Joyeux anniversaire en hébreu : expression, prononciation et traditions en Israël

La traduction en hébreu de « joyeux anniversaire » est « yom hu'ledet sameach ». Pour souhaiter un joyeux anniversaire, on dit Yom Houledet sameah, יום הולדת שמח, Joyeux anniversaire mais aussi Mazal Tov מזל טוב et Ad mea ve eserim עד מאה ועשרים Jusqu’à 120 ans.

Souhaiter un joyeux anniversaire à quelqu'un est une marque de sympathie qui met du baume au cœur. Si vous êtes invité à une Bat-Mitsva ou à une Bar-Mitzvah et que vous faites l'effort de souhaiter à votre hôte un bon anniversaire en hébreu, cela sera perçu comme une petite attention touchante.

Comment dire « joyeux anniversaire » en hébreu

L’expression s’écrit יום הולדת שמח et se translittère généralement Yom huledet sameach ou Yom houledet sameah. Anniversaire se dit Yom Houledette, יום הולדת , jour de naissance et je pense toujours à une petite fille qui disait c’est le « yom des boulettes » !

Entrainez-vous à dire cette expression à voix haute syllabe par syllabe, en sachant que YOM rime avec le mot français « tome », que HU'LEDET équivaudra à la succession des sons « wou », « lid » puis « èt » et que l'accentuation se fera sur la syllabe « lid ».

« SAMEACH » se prononce « so-mai-och ». Ce mot est difficile à prononcer, car il n'existe pas en français d'équivalent au son hébreu « ch ». Sachez cependant qu'il se dit comme le « J » en espagnol : le son sera le même que le bruit émis par quelqu'un qui s'éclaircit la gorge.

FrançaisHébreuTranslittération
Anniversaireיום הולדתYom Houledette
Joyeux anniversaireיום הולדת שמחYom Houledet sameah
Bonne chance / félicitationsמזל טובMazal Tov
Jusqu’à 120 ansעד מאה ועשריםAd mea ve eserim

Autres vœux traditionnellement associés

Pour souhaiter un joyeux anniversaire, on dit Yom Houledet sameah, יום הולדת שמח, Joyeux anniversaire mais aussi Mazal Tov מזל טוב et Ad mea ve eserim עד מאה ועשרים Jusqu’à 120 ans. Les plus sophistiqués diront Ad mea v’eserim ké eserim עד מאה ועשרים כעשרים Jusqu’à 120 ans comme à 20 ans.

L’expression Mazal Tov peut être utilisée comme une formule de félicitations et de bons vœux. Elle accompagne souvent les événements heureux, notamment lorsqu’il s’agit de marquer une nouvelle année de vie.

Prononcer l’expression avec précision

La première partie, Yom, se prononce comme le mot français « tome » avec une légère adaptation au rythme de l’hébreu. La deuxième partie, hu'ledet, équivaudra à la succession des sons « wou », « lid » puis « èt ».

L’accentuation se fera sur la syllabe « lid ». La dernière partie, sameach, se prononce « so-mai-och », avec un son guttural qui n’a pas d’équivalent exact en français.

h : comme en anglais ou allemande ch : comme un "j" espagnol ou "ch" allemand dans "Bach". Les personnes de confession juive ne comprennent pas toutes l'hébreu. Une mauvaise prononciation du son « ch » risque de nuire à la compréhension de votre interlocuteur.

Les anniversaires dans la vie quotidienne en Israël

Pour les enfants, on investit souvent dans un très beau gâteau d’anniversaire décoré suivant les intérêts de l’enfant. Au gan, גן au jardin d’enfants, on orne la tête de l’enfant d’une couronne de fleurs et on lui chante la chanson: Hayom yom houledet.

On le met sur une chaise et on le soulève autant de fois que le nombre de ses années. Et encore une fois pour l’année prochaine. Une façon de faire qui se retrouve aussi à propos du nombre de bougies sur le gâteau.

Par exemple, aujourd’hui sur le gâteau d’anniversaire de Mimi, il y aura 90 bougies. 89 pour marquer ses 89 ans et une pour l’année prochaine.

Gâteau anniversaire israélien pour enfant

Faut-il fêter les anniversaires dans le judaïsme ?

Faut-il ou non fêter les anniversaires ? Vaut-il mieux les passer sous silence ? C'est un sujet très largement débattu dans nos sfarim, certains sont persuadés que cette coutume est purement et simplement "non-juive" et qu'il ne faut surtout pas la suivre, mais je crois que c'est plutôt par ignorance de ce qui a été écrit sur le sujet.

Il y a tellement de choses qui ont été dites sur ce thème qu'on a du mal à s'y retrouver. Je vais tenter bez"h une synthèse des différentes positions rabbiniques et leurs raisons, afin que chacun puisse se faire une idée et relativiser certaines appréhensions, car en survolant la littérature rabbinique, j'ai vu un peu tout et son contraire.

La notion de bon mazal le jour de l’anniversaire

Nous trouvons une notion de chance ce jour-là, de bon mazal ; il est dit dans le Yeroushalmi Rosh Hashana (III, 8) que Amalek plaçait des soldats au front le jour de leur anniversaire car ils auraient alors un bon « mazal » et Moshé a "mélangé les mazalot", le Korban Haeda explique qu'en levant les mains, Moshé "mélangeait/perturbait" les mazalot pour contrer le bon mazal des guerriers d'Amalek.

Cette idée se retrouve chez le 'Hida qui écrit ('Homat Anakh, Iyov 3) au nom des kabbalistes que le jour de son anniversaire est un jour de bon mazal. Ça expliquerait le souhait consacré lors de ce jour : Mazal Tov !

Il y a aussi rabbi Tsadok Hacohen Rabinovicz de Lublin dans son Ressissei Layla (Divrei 'Halomot 20) qui écrit qu'un homme n'a rien à craindre le jour de son anniversaire et si la gmara Kidoushin (38a) nous dit que les Tsadikim décèdent le jour de leur anniversaire (et qu'il y a donc à craindre !), c'est parce que pour eux, la mort est une accession à un niveau supérieur (et est donc positive).

Je préfère une explication plus plausible du Maguen Avraham dans son Zayit Raanan sur le Yalkout Shimoni ('Habakouk 3) qui répond à la même question en disant que c'est une bénédiction pour le tsadik de décéder le jour de son anniversaire car « D.ieu complète les années du juste au jour près » (cf. Kidoushin 38a, Sotah 13b et Rosh Hashana 11a).

Mais il faut signaler que certains auteurs considèrent que ce bon mazal en ce jour, ne concerne que les non-juifs (comme Amalek) (cf. Taam vadaat Bereshit XL, 20), cependant, voir Nefesh 'Haya (O"H §580). Voilà peut-être pourquoi nous trouvons plusieurs auteurs très réticents quant à l'idée qu’un juif puisse fêter un tel jour.

Les positions opposées à la célébration

Voir par exemple le Torah Shleima (Kasher)(Vayeshev p.1522 note 49) qui cite un manuscrit ('Hemat Ha’hemda) commentaire sur le passouk (Bereshit 40, 20) qui dit qu'aujourd’hui encore, les non-juifs ont l'habitude de fêter les anniversaires (on en comprend que les juifs, non).

On comprend même du Rav Aharon Zeldner dans son Maté Aharon (p.68) qu'offrir un cadeau à un ami le jour de son anniversaire serait une coutume non-juive à ne pas pratiquer.

Certes, dans la Gmara (Moed Katan 28a) il nous est conté que Rav Yossef fêta ses 60 ans, mais cela indique qu'il ne devait pas fêter les anniversaires - ni lui, ni les autres Amoraïm - et c'est seulement celui de 60 ans qu'il souhaita fêter car - comme il le dit - cela l'exclu de la peine de Karet qui consiste à mourir avant 60 ans.

Le Min'hat Elazar (le Rabbi de Munkasz ) dans son Divrei Torah (V, §88) écrit qu'il n'y a rien à fêter le jour de l'anniversaire puisque les Sages nous disent (Erouvin 13b) qu'il eut été préférable à l'homme de ne pas naître.

C'est aussi la position de nombreux auteurs, comme: le Rav Horovitz de Strasbourg (-puis au Badats de Jérusalem) dans son Shout Kinian Torah Bahalakha (III, §21), du Arougat Habossem (II, §215), du rav Abelsohn (Shout Knesset Avraham Yoel, §6 p.116 –relié avec le shout Ets 'Haim), de R. Tsadok Hacohen (Likoutei Maamarim §13, p.140), du Rabbi de Klausenbourg-Sanz (Mikhtevei Thora II, 82 p.55), de Rav Shlomo Zalman Bloch (Hatsadik R. Shlomo, p.29, ot 18), du rav Patsonovsky (Pardes Yossef Vayeshev Milouim p.48 et dans la nouvelle édition, Bereshit II, p.777), du Rav Dunner (Leket Sheélot Hametsouyot IV, p.13 et Kol Hatorah 65, p.164), du Rav Stern (auteur du Beèr Moshé) et du Rav Wozner (auteur du Shevet Halévy) tous deux cités par le Rav Harfenes dans Beit Vaad La'hakhamim (adar 2009, p.356) et du shout Lehorot Natan (IX, §5, 9).

Néanmoins, concernant le Arougat Habossem, il faut noter que son fils (Shout Migdalot Merka'him, O"H, §31) relativise grandement cette opposition de son père en expliquant le contexte très particulier de la rédaction de ce responsum et le cas spécifique de la personne qui était concernée.

Voir encore le Shout Vayaan Yossef (§73) dans le même sens en minimisant l'opposition du Arougat Habossem qui ne s'opposait qu'aux grandes fêtes avec publication, mais qui n'avait rien contre une petite seouda intime à la maison.

Pas qu'il faille être ashkenaze pour s'opposer aux fêtes d'anniversaires. Le rav Khalfon Moshé Hacohen dans son Yad Moshé (Vayeshev, §63 daf 70b) écrit que l'habitude de fêter les anniversaires est très présente en Europe, mais que nous autres (les juifs) marquons plutôt cette date par le jeûne et le repentir, préférant en cela l'utile à l'agréable.

Le Otsar Kol Minhaguei Yeshouroun (4ème éd. §XXVII, 4 , p.60) considère que fêter son anniversaire est une habitude non-juive et le seul que l'on trouve fêtant son anniversaire dans le 'houmash est un pharaon.

On trouve aussi des rabanim opposés à la célébration d'un anniversaire (rond) de décès d'un tsadik ! En 1890, certains ont voulu célébrer les 50 ans du décès du 'Hatam Sofer, faire une grande Hiloula pour marquer le coup, mais les élèves du 'Hatam Sofer s'y sont opposés.

« Hiloula » oui, mais « particulière pour les 50 ans », non ! C'est l'idée qu'il y aurait une raison particulière de marquer le coup lors des années symboliques parce que « rondes », qui déplaisait à ces rabanim.

Les positions favorables ou nuancées

Certains passages nuancent toutefois cette opposition. Le Lehorot Natan tolère un repas d'anniversaire s'il est exclusivement réservé aux érudits, comme l'a fait Rav Yossef dans Moed Katan 28a.

Le fils de l’Arougat Habossem relativise grandement cette opposition de son père en expliquant le contexte très particulier de la rédaction de ce responsum et le cas spécifique de la personne qui était concernée.

Le Shout Vayaan Yossef minimise également l'opposition de l'Arougat Habossem, qui ne s'opposait qu'aux grandes fêtes avec publication, mais qui n'avait rien contre une petite seouda intime à la maison.

Le rav H.D. Halévy (Assé Lekha Rav IV, §26) ne l'a pas lu, mais écrit qu'il est évident qu'il n'y a aucun issour Avoda Zara ni de 'Houkot Hagoyim, car la partie Avoda Zara qu'il y avait chez certains idolâtres, c'est les sacrifices qu'ils apportaient à leurs dieux, mais fêter un anniversaire est en soi une idée saine.

Il semble que ce soit aussi l'avis du Aderet dans son Nefesh David (p.129) qui n'appréciait pas qu'on lui souhaite un joyeux anniversaire, que ça n'a jamais été une fête chez les juifs et nous ne trouvons ce jour fêté dans le 'houmash que chez pharaon, alors que la Gmara Erouvin (13b) nous dit qu'il aurait été préférable de ne pas naître.

Il souligne tout de même que les Tsadikim ont de quoi se réjouir de leur naissance, selon l'avis du Tosfot (Avoda Zara 5a). L'Aderet s'est tout de même réjoui le jour de ses 60 ans pour les mêmes raisons que Rav Yossef dans Moed Katan (28a).

Toutefois, je suis perplexe, car le même Aderet écrit dans son Har Hamoria (éd. Ahavat Shalom, p.59) qu'il récita la brakha de Shehé'hiyanou pour son anniversaire avec beaucoup de joie ! Cependant, il faut noter le contexte, il était malade, avec 41°C de fièvre ( !) et était sûr d'y passer.

Une célébration simple et personnelle

Les avis rapportés distinguent notamment les grandes fêtes publiques et les repas intimes. Voir encore le Shout Vayaan Yossef (§73) dans le même sens en minimisant l'opposition du Arougat Habossem qui ne s'opposait qu'aux grandes fêtes avec publication, mais qui n'avait rien contre une petite seouda intime à la maison.

Les pratiques peuvent donc prendre des formes différentes : un repas familial, des vœux formulés en hébreu, des prières, des psaumes ou un moment consacré à la reconnaissance. Le Rav Vizhnits, le Ahavat Israel, a refusé de faire une seouda pour son anniversaire de 70 ans et s'est contenté de réciter beaucoup de Tehilim et Bakashot.

Le Rav Pin'has 'Haim Horovitz, le Pit'ha Zouta, fut surpris le jour de son anniversaire à pleurer en lisant des Tehilim. Il expliqua à son petit-fils qu'il pleurait sur les souffrances vainement causées à sa mère lors de sa naissance, 80 ans plus tôt.

De nombreux autres rabanim ne voyaient pas d'inconvénient à ce que l'on fête les années de leur rabbinat ou de leur action pour la Torah, souvent par la publication d'un sefer Hayovel.

Pour son rav, rav Its'hak Bernays, on a fêté en grande pompe les 25 ans de rabbinat à Hambourg en 1846.

Formule pratique à retenir

Pour dire « joyeux anniversaire » en hébreu, vous pouvez prononcer : Yom Houledet Sameah. Vous pouvez y associer Mazal Tov et Ad mea ve-eserim, « Jusqu’à 120 ans ».

Entrainez-vous à dire cette expression à voix haute syllabe par syllabe, en sachant que YOM rime avec le mot français « tome », que HU'LEDET équivaudra à la succession des sons « wou », « lid » puis « èt » et que l'accentuation se fera sur la syllabe « lid ». « SAMEACH » se prononce « so-mai-och ».

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