Date de la fête de sainte Delphine

La fête de sainte Delphine est célébrée le 26 novembre. Ce jour met également à l’honneur les personnes prénommes Delphine et Dauphine.

Sainte Delphine de Signe, épouse de saint Elzéar de Sabran, vécut au XIVe siècle en Provence. Après la mort de son mari, elle consacra sa vie à la pauvreté, à la prière et au service des plus pauvres.

Quelle est la date de la Sainte-Delphine ?

Le 26 novembre, on honore Sainte Delphine, vierge et épouse de Saint Eléazar de Sabran au XIVe siècle. À Apt en Provence, l'an 1360, la bienheureuse Delphine, qui fut l'épouse de saint Elzéar de Sabran.

Les Delphine en hommage à la sainte du jour. Le 26 novembre met à l’honneur les Delphine et Dauphine, des prénoms issus du latin « delphinus », signifiant dauphin.

ÉlémentInformation
Date de la fête26 novembre
Sainte célébréeSainte Delphine de Signe
ÉpouxSaint Elzéar de Sabran
Lieu de décèsApt, en Provence
Date de décès26 novembre 1360
Prénoms associésDelphine et Dauphine

Qui était sainte Delphine ?

Delphine ou Dauphine. Originaire de Château-Puy-Michel, elle épousa à quinze ans, saint Elzéar qui avait treize ans.

Sainte Delphine, originaire de Haute-Provence, naît au château de Puimichel. Orpheline, elle est élevée dans un couvent, puis mariée contre son gré à quinze ans à un jeune homme de treize ans, Elzéar de Sabran.

Delphine, orpheline depuis l’âge de 7 ans et élevée par les sœurs du monastère Sainte Catherine de Sorbs, a fait vœu de chasteté pour se consacrer au Seigneur. Mais ses oncles en ont décidé autrement, et après trois ans de fiançailles, ils la mènent à l’autel contre son gré.

Leur histoire d’amour, pourtant mal engagée, commence le jour de leurs noces, le 5 février 1300, dans l’église d’Ansouis. Le jeune seigneur n’a que 13 ans et Delphine 15.

Un mariage placé sous le signe de la chasteté

Dès le début de leur union, Delphine propose à son époux de vivre dans la continence totale afin de se consacrer à Dieu, une proposition qu’il accepte.

Le soir de leurs noces, Delphine se confie à Elzéar, raconte la promesse faite au Seigneur et lui assure qu’en aucun cas il ne la touchera. L’entreprise est difficile mais pas impossible.

Elle en veut pour preuve le mariage de sainte Cécile et saint Valérien, les époux martyrs de Rome. Et elle lui promet que leur accord resterait secret.

Les années passent, et le couple, dont le mariage n’est toujours pas consommé, s’installe à Puimichel, loin des rumeurs d’Ansouis, où ils administrent leurs terres et gouvernent leurs sujets en se souciant de leur moralité et en prenant soin des plus pauvres.

Ils attendront finalement l’année 1316, soit 16 ans après leur mariage, pour sceller définitivement leur promesse, à laquelle ils n’auront jamais failli.

Une vie de prière, de pénitence et de service

Ensemble, ils mènent une vie austère, dans la prière et l’appartenance au Tiers Ordre franciscain. Delphine administre les vastes domaines de sa famille, tandis que son mari se distingue comme diplomate.

Ils mènent ensemble une vie d’austérité et de prière, sans que leurs sujets s’en aperçoivent et sans négliger les obligations mondaines qui étaient celles de leur état de princesse et de comte.

À la mort de son père, Elzéar doit se rendre à la Cour de Naples auprès de Robert Ier. Il est nommé grand Justicier du Royaume. Quelques années plus tard, Delphine le rejoint en Italie.

Au début, Delphine a l’ascendant, c’est elle la première qui le mène sur ce chemin singulier, mais progressivement, Elzéar prend l’initiative.

Il y a une stimulation de l’un à l’autre, mue par un amour commun, pour progresser sur le chemin de la sainteté. Parce qu’il aime Delphine, Elzéar va au-delà des souhaits de son épouse, dans la chasteté conjugale, dans le service des pauvres, dans le soin apporté aux lépreux.

Ce qui est édifiant, c’est leur fidélité absolue, leur quête de Dieu qui se traduit dans le service aux plus pauvres.

Delphine et Elzéar prière franciscaine

Le vœu secret de Delphine et d’Elzéar

En 1316, avec la permission du Roi, ils retournent brièvement en Provence. Le jour de la fête de Marie-Madeleine, patronne de la Provence, dans la chapelle du château d'Ansouis, les deux époux se font la promesse de respecter le vœu de chasteté formé 16 ans plus tôt par Delphine.

Dès lors, ils mènent, de manière cachée, une vie fondée sur la prière, la charité et la pénitence. Ils ne veulent susciter aucune admiration.

Ils entrent comme tertiaires dans l’Ordre de saint François d’Assise. Leur appartenance au Tiers Ordre franciscain expliquerait la représentation de saint François.

La chasteté n’est pas qu'une question de continence, elle définit plutôt un rapport au monde : elle permet à l’homme de se libérer de certaines inclinations qui lui font oublier Dieu et son prochain.

Il ne s’agit pas d’imiter en tous points Delphine et Elzéar ! Mais d’interpréter, dans leur vie amoureuse, des signes de l’amour de Dieu.

La mort de saint Elzéar et le veuvage de Delphine

En 1323, Elzéar est envoyé à Paris par le roi Robert Ier comme ambassadeur extraordinaire pour négocier avec le roi de France le mariage du prince Charles de Calabre avec Marie de Valois.

Sur le pont du bateau qui les mène en France, Delphine et Elzéar formulent un vœu : quitter la Cour de Naples et vivre dans la pauvreté en Provence. Mais leur projet commun ne pourra aboutir.

À Paris, Elzéar est atteint par une forte fièvre, et meurt le 27 septembre 1323, âgé de 38 ans.

Devenue veuve, elle se retira à la cour de Naples, où elle mena une vie simple et toute donnée à la prière et aux pauvres. Une fois veuve, Delphine décide, chose incroyable à l’égard de son rang, de vendre, malgré de vives oppositions familiales, tous ses biens et toutes ses terres, aussi bien en Provence qu’en Italie, pour épouser la pauvreté la plus radicale.

Elle aurait pu entrer au couvent, mais non, tout se passe comme si elle parachevait la promesse faite avec Elzéar, elle garde son état laïc et vit dans le plus grand dénuement, à l’image du Christ, dans les pas de saint François, qui irradie à l’époque.

La vie de sainte Delphine dans la pauvreté

Elle rentre en Provence, à Cabrières puis à Apt. Elle soigne les malades alors qu’une épidémie de peste fait rage.

Elle va même jusqu’à poser son front contre le front des malades. Elle obtient des guérisons, souvent à son insu.

À la demande de Philippe de Majorque, frère de la reine, Delphine prononça ses vœux de pauvreté. Elle vécut le reste de sa vie dans le dénuement.

Ayant fait vœu de pauvreté, elle vendit ses immenses domaines, dota un grand nombre de filles, décora plusieurs églises et couvents, et on la vit demander son pain de porte en porte, au grand scandale du roi et des courtisans.

Elle refusa de loger dans ses châteaux, et passa à Apt les quinze dernières années de sa vie, couchant sur la paille, observant le silence le plus absolu.

Thaumaturge, conseillère du Pape, accompagnatrice spirituelle, elle a aussi un rôle politique. Elle joue le rôle de médiateur dans la guerre des Baux, une guerre civile entre des factions de seigneurs provençaux.

Impotente, elle est transportée en litière jusqu’à Cavaillon, où elle réconcilie les deux parties. Elle témoigne lors du procès de canonisation d’Elzéar, en Avignon.

« Mon époux était le gardien de mon âme », confie-t-elle au pape Clément VI.

La mort de sainte Delphine

Elle meurt le 26 novembre 1360 à l’âge de 78 ans, en disant : « Désormais je ne veux plus que Dieu ».

À sa mort, Delphine sera inhumée le 26 novembre 1360 auprès de son époux Elzéar dans la nécropole de la famille de Sabran, en la cathédrale d'Apt dans le Vaucluse.

Les deux époux sont ensevelis dans l’église des frères mineurs d’Apt. Leurs reliques sont conservées dans la cathédrale d’Apt et dans l’église d’Ansouis.

Cathédrale d’Apt reliques Delphine Elzéar

Le culte de sainte Delphine

Son culte fut approuvé par le pape Urbain VIII.

Le culte de Delphine a été approuvé par le pape Innocent VII en 1694, mais son procès de canonisation, ouvert en 1363, n’a jamais été achevé.

Elzéar est canonisé le 15 avril 1369, à Rome, par le pape Urbain V, son filleul.

Rares sont les époux portés conjointement sur les autels. Méconnus, tout du moins en dehors de la Provence, la bienheureuse Delphine et saint Elzéar font partie de ces saints dont le mariage a tracé un chemin de sainteté.

Leur mariage est ainsi présenté comme un témoignage de charité, de fidélité et de piété conjugale. Ces vertus sont mues par cet idéal de chasteté qui les caractérise, et qui les menèrent tout droit sur le chemin de la sainteté.

La représentation de sainte Delphine et de saint Elzéar

Une fois n’est pas coutume, l’illustration de cet article ne représente pas Delphine et Elzéar. Néanmoins, il s’agirait d’une commande de la bienheureuse Delphine, dont on comprend aisément les motivations.

Datée de 1330, d’artiste inconnu et conservée au Musée Getty à Los Angeles, cette tempera sur bois représente un ange déposant une couronne de fleurs sur sainte Cécile et saint Valérien, couple de martyrs du IIIe siècle ayant fait vœu de chasteté.

Ce panneau fait partie d’un diptyque dont l’autre facette représente saint François d’Assise recevant les stigmates.

Selon les archives du musée, il aurait été commandé par Delphine de Signe, comtesse d’Ariano, qui n’est autre que la bienheureuse Delphine, chaste épouse d’Elzéar de Sabran, sans doute après la mort de ce dernier en 1323.

Quant au couple sainte Cécile/ saint Valérien, il est celui qui a inspiré la chasteté conjugale observée par la bienheureuse Delphine et saint Elzéar.

Diptyque sainte Cécile saint Valérien 1330

Origine et signification du prénom Delphine

Le prénom Delphine provient des termes latin et grec, delphinus et delfis, qui désignent un « dauphin ».

Delphine vient du latin « dauphin » ; éléazar signifie en hébreu « Dieu » (El) et « mémoire » (zecher).

Le prénom Delphine existe depuis l'Antiquité. Pour certains, il vient du nom de l'illustre cité grecque de Delphes.

Il fut assez répandu jusqu'au Moyen Âge avant de voir sa popularité diminuer. C'est au XXe siècle, entre les années 1970 et 1980, qu'il revient en grâce.

tags: #date #fete #saint #delphine