dieu me les a confiés mais ils ne m’appartiennent pas », observe-t-il.

Louis-Marie tient son prénom du saint breton Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716). Très attaché à la Sainte Vierge, ce dernier a écrit le Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie.

Le jeune homme y voit une résonance de sa tendresse pour la Mère du Christ. Il regrette cependant une « caricature » de Marie, souvent dépeinte comme une jeune fille lisse qui accepterait tout sans se poser de questions.

« Elle est libre et dotée d’une énorme force de caractère ! À 15 ans, elle dit oui à Dieu avec assurance et elle a assumé ce choix jusqu’au bout. »

Marie comme nom reçu dans une vocation religieuse

En 1954, à 17 ans, Marie-Thérèse ressent un appel pour rentrer dans l’ordre des sœurs de la Visitation. « Je me suis demandé : “Quel prénom pour ma vie religieuse ?” Alors une petite voix intérieure m’a dit : “Ne demande rien, pas même Marie, il ne faut rien interposer entre Dieu et ton âme !” » raconte-t-elle.

Au cours du rituel de la prise d’habit, la jeune fille entend le célébrant proclamer : « Vous ne vous appellerez plus Marie-Thérèse, mais sœur Marie-Reine. »

« Quelle surprise ! » se souvient-elle. Pour la jeune religieuse, c’est un électrochoc suivi d’une immense paix intérieure.

Avec sa sérénité et sa force, la Reine des Cieux l’inspire. Elle apprend que son confesseur, père dominicain, avait demandé au couvent qu’elle soit appelée Marie-Reine.

Un prénom tout trouvé en 1954, année mariale et première consécration de la royauté de Marie. « Ce prénom est devenu une feuille de route, une lettre de mission. »

Aujourd’hui âgée de 82 ans, Marie-Reine a concrétisé sa mission par la publication d’un livre : Marie et la Pâque de la Sagesse*.

Marie et le baptême catholique

Ni les Évangiles, ni les écrits des Apôtres, ni la Tradition de l’Église, ne font allusion au baptême de Marie. On ne sait donc pas si elle est baptisée.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’elle n’en a pas besoin ! Le baptême nous sauve du péché : née sans péché, toute pure, toute sainte, Marie n’a pas besoin d’être sauvée du péché, puisque le péché ne l’affecte d’aucune manière.

Par le baptême, nous recevons l’Esprit Saint : « comblée » de grâce, Marie est remplie de l’Esprit Saint dès le premier instant de son existence.

À la Pentecôte, avec toute l’Église, elle reçoit à nouveau le don de l’Esprit ; saint Bernard disait qu’elle était « pleine, archi pleine, débordante » de l’Esprit Saint !

Par le baptême, nous devenons des fils de Dieu : choisie par Dieu pour être la Mère de son Fils, Marie est la fille bien-aimée du Père. Elle reçoit donc « directement » cette grâce d’adoption filiale.

Le fait de porter le prénom Marie ne signifie donc pas que la personne est assimilée à la Vierge Marie. Ce prénom rappelle une relation spirituelle, une tradition, une protection invoquée ou une volonté familiale de transmettre un héritage chrétien.

Le déroulement du baptême catholique d’un petit enfant

La messe de baptême à l’église est très importante pour les chrétiens mais elle peut parfois être impressionnante. C’est pourquoi, avant de baptiser son bébé, il est courant d’avoir des réunions préparatoires au baptême, afin de pouvoir lire les textes et de s’en imprégner mais aussi pour comprendre les nombreux symboles du baptême religieux.

Le déroulement du baptême proposé est celui des petits enfants. Quand un enfant est baptisé en âge scolaire ou quand adulte est baptisé, c’est lui qui dialogue avec le prêtre.

cérémonie de baptême catholique à l’église

L’accueil et la demande du baptême

Généralement devant l’église le célébrant accueille et salue les parents, le parrain et la marraine ainsi que le reste de l’assemblée.

Le prêtre accueille la famille du futur baptisé en lui demandant le nom qu’ils ont choisi pour leur enfant. Dans un dialogue avec les parents et les parrains/marraines, le prêtre leur rappelle que ce choix du baptême implique une éducation chrétienne.

Puis, le prêtre marque l’enfant du signe de la croix sur le front en disant : « N. l’Église de Dieu t’accueille avec joie. En son nom, je te marque de la croix, le signe du Christ, notre Sauveur. »

Il invite les parents, le parrain et la marraine à marquer à leur tour l’enfant du signe de la croix. On ouvre la porte, et on entre dans l’église en chantant.

La liturgie de la Parole

Après être tous entrés dans l’église en chantant, le célébrant invite les parents, le parrain et la marraine ainsi que toute l’assemblée à participer à la célébration de la Parole de Dieu au sein de l’église.

Le choix des lectures colore la célébration du baptême. Cette Parole de Dieu, le futur baptisé aura à l’approfondir et la découvrir tout au long de sa vie.

On lit un passage de l’Ancien testament, un psaume et un évangile choisis par les parents, parrain et marraine, avec le prêtre ou le diacre parmi les vingt et une lectures possibles pour un baptême.

On pourra lire une ou plusieurs lectures bibliques. Le plus habituellement, il y a une première lecture, un psaume et un passage d’un évangile.

Il faut choisir ces textes et solliciter une personne pour lire la première lecture, une pour lire ou chanter le psaume. L’Évangile sera lu par le diacre ou le prêtre.

Avant l’Évangile on pourra chanter une acclamation « Alléluia ». Le célébrant commente la Parole de Dieu.

Les lectures possibles

Première lecture : Exode 17,3-7 ; Isaïe 49,13-16 ; Ézéchiel 36, 24-28 ; Ézéchiel 47, 1-2. 8-9.12 ; Paul aux Romains 6, 3-5 ; Paul aux Romains 8, 28-32; 1ère lettre de Paul aux Corinthiens 12,12-13 ; Paul aux Galates 3,26-28 ; Paul aux Éphésiens 3,16-21 ; Paul aux Éphésiens 4,1-6 ; 1ère lettre de Pierre Apôtre 2, 4-5. 9-10 et 1ère lettre de Jean 4, 7-12.

Voici quelques propositions de psaumes : Psaume 22 ; Psaume 26 ; Psaume 32 ; Psaume 33 ; Psaume 99 et Psaume 103.

Choix d’évangiles possibles : Saint Jean 3, 1-6 ; Saint Jean 4, 5-14 ; Saint Jean 6, 44-47 ; Saint Jean 7, 37b-39a ; Saint Jean 9,1-7 ; Saint Jean 15, 1-11 ; Saint Jean 19, 31-35 ; Saint Luc 10, 21-22 ; Saint Marc 1,9-11 ; Saint Marc 10, 13-16 ; Saint Marc 12, 28-31 ; Saint Mathieu 22, 35-40 ; Saint Mathieu 28,18-20.

Le baptisé sera invité tout au long de sa vie à donner une place essentielle à la Parole de Dieu. Il comprendra que Dieu s'adresse à lui, qu'il l'aime et le sauve.

La prière universelle

C’est la prière de la communauté chrétienne attentive à la vie des femmes et des hommes d’aujourd’hui. On pourra chanter un refrain et solliciter une ou des personnes pour lire les intentions.

  • Pour cet enfant qui reçoit aujourd'hui le baptême, afin qu'il découvre la joie de suivre et d'aimer le Christ, prions le Seigneur.
  • Pour ses parents, qu’ils l’aident à découvrir l'amour de Dieu chaque jour, prions le Seigneur.
  • Pour ceux qui s'engagent au nom de leur baptême dans le monde pour la justice et la paix, prions le Seigneur.
  • Pour ceux qui cherchent un chemin de bonheur, que Dieu leur montre le chemin de la foi, prions le Seigneur.

La litanie des saints

On invoque les saints, particulièrement le saint patron des enfants. La célébration se poursuit avec la litanie des saints.

Dans la tradition catholique, c’est une prière adressée à une série de saints demandant leur intercession auprès de Dieu : priez pour nous.

Vous pouvez invoquer les saints dont les membres de la famille portent le nom.

  • Sainte Marie, priez pour nous.
  • Saint Michel et tous les anges de Dieu, priez pour nous.
  • Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.
  • Saint Joseph, priez pour nous.
  • Saint Pierre et saint Paul, priez pour nous.
  • Saint « le ou les prénoms des saints patrons de l’enfant), priez pour nous.
  • Vous tous, saints et saintes de Dieu, priez pour nous.

La prière d’exorcisme et de délivrance

Le prêtre prononce une prière d’exorcisme et de délivrance. C’est une prière adressée à Dieu pour aider le nouveau baptisé à se mettre à la suite du Christ malgré des difficultés de la vie.

Puis, le prêtre impose sa main sur l’enfant en disant : « Que la force du Christ te fortifie, lui qui est le Sauveur et qui vit pour les siècles des siècles. » L’assemblée répond : Amen.

La prière de délivrance peut être accompagnée d’une imposition de la main sur la tête de l’enfant ou d’une onction d’huile des catéchumènes sur la poitrine.

Le rite de l’Effetha

Le célébrant trace une croix sur les oreilles et les lèvres de l’enfant.

Puis, le prêtre marque du signe de la croix les oreilles et la bouche de l’enfant en disant : « Effetah ! c'est-à-dire : Ouvre-toi! Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets ; qu'il te donne d'écouter sa parole, et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père. »

L’assemblée répond : Amen.

Le baptistère : l’eau, la renonciation et la profession de foi

La bénédiction de l’eau

Au baptistère, le célébrant, les parents le parrain et la marraine, portant l’enfant, s’avancent jusqu’à la fontaine baptismale.

Les parents s’approchent de la cuve baptismale où l’enfant va être baptisé. Le célébrant bénit l’eau qui symbolise les forces du mal mais qui renvoie aussi à la victoire du Christ sur la mort.

Dans cette prière de bénédiction, le prêtre rappelle que l’eau est présente dès les commencements, l’esprit qui plane sur les eaux lors de la création, le déluge, le passage de la Mer Rouge et le baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain.

Il termine la prière par : « Maintenant, Seigneur notre Dieu, regarde avec amour ton Église et fais jaillir en elle la source du baptême. Que cette eau reçoive de l'Esprit Saint la grâce de ton Fils unique, afin que l'homme, créé à ta ressemblance et lavé par le baptême des souillures qui déforment cette image, puisse renaître de l'eau et de l'Esprit pour la vie nouvelle d'enfant de Dieu. »

La renonciation à Satan

Le célébrant interroge le parrain et la marraine qui doivent affirmer qu’ils renoncent au mal et à Satan. Renonciation au démon avant l’adhésion au Christ.

Le prêtre s’adresse aux parents, parrain et marraine en leur demandant de renoncer au péché et à proclamer la foi en Jésus Christ, la foi de l’Église, dans laquelle leur enfant est baptisé.

  • Prêtre : « Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je le rejette. »
  • Prêtre : « Pour échapper à l'emprise du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je le rejette. »
  • Prêtre : « Pour suivre Jésus, le Christ, rejetez-vous Satan qui est l'auteur du péché ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je le rejette. »

La profession de foi

Le célébrant demande au parrain et à la marraine d’affirmer qu’il font leur foi à l’église.

La profession de foi reprend les principaux articles du symbole : Dieu en ses trois personnes, la rédemption dans le Christ, la destinée sublime des baptisés.

  • Prêtre : « Croyez-vous en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je crois. »
  • Prêtre : « Croyez-vous en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie, a souffert la passion, a été enseveli, est ressuscité d’entre les morts, et qui est assis à la droite du Père ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je crois. »
  • Prêtre : « Croyez-vous en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle ? »
  • Parents, parrain et marraine : « Je crois. »

Le célébrant demande au parrain et à la marraine d’affirmer qu’il font leur foi à l’église. « Telle est notre foi. Telle est la foi de l’Église que nous sommes fiers de proclamer dans le Christ Jésus, notre Seigneur. »

L’assemblée répond : « Amen. »

Le sacrement du baptême et ses symboles

Le rite de l’eau

Le célébrant demande une nouvelle fois si les parents souhaitent le baptême de leur enfant. Après l’acquiescement il verse, par trois fois, en forme de croix, l’eau sur le front de l’enfant.

Il prononce la formule millénaire : « Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ».

Le prêtre demande aux parents s’ils acceptent que leur enfant soit baptisé. Puis, il dit : « N, Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. »

Le baptême par l’eau marque l’entrée de l’enfant dans la vie chrétienne. La formule trinitaire rappelle que le baptême est célébré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

L’onction avec le saint-chrême

Le prêtre oint la tête de l’enfant avec le saint Chrême. Le prêtre va maintenant marquer l’enfant avec le saint chrême, une huile parfumée, pour signifier que l’enfant demeure dans le Christ pour la Vie éternelle.

Le vêtement blanc

Le parrain et la marraine remettent à l’enfant le vêtement blanc. Ce vêtement symbolise la pureté de l’âme, lavée du péché.

Puis, c’est la remise du vêtement blanc : on habille l’enfant en blanc ou s’il l’est déjà, on peut, par exemple, lui mettre un bonnet blanc ou une cape blanche.

Le prêtre dit : « N, tu es une création nouvelle dans le Christ; ce vêtement blanc en est le signe. Que tes parents et amis t'aident, par leur parole et leur exemple, à garder intacte la dignité des fils de Dieu, pour la vie éternelle. »

Le cierge allumé

Le célébrant allume le cierge et le donne au parrain. Ce cierge est le symbole de la foi, lumière du chrétien pour sa vie entière.

Le prêtre remet un cierge aux parents, il dit : « Recevez la lumière du Christ. C'est à vous, parents, parrain et marraine, que cette lumière est confiée. Veillez à l'entretenir : que cet enfant, illuminé par le Christ, avance dans la vie en enfant de lumière et demeure fidèle à la foi de son baptême. Ainsi, quand le Seigneur viendra, il pourra aller à sa rencontre dans son Royaume, avec tous les saints du ciel. »

La fin de la célébration

Le Notre Père et la bénédiction

À l’autel, la prière du Seigneur est récitée avec l’ensemble de l’assemblée. Récitation du Notre Père.

Les parents peuvent lire une prière pour remercier Dieu. Le prêtre prononce la bénédiction finale.

Le célébrant bénit l’assemblée puis conclut la célébration par l’envoi. La célébration se termine par une prière à Marie et un chant final par exemple « Tu es devenu enfant de Dieu. »

La prière à Marie

On peut alors se rendre auprès de la statue de Marie, chant ou prière à la Vierge Marie, non obligatoire.

La présence d’une prière mariale peut donner une place particulière au prénom Marie lorsque l’enfant le porte, mais elle n’est pas nécessaire pour que le baptême soit valide.

La signature du registre de baptême

La signature du registre officialise le baptême religieux. L’événement est inscrit au livre de Dieu. Dans ce même registre seront consignées d’autres étapes de son cheminement.

Après la célébration, signature de l’acte de baptême et quête. Pendant ce temps, on pourra écouter une musique en harmonie avec le lieu et la célébration.

La signature confirme que le baptême a été célébré. Elle ne transforme pas automatiquement le prénom religieux en prénom d’état civil et ne signifie pas que toutes les personnes inscrites doivent porter le prénom Marie.

Que contient un registre de baptême catholique ?

Un registre de catholicité est un registre paroissial tenu par un curé après 1792.

En effet, les registres paroissiaux ont été créés en 1539, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui stipulait que les paroisses devaient enregistrer les baptêmes dans des registres spécifiques.

Quarante ans plus tard, en 1579, l’ordonnance de Blois a demandé aux paroisses d’enregistrer également les mariages et les sépultures.

Cependant, suite à la proclamation de la République, en 1792, la tenue des registres d’état civil a été transférée aux maires des communes.

A partir de cette date, les paroisses n’ont donc plus eu l’obligation de tenir des registres de baptême, de mariage et de sépulture, mais elles ont continué à le faire.

Dès lors, les registres paroissiaux ont pris le nom de registres de catholicité, et les actes de baptême, de mariage et de sépulture ont été appelés actes de catholicité.

Les registres de catholicité peuvent notamment contenir :

  • le nom et les prénoms de l’enfant baptisé ;
  • la date et le lieu du baptême ;
  • les noms des parents ;
  • le nom du parrain et de la marraine ;
  • les signatures des personnes présentes ;
  • les éventuels prénoms de baptême, qui ne sont pas toujours les mêmes que ceux de l’état civil ;
  • les mentions ultérieures liées au parcours religieux de la personne.

Les registres de catholicité nous permettent également de retrouver les prénoms de baptême d’un ancêtre, qui ne sont pas toujours les mêmes que ceux de l’état civil.

Par exemple, mon ancêtre Clotilde Pélagie GELOT est nommée Clotilde Virginie GELOT sur son acte de baptême.

Pourquoi conserver la mention d’un baptême ?

La mention du baptême ne sert pas seulement à rappeler un événement familial. Elle constitue aussi une trace religieuse et historique du sacrement célébré.

Dans un cas examiné par la Cour de cassation le 19 novembre 2014, un septuagénaire a considéré que la mention de son baptême, malgré le reniement qu’il en avait obtenu, sur les registres religieux constituait une atteinte à l’intimité de sa vie privée.

C’est sur ce fondement et celui du non-respect de l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 relative au traitement des données à caractère personnel qu’il a sollicité l’effacement de la mention de son baptême du registre paroissial.

Il considérait en effet que l’appartenance religieuse relevant de la sphère de la vie privée, l’expression de cette appartenance sur les registres religieux devait pouvoir donner lieu à effacement.

La Cour d’appel de Caen, par un arrêt du 10 septembre 2013, infirmant le jugement du Tribunal d’instance de Coutances qui avait fait droit à sa demande, n’y a vu pour sa part aucune atteinte à sa vie privée ou à la loi du 6 janvier 1978.

La Cour de cassation rejette ainsi le pourvoi le 19 novembre 2014.

L’événement du baptême, célébré alors que le requérant venait de naître, peut-il, à lui seul, constituer le signe de son appartenance religieuse ? A fortiori lorsqu’il l’a reniée et que mention en a été faite à côté de celle du baptême sur le registre paroissial ?

C’est en tous les cas sur la base de ces éléments que la Cour de cassation a considéré que l’effacement de la mention du baptême ne pouvait être fondé sur la protection de la vie privée du requérant.

Consultation et conservation des données de baptême

Au nombre des éléments reconnus comme relevant de la sphère de la vie privée, l’on compte notamment les informations relatives à l’appartenance et la pratique religieuse.

Pour autant, et comme l’explicite la Cour d’appel, la révélation d'une appartenance religieuse ou l'absence d'une telle appartenance n'est attentatoire à la vie privée que si elle a pour objectif ou pour effet de déconsidérer la personne en cause ou de susciter des attitudes discriminatoires à son égard.

Ainsi, seule la divulgation de cette information dans des conditions fautives serait susceptible de caractériser l’absence de respect de la vie privée de la personne concernée.

Or les registres paroissiaux ne sont pas accessibles au public puisque peuvent les consulter uniquement la personne concernée et les ministres du culte, eux-mêmes tenus au secret.

La loi du 6 janvier 1978 dite « informatique et libertés » s’applique à tout traitement des données à caractère personnel, qu’il soit automatisé ou pas.

Elle impose un certain nombre d’obligations et il relève en particulier des articles 7 et 8 de cette loi qu’ « En l’absence de consentement de la personne, le responsable de la collecte de données doit avoir poursuivi un intérêt légitime et ne pas méconnaître l’intérêt ou les libertés et droits fondamentaux de la personne concernée. Les données à caractère religieux ne sont, dans ce cas, communicables qu’aux seuls membres appartenant à l’église et non aux tiers ; et elles ne doivent concerner que ces membres. »

La Cour de cassation a estimé que les dispositions relatives à la conservation des données personnelles avaient bien été respectées et ce à un triple titre.

Elle a d’abord relevé que les parents du requérant ayant pris l’initiative de son baptême alors qu’il venait de naître, ils ont consenti à sa mention sur le registre paroissial dans le cadre de leur pouvoir de représentation légale.

En outre, le requérant a obtenu l’inscription complémentaire sur ce registre de sa démarche de reniement de son baptême.

Elle a enfin retenu que malgré son reniement, le baptême constituait un fait dont la réalité historique ne pouvait être contestée.

Ainsi, l’effacement de sa mention sur le registre paroissial n’était pas non plus justifié au regard des dispositions de la loi du 6 janvier 1978.

Cette solution consiste toutefois à maintenir une situation qui, si elle a effectivement eu lieu, n’en a pas moins été reniée par le principal intéressé.

Où sont conservés les registres de catholicité ?

Dans le cas général, les registres de catholicité sont conservés dans les archives religieuses de l’Église catholique :

  • soit dans les archives de la paroisse, en général une armoire ;
  • soit à l’évêché, à la chancellerie, pour les actes de catholicité de moins de 100 ans ;
  • soit aux archives diocésaines, pour les actes de catholicité de plus de 100 ans.

En effet, les actes de catholicité sont établis en double exemplaire : le premier est conservé dans la paroisse, tandis que le second est transmis à la chancellerie de l’évêché.

Après une période d’environ 100 ans, la chancellerie transmet ses registres aux archives diocésaines.

Les modalités de consultation et les délais de communicabilité peuvent varier d’un diocèse à l’autre.

En effet, comme les services d’archives de l’évêché sont privés, ils fixent librement leurs propres conditions de consultation ou de délivrance de copies.

Pour connaître les modalités de consultation, le mieux est donc de se renseigner directement auprès du service d’archives qui les conserve.

Comment demander un acte de baptême ?

Dans la plupart des cas, il n’est pas possible de consulter directement les registres de catholicité en se rendant sur place.

Il faut donc adresser une demande par e-mail ou par courrier, en joignant une enveloppe affranchie. Le plus souvent, une petite participation financière sera demandée pour le service rendu.

En ce qui concerne les délais d’accès aux registres, un acte de catholicité est à tout moment communicable à la personne qui a reçu le sacrement ou à ses parents, dans le cas d’un mineur.

Sinon, les délais de communicabilité suivants s’appliquent généralement :

Type d’acteDélai généralement indiqué
Actes de baptême120 ans
Actes de mariage100 ans
Actes de sépultureAucun délai

Les archives diocésaines ont tout à fait le droit d’appliquer des délais plus longs ou de refuser de communiquer certains actes.

Registres de catholicité et recherches généalogiques

Dans cet article, nous allons voir comment consulter les registres de catholicité et comment les utiliser pour des recherches généalogiques.

Les registres de catholicité sont très utiles pour combler les lacunes de l’état civil. En effet, lorsque les registres d’état civil d’une commune ont été détruits, il est souvent possible de retrouver la naissance, le mariage ou le décès d’un ancêtre dans les registres de catholicité.

C’est le cas par exemple à Paris, où l’on peut retrouver les registres de catholicité de certaines paroisses, pour les périodes où l’état civil a été détruit.

Les registres de catholicité peuvent aussi nous permettre de retrouver la cause d’un décès, la mention de la cause d’un décès n’est pas autorisée sur les actes d’état civil.

Les actes de catholicité de sépulture nous permettent de savoir où est enterré un ancêtre. Cela est particulièrement utile lorsque notre ancêtre est décédé dans une grande ville dans laquelle il y a plusieurs cimetières.

Les registres de catholicité peuvent aussi nous renseigner sur le métier d’un ancêtre.

Les actes de mariage de catholicité nous permettent aussi de retrouver des liens de parenté entre époux. Notamment, on pourra y retrouver des informations sur les dispenses de consanguinité que deux époux ont dû obtenir pour se marier.

On pourra également retrouver d’autres dispenses d’empêchement au mariage, en particulier des dispenses de temps prohibé.

En utilisant les actes de catholicité, nous pouvons aussi retrouver les noms des témoins d’un mariage.

L’intérêt, c’est que cela peut donner des pistes sur des liens de parenté que l’on ne connaissait pas, et par conséquent, des indices pour nos recherches généalogiques.

Les registres de catholicité permettent de retrouver le parrain et la marraine d’un enfant, ou inversement, de découvrir de qui nos ancêtres ont été parrains ou marraines.

Grâce aux actes de mariage de catholicité, on peut aussi savoir si nos ancêtres se sont mariés religieusement, ou non.

Enfin, les registres de catholicité nous permettent de retrouver la date et le lieu de communion de nos ancêtres.

Registres de baptême en ligne et archives départementales

Dans certains départements, les registres de catholicité du 19ème siècle ont été transférés aux archives départementales, en général en raison de difficultés de conservation rencontrées par les archives diocésaines.

Dans ce cas, les registres de catholicité peuvent être consultés aux archives départementales, en série J, dans les fonds des archives privées.

Compte tenu de l’ancienneté des registres, ils sont librement communicables.

Dans certains départements, il est également possible de retrouver des registres de catholicité en ligne sur les sites des archives départementales.

Cependant, ce type d’initiative est encore aujourd’hui assez rare. Il faudra donc presque toujours se rendre sur place, en salle de lecture, pour consulter les registres.

La signature du registre demeure ainsi à la fois un geste liturgique, une preuve de la célébration du sacrement et une trace historique. Le prénom Marie peut y apparaître parce qu’il a été choisi par la famille ou transmis comme prénom de baptême, mais le registre n’impose pas à tous les baptisés de porter ce nom.

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