La chauve-souris est un mammifère nocturne qui est le seul mammifère capable de voler. Avec les roussettes, les chauves-souris sont les seuls mammifères capables de voler. Elles sortent principalement à la tombée de la nuit pour chasser, se déplacer et rejoindre des milieux riches en insectes.
Loin d’être aveugles ou systématiquement dangereuses, les chauves-souris possèdent une bonne vision et utilisent surtout l’écholocation pour chasser dans l’obscurité ou explorer un environnement inconnu. Elles jouent un rôle écologique essentiel, notamment en consommant de grandes quantités d’insectes, mais de nombreuses espèces sont menacées par la disparition des gîtes, la pollution lumineuse, les pesticides et les dérangements.
Portrait de la chauve-souris nocturne
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Nom | Chauve-souris, ou chiroptère |
| Taille | 3 à 14 cm |
| Poids | 2 à 200 g |
| Espérance de vie | Jusqu’à 30 ans |
| Hibernation | Oui |
| Rythme nycthéméral | Animal nocturne |
| Alimentation | Principalement des insectes ; certaines espèces mangent aussi des petits vertébrés, des fruits et du nectar ou du sang |
| Présence | Mondiale |
| Domestication | Interdit pour des raisons de préservation de l’espèce |
Les chauves-souris font partie de l’ordre des chiroptères. Ce sont les seuls mammifères à pouvoir vraiment voler. Elles représentent à elles seules 20% des mammifères mondiaux. Avec plus de 1 400 espèces recensées, il s’agit d’ailleurs du deuxième ordre le plus important après les rongeurs.
Les scientifiques estiment le nombre d’individus à environ un millier, représentant 13 % des mammifères connus. Aujourd’hui, le nombre d’espèces de chauves-souris sur la planète n’est pas totalement connu. Actuellement, on compte plus de 1 400 espèces réparties dans 18 familles et 36 espèces sont reconnues pour la France métropolitaine.
En raison du grand nombre d’espèces de chauves-souris recensées, les biologistes ont réparti ces animaux volants en sept familles différentes. Les chauves-souris bouledogues, à nez lisse et les rinolophes sont les plus connues. La Noctule commune (Nyctalus noctula) figure parmi les espèces européennes les plus connues.
À quoi ressemble une chauve-souris ?
La chauve-souris est un mammifère unique en son genre, qui se caractérise par de grandes oreilles et des canines pointues. Son pelage est majoritairement brun ou noir, avec des nuances plus claires sur la fourrure ventrale et dorsale.
Les chauves-souris possèdent de grandes oreilles par rapport à la taille de la tête et des yeux. Elles possèdent des ailes faites d’une membrane. La chauve-souris a une membrane entre les os des pattes antérieures.
Une aile qui est en réalité une main modifiée
La chauve-souris appartient à l’ordre des Chiroptères (« chiro » main et « ptère » aile). L’aile de la chauve-souris est en réalité une main modifiée. À l'exception du pouce, les autres doigts sont particulièrement allongés et sous-tendent une fine membrane de peau, souple et élastique, assurant la portance, appelée le patagium.
Cette main ailée peut aussi servir de protection quand l'animal est au repos. Il s'en enveloppe alors telle une grande cape isolante. Les ailes agissent aussi comme un régulateur thermique. Brassant l'air nocturne, elles contribuent à abaisser la température de l'animal en vol.
Les chauves-souris ne se contentent pas de voler, certaines se déplacent avec agilité sur le sol, dans les branches ou sur les voûtes des cavités. Elles peuvent aussi se déplacer en marchant sur leurs pattes arrière et en s’aidant de la griffe du pouce qui surmonte chaque aile.
Une morphologie variable selon les espèces
La taille d’une chauve-souris dépend de son espèce. La Kitti à nez de porc (Craseonycteris thonglongyai), également appelée chauve-souris bourdon, est la plus petite chauve-souris au monde. Elle mesure environ 3 cm et ne pèse que 2 g.
À contrario, la chauve-souris spectrale est la plus grande chauve-souris carnivore au monde : elle mesure environ 14 cm de long et pèse 200 g. La petite chauve-souris brune mesure de 8 à 9,5 cm et son envergure atteint de 21 à 27 cm. Son pelage est brun d’apparence lustrée, plus foncé à la base des poils.
Pour les non-initiés, il est à première vue très difficile de distinguer les mâles des femelles. Il existe cependant quelques caractéristiques qui permettent de déterminer le sexe :
- Les glandes mammaires des femelles sont plus grosses que les mâles et sont situées un plus sur le côté, au niveau des aisselles.
- Les mâles possèdent un pénis qui ne se rétracte pas.
Pourquoi la chauve-souris est-elle nocturne ?
Les chauves-souris sont généralement actives la nuit pour rechercher de la nourriture. La journée, elles se retirent dans des grottes ou des cavités abandonnées. Greniers et granges font aussi souvent office de cachettes pour les chauves-souris.
Presque toutes les chauves-souris quittent leur gîte à la tombée de la nuit. Elles sortent lorsque la lumière baisse, au moment où les insectes sont encore nombreux et où leurs prédateurs commencent à se faire plus discrets.
Les pipistrelles, par exemple, peuvent apparaître assez tôt, parfois alors qu’il fait encore un peu jour. D’autres espèces préfèrent attendre que la nuit soit vraiment installée avant de partir chasser. Le coucher du soleil donne donc une bonne indication, mais il est difficile de prévoir l’heure exacte de leur sortie.
La météo compte aussi beaucoup. Quand la soirée est douce, calme et sans pluie, les insectes volent davantage et les chauves-souris ont de quoi se nourrir. En revanche, le froid, la pluie ou un vent fort peuvent les pousser à rester plus longtemps dans leur gîte, ou à limiter leurs déplacements.
On les remarque surtout au printemps et en été, lorsque les nuits sont riches en insectes. Les femelles ont alors besoin de beaucoup d’énergie pour mettre bas, allaiter leurs petits et les élever.
Pour avoir une chance de les observer, installez-vous quelques minutes avant le coucher du soleil près d’une haie, d’une lisière, d’un étang ou d’un vieux bâtiment. À la tombée de la nuit, le paysage change peu à peu… et les premières petites silhouettes peuvent apparaître d’un instant à l’autre.

L’écholocation : voir avec ses oreilles
Les chauves-souris capturent leurs proies en plein vol grâce à un système de sonar : c’est l’écholocation, ou écholocalisation. Elles émettent des ultra-sons qui sont ensuite réfléchis sur les obstacles rencontrés.
L’écho est à son tour perçu par les oreilles des chauves-souris, qui obtiennent alors une vision acoustique précise de l’environnement et de leurs proies. L’écholocation leur permet de se repérer dans l’obscurité malgré leur mauvaise vue.
Loin d’être aveugles, comme le dit le mythe, les espèces européennes ont une vision nocturne comparable à la nôtre qu’elles utilisent pour se déplacer en terrain connu. Pour se diriger dans un nouvel environnement ou chasser, elles utilisent un système de sonar appelé l’écholocation et émettent des ultrasons.
La vue, si elle est tout à fait fonctionnelle, constitue l'un des sens les moins performants, l'ouïe et l'odorat étant particulièrement développés. Les chauves-souris utilisent prioritairement leur vue pour se repérer. L’écholocalisation est privilégiée lors de la chasse ou de déplacements en zone inconnue.
Comment fonctionne le sonar biologique ?
Les ondes sonores qui sont propagées se répercutent sur les éléments qui les entourent et reviennent vers les chauves-souris qui les perçoivent grâce à leurs oreilles. Le cerveau analyse le retour des ondes et permet aux chauves-souris d’obtenir une image mentale du paysage environnant.
Plus un objet est proche et plus l’onde revient rapidement. La chauve-souris utilise l’écholocation pour se diriger et chasser ses proies. Elle obtient des informations sur la direction, la distance, la taille et même sur la texture de l’insecte.
Les émissions utilisées par ces chiroptères pour leurs signaux de localisation acoustique se situent à des fréquences particulièrement élevées et ne peuvent être perçues par l’homme. Ces ultrasons transmis par la gueule pour la majorité des espèces ont une fréquence oscillante entre ≈ 8 et 120 kilohertz (kHz).
Chaque espèce a son propre cri. Cependant, chez une même espèce, les sons émis vont varier d’un individu à l’autre selon les activités telle que la sortie du gîte ou les différentes étapes d’alimentation : la recherche, la détection, l’approche et l’attaque de la proie.
Les cris varient également selon le type d’habitat et d’environnement dans lesquels les chauves-souris se trouvent. Les biologistes utilisent ces cris, que l’on nomme sonagramme, pour identifier les espèces de chauves-souris lors d’inventaire acoustique avec des appareils spécialisés pour enregistrer des ultrasons.
Le détecteur d’ultrasons permet d’entendre ou d’enregistrer les cris d’écholocation émis par les chauves-souris. Leur fréquence, leur durée et leur rythme apportent des informations précieuses.
Le vol nocturne et l’utilisation du paysage
Dans la pénombre, il est difficile de distinguer les détails d’une chauve-souris. Pourtant, sa manière de voler et l’endroit où elle chasse peuvent déjà nous donner quelques indices sur son mode de vie.
Autour des maisons, des lampadaires ou des jardins, les pipistrelles effectuent souvent un vol rapide, irrégulier, ponctué de changements brusques de direction. Elles poursuivent de petits insectes qu’elles repèrent grâce à leur système d’écholocation.
Leur trajectoire peut sembler désordonnée, mais chaque virage correspond souvent à une proie détectée. Une lisière, un étang, une rangée d’arbres ou un bâtiment ancien peuvent leur offrir à la fois des repères, des terrains de chasse et des abris.
Des styles de vol différents
Au-dessus d’un étang ou d’une rivière calme, le spectacle est différent. Le murin de Daubenton chasse très près de la surface, parfois à quelques centimètres de l’eau. Il capture des insectes qui volent juste au-dessus de celle-ci ou qui viennent d’en émerger.
Son vol paraît alors plus régulier et suit souvent les contours de la rive. D’autres chauves-souris évoluent plus haut, au-dessus des arbres ou des espaces ouverts. Les noctules, par exemple, possèdent un vol puissant et relativement direct.
Les haies, les lisières et les alignements d’arbres jouent également un rôle essentiel. Ils servent de terrains de chasse, mais aussi de chemins protégés entre le gîte et les zones riches en nourriture.
Une interruption dans une haie ou un espace fortement éclairé peut représenter un obstacle pour les espèces qui évitent les zones découvertes. Le vol et le milieu permettent donc de formuler quelques hypothèses, mais rarement d’identifier une espèce avec certitude.
La morphologie des ailes influence le vol
Les plus grandes chauves-souris doivent voler plus rapidement que les plus petites pour se maintenir en vol et elles ont tendance à faire preuve de moins de manœuvrabilité. Cela signifie que les plus grandes chauves-souris sont plus susceptibles de se nourrir dans les zones dégagées de végétation, telles que les lisières de forêt et les espaces ouverts.
La taille des ailes influence également où et comment les espèces de chauves-souris volent. Les chauves-souris ayant des ailes avec de grandes surfaces par rapport à leur taille sont en mesure de voler lentement avec une bonne maniabilité.
En revanche, les chauves-souris ayant des ailes avec de petites surfaces par rapport à leur taille peuvent voler plus vite avec une faible maniabilité. Le coût de leur vol est relativement faible, c'est-à-dire qu'elles peuvent parcourir de longues distances avec peu d'énergie.
La forme des ailes est également importante. Les espèces de chauves-souris aux ailes relativement longues et étroites ont tendance à voler vite et droit. En revanche, les ailes courtes et larges permettent à une espèce d'acquérir une plus grande manœuvrabilité.
Les grandes espèces de chauves-souris ont tendance à avoir des ailes longues et étroites avec des surfaces plus petites par rapport à leur taille corporelle en combinaison avec des cris d'écholocation à basse fréquence. Ces espèces ont tendance à se déplacer dans les espaces ouverts et à se nourrir de gros insectes et ont la capacité de migrer sur de longues distances.
À l’inverse, les petites chauves-souris ont tendance à avoir des ailes courtes et larges avec des surfaces plus grandes par rapport à leur taille corporelle en combinaison avec des cris d’écholocation à haute fréquence. Elles ont tendance à faire preuve de manœuvrabilité et à voler lentement dans des espaces denses pour attraper de petits insectes.
Où vivent les chauves-souris pendant la journée ?
Après une nuit de chasse, les chauves-souris regagnent un gîte où elles passeront la journée à l’abri de la lumière et des prédateurs. Contrairement à une idée répandue, elles ne vivent pas toutes dans des grottes.
Beaucoup utilisent des refuges beaucoup plus proches de nous. Certaines s’installent dans les fissures des bâtiments, sous les tuiles, derrière un bardage ou dans les combles. Une ouverture de quelques centimètres peut suffire pour leur permettre de se glisser dans un espace inaccessible.
Elles ne rongent pas les matériaux et ne construisent pas de nid : elles profitent simplement d’un abri déjà présent. Les chauves-souris ne sont pas des rongeurs, elles ne viendront pas ronger les câbles et l’isolation des bâtiments.
D’autres espèces préfèrent les arbres. Elles occupent alors une ancienne loge de pic, une cavité naturelle, une fente dans le tronc ou un espace sous une écorce décollée. Les vieux arbres et les arbres morts encore debout sont donc particulièrement précieux, même lorsqu’ils semblent peu remarquables depuis le chemin.
Des gîtes différents selon les saisons
Toutes les chauves-souris ne recherchent pas les mêmes conditions. Certaines aiment les gîtes chauds, notamment les femelles qui se regroupent au printemps pour donner naissance à leurs petits. D’autres ont besoin d’endroits frais, humides et stables pour passer l’hiver en ralentissant fortement leur activité.
Un même individu peut d’ailleurs changer plusieurs fois de refuge au cours de l’année. Le gîte utilisé en été n’est pas forcément celui choisi pour l’hibernation, et les colonies peuvent se déplacer lorsqu’un abri devient trop chaud, trop froid ou trop dérangé.
Le gîte idéal a une bonne exposition à l’ensoleillement et peut se rencontrer dans un trou de pic, sous une écorce, mais aussi plus près de nous sous les charpentes, dans des clochers ou encore simplement derrière un volet.
La disparition d’un vieux bâtiment, la rénovation d’une toiture ou l’abattage d’un arbre creux peut donc supprimer un refuge utilisé depuis plusieurs années. Avant de condamner une ouverture ou d’entreprendre des travaux, il est utile de vérifier si des chauves-souris occupent les lieux.
Un simple trou dans un mur ou une fente dans un arbre peut sembler insignifiant. Pour une chauve-souris, il peut représenter un abri essentiel dans un paysage où les refuges deviennent de plus en plus rares.
L’hibernation de la chauve-souris nocturne
À l’approche de l’hiver, les insectes, proies des chauves-souris de Suisse toutes insectivores, se font plus rares. En raison de ce manque de nourriture, les chauves-souris se réfugient en des lieux où la température reste constante, comme par exemple une cave ou une grotte afin d’hiberner.
Elles abaissent fortement la température de leur corps, ralentissent leur respiration, leur digestion et leurs battements cardiaques pour économiser de l’énergie. Elles abaissent leur température corporelle près de celle de congélation, soit entre 3ºC et 6ºC.
Durant la journée, les chauves-souris restent au repos et adoptent un comportement dit de léthargie. De cette manière, elles fonctionnent fortement au ralenti, ce qui leur permet d’économiser leur énergie.
Les chauves-souris ne dorment toutefois pas sans interruption : elles peuvent se réveiller ponctuellement, notamment pour changer de position ou de gîte. Ces réveils demandent beaucoup d’énergie.
C’est pourquoi il ne faut jamais déranger une chauve-souris en hibernation. Si elle épuise trop vite ses réserves, elle risque de ne pas tenir jusqu’au retour des insectes.
En raison des changements climatiques et des hivers plus doux, il arrive que certaines espèces continuent d’être actives en hiver, restant parfois même dans leurs gîtes estivaux.
Une année rythmée par les saisons
Les chauves-souris sont actives de mars à octobre, ce qui correspond à la période d’activité des insectes dont elles se nourrissent. Leur activité dépend surtout de la température, de la présence des insectes et des gîtes disponibles à chaque période de l’année.
Au printemps, elles quittent progressivement leurs sites d’hibernation. Après plusieurs mois d’activité très réduite, elles doivent reconstituer leurs réserves. Les femelles rejoignent alors des gîtes chauds où elles se regroupent pour former des colonies de maternité.
Au printemps, les femelles d’une même espèce se rassemblent en colonie de reproduction afin de mettre au monde leur unique petit de l’année. Ces maternités sont, en général, uniquement composées de femelles de la même espèce.
Les mâles en sont exclus et passent l’été isolés ou en petits groupes de mâles. Les femelles se relaient pour garder les jeunes de la colonie pendant que les autres chassent. Chaque mère revient de sa chasse nocturne à la colonie afin d’allaiter son jeune.
Pendant l’été, les besoins en nourriture sont importants. Les femelles doivent produire du lait, tandis que les jeunes apprennent progressivement à chasser seuls. Une nuit riche en insectes peut leur permettre d’accumuler l’énergie nécessaire pour traverser cette période exigeante.
À la fin de l’été et en automne, les colonies de maternité se dispersent. C’est aussi une période importante pour les accouplements. Les chauves-souris cherchent parallèlement à constituer des réserves de graisse avant l’hiver.
Vers la fin de l’été a lieu la période des accouplements. Différentes espèces peuvent se retrouver en un même endroit, c’est ce qu’on appelle un site de swarming, ou essaimage.
Vivre en communauté à ces différentes périodes présente plusieurs avantages, comme la possibilité de se réchauffer mutuellement avec ses voisins ou accroître la capacité d’apprentissage. De ce fait plus la colonie est grande, plus il y aura d’individus pour apprendre aux plus inexpérimentés l’emplacement de gîtes particulièrement importants ou les terrains de chasse les plus riches.
Reproduction et développement des petits
Lors de l’accouplement, les mâles saisissent la femelle par la nuque en les mordant pour attirer leur attention. La semence du mâle est alors conservée par la femelle tout l’hiver ; la fécondation n’a lieu qu’au printemps.
Aux environs d’août et septembre, des centaines d’individus peuvent être aperçus à l’entrée des sites de swarming où les chauves-souris s’accouplent. Pourtant, ce n’est qu’au printemps, après l’hibernation, que l’embryon commence son développement.
La période de gestation dure de 40 à 70 jours selon les espèces et la disponibilité de nourriture. Chez certaines espèces, le développement embryonnaire ne débute qu’au printemps, après l’hibernation, et le petit vient au monde après seulement 6 à 10 semaines de gestation.
Les chauves-souris ne donnent généralement naissance qu’à un seul petit par an. Seules les espèces migratrices donnent parfois naissance à des jumeaux. Les chauves-souriceaux naissent l’été et deviennent adultes en quatre à six semaines.
Le jeune naît sans savoir voler et reste accroché à sa mère ou regroupé avec les autres petits pendant que les adultes partent chasser. Dès qu’il est trop lourd pour être porté par sa mère, il reste à la maternité avec les autres jeunes de la colonie et la mère vient souvent l’allaiter durant la nuit.
À environ 4 semaines, le jeune commence à faire ses premiers vols et apprend à chasser. Les jeunes voleront et deviendront autonomes dès le mois d’août. Il n’est indépendant qu’après 2 à 3 mois.
La plupart des espèces de chauves-souris ne donnent naissance qu’à un jeune par année. Comme elles n’ont qu’un seul petit par an et que la mortalité des jeunes au cours de leur première année peut être élevée, leurs populations ne se développent pas rapidement.
Que mange une chauve-souris nocturne ?
La plupart des chauves-souris sont insectivores. Au crépuscule, elles partent à la recherche de nourriture et mangent plusieurs milliers d’insectes par nuit. Les chauves-souris mangent surtout des moustiques et des araignées.
En Europe, toutes les espèces sont insectivores. Une chauve-souris peut consommer près de la moitié de son poids en insectes variés tels que les moustiques et autres parasites de l’Homme, mais aussi des papillons de nuit dont beaucoup d’espèces se développent aux dépens des cultures et des arbres fruitiers.
Une seule petite chauve-souris brune est capable de manger l’équivalent de son poids en insectes, soit environ 600 par heure et ce, en l’espace d’une seule nuit. Les huit espèces présentes au Québec sont strictement insectivores.
Elles peuvent capturer des insectes tant au vol qu’au repos et elles chassent généralement au-dessus des plans d’eau, à la cime des arbres et près des sources lumineuses attirant les insectes.
Certaines espèces se nourrissent aussi de petits vertébrés, tandis que d’autres préfèrent le nectar et les fruits. Certaines boivent du sang et d’autres mangent des fruits, il y en a des piscivores et d’autres qui se nourrissent de nectar.
Les chauves-souris boivent-elles du sang ?
Selon la croyance populaire, les chauves-souris seraient de dangereux prédateurs buveurs de sang. Les histoires de vampires ont contribué à cette image peu flatteuse.
En réalité, il existe seulement trois espèces de chauves-souris vampires qui vivent en Amérique centrale et du Sud. L’une d’entre elles, le vampire commun, se nourrit par exemple de sang de boeuf, mais en très petites quantités.
Sur les 1200 espèces que connaît la planète, seulement trois sont dites « vampires » et se nourrissent du sang des animaux. Ces trois espèces se trouvent toutes en Amérique du Sud. En France, toutes nos chauves-souris sont insectivores.
Une morsure de chauve-souris est similaire à une piqûre de moustique. En effet, elles injectent à leurs hôtes un anesthésiant qui rend insensible la zone.
Le rôle écologique des chauves-souris
Les chauves-souris jouent un rôle écologique essentiel et sont de véritables indicateurs de la bonne santé d’un écosystème. Environ 70 % des chauves-souris du monde sont insectivores.
Les chauves-souris se comportent donc comme d’excellents insecticides naturels, et ceci sans empoisonner le sol et l’eau pour des dizaines d’années. Elles sont les principaux prédateurs des insectes volants nocturnes.
Parmi les insectes dont elles se nourrissent, certains sont jugés nuisibles pour l’agriculture et la foresterie. En consommant des insectes ravageurs, elles contribuent à limiter les dommages causés aux cultures et aux arbres.
D’autres espèces ont un rôle de pollinisateurs alors que certaines sont frugivores et vont disperser des semences un peu partout à travers différents écosystèmes. Il existe même des plantes qui ne sont pollinisées que par des chauves-souris, comme l’agave bleu, à partir de laquelle on produit la tequila.
Leurs fèces, appelées guano, peuvent être utilisées comme engrais naturel. En France, comme en Europe, le guano des chauves-souris ne représente aucun risque sanitaire.
Quelle est l’espérance de vie d’une chauve-souris ?
Les chauves-souris peuvent vivre jusqu’à 30 ans. Son espérance de vie dépend cependant de plusieurs facteurs, comme l’espèce ou l’habitat.
Les plus petites espèces peuvent vivre entre 15 et 20 ans. Les chauves-souris sont connues pour atteindre des âges très avancés. Le record de longévité est détenu par un Murin de Brandt (Myotis brandtii) qui a été capturé en Sibérie à l’âge de 41 ans.
La mortalité lors des premières années est relativement élevée. Pour la compenser, les chauves-souris ont une longévité particulièrement impressionnante pour un mammifère de cette taille.
Où peut-on observer les chauves-souris nocturnes ?
Les chauves-souris sont présentes sur une grande partie de la planète, à l’exception de l’Antarctique et de l’Arctique. Certaines espèces se trouvent plutôt dans les agglomérations, d’autres préfèrent les forêts ou les jardins.
En ce qui concerne leur mode de vie, on classe schématiquement les espèces en deux catégories selon les gîtes utilisés : celles dites arboricoles, utilisant les arbres, et celles dites anthropophiles, qui utilisent les bâtiments.
Les milieux forestiers et les prairies sont indispensables aux chauves-souris, car ils procurent des gîtes où passer la journée et des terrains de chasse favorables pour la nuit.
Les prairies fleuries, les étangs, les vergers, les haies, les lisières et les jardins peu traités offrent une nourriture plus abondante que les milieux uniformes ou fortement artificialisés.
Les haies et les alignements d’arbres forment de véritables couloirs de déplacement. Ils leur fournissent des repères pour l’écholocation, les protègent du vent et réduisent le temps passé dans les espaces ouverts.
L’obscurité joue également un rôle essentiel. Certaines espèces tolèrent les lampadaires et viennent y capturer les insectes attirés par la lumière. D’autres évitent au contraire les zones éclairées, qui interrompent leurs itinéraires et augmentent leur exposition aux prédateurs.
Préserver des corridors sombres permet donc de maintenir les connexions entre leurs gîtes et leurs terrains de chasse.
Reconnaître quelques espèces en vol
La Belgique abrite une vingtaine d’espèces de chauves-souris. Pourtant, lorsqu’une silhouette traverse le ciel au crépuscule, l’identifier avec certitude reste difficile.
| Espèce | Milieu fréquenté | Indices observables |
|---|---|---|
| Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) | Jardins, villages, parcs et lisières | Petite silhouette au vol rapide et irrégulier, souvent visible assez tôt autour des arbres et des bâtiments |
| Murin de Daubenton (Myotis daubentonii) | Étangs, canaux et rivières calmes | Vol régulier à quelques centimètres de l’eau, où il capture des insectes à l’aide de ses grands pieds |
| Noctule commune (Nyctalus noctula) | Canopée, grands parcs et espaces ouverts | Grande silhouette au vol rapide, puissant et assez direct, généralement observée haut dans le ciel |
| Sérotine commune (Cnephaeus serotinus) | Villages, prairies, jardins et bordures boisées | Chauve-souris de grande taille au vol ample, souvent observée autour des bâtiments et le long des lisières |
| Oreillard gris (Plecotus austriacus) | Vergers, haies, jardins et prairies bocagères | Vol lent et très maniable près de la végétation, où il glane des proies posées sur les feuilles |
| Grand murin (Myotis myotis) | Forêts claires, lisières et prairies | Grande espèce capable de chasser près du sol, où elle repère notamment des coléoptères grâce à son ouïe |
| Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) | Bocage, pâtures, haies et lisières boisées | Espèce rare au vol plutôt lent et agile, qui dépend fortement de paysages bien connectés |
| Barbastelle d’Europe (Barbastella barbastellus) | Vieilles forêts, lisières et paysages riches en arbres | Espèce forestière discrète, difficile à reconnaître visuellement et généralement détectée grâce à ses ultrasons |
La taille apparente donne parfois un premier indice. Une petite chauve-souris qui chasse autour des maisons peut faire penser à une pipistrelle, tandis qu’un individu au vol plus rapide et plus direct, haut au-dessus des arbres, peut évoquer une noctule.
Au-dessus d’un étang, une chauve-souris qui suit régulièrement la surface de l’eau pourrait être un murin de Daubenton. Ces observations permettent surtout de formuler des hypothèses.
Les naturalistes combinent donc plusieurs indices : la forme et la hauteur du vol, le type de milieu fréquenté, l’heure de sortie, la taille approximative, le rythme des ultrasons, la saison et la localisation.
Mais là encore, l’identification n’est pas toujours immédiate : les cris peuvent varier selon l’environnement, le comportement de l’animal et la distance qui le sépare du détecteur. Certaines espèces proches restent particulièrement difficiles à distinguer sans analyse approfondie.
Lors d’une balade, il est donc souvent plus juste de parler d’une pipistrelle probable, d’un murin chassant au-dessus de l’eau ou d’une grande chauve-souris en vol de transit. Accepter cette part d’incertitude ne diminue pas l’intérêt de l’observation.
Les menaces qui pèsent sur les chauves-souris
Malheureusement, de très nombreuses espèces de chauves-souris sont aujourd’hui menacées d’extinction, principalement en raison de l’homme et de son comportement. La déforestation et l’urbanisation croissante détruisent par exemple leur habitat.
L’agriculture intensive entraîne également un déclin des populations de chauves-souris en raison de l’utilisation d’insecticides et de pesticides. Dans les années 1950, la destruction du bocage et l’assèchement des zones humides ainsi que l’arrivée massive des pesticides ont réduit et contaminé la ressource alimentaire, entraînant un vif déclin des populations.
La disparition ou la modification des gîtes constitue une menace importante : rénovation des bâtiments ou des ponts, fermeture de l’entrée des gîtes souterrains, abattage des arbres à cavités et éclairage des monuments.
La transformation de leur domaine vital touche aussi les routes de vol et les terrains de chasse : densification du réseau routier, abandon du pâturage extensif, destruction des haies, disparition de zones humides, homogénéisation des boisements, artificialisation des cours d’eau et pollution lumineuse.
Les dérangements durant l’hibernation ou la reproduction peuvent également être graves. S’y ajoutent l'utilisation de produits chimiques, notamment les traitements de charpentes, les pesticides et les antiparasitaires.
La mortalité directe peut être liée à la prédation par le chat domestique ou au développement éolien. Certaines espèces se rétablissent tant bien que mal tandis que d’autres continuent de chuter.
Les chauves-souris peuvent-elles transmettre des maladies ?
Aussi mignonne soit-elle, ce prédateur insectivore peut aussi être dangereuse pour l’homme. Outre la douleur qu’elle engendre, une morsure de chauve-souris peut transmettre des pathogènes mortels pour l’homme.
Les chauves-souris hématophages et insectivores peuvent par exemple être porteuses du virus de la rage. Bien que le risque soit très faible en Europe, il est plus élevé sur d’autres continents, en Amérique par exemple.
Comme bon nombre de mammifères, les chauves-souris constituent les « réservoirs » d’un certain nombre de virus dont la plupart sont inoffensifs pour l’être humain. Dans beaucoup de cas, ils n'affectent pas non plus les chauves-souris, vraisemblablement parce qu'elles ont intimement co-évolué avec ces virus depuis des millions d’années.
Les conditions de transmission d’un virus d’un animal sauvage à l’être humain résultent souvent d’une altération de l’environnement par l’Homme. La destruction de biotopes de chauves-souris par déforestation et urbanisation et l’intensification des élevages amènent les chauves-souris à vivre proche de l’Homme et de ses animaux domestiques.
Le risque lié à la rage en Europe
En Europe, les chauves-souris peuvent être porteuses de deux formes du virus, Lyssavirus, différentes de la rage des chiens et des renards. La transmission se fait via la salive généralement lors d’une morsure.
Ces virus ne passent que très difficilement la barrière des espèces et seule une petite minorité d’espèces de chauves-souris, 2 sur les 36 espèces françaises, a été identifiée porteuse. Une chauve-souris contaminée n’est généralement pas agressive, elle sera tout au plus apathique et affaiblie.
Elle ne mordra que si on tente de la manipuler. C’est pourquoi, par mesure de précaution, il est toujours conseillé, si vous avez à manipuler une chauve-souris qui vous semble en détresse, de porter des gants en cuir épais.
Il faut savoir qu'il existe un risque de transmission du virus via la salive d'une chauve-souris contaminée. À ce jour, en France, aucun cas de transmission à l’Homme n’a été référencé.
Que faire face à une chauve-souris au sol ?
Il est interdit de retirer une chauve-souris de son habitat naturel. Une seule exception permet cependant de la manipuler avec précaution et de s’en occuper si elle est blessée ou immobile au sol.
Dans ce cas, contactez immédiatement un organisme spécialisé, qui vous dira comment la manipuler et vous indiquera la démarche à suivre pour la sauver. Utilisez des gants pour manipuler une chauve-souris et sécurisez ses ailes, par exemple avec une serviette.
Une morsure de chauve-souris présente un risque important d’infection pour l’homme. Tout contact direct avec l’animal doit être évité, et une morsure ou une griffure exige une consultation médicale rapide.
Peut-on avoir une chauve-souris comme animal de compagnie ?
Non, ce n’est pas possible, au même titre que toutes les espèces sauvages. Il est aussi interdit de les déranger, les déplacer, les capturer ou les tuer.
Détenir une chauve-souris comme animal domestique n’est en aucun cas conforme aux besoins de l’espèce. En effet, ce n’est que dans la nature que ces animaux peuvent vivre leur vie selon leurs besoins.
Les chauves-souris ont leur place dans la nature. Elles jouent d’ailleurs un rôle important dans l’écosystème, puisqu’elles se nourrissent d’insectes et contribuent largement à l’équilibre de la Nature.
La protection des chauves-souris
En France, les 36 espèces de chauves-souris sont protégées. L’arrêté ministériel du 23 avril 2007, ainsi que son arrêté modificatif du 15 septembre 2012, protègent les espèces ainsi que leur habitat de reproduction et d’hibernation.
Au niveau européen, la Directive européenne « Habitats-Faune-Flore » indique que toutes les espèces doivent bénéficier d’une protection stricte et dresse une liste des espèces dont la conservation nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation.
Au niveau international, toutes les espèces sont protégées par la Convention de Bonn relative à la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage et par la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.
La protection passe par la conservation des vieux arbres, des arbres à cavités, des haies, des zones humides, des prairies et des bâtiments offrant des gîtes. Elle implique aussi la limitation des produits chimiques, la préservation des corridors sombres et la réduction des dérangements pendant l’hibernation et la reproduction.