Le jeudi 13 novembre 2025, Paris a rendu hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à l’occasion du dixième anniversaire de la tragédie. La cérémonie nationale, organisée au jardin mémoriel de la place Saint-Gervais, s’est achevée par un survol de 250 drones lumineux qui ont inscrit « Liberté, égalité, fraternité » dans le ciel de Paris, près de la tour Eiffel.
Les drones ont également dessiné un symbole de paix, un « peace and love », tandis que le Chœur du 13 interprétait « Shooting Stars » de Rival Sons. Ce spectacle lumineux concluait une cérémonie conçue pour trouver un équilibre entre la sobriété du recueillement et la force symbolique de la culture, de la musique et de la lumière.
Le survol des drones lumineux à Paris
Sur son site internet, la Ville de Paris annonce également le « survol d'un essaim de 250 drones lumineux », « dans le cadre de l'inauguration du « Jardin du 13 novembre 2015 » » et de la cérémonie.
En clôture d’une cérémonie d’hommage nationale très intense, des drones ont illuminé le ciel de Paris pour écrire ces trois mots tout à côté de la Tour Eiffel.
Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, cet instant concluait une magnifique Marseillaise interprétée par Axelle Saint-Cirel et le Chœur de Radio France.

Les drones continuaient alors leur très belle danse autour de la Dame de Fer.
Des drones en parallèle ont dessiné un « peace and love », symbole de paix, sur la tour Eiffel.
La cérémonie nationale d’hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre était organisée place Saint-Gervais où un jardin du souvenir a été inauguré.
Une cérémonie pour le dixième anniversaire des attentats
Cette année marque le triste 10e anniversaire des attentats du 13 novembre 2015. Il y a 10 ans, Paris était frappée par une série d'attentats faisant 132 morts et plus de 350 blessés.
C'était l'attaque terroriste la plus meurtrière jamais commise en France. 10 ans plus tard, le traumatisme est toujours là, au point que tout le monde se souvient de ce qu'il faisait ce jour-là, ce fameux 13 novembre 2015.
Pour ne pas oublier, la Ville de Paris a annoncé une cérémonie de commémoration, pensée avec les associations de victimes Life for Paris et 13 onze 15.
Cette cérémonie se déroule ce jeudi 13 novembre 2025 au sein du nouveau jardin mémoriel, situé sur la place Saint-Gervais, non loin de l'Hôtel de Ville de Paris.
Le jardin mémoriel de la place Saint-Gervais
Le moment de « recueillement », retransmis en direct dès 17h25 sur TF1, se déroule entre 18h et 20h dans un lieu unique : le « jardin du 13 novembre 2015 » sur la place Saint-Gervais, en face de l'Hôtel de ville, en présence de 1.800 personnes, associations, victimes et familles de victimes, et du chef de l'État qui l'inaugure.
Ce jardin qui mêle le végétal et le minéral, avec ses six blocs de granit évoquant les lieux des attentats, du Stade de France au Bataclan en passant par les terrasses de bar, est un acteur à part entière.
« On a décidé de le transformer en écrin. Ainsi, le très grand orme, qui trône à l'endroit exact où était rendue la justice au Moyen Âge, sera au centre de toute l'histoire et de la scénographie qu'on a imaginée », détaille Thierry Reboul.
Ouvert depuis le mois de juin, le jardin du souvenir, situé au pied de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, en plein cœur de Paris, juste derrière l’Hôtel de ville, rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.
Ce jardin, lieu de recueillement mémoriel situé près de l’Hôtel de Ville, est fait de grandes stèles et de blocs de granit évoquant la géographie des différents lieux visés.
Il faut être curieux pour distinguer les noms des victimes gravés et les noms des rues où ont eu lieu les attentats.

Une cérémonie conçue par Thierry Reboul
La cérémonie qui clôture cette journée de commémoration a été orchestrée par Thierry Reboul, déjà à la manœuvre pour l’ouverture des JO-2024.
C'est Thierry Reboul, ancien directeur artistique de Paris 2024, qui est aux manettes. Il a souhaité un hommage « sobre et spectaculaire », comme il l'a confié à TF1info.
« Un chemin de crête entre les morts et les vivants ». Thierry Reboul le sait bien : organiser, dix ans après, une cérémonie d'hommages aux victimes des attentats du 13-Novembre, 130 morts et plus de 350 blessés, n'est pas une mince affaire.
Lui qui a œuvré notamment au bon déroulement de la cérémonie d'ouverture des JO-2024 sur la Seine va devoir trouver un subtil équilibre entre ces deux mondes.
« Il y aura beaucoup de grands écarts dans cette commémoration », affirme-t-il à TF1info.
« On a réfléchi à une cérémonie qui pense aux morts, aux vivants, mais aussi à notre culture qui a été attaquée ce soir-là, avec un moment d’union collectif rappelant ce qu’on a vécu avec les Jeux olympiques », ajoute-t-il.
Pour cette cérémonie, « il faudra essayer de concilier le spectaculaire et la sobriété. Rester au juste niveau », a ajouté Thierry Reboul.
La musique comme fil conducteur
Le fil rouge de la célébration est la musique « sous toutes ses formes », en hommage au « sens de la fête » auquel les attentats ont voulu s'attaquer.
« La culture sera omniprésente dans cette commémoration, avec aussi de la danse et de la littérature », assure le directeur artistique.
« J'ai en fait essayé de savoir qui étaient les victimes et ce pourquoi elles avaient été là ce jour-là. Et ce qui les relie, c'est leur passion pour la musique et le rock anglo-saxon en particulier. Quand on va voir Eagles of Death Metal, on a une culture musicale assez claire et assez pointue », explique-t-il.
On rappelle que le groupe de rock américain Eagles of Death Metal était en concert au Bataclan ce soir-là.
« J'ai repris l'idée des associations qui, tous les ans, sur le parvis de la mairie du 11ᵉ, faisaient une chanson pour les morts et une chanson pour les vivants », dévoile Thierry Reboul.
La culture est omniprésente dans cette commémoration, avec aussi de la danse et de la littérature.
Le « Requiem des Lumières » de Victor Le Masne
Victor Le Masne est en charge de la direction musicale et dévoile pour l'occasion un requiem, « laïc » avec un aspect « solennel et spirituel », a-t-il précisé à nos confrères de France Info.
Il s'intitule « le Requiem des lumières » et est interprété par l’orchestre de la Garde Républicaine et le chœur de Radio France.
« Vu l'importance que je souhaitais donner à la musique, je suis bien évidemment allé chercher Victor qui a non seulement assuré la direction musicale, donc le choix des textes et des artistes avec moi, mais en plus, il m'a proposé de créer un requiem qu'on a appelé 'Requiem des Lumières' au sens propre et au sens figuré. »
« Il y aura en effet une grosse présence de la lumière ce soir-là avec Thomas Dechandon, qui avait signé les lumières de la cérémonie d'ouverture, mais aussi de Starmania. »
« Ce requiem est aussi une allusion à la liberté, l'égalité, la fraternité, au siècle des Lumières », détaille-t-il.
La partie musicale a été confiée à Victor Le Masne, qui a lui aussi travaillé sur les JO.
Le Chœur du 13, composé de rescapés et de proches
Selon Le Parisien, le Chœur du 13, la chorale des rescapés et proches de victimes, créée spécialement pour l'occasion, chante plusieurs titres pour les vivants et les morts lors de cet hommage.
« Ils seront au cœur de la commémoration, ce seront eux les stars de la soirée », a fait savoir le directeur artistique Thierry Reboul à ICI.
Il est accompagné par le Chœur du 13, choral qui réunit une quarantaine des membres de deux associations de survivants et de familles de victimes.
Un peu plus tôt ce même Choeur du 13 avait entonné « You’ll never wall alone », hymne bien connu des fans de football, avec Jesse Hughes le chanteur des Eagle of Death qui était sur la scène du Bataclan ce vendredi 13 novembre.
Présent sur scène au Bataclan le 13 novembre 2015, Jesse Hughes, chanteur et guitariste du groupe The Eagles of Death Metal, a interprété « You’ll Never Walk Alone », chanson composée par Gerry and the Pacemakers et hymne mythique du club anglais de Liverpool.
Sur la même scène, le Chœur du 13 composé de rescapés des attentats et de proches des victimes a ensuite interprété « Shooting Stars » de Rival Sons.
13-Novembre: 10 ans après, un hommage au jardin mémoriel inauguré à Paris | AFP Images
Les principaux moments de la cérémonie
Des prises de parole, la lecture des noms des victimes ou encore le geste inaugural pour le jardin mémoriel sont également annoncés lors de cette cérémonie, où Emmanuel Macron est attendu.
La principale cérémonie de cette journée de commémoration débute dans ce jardin du souvenir 13 novembre, nouveau lieu de mémoire situé place Saint-Gervais, dans le 4e arrondissement de Paris.
Les noms des 132 victimes des attentats du 13 novembre sont lus à voix haute. Ce sont des intervenants de ce jour tragique qui lisent au pupitre la longue liste : coordinateur de la sécurité au stade de France, infirmière de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ou responsables de la sécurité du Bataclan.
Le bilan annoncé après les attaques faisait état de 130 morts. Deux personnes rescapées ont par la suite mis fin à leurs jours et ont été ajoutées au bilan officiel.
Après une Marseillaise interprétée par Axelle Saint-Ciel, qui avait également chanté l’hymne national lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en 2024, les participants ont observé une minute de silence.
La cérémonie d’hommage aux victimes des attentats du 13 novembre s’est clôturée au nouveau jardin mémoriel sur l’interprétation de « Shooting stars » de Rivals Song par la Chorale du 13.
Un « hymne de résistance » clamant que « mon cœur est plus fort que ta haine ».
Les prises de parole des associations et des autorités
Philippe Duperron, le président de l’association 13Onze15, prend la parole. Depuis les attentats du 13 novembre 2015, les associations jouent un rôle clé dans l’accompagnement des victimes.
L’association « 13Onze 15 : fraternité et vérité », créée en 2016, avec le concours de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs, s’est donné pour objectif d’accompagner les victimes dans la défense de leurs droits auprès des pouvoirs publics.
« Au cours de ces 10 années passées, nous nous sommes relevés. Nous avons fait face debout », assure Philippe Duperron.
« La colère s’est apaisée les plaies ont été pansées, celles du corps et celle de l’âme Mais les cicatrices demeurent indélébiles. »
« Au cours de ses 10 ans le temps du deuil s’est écoulé et après la tristesse. L’acceptation s’est imposée. »
« Nous avons vaillamment traversé notre douloureux mais nécessaire parcours au cours duquel tant de larmes ont coulé mais où (…) c’est la justice et le droit qui ont le dernier mot »
Arthur Dénouveaux, président de l’association « Life for Paris », prend ensuite la parole.
« Ce n’est pas tant à vous que j’ai envie de m’adresse qu’à la jeunesse », commence Arthur Denouveaux, président de l’association « Life for Paris ».
Cette association, devenue emblématique après les attentats, a permis à ses 650 rescapés de s’entraider et de se reconstruire après le traumatisme du Bataclan.
« Nous avons témoigné partout de notre malheur, de notre douleur, et de notre difficulté à discerner », raconte Arthur Dénouveaux.
« À la barre de notre grand procès, nous avons étalé nos douleurs mais aussi et surtout, rappelé devant nos bourreaux que nous ne céderions jamais ».
« Heureux ceux qui ont toute leur liberté », lance Arthur Dénouveaux, avant d’affirmer qu’« au fond, nous, victimes, nous n’avons rien d’autre à vous offrir que de vous proposer de vivre en société selon les valeurs et les lois qui ont fait de la France et de sa démocratie un modèle ».
Et de conclure : « Je crois qu’il ne faut pas souhaiter laisser un monde meilleur à nos enfants, il faut se battre tous les jours pour habiter un monde meilleur avec eux ».
L’association « Life for Paris » a annoncé sa dissolution ce 13 novembre, dix ans jour pour jour après les attentats.
La maire de Paris prend la parole.
Pour la maire de Paris, au-delà de Paris, c’est « notre démocratie qui était visée ».
« Paris ce soir-là était blessé dans sa chair et dans son cœur », mais insiste-t-elle, « la République blessée est restée debout ».
« Paris est resté fidèle à sa devise “Fluctuat nec mergitur”. Cette devise, c’est notre boussole celle du phare pour le marin, elle résume dix ans de douleur de résistance et de fidélité », a-t-elle ajouté.
Le chef de l’État commence par évoquer la « douleur insensé, injuste, insupportable » des victimes du 13-Novembre, et rend hommage au courage de tous les intervenants de cette tragique soirée.
« Les terroristes ont trouvé beaucoup plus courageux qu’eux », a affirmé Emmanuel Macron, en rendant hommage aux policiers, stadiers, soignants, mais aussi aux services de l’État et aux Parisiens qui ont ouvert leurs portes le 13 novembre 2015.
Emmanuel Macron achève son discours en assurant aux victimes que les terroristes ont échoué.
« Ils voulaient semer la mort, vous avez rehaussé la vie. Ils voulaient nous paralyser par la peur, ils ont décuplé notre vigilance. Ils voulaient diviser, t nous sommes unis. Ils voulaient effacer, ils nous ont rappelé que nos combats étaient universels et nous sommes là. »
Les hommages sur les lieux des attentats
Tout au long de la journée, les commémorations se sont déroulées devant chacun des lieux frappés le soir du 13 novembre 2015.
Devant chacun de ces lieux frappés le soir du 13 novembre 2015, les noms des victimes ont été énumérés à voix haute.
Arthur Dénouveaux et Philippe Duperron, présidents d’associations de victimes, ont ensuite déposé des gerbes de fleurs, avant qu’Emmanuel Macron et Anne Hidalgo ne fassent de même, avant d’observer à chaque fois une minute de silence.
Emmanuel Macron arrive au Bataclan. La cérémonie d’hommage va commencer.
Des centaines de personnes sont accumulées devant la salle de spectacle dans le plus grand des silences.
Emmanuel Macron et la délégation ont ensuite pris la direction du Bataclan, où 1 500 personnes ont été prises en otage le soir des attentats.
Les noms des 90 victimes tuées par les terroristes sont lus à voix haute.
Comme sur les autres lieux, une gerbe de fleurs est déposée à côté de la plaque commémorative et tout le monde procède à une minute de silence.
C’est en ce lieu hautement symbolique de la soirée du 13 novembre que s’achève le parcours de recueillement, première étape de cette journée de commémoration, avant la cérémonie principale qui se tient en fin d’après-midi, de 18 heures à 20 heures, place Saint-Gervais dans le 4e arrondissement pour l’inauguration du jardin du souvenir.
La diffusion et les rassemblements à Paris
Réservée aux rescapés et aux familles des victimes, cette cérémonie, prévue de 18h à 19h45, est retransmise en direct sur TF1 et sur France 2.
Les commémorations des attentats du 13 novembre 2015 se concluent avec une grande cérémonie au jardin mémoriel près de l'Hôtel de ville, diffusée en direct sur TF1 et en streaming sur TF1+ et TF1info.
Un écran géant, dressé sur la place de la République, permet également au plus grand nombre de suivre l'événement.
La cérémonie est diffusée en direct sur grand écran place de la République.
Pour tous ceux qui veulent suivre cette cérémonie, au-delà de l'émission spéciale de TF1, des écrans géants sont installés place de la République.
« Du 8 au 16 novembre, cette place sera dédiée aux Parisiens », précise la mairie.
« Ils seront invités à faire un geste symbolique pour rendre hommage aux victimes : déposer une fleur ou une bougie au pied de la statue ».
Une exposition de photographies d’archives de la Ville est aussi présentée.
Une journée de mémoire et de recueillement
Les cloches de Notre-Dame de Paris et de toutes les églises de la capitale sonnent en hommage aux victimes des attentats du 13-Novembre, comme l’a annoncé l’archevêque de Paris Laurent Ulrich dans un message aux Parisiens.
Ensuite, les églises les plus proches de la place Saint-Gervais où a lieu l’hommage en soirée « ne sonnent plus jusqu’à 20 h 00 » pour ne pas perturber la cérémonie, a-t-on ajouté de même source.
En outre, pour se souvenir ensemble, l'événement 13-UNIS, organisé par l'Association française des victimes du terrorisme, se déroule le dimanche 9 novembre.
Au programme, une course de la Liberté part du Stade de France à 9h30, 15 km, et une marche de l’Égalité débute à 14h place de la République, 7 km, pour une arrivée commune sur le parvis de l’Hôtel de Ville.
La question de la mémoire du 13-Novembre est également au cœur du Musée-mémorial du terrorisme (MMT), qui doit ouvrir fin 2029, ou début 2030, à Paris.
Il s’installera dans une ancienne caserne dans le 13e arrondissement de Paris, a confirmé la directrice du projet début novembre, précisant que le lieu « rendra hommage à toutes les victimes du terrorisme décédées en France ainsi qu’à toutes les victimes françaises tuées à l’étranger depuis 1974 ».