La série d’articles réunit ici les moments forts du Festival de Pâques et du Grand Théâtre de Provence, où l’échange entre public et artistes prend des allures de sève musicale. Des concerts d’ouverture au cœur d’Aix-en-Provence jusqu’aux récitals intimes au Conservatoire Darius Milhaud, ces pages dessinent une cartographie vivante des lieux et des spectacles qui font vibrer le printemps provençal.
Les lieux et les temps forts du Festival de Pâques
Le Grand Théâtre de Provence accueille l’ouverture du Festival de Pâques, désormais familier d’Aix-en-Provence. Effervescence dans les rues d’Aix-en-Provence jouxtant le Grand Théâtre, où des « hordes » de poussettes chargées d’enfants et de parents pressés se dirigent vers le théâtre. Au conservatoire Darius Milhaud, la salle Campra reçoit une partie des manifestations du Festival de Pâques; le piano de Yulianna Avdeeva séduisait une fois de plus un public subjugué. Avec « Musique en Partage », le Festival de Pâques scelle un engagement qui se résume en quatre verbes, « penser, créer, résister, partager ». Le 28 mars, le Grand Théâtre de Provence accueillait le concert d’ouverture du Festival de Pâques, désormais familier d’Aix-en-Provence.
Programmations et chefs-d’œuvre évoqués
La programmation musicale évoque une ligne claire: des œuvres sacrées et profanes, où s’entrecroisent les cloches de Pâques et les chemins de la résurrection, et où des interprètes exceptionnels donnent vie à des partitions qui traversent les siècles. Jan Dismas Zelenka, Missa Paschalis en ré Majeur, et Bach dans l’Oratorio de Pâques dialoguent avec des œuvres plus tardives et des lectures modernes. Dans Parsifal de Wagner, l’Enchantement du Vendredi Saint s’ouvre comme une apothéose d’un voyage initiatique, et Messiaen, avec son quatuor, propose une méditation où « Il n’y aura plus de temps ». Mahler, quant à lui, insuffle la métaphysique dans sa deuxième symphonie et sa terrible « Die Auferstehung ». Ces choix résonnent comme un voyage intime à travers le temps et les ressources du geste musical.
Les musiciens et les ensembles mis en lumière
Parmi les artistes présentés, Martha Argerich et Lilya Zilberstein se distinguent au piano dans des associations qui font écho à des textes sacrés et profanes. Rachmaninov, Mélanie Bonis et d’autres compositeurs sont convoqués à travers des pièces qui jouent sur la cloche et la voix, le souffle et l’écho de l’âme. Le programme du festival fait dialoguer des solistes baroques et des orchestres de renom, comme l’Ensemble Inégal et l’Orchestre Symphonique de la WDR de Cologne, sous la direction de chefs internationaux, pour offrir une expérience où le temps se suspend et où chaque accord devient un point de repère dans l’espace musical.
La Boîte à Musique et l’éducation musicale
La Boîte à Musique, présente dans le fil narratif, propose des ateliers d’expression musicale et des cours de batterie. Depuis 20 ans, elle œuvre à enrichir le patrimoine musical local, multiplier les rencontres et croiser les expériences, tout en stimulant l’imagination des enfants et en développant leur personnalité. D’autre part, grâce aux ateliers de pratique amorcés dès 1996, l’association espère susciter chez les enfants le désir de découvrir la musique, d’apprendre et de concrétiser des projets.
Oeuvres sacrées et profanes s’allient dans un cadre qui interroge notre perception du temps: « Un temps qui va parfois se suspendre à l’infini… Idéal pour méditer en musique ». Le texte citera des extraits et des réminiscences qui fondent une manière de penser la musique comme espace de dialogue entre passé et présent, entre rituel et création.
Échos historiques et références musicales
Des incises historiques jalonnent l’article: la Messe de Pâques de Jan Dismas Zelenka, les textes de Bach et les Cantates, l’Oratorio de Pâques; Rachmaninov et ses « cloches » qui résonnent comme un signe de résurrection; Mel Bonis et ses carillons mystiques; Parsifal et l’Enchantement du Vendredi Saint, où Gurnemanz rappelle que « Ici, le temps devient espace ». On croise aussi Olivier Messiaen et son Quatuor pour violon, clarinette, violoncelle et piano, et Mahler qui ouvre la porte à une métaphysique nouvelle dans la 2e Symphonie, comme un déploiement des questions existentielles au concert.
Tableau des œuvres et interprètes (sélection)
| Œuvre | Auteur | Interprètes/Ensemble | Contexte |
|---|---|---|---|
| Missa Paschalis en ré Majeur ZWV 7:III. Credo | Jan Dismas Zelenka | Ensemble Inégal; Solistes Baroques de Prague | Concert au Festival |
| Oratorio de Pâques BWV 249 | Johann Sebastian Bach | Alexei Ogrintchouk (hautbois d’amour); Ensemble et chœurs | Lecture pastorale du printemps |
| La Damnation de Faust: Chants et Martellation | Hector Berlioz | Chœur et Orchestre | Lieux et spectacles autour de Pâques |
| Jour de Pâques (Rachmaninov) | Sergei Rachmaninov | Martha Argerich; Lilya Zilberstein | Concert de clôture et célébration |
| Quatuor pour la fin du temps (5e mvt.) | Olivier Messiaen | Torleif Thedéen (violoncelle); Lucas Debargue (piano) | Tempo contemplatif et éternité |
| Symphonie n°2 « Aus dem Leben der Gotter » | Gustav Mahler | Orchestre du Festival de Lucerne; chœurs | Résurrection |
Cette liste n’est pas exhaustive et témoigne de la richesse des interactions entre répertoires sacré, Baroque, romantique et contemporain présentés pendant le Festival de Pâques et ses rencontres à Aix-en-Provence.

En résumé, les pages de Maryvonne Colombani retracent un parcours vibrant où les grands noms du piano et de la direction, les ensembles historiques et les compositeurs emblématiques dialoguent avec le cadre unique du sud de la France, offrant une expérience de concert qui prolonge le temps de Pâques et éclaire les valeurs de partage et de création qui animent le festival.