La communion du gamin de Schaeffer : une saynète lorraine de Georges Chepfer

« Ah si vous étiez venu hier, c'était la communion du gamin! » Cette phrase désigne une saynète de Georges Chepfer, connue notamment par un disque 78 tours et associée à l’esprit lorrain de l’après-guerre.

La communion du gamin s’inscrit dans le répertoire de Georges Chepfer, comique lorrain dont les textes mettent en scène, avec un ton savoureux et souvent populaire, les relations entre les hommes et les femmes, les habitudes familiales et les difficultés du retour à la vie civile après la guerre.

Une œuvre de Georges Chepfer

Georges Chepfer est présenté comme un comique lorrain dont on ne parle plus guère, hélas ! Sa saynète « la communion du gamin » est également associée à la formule : « A si vous étiez venu hier ! »

La mention « disque 78 tours de G Chepfer » rappelle le mode de diffusion de cette œuvre, à une époque où les saynètes comiques et les monologues enregistrés constituaient un moyen important de faire connaître les voix et les accents régionaux.

Le contexte lorrain et l’après-guerre

Le texte est paru dans « le pays lorrain-le pays messin », une revue mensuelle en français distribuée par abonnement avant puis après la guerre dans cette région sous administration allemande jusqu'en 1918.

En 1919, il s’agit des premières parutions d’après-guerre, et forcément il y a influence. Cette période donne à la saynète une portée particulière : derrière l’humour et les expressions populaires apparaissent les tensions provoquées par le retour des soldats et par la reprise de la vie quotidienne.

La saynète appartient ainsi à un moment où l’on cherche moins la reconstruction d’un monde nouveau que la continuité de celui d’avant. On retrouve pas mal de thèmes du retour de la guerre comme l’exaspération des femmes pour tout ce qui touche aux « copains » à la guerre.

Une scène de vie familiale et sociale

La communion du gamin évoque un événement familial qui devrait réunir les proches, mais qui devient aussi le point de départ d’un récit comique. La formule « Ah si vous étiez venu hier, c'était la communion du gamin! » suggère qu’une personne arrive trop tard pour assister à la cérémonie et qu’elle doit se contenter du récit de ce qui s’est passé.

La saynète repose sur une situation ordinaire, facilement reconnaissable : une fête religieuse, les visites, les absents, les retrouvailles et les commentaires de l’entourage. Cette simplicité permet de faire naître le comique à partir des détails de la vie quotidienne.

Le ton et l’accent jouent un rôle essentiel dans la réception du texte. La lecture est proposée « avec le ton et l’accent », ce qui souligne l’importance de la prononciation régionale, du rythme oral et des expressions lorraines.

Le retour des soldats et les tensions du quotidien

La saynète est rapprochée d’une situation qui n’est facile ni pour les uns ni pour les autres. Le retour du soldat après l’Armistice ne signifie pas nécessairement un retour immédiat à l’équilibre familial.

On sent aussi la nécessité moins de reconstruction d'un monde que de la continuité de celui d'avant. Les hommes reviennent avec leurs souvenirs, leurs habitudes et leurs prétentions, tandis que les femmes ont dû assumer pendant la guerre des responsabilités nouvelles.

L'homme en campagne a les mêmes besoins qu'en temps de paix ; ces besoins deviennent même plus impérieux, étant exacerbés par une existence plus active et plus énervante.(Henry Mustière)

La plume de Chepfer est un tantinet machiste tout de même. Cette remarque met en évidence l’ambivalence du texte : la saynète fait rire par ses situations et ses formules, mais elle conserve aussi les représentations et les rapports de force de son époque.

Les femmes pendant et après la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale vit les premiers pas de la libération féminine. Dans de nombreuses familles, les femmes ont dû remplacer les hommes absents, prendre des décisions, travailler et assurer la continuité de la vie domestique et économique.

Le retour des soldats pouvait donc provoquer des frictions, car les femmes avaient acquis une autonomie de fait tandis que les hommes souhaitaient souvent reprendre leurs prérogatives d'avant guerre.

Dans une petite gare de campagne du Sud-ouest, la femme du « libéré » vient chercher son homme à la gare avec le cheval attelé à une charrette. Une fois les embrassades effectuées sur le quai de la gare, le couple enlacé rejoint la charrette.

Tous deux montent et la femme prend les rênes du cheval. Hélas que fit-elle ??? Car l'homme voulant reprendre ses prérogatives d'avant guerre arracha les rênes des mains de son épouse en maugréant.

Le comique des expressions populaires

Le texte de Chepfer est apprécié pour ses expressions, son vocabulaire et ses formulations inattendues. « Maladie de santé » est ainsi citée comme une expression particulièrement savoureuse.

Ces tournures donnent au récit une couleur orale et régionale. Elles produisent un comique fondé non seulement sur la situation, mais aussi sur la manière de raconter, sur les déformations du langage et sur les décalages entre les mots employés et la réalité décrite.

La saynète fait penser à du San Antonio. Cette comparaison insiste sur le goût des formules, de l’ironie et des situations où le langage devient lui-même un ressort comique.

Une mémoire locale conservée dans les revues et les enregistrements

La communion du gamin appartient à une mémoire culturelle locale, conservée à la fois par les revues régionales, les collections privées et les anciens enregistrements sonores.

Un certain nombre de fascicules de la revue « Le Pays Lorrain et Pays Messin » ont été numérisés et sont visibles sur le site de Gallica, en PDF. Ces documents permettent de retrouver le contexte éditorial dans lequel les textes de cette période ont circulé.

La conservation d’un disque 78 tours et la transmission de la formule « Ah si vous étiez venu hier, c'était la communion du gamin! » montrent comment une courte scène comique peut survivre par fragments : une phrase retenue, un accent, un souvenir familial ou une référence discographique.

La communion comme événement religieux et social

La communion est un sommet et une source pour toute notre vie chrétienne. Si nous nous y sommes bien préparés nous pouvons communier à chaque messe.

Il y a une préparation toute particulière pour la première des communions. La communion, comme son nom l’indique, est le moment où nous ne faisons plus qu’un avec Jésus.

Au moment de donner sa vie sur la Croix, le Seigneur Jésus a consacré le signe du pain et du vin pour que nous puissions recevoir encore aujourd’hui sa vie donnée.

La communion du gamin prend donc pour cadre un événement qui possède à la fois une dimension religieuse et une dimension familiale. La cérémonie concerne l’enfant, mais elle rassemble aussi les parents, les proches et les membres de la communauté.

La signification chrétienne de la communion

Notre Seigneur avait préparé ses disciples à ce signe : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. » (Jn 6, 51-53)

Ainsi, à la messe, l’Église se rassemble dans la prière, elle écoute la Parole de Dieu, elle offre encore le pain et le vin, et par les mains consacrées du prêtre, ce pain et ce vin devienne le Corps et Sang de Jésus.

A chaque messe c’est toute l’Église qui est au pied de la croix où Jésus s’est offert une fois pour toute pour nous obtenir le Salut, pour nous donner sa vie.

La première communion dans la vie d’un enfant

La première communion constitue une étape importante de la vie religieuse d’un enfant. Elle est préparée de manière particulière et s’inscrit généralement dans un cadre familial et communautaire.

La communion est le moment où nous recevons l’hostie consacrée, si son apparence reste inchangée, nous croyons que c’est bien le Corps et le Sang, l’âme et la divinité de Jésus que nous recevons.

Nous communion à Jésus lui-même. Il se donne encore pour nourrir en nous la vie surnaturelle.

Dans une saynète populaire, cette cérémonie devient un événement concret, observable et racontable : les invités, les préparatifs, les absents et les réactions de chacun contribuent à transformer la célébration en scène de mœurs.

La présence réelle et les pratiques liées à l’Eucharistie

Après la consécration, à la Messe, le Christ est présent sous l’apparence du pain et du vin : on parle de « Présence réelle », et parce qu’il y est réellement présent, on peut adorer le pain consacré, en participant à un temps qui s’appelle « l’Adoration du Saint Sacrement ».

On peut aussi porter la communion aux malades et les associer ainsi à la célébration de la communauté. Lorsque l’on porte la communion à un mourant, elle s’appelle le « viatique » : c’est le pain pour la route, pour le dernier voyage du fidèle qui va passer de la table où le Seigneur l’a reçu en pèlerin au banquet préparé dans la maison du Père.

L’Eucharistie de la messe est ainsi présentée comme le sacrement par excellence. La communion de l’enfant s’insère dans cet ensemble de pratiques, de croyances et de rites qui donnent à la cérémonie sa place dans la vie chrétienne.

Une saynète entre religion, famille et mémoire de guerre

La communion du gamin réunit plusieurs dimensions de la société lorraine de l’après-guerre : la pratique religieuse, la famille, la sociabilité locale, les rapports entre les sexes et le retour des soldats.

La cérémonie religieuse fournit le cadre de l’action, tandis que la parole populaire en révèle les tensions. L’événement n’est pas seulement un moment de recueillement : il devient aussi une occasion de visite, de conversation, de jugement et de satire.

Le succès de la saynète tient à cette capacité à faire coexister une célébration connue de tous et des difficultés très concrètes de la vie quotidienne. La communion du gamin est à la fois une scène familiale, un document de société et un fragment de mémoire lorraine.

Disque 78 tours Georges Chepfer

Dans l'autobus en Lorraine

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