Plus de 320 manifestations et rassemblements ont été organisés pour défendre le 1er mai, nos salaires, pour la justice sociale et la paix juste et durable. Le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleuses et des travailleurs, a eu cette année une résonance particulière. Alors que les attaques contre ce jour férié obligatoirement chômé et payé se sont intensifiées, alors que les prix explosent, que les salaires stagnent et que les profiteurs de guerre accumulent les profits, ce sont des centaines de milliers de salarié·es, retraité·es, privé·es d'emploi et jeunes qui se sont mobilisé·es dans la rue.
Partout, manifestantes et manifestants ont défilé en reprenant des slogans revendicatifs : « le 1er mai, chômé, payé, on s’est battu pour le gagner on se battra pour le garder », « de l'argent pour les services publics, pas pour la guerre », « augmenter les salaires, pas les actionnaires », « de l'argent pour l'emploi, pas pour le patronat », « pain, paix, liberté », « le Rassemblement national pire ennemi des travailleurs-ses ». Dans ces cortèges, la CGT a réaffirmé l'importance de la mobilisation pour la défense du 1er mai. Après une première victoire sur la proposition de loi visant à faire travailler 1,4 millions de travailleurs et de travailleuses le 1er mai, le gouvernement cherche à imposer en urgence une loi floue qui ferait entrer dans le périmètre de la dérogation au chômage du 1er mai plus de 200 000 salarié·es.
La CGT rappelle que le « volontariat » n'existe pas en entreprise et appelle à signer massivement la pétition unitaire des 8 organisations syndicales « Non au passage en force sur le 1er mai ! » qui atteint aujourd'hui presque 114 000 signataires. Dans les cortèges, la CGT a porté avec les manifestants la défense de la paix et la solidarité avec les travailleurs et travailleuses du monde entier qui subissent les guerres, les bombardements et les conséquences mortifères des agissements de gouvernements d’extrême droite qui veulent imposer la loi du plus fort au détriment du droit international.
Ce 1er mai a aussi été l'occasion de réaffirmer notre lutte contre les idées d'extrême droite, contre le racisme et l'antisémitisme. Le monde du travail est attaqué frontalement par le Rassemblement national et ses alliés qui attisent la haine entre les travailleuses et les travailleurs. Ils servent le capital et se font le relais de la voracité du patronat sur les droits des travailleurs·ses. Le Medef a franchi une étape supplémentaire dans la normalisation du RN en le rencontrant la semaine dernière. Cette rencontre finit de démontrer que le cordon sanitaire est rompu par le patronat. Elle remet aussi en lumière l’imposture sociale du RN dont le projet politique sert le capital, la libéralisation et la dérégulation au profit des grandes entreprises et des plus riches.
Partout où l'extrême droite est aux commandes, ce sont le monde du travail et ses porte-voix qui sont les premières victimes. Ainsi, la commune de Liévin a vu la commémoration du 1er mai entravée par le maire RN. A Saint-Avold, c'est une initiative organisée par la CGT que le maire veut empêcher. Hier, ce sont toutes les organisations syndicales qui ont été ciblées par le maire de Carcassonne qui veut supprimer leurs locaux. Lorsque l'on s'attaque aux organisations syndicales, on s'attaque directement aux travailleurs·ses, à leurs droits, à leur capacité à s’organiser et peser !
Aujourd’hui, la CGT a interpellé le Premier ministre dans une lettre solennelle, l'appelant à mettre à l’ordre du jour un plan d’urgence pour protéger les travailleur·euses et mettre à contribution les profits avec notamment le blocage des prix du carburant, le rétablissement des prix régulés du gaz et de l’électricité, la hausse de l’ensemble des salaires, du SMIC, du point d’indice et des minima sociaux. Ce sont ces mesures solides et concrètes dont ont besoin les citoyennes et les citoyens. Plus de 70 000 personnes ont signé la pétition « Hausse du carburant : nous refusons de payer pour travailler ! ».
Dès lundi 4 mai, plusieurs secteurs professionnels, dont ceux de la santé/action sociale et des services publics territoriaux, seront mobilisés devant l’Assemblée nationale. Le même jour, dans l’unité syndicale, les salarié·es des laboratoires d’analyses seront en grève pour des augmentations de salaire et pour leurs conditions de travail. De nombreuses luttes sont engagées ou en préparation dans les entreprises et administrations sur les salaires, l’emploi et l’avenir industriel. Le travail des salariés le 1er-Mai sera finalement possible cette année, le texte permettant d'élargir le travail durant ce jour férié et chômé ayant au départ été repoussé, avant que le gouvernement ne revoit sa position.
Avec de vifs débats en Conseil des Ministres sur le devenir de la législation Publié le mercredi 29 avril 2026 à 15:00 Qui pourra travailler ce vendredi 1er mai 2026 ? Rappelons la règle actuelle pour les boulangers et les fleuristes : ils peuvent ouvrir, mais sans leurs salariés. Le gouvernement annonce un projet de loi pour ces deux professions, mais pour une entrée en vigueur l'an prochain, et ce texte était ce mercredi 29 avril au matin à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Il a donné lieu à un vif débat entre les ministres. Il faut dire qu'habituellement, en Conseil des ministres, les débats sont rares, ou alors extrêmement policés. Pas cette fois-ci : c'est Gérald Darmanin qui a sonné la charge, le ministre de la Justice s'oppose à ce projet de loi le 1er-Mai, en rappelant que chez lui, à Tourcoing, « le 1er-Mai, c'est le Noël des ouvriers, beaucoup de gens se sont sentis insultés », selon le garde des Sceaux, tenant d'une ligne gaulliste sociale, qui a aussi dénoncé un débat parisiano-centré, fin de citation.
Gérald Darmanin et Roland Lescure pas emballés par le projet de loi; Gérald Darmanin approuvé d'ailleurs quelques minutes plus tard en Conseil des ministres par son collègue Roland Lescure, dont le père était communiste, « le 1er-Mai, c'était pour lui le seul jour de l'année vraiment férié », a déclaré le ministre de l'Économie, sans pour autant s'opposer au projet de loi, car, dit-il, il cible uniquement les boulangers et les fleuristes. Alors ça c'est pour la future loi, mais est-ce qu'on sait ce qui va se passer vendredi ? De nombreux boulangers annoncent déjà leur intention d'ouvrir et avec leurs salariés, est-ce qu'ils vont être sanctionnés ?
Le projet de loi présenté ce mercredi matin ne sera pas voté avant plusieurs semaines au Parlement, donc ne pourra pas s'appliquer dès ce vendredi, mais le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, l'a assuré ce midi : « au nom de l'intelligence collective, au nom de cette convergence sociale, le 1er mai 2026 est sécurisé pour les artisans fleuristes et les artisans boulangers-pâtissiers. » Traduction, le ministre dit sécuriser, on comprend donc entre les lignes qu'aucun boulanger ni aucun fleuriste ne devrait être sanctionné s'il travaille ce 1er-Mai, à condition double : un, être payé fois deux, donc, et que ça soit bien sur la base du volontariat, même si le ministre répète qu'il n'a donné, dit-il, aucune instruction aux inspecteurs du travail.
France Inter et d'autres médias détaillent que le projet de loi du gouvernement pour autoriser boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er-Mai revient devant le Sénat mardi 16 juin. Chaque 1er mai, le muguet envahit trottoirs et places publiques. Invité de La Matinale ce 1er mai, Olivier Besancenot réagit à la polémique autour des dérogations permettant à certains commerces de travailler lors de la fête des travailleurs. La Direction générale du Travail suggère aux agents de prendre en compte le dialogue social dans les contrôles des boulangers et fleuristes en ce 1er-Mai. Le débat sur l'ouverture ou non des commerces anime les discussions annuelles autour du 1er mai.
Le Monde rappelle que la journée est aussi symbolique par le muguet et a été marquée par des débats sur le travail durant le jour férié. Depuis 1947, le calendrier français consacre le 1er Mai comme la journée officielle de la fête du Travail. Cette journée chômée et payée, avec une interdiction légale du travail sans réduction de salaire, se consacre ainsi aux défilés des syndicats dans les principales villes de France, mais également à la fête du muguet. Les chiffres de 2026 sont presque similaires à ceux de 2025, quand entre 157 000 et 300 000 personnes avaient défilé dans tout le pays, selon les autorités et les syndicats. Selon la police, 158 000 personnes ont manifesté en France, dont 24 000 à Paris. D’après la CGT, ils étaient 300 000 dans tout le pays, dont 100 000 dans la capitale.
En tout, 320 manifestations étaient prévues, avec un peu plus de 100 000 personnes attendues, avait précisé le ministre de l’intérieur. En 2025, entre 157 000 et 300 000 personnes avaient défilé. Le Monde rappelle aussi les exclusions et les contrôles dans certains cas, mais souligne le rôle des syndicats et des mobilisations dans la défense du 1er mai comme jour chômé payé et comme tribune pour les revendications salariales et sociales. Le message récurrent est clair: soutenir les services publics, augmenter les salaires et refuser les politiques qui aggravent les inégalités et les coûts pour les travailleurs.
Ce bilan met en lumière la convergence de luttes pour la paix, la justice sociale et la sécurité économique face à une période d’inflation et de tensions internationales. Il témoigne d’un mouvement social mobilisé autour du droit au repos, à la rémunération équitable et à la protection des services publics, tout en s’opposant à la banalisation du racisme et à la montée de l’extrême droite. La sphère syndicale appelle à la poursuite des actions et à un cadre légal qui garantisse le volontariat réel et une rémunération double pour le travail effectué le 1er mai, afin de préserver la spécificité de cette journée et le droit à se réunir pour défendre des droits fondamentaux.
