Souccot, ou fête des Tentes, est une fête juive riche en significations, qui célèbre à la fois la récolte d’automne, la traversée du désert par le peuple d’Israël et la protection divine. Pendant sept jours, les familles observantes résident et prennent leurs repas dans une soukka, une cabane au toit provisoire construite selon des règles précises.
La fête de Souccot symbolise la toute-puissance du Seigneur et sa bienveillance envers le peuple hébreu. Elle est également appelée « le temps de notre joie » et constitue la troisième et dernière fête de pèlerinage de l’année juive.

La fête de Souccot, des Tentes et de la récolte
La « fête des Soukkot », ainsi appelée par la Bible (Lv 23, 34 ; Dt 16,16), porte, dans la Tradition d’Israël, d’autres noms significatifs : la prière juive la célèbre comme « le temps de notre joie » ; la littérature rabbinique, reflétant elle aussi la foi mosaïque du peuple enseigné par ses maîtres pharisiens, la nomme « la Fête » tout court, c’est-à-dire la Fête par excellence.
La fête des Soukkot, c’est-à-dire des Tentes, Tabernacles, Huttes ou Cabanes, est la troisième et dernière fête de pèlerinage de l’année juive. Soukkot est, de ce fait, l’aboutissement et aussi le point culminant d’une année des pèlerinages qui prend son départ à la Pâque et qui reçoit à la Pentecôte, « conclusion » de la Pâque, son orientation définitive.
La « fête des récoltes d’automne » est également une fête agricole. À l’époque du Temple, cette fête agricole était pour le peuple l’occasion d’exprimer sa joie à la vue de la récolte.
On puisait l’eau, indispensable, à la piscine de Siloé et on la montait en procession solennelle jusqu’à l’autel du Temple autour duquel on la répandait. « Par l’eau, la terre fécondée se couvre de fruits… »
La mémoire de la traversée du désert
À cette fête agricole, la tradition a ajouté une signification historique et religieuse : la mémoire de la traversée du désert vers la Terre Promise pendant 40 jours, sous la seule Providence de Dieu.
Souccot fait honneur à la traversée du désert par le peuple israélite, guidé par Dieu vers la terre Promise. Pendant quarante ans d’exode, les fidèles ont dû survivre en se construisant des cabanes à base de feuilles et de bois trouvé dans le désert, appelées soukkot.
Protégés par le pouvoir divin, ces derniers avançaient sur la route de la Terre Sainte en se fiant uniquement au chemin tracé par Dieu. La fête de Souccoth symbolise donc la toute-puissance du Seigneur et sa bienveillance envers le peuple hébreu.

La soukka et les nuées de gloire
La « soukkah » signifie « cabane » construite pour soutenir un toit protecteur, appelé « sekak », contre la chaleur du soleil. La cabane n’est faite ni en ciment, ni en briques, elle est faite de feuillages et de planches de bois.
La Soukka représente les nuages miraculeux, « nuées de gloire », qui entourèrent le peuple juif après sa sortie d’Égypte, lors de la traversée du désert, tandis qu’il se dirigeait vers la Terre Sainte.
Ces nuages aplatissaient les montagnes et comblaient les vallées qui se trouvaient sur le chemin du peuple juif. Ils le protégeaient aussi des serpents, scorpions et des flèches ennemies, de même qu’ils nettoyaient et repassaient leurs vêtements sur eux.
Lorsque nous résidons dans la Soukka, nous évoquons la miséricorde infinie et éternelle de Dieu à l’égard de chacun d’entre nous. La Mitsva, bonne action, de résider, de manger et de passer la plus grande partie de son temps dans la Soukka en faisant une bénédiction spéciale est une Mitsva unique : la personne y est entièrement investie, chaque partie de notre corps, chaque cellule de notre personne est totalement enveloppée, investie et absorbée par cette Mitsva.
Résider dans la soukka pendant sept jours
Ainsi, pendant sept jours, du 15 au 21 Tichri, les familles observantes résident et prennent leurs repas dans une Soukka : une cabane dont le toit est provisoire, élaborée suivant des règles très précises.
Le rituel consiste à habiter pendant une semaine dans une cabane, tout ce qu’il y a de plus primaire, et à abandonner pendant un temps son confort et ses possessions matérielles.
L’idée est que nous soyons tous, pendant une semaine, au même rang social devant Hachem. Les riches comme les pauvres seront mouillés en cas de pluie, les riches comme les pauvres subiront de la même façon les aléas de la météo durant cette période.
Pendant Souccot, il n’est plus question d’envier qui que ce soit sur sa réussite matérielle ou sur ses biens, nous sommes tous au même niveau. Réciproquement, une personne qui aurait un train de vie modeste n’en souffrirait pas durant cette période.
Pendant Souccot, elle ne se sentira pas moins bien que son voisin. Elle pourra de nouveau ressentir joie et fierté.
Une fête joyeuse et familiale
Semaine très festive et joyeuse, surtout pour les enfants ! Une expérience familiale unique, chaleureuse, dans une ambiance conviviale et détendue.
La fête de Souccot vient après deux jours de Jugement, 10 jours de pénitence et une journée de Grand Pardon, autant dire que l’atmosphère est un peu lourde. Puis arrive Souccot avec son côté champêtre.
On mange dans des cabanes, on prie sur un bouquet de verdure. Ainsi, compte tenu du contexte dans lequel s’installe cette fête, elle est accueillie avec beaucoup de joie.
On est heureux de pouvoir troquer les pleurs et les supplications contre une ambiance festive et printanière. Et existe-t-il meilleur antidote contre la déprime et les doutes qu’une bonne cure de bonheur ?
Souccot, la fête du bonheur, vient avec ses rituels qui paraissent légers, mais qui, bien au contraire, véhiculent des messages forts et fondamentaux.
Les quatre espèces et la fabrication du loulav
Un autre rite marque cette fête : la fabrication du loulav. Les quatre espèces, en hébreu arba’at haminim, désignent quatre végétaux mentionnés dans la Torah comme l’une des prescriptions majeures et caractéristiques de cette fête.
Les quatre espèces doivent être rassemblées en faisceau, portées, en hébreu netilat loulav, et balancées lors de la récitation du Hallel, psaumes 113 à 118, au cours des sept jours de la fête.
| Espèce | Caractéristique | Signification |
|---|---|---|
| Etrog | Bon goût et bonne odeur | Personnes qui possèdent la sagesse, l’étude de la Torah, et accomplissent de bonnes actions |
| Hadas | Bonne odeur, mais non comestible | Personnes qui accomplissent de bonnes actions, mais n’acquièrent pas la connaissance |
| Loulav | Comestible, mais sans odeur | Personnes qui possèdent la sagesse, mais ne font pas de bonnes actions |
| Aravah | Ni goût ni odeur | Personnes qui n’étudient pas la Torah et ne font pas de bonnes actions |
Le Etrog, cédrat, a un bon goût et une bonne odeur. Il représente les personnes qui possèdent la sagesse, l’étude de la Torah, et accomplissent de bonnes actions.
Le Hadas, myrte, a une bonne odeur mais n’est pas comestible. Cela représente les personnes qui accomplissent de bonnes actions mais n’acquièrent pas la connaissance.
Le Loulav, branche de palmier, est comestible mais n’a pas d’odeur. Il renvoie aux personnes qui possèdent la sagesse mais ne font pas de bonnes actions.
La Aravah, feuille de saule, n’a ni goût ni odeur. Ce sont les personnes qui n’étudient pas la Torah et ne font pas de bonnes actions.

L’unité symbolisée par les quatre espèces
Le Loulav est grand et prestigieux, l’Étrog apporte tout l’arôme au bouquet, puis le Hadass et la ’Arava sont deux sortes d’herbes qui peuvent paraître inutiles, des feuillages que l’on utiliserait pour étoffer un bouquet.
Pas du tout ! Les quatre espèces ne peuvent être aptes à recevoir leur bénédiction que si et seulement si toutes les quatre sont présentes et tenues ensemble, unies.
Chacune apporte une touche supplémentaire au bouquet, que son voisin n’apporte pas. Et c’est leur union qui fait de ce bouquet un bouquet tout particulier.
Si l’une des espèces était manquante, la personne ne pourrait pas faire de Brakha sur le bouquet.
Le rituel rappelle ainsi que chaque membre de la communauté possède une place et une valeur propres. La diversité des qualités et des limites devient une force lorsque les éléments sont rassemblés.
Souccot et l’estime de soi
L’être humain a tendance à douter de son importance. Il se compare souvent à ses proches, ses voisins, ses amis et les membres de sa famille, qui semblent, à l’unisson, avoir tous réussi leur vie bien mieux que lui.
Cette brèche dans l’estime de soi arrive avec les années. Si on observe bien un enfant, on prend une belle leçon de confiance en soi.
En effet, un enfant marche la tête haute, comme il l’a décidé, s’il veut sautiller, il sautille, s’il veut marcher uniquement sur les carreaux blancs, il le fait sans se soucier de ce que l’on pourra dire de lui, sans se soucier de l’image qu’il renvoie à la société, sans se soucier de savoir s’il sera catalogué dans telle ou telle catégorie de personnes.
Un enfant parle lorsqu’il le souhaite, peu importe si le silence est de mise à ce moment-là. Un enfant n’a pour seule règle de s’écouter et de laisser libre cours à ses désirs, car rien ni personne n’est plus important que lui.
Au fil des années, l’enfant qui grandit laisse cette estime de soi en béton au milieu de ses poupées et de ses petites voitures. Il commence à douter, à s’empêcher de donner son avis de peur de moquerie ou de représailles.
Il commence à penser qu’il n’est pas si important que ça, que le monde continuera bien à tourner avec ou sans lui. Il se croit inutile, et c’est l’un des pires sentiments que l’être humain puisse ressentir.
Souccot est la meilleure période pour parler de ce malaise et pour remettre les choses bien à leur place. La soukka rappelle que les possessions matérielles et les différences sociales ne définissent pas la valeur d’une personne.
Sim’hat Torah, la joie de la Torah
Le huitième jour de la fête est appelé Simhat Torah, la joie de la Torah.
Après les prières du soir et après le Kiddouche dans la synagogue, on se livre à des chants et des danses autour des rouleaux de la Torah qui sont portés en procession solennelle dans l’enceinte de la synagogue.
On appelle chaque membre de l’assemblée à « monter » à la Torah, y compris les garçons qui ne sont pas encore Bar Mitsva, qui « montent » accompagnés d’une personnalité de la communauté.
Joie de la Torah : « Tourne-la et retourne-la, nous enseigne la Michna, car tout se trouve en elle » !
Israeli Jews in Tel Aviv Dance with Torah Scrolls for 'Simchat Torah' Celebration! שמחת תורה
Le cercle, l’égalité et la communauté
L’équité de chaque membre de la communauté est d’autant plus célébrée le dernier jour des festivités, le jour de Sim’hat Torah. Tous les hommes dansent en rond autour de la Torah.
La particularité du cercle est qu’il n’y a ni début ni fin, il n’y a pas de hiérarchie. La seule importance durant cette fête est de déverser tout l’honneur qu’ils méritent sur les rouleaux de Torah, faisant abstraction de son propre honneur.
Aucun enfant ne compte plus qu’un autre aux yeux de son père. Chacun apporte sa particularité, sa note de joie, de responsabilité, mais aussi de fainéantise ou de plainte permanente, sans lesquelles la famille ne sera pas ce qu’elle est.
Chaque enfant d’Israël est indispensable pour faire de notre peuple ce qu’il est : un peuple fort, uni et béni, un peuple unique aux yeux de son Créateur.
Une fête qui invite à la reconnaissance
Une fête qui nous invite, nous chrétiens, à rendre grâce pour ce don précieux qu’est la Parole de Dieu.
Soyons heureux, soyons fiers et soyons conscients de notre valeur. Hag Saméa’h à tous !