La communion eucharistique pour une personne qui ne peut pas manger

Une personne malade, âgée ou empêchée de se déplacer peut recevoir la communion à domicile, à l’hôpital ou en maison de retraite, même si elle ne peut pas participer à la messe. Les personnes empêchées de participer à la célébration eucharistique peuvent recevoir la communion des mains d’un prêtre, d’un religieux ou d’une religieuse, d’un diacre ou d’un laïc ayant reçu cette mission.

Lorsqu’une personne ne peut plus avaler de nourriture solide, elle peut communier sous la seule espèce du vin, qui lui sera donné éventuellement à la cuiller. Si elle ne peut ni boire ni manger, avec son accord, il est possible de déposer simplement la custode sur son cœur, dans un geste de foi et de respect.

La communion peut-elle être reçue par une personne qui ne peut pas manger ?

Le Christ se fait proche des personnes empêchées de communier lors de la messe par la maladie, un accident ou un handicap. Porter la communion aux malades, c’est leur permettre de se sentir « unis non seulement au sacrifice du Seigneur mais aussi à (leur) communauté, et soutenus par l’amour de leurs frères », expose le rituel intitulé La sainte communion et le culte du mystère eucharistique en dehors de la messe.

Les malades peuvent recevoir la communion tous les jours s’ils le souhaitent, où qu’ils se trouvent, à domicile, à l’hôpital ou en Ehpad. En principe, ils peuvent même la recevoir deux fois par jour, à n’importe quelle heure, selon leur convenance.

Le jeûne eucharistique d’une heure, exceptés l’eau et les médicaments, est recommandé à ceux dont l’état physique le permet. « Les personnes âgées et les malades, ainsi que celles qui s’en occupent, peuvent recevoir la très sainte Eucharistie même si elles ont pris quelque chose moins d’une heure auparavant » (Canon 919 § 1 et 3).

Ce qui change lorsque la personne ne peut ni manger ni boire

La communion eucharistique est ordinairement reçue sous l’espèce du pain consacré. Toutefois, le rituel prévoit une adaptation lorsque l’état de santé de la personne ne lui permet plus d’avaler une hostie.

  • Si la personne peut avaler une petite quantité de nourriture solide, elle peut recevoir l’hostie consacrée.
  • Si elle ne peut plus avaler de nourriture solide, elle peut communier sous la seule espèce du vin, éventuellement donné à la cuiller.
  • Si elle ne peut ni boire ni manger, il est possible, avec son accord, de déposer la custode sur son cœur.
  • Le rituel est adaptable en fonction de l’état des personnes.

« Les situations sont très diverses, constate sœur Véronique Minet. Je visite parfois des personnes qui se sont préparées en suivant la messe télévisée. Mais il m’est arrivé aussi d’être appelée auprès de quelqu’un ne pouvant ni boire ni manger : avec son accord, j’avais simplement déposé la custode sur son cœur. »

Cette adaptation ne doit pas être improvisée : le respect et l’adoration sont de mise. Porter le Saint Sacrement n’est pas anodin et se fait dès la sortie de la messe pour marquer le lien direct avec la communauté.

Les conditions indispensables pour recevoir la communion

Être baptisé

Puisqu’une des finalités de la Communion est de nourrir en nous la vie divine, la première condition pour pouvoir recevoir l’eucharistie est d’avoir reçu le baptême. Les personnes non baptisées, donc les catéchumènes compris, ne peuvent pas recevoir la sainte Communion.

En application du canon 912, peut recevoir la communion le baptisé qui a fait sa première communion. Des enfants et même des adultes baptisés qui, pour des raisons diverses, auraient accusé un retard quant à la réception de la communion peuvent exposer leur situation aux prêtres qui verront comment les préparer à recevoir la sainte communion et la confirmation.

Avoir la foi en l’Eucharistie

La participation à la communion eucharistique implique la communion dans la doctrine des Apôtres. Celui qui ne croit pas en la présence vraie, réelle et substantielle du Christ dans l’Eucharistie ne peut pas communier.

En outre, il faut être un membre vivant du Corps du Christ qui est l’Église. Il ne suffit pas d’appartenir de « corps » à l’Église, il faut encore lui appartenir de « cœur », c’est-à-dire avoir la « foi opérant par la charité » (Ga 5, 6).

Être en état de grâce

Celui qui est conscient d’un péché grave ou mortel doit recevoir le sacrement de la réconciliation avant d’accéder à la communion. Recevoir le Corps du Christ en sachant que l’on est en état de péché mortel, c’est Le recevoir indignement.

Le Code de droit canonique précise : « Qui a conscience d’être en état de péché grave ne célèbrera pas la Messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d’un motif grave et qu’il ne soit dans l’impossibilité de se confesser ; en ce cas, il n’oubliera pas qu’il est tenu par l’obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt. » (Canon 916).

Le péché mortel anéantit totalement cette communion. Il nous prive d’accès à la communion eucharistique et rompt l’état de grâce, il nous prive de la grâce sanctifiante dont Dieu nous comble.

Dans ce cas précis, la pénitence requise et la condition préalable à toute nouvelle communion eucharistique sera de rechercher le sacrement de Pénitence. La personne doit ensuite accomplir sa pénitence afin d’être apte à communier.

Le péché véniel n’empêche pas la communion

Le péché véniel n’empêche pas la Communion. Au contraire, la communion est l’aliment spirituel qui prodigue des forces pour le combattre.

Quand on est en état de grâce, que l’on a simplement commis un ou plusieurs péchés véniels, que l’on s’en souvienne ou non, la pénitence est intérieure et se trouve incluse dans la liturgie. Seulement, il faut commencer par reconnaître nos péchés pour prendre part dignement aux mystères sacrés.

L’acte pénitentiel situé au début de la Messe a pour but d’aider les participants à se préparer à célébrer dignement les saints mystères ; toutefois, « il n’a pas l’efficacité du sacrement de Pénitence », et il ne peut se substituer au sacrement de Pénitence pour la rémission des péchés graves.

Appartenir à l’Église catholique

L’Eucharistie suppose et renforce la communion ecclésiale. Cela implique la pleine communion avec le successeur de Pierre et les évêques en lien avec lui.

« Tout baptisé qui n’en est pas empêché par le droit peut et doit être admis à la sainte communion » (Canon 912). Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques.

Le canon 844 prévoit cependant certaines situations particulières : chaque fois que la nécessité l’exige ou qu’une vraie utilité spirituelle s’en fait sentir, et à condition d’éviter tout danger d’erreur ou d’indifférentisme, il est permis aux fidèles qui se trouvent dans l’impossibilité physique ou morale d’avoir recours à un ministre catholique de recevoir les sacrements de pénitence, d’Eucharistie et d’onction des malades de ministres non catholiques, dans l’Église desquels ces sacrements sont valides.

Ne pas être empêché par le droit

Le droit écarte de la communion « les excommuniés et les interdits (…) et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste » (Canon 915).

Cette règle concerne les personnes qui vivent et persistent dans une situation incompatible avec la réception de la Sainte Communion. Les personnes qui ne peuvent pas communier sont toujours invitées à se présenter au banc de communion afin de recevoir une bénédiction de Dieu, à travers le signe de la croix qui sera tracé sur leur front.

Elles se présentent généralement les bras croisés sur la poitrine, comme les petits enfants qui n’ont pas encore fait leur première communion.

Respecter le jeûne eucharistique selon son état de santé

Qui va recevoir la très sainte Eucharistie s’abstiendra, au moins une heure avant la sainte communion, de prendre tout aliment et boisson, à l’exception seulement de l’eau et des médicaments.

Les personnes âgées et les malades, ainsi que celles qui s’en occupent, peuvent recevoir la très sainte Eucharistie même si elles ont pris quelque chose moins d’une heure auparavant. Le jeûne n’est donc pas un obstacle pour une personne malade qui ne peut pas le respecter en raison de son état physique.

Avoir une attitude respectueuse

L’attitude corporelle, les gestes et les vêtements traduiront le respect, la solennité et la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte.

Pour recevoir la Communion, il importe aussi d’avoir un esprit de recueillement et de prière, d’observer le jeûne prescrit par l’Église et d’avoir des attitudes corporelles dignes, comme marques de respect envers le Christ.

La communion à domicile pour une personne empêchée

Porter la communion à domicile est un ministère, une mission que l’Église nous confie. C’est un geste de foi et une démarche fraternelle de la communauté envers ses membres absents.

C’est aussi un service qui permet à la communauté paroissiale de manifester sa solidarité et son soutien envers les siens qui sont malades et empêchés par un accident ou un handicap.

Pratique remontant aux premiers temps de l’Église, et jamais perdue depuis, le port de la communion aux malades et aux personnes absentes de la célébration de la communauté repose sur la foi dans la présence réelle et agissante du Christ dans l’Eucharistie.

Elle a pris une forme particulière dans le viatique, dernière communion et « sacrement de passage de la mort à la vie ». Pratiqué dès l’Église primitive et attesté au IIIe siècle à Rome, en Orient et en Afrique du Nord, ce ministère est directement lié à l’importance donnée à la célébration eucharistique, centre de la vie chrétienne.

« Le Christ se donne totalement dans l’Eucharistie ; par elle, nous devenons ce que nous recevons : le corps du Christ », explique le père Gilles Drouin, directeur de l’Institut supérieur de liturgie à Paris. « Au moment de communier au corps mort et ressuscité du Christ, les malades, membres souffrants de ce corps, ont naturellement la première place. »

Qui peut porter la communion ?

Les personnes en charge de ce ministère reçoivent l’hostie consacrée au cours de la messe, éventuellement conservée dans la réserve eucharistique, dans le tabernacle, dont c’est la fonction première, afin de porter la communion aux malades rapidement et dignement.

Dès l’Antiquité, ce ministère a été ouvert à tous, notamment aux laïcs. En vertu de leur mission auprès des malades, les diacres s’y sont particulièrement dévoués, à l’image de saint Tarcisius, martyrisé par des païens voulant s’emparer du pain eucharistique qu’il transportait.

Aujourd’hui, les ministres de la communion sont généralement membres du Service évangélique des malades du diocèse ou de l’aumônerie hospitalière. Sans appartenir à l’un ni à l’autre, on peut toutefois porter l’Eucharistie à un proche, en en faisant la demande au curé.

Comment préparer la visite auprès de la personne malade ?

Préparation spirituelle

Préparons cette démarche d’Église par la prière et l’attention à la vie de la personne malade.

Demander à la personne qui va recevoir la communion de se préparer, de désirer s’unir au Christ, à l’Église et à tous ses frères, d’attendre dans le calme et la prière.

Préparation matérielle

Rendre la chambre accueillante. Disposer un linge blanc sur la table. Mettre une croix ou une icône, un cierge et des fleurs.

La communion est portée dans une custode. Avant la messe, la personne missionnée va déposer sa custode sur l’autel en accord avec le prêtre qui célèbre et lui indique le nombre d’hosties.

À la fin de l’Eucharistie, le célébrant invite la personne missionnée à venir chercher sa custode. Il est bon de porter la communion aux personnes sitôt après l’Eucharistie, en évitant de la garder chez soi.

On ne porte pas la communion le lendemain. Les personnes malades communient aussitôt et ne gardent pas l’hostie dans le tiroir de leur table de nuit ou ailleurs.

Déroulement possible d’une célébration à domicile

La communion donne lieu à une véritable célébration, avec lecture de la Parole, prière du Notre Père et partage fraternel. La proposition suivante est à adapter selon l’état de fatigue du malade.

Accueil mutuel

Échange, salutations, quelques nouvelles de la paroisse. Signe de croix.

Rite pénitentiel

« Je confesse à Dieu » ensemble ou « Seigneur, prends pitié », répété par le malade, puis : « Que Dieu Tout-Puissant, nous fasse miséricorde, qu’il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Amen. »

Parole de Dieu

De préférence, l’Évangile du jour ou quelques phrases de cet Évangile si la personne malade est fatiguée.

On adaptera aussi selon que la personne a pu suivre auparavant une messe retransmise à la télévision ou à la radio. On pourra aussi partager ensemble simplement sur les lectures.

Intentions de prière

Intentions de prière ou intentions particulières données par la personne visitée.

Communion

Récitation commune du Notre Père.

L’hostie est présentée en disant : « Heureux les invités au repas du Seigneur. Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »

La personne malade répond : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri. »

La communion est donnée : « Le Corps du Christ. » La personne répond : « Amen. »

Un temps de silence et de recueillement.

Prière finale

On pourra reprendre dans un missel la prière de la messe. On pourra aussi simplement prier ensemble un « Je vous salue, Marie ».

Celui qui a porté la communion pourra demander à Dieu la bénédiction : « Que le Seigneur nous bénisse. Qu’il nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen. » Signe de croix.

La communion et l’union avec la communauté

Porter la communion aux malades, c’est leur permettre de se sentir unis non seulement au sacrifice du Seigneur mais aussi à leur communauté, et soutenus par l’amour de leurs frères.

Porter la communion est l’occasion de recevoir de merveilleux témoignages de foi : « je me sens attendue, mais surtout je vois combien les personnes attendent cette rencontre avec le Seigneur », se réjouit ainsi Véronique Minet, sœur ursuline et membre de l’équipe d’aumônerie hospitalière de Chambéry.

À l’hôpital et en maison de retraite, où cela est bien organisé, beaucoup en font la demande. En revanche, trop de malades restés à domicile seraient privés de recevoir la communion : soit ils n’osent pas la demander, soit, souvent dans des grandes paroisses, personne n’a pu signaler leur absence.

Dispositions intérieures pour communier avec fruit

Après avoir exposé qui peut communier, voyons maintenant les dispositions que l’Église recommande et souhaite voir dans nos âmes au moment où nous nous approchons de la sainte communion.

Tout baptisé étant appelé à la perfection de la charité, c’est-à-dire à la sainteté, la sainte Église nous conseille des attitudes intérieures pour porter le maximum de fruits de nos communions eucharistiques.

  • Communier avec ferveur.
  • Vouloir grandir dans la sainteté.
  • Vouloir lutter contre nos défauts et nos péchés véniels.
  • Recevoir le Seigneur avec foi et avec une grande humilité.
  • Ouvrir tout grand son cœur par de grands désirs avant de communier.
  • Garder un esprit de recueillement et de prière.

« Fais-toi capacité et je me ferai torrent », disait le Père éternel à sainte Catherine de Sienne.

De toutes les façons, avant de recevoir le Seigneur sacramentellement, même si nous remplissons les conditions indispensables et même souhaitables, nous dirons toujours avec le centurion de l’Évangile : « Domine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea ».

Au fond, une seule personne humaine fut digne de communier : la Vierge Immaculée. Avec saint Louis-Marie Grignion de Montfort, demandons à la Vierge Marie de nous apprendre à communier pour être les saints que Dieu veut.

Paroles bibliques adaptées à la célébration

Jésus nous dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Jean 6, 54-56.

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. » Jean 14, 27.

« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » 1 Corinthiens 11, 26.

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