Coiffe et coiffure dans la représentation des santons provençaux

Dans la représentation des santons provençaux, la coiffe et la coiffure ne sont pas de simples détails décoratifs : elles précisent l’identité du personnage, son âge, son métier, son origine sociale et le moment de la vie quotidienne qu’il incarne. Elles participent ainsi à la représentation d’un village provençal du XIXe siècle, avec ses fermiers, son marché de Provence et ses notables.

La coiffe de l’Arlésienne constitue l’un des signes les plus reconnaissables de cette tradition, mais les autres santons portent également des éléments caractéristiques : bonnet, chapeau de feutre, fichu noué sur la tête, cheveux blancs, barbe, foulard ou couvre-chef de travail. Le santonnier concentre l’attention sur l’expression du visage, la délicatesse des mains, les cheveux et la barbe.

La place de la coiffure dans l’art du santon

Les santons sont naïfs car tout le monde n’a pas des talents de sculpteurs. Puis en 1798, Jean Louis Lagnel (marseillais) découvrit lors d’une promenade, l’argile et il eu l’idée, puisque cette terre était très malléable, de créer une petite crèche avec celle-ci.

Le santonnier va d’abord imaginer le santon qu’il veut créer : taille, métier, histoire … Puis il va créer avec de l’argile rouge crue ce petit santon grâce à différents outils : ébauchoir, mirettes … Au fur et à mesure des jours voire semaines, le santon se dessine.

Une fois le santonnier satisfait des détails tel que l’expression il le conserve dans un endroit qui l’empêchera de sécher afin de passer à la fabrication du moule. Le santonnier va donc utiliser du plâtre pour envelopper son santon d’argile de façon à capturer touts les détails de la face et du dos.

Une fois sec il obtiendra alors un moule en deux parties. Pour cette partie, le santonnier va utiliser de l’argile qu’il va presser entre les deux parties du moule. La pression est très importante afin de capturer tous les détails du santon.

Puis vient le démoulage qui est tout aussi primordial puisqu’il faut être délicat de façon à ne pas abîmer tous les petits détails qui donneront vie au santon. La coiffure, les cheveux, la barbe et les accessoires de tête dépendent donc de la précision du modelage et de la qualité du moulage.

De l’esprit du santonnier sort le premier modèle. Sculpté entièrement à la main dans l’argile, il va ensuite être moulé dans un moule en plâtre constitué de deux parties, appelé moule mère.

Ce moule permettra d’estamper par la pression de l’argile d’autres santons de même facture. Tous nos santons artisanaux sont fabriqués entièrement à la main, en terre cuite par estampage, et décorés avec minutie et amour de la tradition.

Les étapes qui donnent vie aux coiffures

L’ébarbage du santon est une étape particulièrement importante pour les détails de la tête. Cette étape est la plus longue, la plus rigoureuse et la plus sensible car il faut retirer tout le surplus d’argile qui entoure le santon.

Il faut être minutieux et patient pour ne pas l’abimer et pour pouvoir lui donner vie par la suite. À la suite de cela, le santonnier va laisser son santon de Provence sécher à l’air libre pendant environ 72 heures afin qu’il soit bien sec.

Puis il pourra le cuire pendant environ 20 heures. Le santonnier va allumer son four et attendre que celui-ci atteigne les 500°C avant de pourvoir y mettre son santon (étape appelé le « petit feu »).

Puis le cycle de cuisson se terminera par une baisse en température naturelle du four afin que le santon soit bien robuste et puisse durer des années dans votre crèche de Noël. A ce stade le santon est brut il est temps de lui donner ses couleurs !

Il existe deux façons de le décorer : avec la peinture et/ou avec du tissu. C’est au santonnier de choisir en fonction de ce qu’il a imaginé durant la première étape de fabrication.

Si le santonnier peint ses santons il utilisera un pinceau de grande qualité avec des poils très fin, de la peinture à l’eau et une gomme. Il lui faudra également un coup de main assuré pour un rendu soigné et précis.

Il faut également savoir que les santons ne sont pas peints un à un, en effet, le santonnier va toujours peindre ses santons du haut vers le bas en commençant par tous les visages, les cheveux, puis les vêtements …

Certains veillent d’ailleurs à donner à chaque santon une émotion différente. La peinture des cheveux, des barbes, des rubans, des bonnets et des chapeaux complète ainsi le modelage des coiffures.

Les tailles et le niveau de détail

Type de santonTailleParticularité
Santon puce1 à 3 cmTrès petit format
Santon traditionnel « cigale »4 à 6 cmFormat traditionnel
Santon intermédiaire7 à 8 cmFormat détaillé
Santon traditionnelEnviron 10 cmFormat courant
Grand santon10 à 12 cmFormat permettant davantage de détails
Santon de grande tailleJusqu’à 20 cmSouvent habillé

Il existe trois tailles : le santon puce, le santon traditionnel et le grand santon. Le santon puce mesure de 1 à 3 cm de haut, le santon traditionnel environ 10cm et le grand santon peut atteindre 20 cm de haut.

Les santons de grande taille, qui peuvent atteindre 20 centimètres, sont habillés. Ce sont d’ailleurs ceux-ci qui sont le plus souvent habillés car le santonnier peut se concentrer sur les moindres détails comme le panier en osier tressé, les chapeaux en feutre …

Le santonnier concentre l’attention sur l’expression du visage, la délicatesse des mains, les cheveux et la barbe. Ils sont confiés à des couturières de grand talent qui vont les habiller en respectant la tradition des costumes du 19ème siècle.

Des accessoiristes vont ensuite réaliser les accessoires illustrant la vie matérielle d’autrefois. Certains de ces santons habillés sont de véritables pièces de collection.

Grande Arlésienne en costume traditionnel

L’Arlésienne et sa coiffe emblématique

L’Arlesienne est très souvent présente avec son Gardian représenté avec son cheval blanc. L’Arlésienne est toujours revêtue des plus beaux atouts du costume d’Arles et de sa coiffe quant à son âge, c’est au santonnier de décidé.

L’Arlésienne est très souvent présente dans la crèche en compagnie de son inséparable gardian (santonification du marquis Folco de Baroncelli-Javon, 1869-1943, restaurateur des madades en Camargue).

Chaque santonnier se fait un devoir de représenter l’Arlésienne selon ses goûts, jeune ou vieille, mais toujours revêtue de ses plus beaux atours, le costume d’Arles. J’ai moi-même porté le costume d’Arles et je me fais un devoir d’y apporter toute la rigueur historique de ce costume.

Celui-ci, porté indifféremment par les femmes de toutes conditions, a traversé la Révolution, tout en continuant à évoluer d’une façon naturelle. D’Arles, il s’est étendu à l’Est par-delà la Crau, jusqu’à la Durance et le golfe de Fos.

Il se distingue d’abord par une coiffe spéciale qui nécessite le port de cheveux longs. En fonction des jours de la semaine et des tâches à accomplir, cette coiffure était retenue sur le sommet de la tête par un ruban, une cravate ou un nœud de dentelles.

C’est pourquoi vous trouverez dans ma collection mireilles et arlésiennes en costume de tous les jours ou d’apparat, en lectrice ou dans le travail de la laine. La coiffure permet ainsi de différencier les usages ordinaires, les jours de fête, les activités professionnelles et les situations sociales.

L’Arlésienne est toujours revêtue des plus beaux atouts du costume d’Arles et de sa coiffe quant à son âge, c’est au santonnier de décidé. Son âge peut être suggéré par le visage, la posture, la couleur des cheveux et la manière dont la coiffe est portée.

La coiffe comme marqueur d’identité

La coiffe spéciale de l’Arlésienne nécessite le port de cheveux longs. Elle n’est donc pas uniquement un élément ajouté au santon : elle détermine la silhouette, la forme de la tête et l’organisation de la chevelure.

En fonction des jours de la semaine et des tâches à accomplir, cette coiffure était retenue sur le sommet de la tête par un ruban, une cravate ou un nœud de dentelles. Le même personnage peut ainsi être représenté dans un costume de tous les jours ou dans une tenue d’apparat.

Les recherches sont nombreuses. Les santonnières travaillent essentiellement sur photos et illustrations. Les échanges avec les associations provençales locales accentuent leurs connaissances sur les coutumes, les habits traditionnels ou encore les métiers d’antan.

En conjuguant tradition et modernité, savoir-faire et innovation, Agnès et Séverine proposent chaque année de nouveaux modèles. Leur travail permet de faire évoluer les personnages tout en conservant les signes qui rendent immédiatement reconnaissable l’identité provençale.

La bohémienne et le fichu noué

Les bohémiens (boumian ou boumiane) sont les seuls méchants de la crèche, accusés de voler draps et poules ou de kidnapper les enfants. Lors de leur venue à la crèche, le couple rend à l'aveugle son fils, Chicoulet, qu'il lui avait dérobé.

Le bohémien avec ses cheveux noirs et sa barbe est vêtu de couleurs criardes, d’une cape noire, et d’un couteau. La bohémienne possède un fichu noué sur la tête, une jupe longue et d’un corsage.

Elle aura un tambourin à la main et son enfant sur la hanche. Le fichu noué constitue ici un signe visuel essentiel : il distingue la bohémienne des autres personnages féminins et complète une silhouette immédiatement identifiable.

Le Ravi et le bonnet

Le Ravi (Lou Ravi) est l’idiot du village qui porte bonheur. Il n’a rien a offrir pour la naissance mais il s’en réjouit.

Il est reconnaissable par ses bras levés au ciel lorsqu’il apprend la naissance de Jésus. Lou Ravi en provençal est l’idiot du village, il a l’avantage de porter bonheur.

Ce santon n’a rien à offrir, mais qu’importe, il se réjouit de la naissance de l’enfant roi. Il est toujours représenté les bras levés au ciel en signe de surprise et d’allégresse, d’où son nom.

On le reconnait grâce à ses bras en l’air, mais aussi car il est habillé simplement, un bonnet sur la tête. Le bonnet appartient donc à l’ensemble des signes qui permettent de reconnaître le personnage, au même titre que ses bras levés et son attitude de ravissement.

On lui associe parfois la ravido (la femme ravie) et l’étonné (valet que l’on représente penché à la fenêtre du mas) dans le même état de ravissement.

Le tambourinaire : chapeau, cheveux et costume

Le Tambourinaire et la Farandole sont représentés avec leur tambourin et leur galoubet, c’est lui qui mène les danseurs. Vêtu d’un costume élégant, d’un chapeau de feutre, d’une chemise blanche, d’un gilet, d’une veste de velours noir, et de son pantalon serré par une taiole (ceinture typique de Provence).

Le tambourinaïre, surnommé Guillaume, est représenté avec son tambourin et son galoubet. Par tradition, c’est lui qui mène la farandole.

Le tambourinaire, les musiciens et la farandole indiquent bien qu’il s’agit d’une fête. Le chapeau de feutre complète une tenue élégante et contribue à donner au personnage une allure de musicien provençal.

Les farandoleurs font une file qui se déplace en serpentant. Les hommes sont vêtus comme le tambourinaire et les femmes comme les arlésiennes.

J’ai voulu étoffer la gamme et dans ma collection vous trouverez 3 tambourinaïres différents ainsi que des joueurs de bachas, de toum-toum et tymbalons. Le tambourinaïre n’est pas seul…ils sont un groupe entier de musiciens.

Tambourinaire provençal chapeau feutre

Les bergers et les couvre-chefs de la crèche

Le Berger (Li pastre) est représenté de différentes façons jeune, à genou, vieux au regard sage, couché et attendant ou accompagné d’un ou plusieurs moutons, ils sont chargés de rependre la nouvelle.

Les Bergers sont décrits dans la Bible. Mais ici, ce sont des bergers de Provence, jeunes et vieux. Guidés par le son de la trompette de l’ange Boufaréau, ils arrivent les premiers et prennent place auprès de l’Enfant.

Ils sont savants des choses de la nature, connaissent les plantes et peuvent lire dans les étoiles. Ils sont le symbole de la sagesse et des anciens. On les trouve, soit debout, soit à genoux.

Il est dit que « le long des pentes » de cette terre de Provence, on rencontre Nicolas, l’agneau autour du cou, Christol qui porte son mouton aux pattes liées, Gervais qui offre des fromages de brebis et la pastresse qui apporte des colombes en signe d’immense Paix.

Le berger qui tient son chapeau, c’est le « coup de Mistral », une création en 1952 de Monsieur Paul Fouque. Il est l’emblème de la maison Fouque.

Avec le « Coup de Mistral © » réalisé en 1952, création emblématique de la maison Fouque, Paul révolutionne l’art du santon en donnant l’impression du mouvement.

La présence d’un chapeau dans la main peut donc participer à la narration : le berger n’est pas seulement défini par son métier, mais aussi par son attitude, son mouvement et sa relation au mistral.

Le vieux et la vieille : cheveux blancs, coiffures et vêtements du dimanche

Le vieux et la vieille s’appellent Grasset et Grassette. Ils sont souvent représentés assis ensemble sur un banc de la place du village ou debout, bras dessus, bras dessous.

« Grasset et Grasseto » sont assis ensemble sur un banc ou bien debout, « rivés par l’argile et la tendresse ». Leurs visages sont burinés et craquelés comme le sol de la Provence.

Toujours représentés avec de riches atours - leurs habits du dimanche - elle est emmitouflée dans son châle richement brodé, lui avec son foulard rouge noué en cravate.

Traditionnellement Grasset porte un parapluie et Grassette un panier plein de victuailles. Les cheveux, les visages âgés, le foulard et le châle composent une image de la vieillesse, de la respectabilité et de la vie villageoise.

À côté d’eux, on trouve trois autres anciens richement vêtus - ce sont des notables - ainsi qu’une vieille femme charitable. Mes petits vieux sont mon plaisir, lisant le journal ou à l’aide d’un sonotone essayant en vain d’entendre ce que lui crie à l’oreille, ou comme on dit en Provence, ce que lui brame son collègue.

L’aveugle et son fils : barbe, cheveux gris et chapeau tenu à la main

L’aveugle s’appuyant sur l’épaule de son fils est un homme d’un certain âge avec sa barbe et ses cheveux gris et sa canne. Son fils tient toujours son chapeau à la main en signe de respect pour son père devenu aveugle à cause d’avoir pleuré son premier fils disparu, il espère que l’enfant Jésus lui fera retrouver la vue.

L’aveugle et son fils qui le soutient. Le père est devenu aveugle à la suite de la perte de son fils ainé. Appuyé sur son jeune fils il va implorer Jésus de lui rendre son premier né.

Dans ce groupe, la coiffure et le couvre-chef servent à différencier les générations : les cheveux gris et la barbe signalent l’âge du père, tandis que le chapeau tenu à la main accompagne le geste de respect du fils.

Les personnages sacrés et les coiffures moins codifiées

Tout d’abord, bien sûr, il y a « la Sainte Famille ». Marie et Joseph sont représentés à genoux, de part et d’autre de l’Enfant Jésus.

Marie (La Santo Vierge) a souvent les mains jointes. C’est la Bonne Mère vers qui monte tous les louanges. Joseph (Sant José) est un humble charpentier, il s’appuie sur un bâton.

Les personnages sacrés sont principalement identifiés par leur posture, leurs attributs et leur relation à l’Enfant Jésus. Leurs cheveux et leurs vêtements restent néanmoins indispensables à la lisibilité de la scène.

Les Anges ont l’honneur d’annoncer la naissance de Jésus. L’ange Boufaréau, « Boufaréo », est le plus célèbre d’entre eux.

Il a les joues bien gonflées car il souffle dans sa trompette pour annoncer l’heureux évènement et guider le petit peuple des santons vers l’étable. Traditionnellement, on le suspend au-dessus de l’étable.

L’ange Boufarèu avec sa trompette est le messager de la naissance de Jésus et guidera les villageois jusqu’à l’étable. Chez Antoine Maurel, c’est l’archange Gabriel qui proclame la naissance aux pâtres.

Boufareù et Gabriel sont chez moi accompagnés d’anges qui chantent, prient ou jouent du luth. Amoureuse des anges de Fra Angelico je me suis permise de m’en inspirer pour ma collection.

Les Rois mages et les coiffures liées à l’âge

Les rois mages sont ajoutés au moment de l’épiphanie (6 janvier), ils sont au nombre de 3 : Melchior, avec les cheveux blancs et sa longue barbe apporte l’or comme offrance.

Gaspard, originaire des Indes, apporte l’encens. Balthazar, celui à la peau noire apporte la myrrhe. Ils sont vêtus de très beaux habits.

Ils sont généralement accompagnés de dromadaires et d’un chamelier. Les rois mages portent des vêtements qui les distinguent par leur richesse et leur origine supposée, tandis que la couleur des cheveux et la barbe contribuent à les différencier.

Les Rois mages sont déjà de la fête, car on n’attend pas le jour de l’Épiphanie. Ce sont Melchior, Gaspard et Balthazar.

Ce sont des Princes avec de beaux et riches habits qui viennent de très loin, pour apporter chacun leur offrande (or, encens et myrrhe) au petit Jésus.

Gaspard apporte l’encens réservé au Dieu. Il est noir de peau, les mains jointes, il symbolise la prière mais aussi l’Afrique et la jeunesse.

Balthazar offre l’or réservé au roi. Habillé comme un chef de guerre, la peau ambrée, il symbolise la royauté, la race sémite et l’âge mûr.

Melchior offre la myrrhe réservée aux hommes mortels. C’est un vieillard aux cheveux blancs, il symbolise le dévouement, l’humanité, les hommes blancs et la vieillesse.

Le Pistachié et les coiffures des personnages populaires

Le valet de ferme (Lou Pistachié) est un coureur de jupon incontournable de la crèche Provençale. La plupart du temps il est représenté avec une tenue négligée : pantalon retenu par une seule bretelle.

Il porte une lanterne et un seau. Le pistachié est un valet de ferme. Lui aussi est incontournable des crèches provençales !

On le représente comme un poltron aimant les joies de l’alcool et un brin fainéant. Le pistachié n’a pas de belles qualités, on dit de lui qu’il est niais et naïf.

Dans la crèche provençale, il apporte à la crèche deux paniers plein de victuailles : le premier déborde de morue salée et de saucisses, le second est empli de fougasses et de pompes à l’huile.

La coiffure du Pistachié est moins solennelle que celle de l’Arlésienne ou du tambourinaire. Elle accompagne une tenue négligée et une attitude comique qui caractérisent le personnage.

Les métiers et les accessoires de tête

La crèche Provençale possède de nombreux petits santons que tout le monde connait : la vierge Marie (Santo Vierge), Joseph (Sant Jousè), l’âne (l’ase ) et le bœuf (lou biou) puis le 24 au soir l’enfant Jésus (l’Enfant Jèsu) dans son berceau.

Mais d’autres sont tout autant incontournables : le pêcheur (pescadou), la poissonnière (peissouniero), le porteur d’eau (lou pourtarié d’aigo), la fermière avec les produits de la ferme (la masièro), le meunier avec son sac de farine (lou móunié), le vannier (lou banastaire) …

Le Meunier « lou mounié » mis à l’honneur par Alphonse Daudet (Maitre Cornille), représente l’activité économique principale du village. Il porte son sac de farine.

Il peut être représenté couché, comme dans la chanson « meunier tu dors ». Le boulanger mis à l’honneur par Pagnol est figuré parfois sous les traits de Raimu.

Le ramoneur est tout noir, son échelle sur le dos. Le Vannier « lou banastounie » offre un grand panier d’osier car, ce petit qui arrive dans un total dénuement aura bien besoin d’un berceau.

La fileuse « la filarello » est une petite vieille humble et effacée. Elle file pour protéger le pitchounet du froid. Le vitrier « lou vitrié » porte des plaques de verre fragile sur son dos.

Les métiers dont les noms se terminent en « aïre » et qui n’apportent pas la fortune. Les coiffures et les vêtements de ces personnages sont conçus pour évoquer leur condition et leur activité, même lorsque les accessoires de métier occupent le premier plan.

Coiffures, costumes et authenticité historique

La gamme aux lignes épurées reprend les couleurs typiques des costumes de l’époque. Les « petits métiers » traditionnels sont souvent transposés en costume d’Arles, avec une minutie et une précision rares pour des santons de crèche de cette taille.

Charme et sobriété des formes, peinture mate d’aspect détrempe à l’ancienne, donnent aux sujets de ma crèche toute leur personnalité. Tout un univers à découvrir, issu du mariage de la terre, du travail, de l’amour et de la passion de leur créatrice pour les traditions de notre région.

Les santons Provençaux représentent les personnages bibliques de la nativité, et reprennent les petits métiers du XIX, les « figures » de la vie quotidienne. Inscrits dans la tradition provençale, ils contribuent à sa pérennité.

Dans les familles, c’est en décembre que les petits personnages qui ont passé leur année bien protégé dans du papier de soie ou dans du coton, s’installent à nouveau dans la crèche de chaque maison.

C’est ainsi que chacun peut donner libre court à son imagination pour représenter un village provençal du 19ème siècle, avec ses fermiers, son marché de Provence, et ses notables. Tout ceci est codifié.

C’est ainsi que s’expriment et perdurent les traditions et l’histoire populaire de la Provence. Les coiffes, les coiffures, les chapeaux, les barbes et les cheveux participent directement à cette mémoire visuelle.

La transmission du savoir-faire

Dans la campagne aixoise, quand la nature s’habille de son manteau doré pour célébrer l’automne, les ateliers des santonniers arrivent dans leur saison la plus intense pour préparer les foires et marchés de Noël à venir.

Les propositions sont nombreuses et il n’est pas toujours évident de reconnaître si le santon de Provence a été réalisé dans les règles de l’art. Sculpture, moulage, lissage, cuisson, peinture… les étapes de fabrication traditionnelles sont spécifiques et nécessitent un savoir-faire exceptionnel.

À Aix-en-Provence, une charte de qualité créée par l’association des santonniers d’Aix en partenariat avec la ville protège ce savoir-faire traditionnel et ancestral.

Composée de six artisans-créateurs authentiques au style unique, elle valorise le 100% fabriqué fait-main aixois. La précision des coiffures et des costumes fait partie de cette exigence de fabrication.

Qu’il soit transmis de génération en génération ou par passion, ces femmes et ces hommes vous partagent leur savoir-faire en vous ouvrant les portes de leur atelier.

Modelage et expression du visage

Les santons Jouve sont présents sur la Foire aux Santons d’Aix-en-Provence. Ils vous reçoivent également toute l’année dans leur atelier à Aix-en-Provence.

Le modelage à la main reste l’étape créative qu’il préfère. Expression du visage, attitude, détails, ce premier travail définit la qualité des santons qui seront par la suite moulés.

Pour ses réalisations, le santonnier s’appuie sur des illustrations et photos. Chaque pièce façonnée à l’unité est entièrement réalisée au sein de l’atelier aixois respectant la même méthode de fabrication depuis deux siècles.

Avec précision, finesse et minutie, les sujets prennent vie en représentant une scène de vie particulière, un métier ou même une anecdote personnelle. La coiffure devient alors une partie du récit porté par chaque personnage.

Costumes habillés et réalisme des matières

L’atelier Cavasse Fery est à l’image d’un atelier haute couture, au quotidien, quatre petites mains s’activent pour créer, modeler et finaliser les différentes collections de la maison.

Aujourd’hui, mère et fille confectionnent des pièces 100 % artisanales réalisées dans leur atelier venellois. Ici, la précision des gestes et l’amour du détail caractérisent les différentes collections.

L’ajout de matières naturelles accentue le réalisme des différents sujets présentés. Séverine travaille minutieusement ses gammes de couleurs.

De par sa formation artistique, elle modernise les collections par une palette de teintes uniques soigneusement confectionnée. Les textiles, les coiffes et les accessoires permettent ainsi de renouveler les personnages sans effacer leur appartenance à la tradition provençale.

Les santons habillés de grande taille

À cette époque, ils confectionnaient et réalisaient des santons habillés de grandes tailles. Dans cette entreprise familiale, tous deux, étaient spécialisés dans une étape précise de la réalisation du santon, sculpture et moulage pour lui, confection des vêtements et habillage pour elle.

Les santons de grande taille, qui peuvent atteindre 20 centimètres, sont habillés. Le santonnier concentre l’attention sur l’expression du visage, la délicatesse des mains, les cheveux et la barbe.

Ils sont confiés à des couturières de grand talent qui vont les habiller en respectant la tradition des costumes du 19ème siècle. Des accessoiristes vont ensuite réaliser les accessoires illustrant la vie matérielle d’autrefois.

La fabrication de la coiffe et de la coiffure s’inscrit donc dans un travail collectif où le modelage, la peinture, la couture et l’accessoirisation se complètent.

La coiffe dans la crèche provençale

La crèche provençale est une représentation religieuse à part entière, mais elle accueille aussi les « figures » de la vie quotidienne. Bien plus qu’une simple décoration de Noël, ces jolis petits personnages ont une réelle signification chez les catholiques.

Ils représentent les acteurs majeurs de la naissance du petit Jésus. Puis petit à petit, la crèche s’est agrandie avec la représentation des vieux métiers et elle s’est colorée avec l’habillement ou la peinture des petits santons.

Les personnages créés à l’époque peuplent toujours la crèche. À ces santons traditionnels, vont s’ajouter, au fil des ans, des santons à l’effigie de célébrités, preuve qu’il s’agit bien d’un art vivant.

La tradition ne cesse de se perpétuer. Les santons et les décors changent. Les personnages se diversifient et se multiplient pour le plus grand bonheur de tous.

Tout ceci pour que, pendant le mois de décembre, le petit peuple d’argile s’anime dans la crèche provençale et se mette en marche à l’appel de l’ange Boufareau « Boufaréo » et des Bergers afin d’accueillir le « petit Jésus».

Tout ce petit monde s’en vient pour offrir ce qu’il a de meilleur au « drôlet » au « pitchoun ». Les Santons de Provence ont tous quelque chose à apporter : le fruit de leur labeur, leurs qualités, leurs défauts, parfois rien, juste un peu d’eux-mêmes.

Souvenir SANTONS HABILLES, Reportage FRANCE 3

Les foires, les salons et la présentation des santons

La première foire aux santons a lieu à Marseille en 1803. Depuis la première inauguration de la foire du santon à Marseille, en haut de la Canebière, en 1803, chaque année est une nouvelle occasion pour les passionnés et amateurs d’en découvrir davantage sur cette traditionnelle représentation religieuse.

Depuis on compte de nombreuses foires aux santons dans nos villes de la région. Les plus connues sont Orange, St Maximin, Tarascon et bien sûr Aubagne au pied du Garlaban, le massif provençal indissociable de l’univers de Pagnol l’enfant du pays.

Le Salon International des Santonniers a été créé en 1958 par les artisans-artistes santonniers dont le président était Marcel Carbonel, et l'illustre conservateur des musées d'Arles J.M Rouquette.

Ainsi depuis plus de 60 ans, Arles met à l'honneur le métier de santonnier et cet art populaire emblématique. Les réalisations exposées permettent d’observer les différences de style dans le modelage des visages, des cheveux, des coiffes et des costumes.

En Provence, beaucoup vouent aux santons une véritable passion. D’un côté les professionnels, de l’autre les amateurs : les réalisations de plusieurs dizaines de santonniers et créchistes y sont exposées à travers leurs différents styles et interprétations.

Parmi eux, Serge Vincent est le sculpteur mis en avant pour cette 68ème édition. Après 14 ans d’absence dans les vitrines du Salon, le Provençal est de retour avec ses figurines et la finesse de leurs lignes, la richesse de son bestiaire, et l’exotisme qui se dégage des scènes qu’il reproduit.

Serge Vincent, le metteur en scène des métiers d’antan, est attiré dès le plus jeune âge pour le modelage. Comme un véritable metteur en scène, il magnifie les vieux métiers de Provence sous la forme de « scénettes ».

Ce qui l’anime, retrouver les racines de nos anciens en valorisant ces scènes de vie d’antan. La reconstitution des coiffures et des costumes participe à cette recherche des racines et des gestes anciens.

Exposition de santons provençaux costumés

Musées et lieux consacrés aux santons

Le Musée du Santon et Traditions de Provence est situé à Fontaine de Vaucluse. Le Musée du Santon Marcel Carbonel se trouve à Marseille.

Le Musée de la Crèche Provençale est situé à Cavaillon. Le Musée des santons animés se trouve à Maussane-les-Alpilles.

Le Musée des Santons se trouve aux Baux de Provence. Les collections de santons habillés permettent notamment d’observer les coiffes, les accessoires de tête et la manière dont les costumes varient selon les personnages.

La crèche de Grignan est l’une des plus grande du monde, en effet elle s’étend sur 400m² avec 70 maisons et 1000 santons ! Il vous faudra en moyenne 45 minutes pour apprécier ce spectacle provençal.

La crèche provençale d’Avignon qui occupe 54m² dans l’Eglise des Célestins, représente la Provence pure avec des massifs rocailleux, la garrigue, les vignes, les champs de lavandes et d’oliviers … plus de 600 santons, dont certain de Marcel Carbonel cité plus haut, animent cette crèche.

À Aubagne on peut admirer plus de 3000 santons mis en scène dans un grand village provençal et ceci au village des Santons en Provence. À Arles, se déroule chaque année, le Salon international du santon.

Les crèches et les musées montrent ainsi la diversité des représentations : personnages religieux, bergers, vieux métiers, musiciens, Arlésiennes, personnages âgés et santons habillés.

Une tradition renouvelée chaque année

Chaque année, dès la mi-novembre, les marchés aux santons s’installent dans nos villes pour le plus grand bonheur des petits et des grands. La préparation de Noël est ainsi lancée.

Les familles vont installer dans un endroit choisi de leur foyer, une crèche, représentation joyeuse mais non nostalgique des personnages provençaux hauts en couleur du 19ème siècle, ainsi la tradition perdure.

Le petit peuple d’argile qui a dormi pendant une année dans une boite, enveloppé dans du coton ou du papier de soie, s’anime dans la crèche provençale.

Les santons y resteront jusqu’au 2 février, jour de la chandeleur ! Dans ce cycle annuel, les coiffes, les coiffures et les costumes réapparaissent comme des signes familiers qui permettent de reconnaître les personnages et de reconstituer la société provençale.

La table de Noël est dressée, le Gros souper est prêt avec les treize desserts. Le soir de Noël, les petits personnages en argile s’animent et nous parlent de ce peuple de Provence et d’un espoir, celui de retrouver l’innocence.

Le véritable santon de Provence est en argile. Les techniques de fabrication sont restées les mêmes depuis tout ce temps, seule la cuisson de l’argile a permis aux santons de devenir plus résistants.

Le santon provençal associe ainsi la terre cuite, la peinture, le tissu, la coiffe et la coiffure dans une représentation où chaque détail contribue à raconter un personnage, un métier, une génération ou une scène de la vie quotidienne.

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