Eh oui, nous entrons dans la dernière ligne droite des festivités carnavalesques. En effet, il ne nous reste que deux week-ends de parades. Cette année, le carnaval fut long, intense et coloré. Évidemment, qui dit Mas dit Istwa a Mas ! À l’image du territoire, le carnaval de la Guadeloupe est à son apogée. Il se dévoile, le monde entier le découvre et l’apprécie, au point de figurer dans le top 10 des plus beaux carnavals du monde. D’ailleurs pour information, en Guadeloupe, à la différence des autres pays où le Carnaval est une période festive assez courte, le nôtre fluctue. Tout est question d’année et de calendrier. Ainsi, il peut y avoir des saisons carnavalesques plus longues que d’autres, avec des carnavals qui durent un mois voire un mois et demi et même deux mois. Contrairement aux autres carnavals du Monde, qui ont lieu au cours de la période dite des » Jours Gras », en Guadeloupe et dans ses dépendances, celui-ci commence dès la première semaine du mois de janvier, parfois même dès le 1er janvier et peu s’étendre, comme nous le disions, jusqu’en Février et même en fonction de l’année, jusqu’en Mars. Durant cette période très marquée, chaque week-end, des défilés sont organisés à travers tout l’archipel et les différentes communes rivalisent entre elles pour organiser la plus belle parade de la saison. Toutefois au-delà de l’aspect économique, le carnaval est la période que les guadeloupéens ne rateraient pour rien au monde. C’est la période où les groupes se défient en termes de musicalité, de déguisement et de couleurs. Le mot d’ordre : être original ! C’est aussi le moment durant lequel, les Gwoup à Po sont de sortie et présentent les différents déguisements traditionnels. NUKILA en MURSI.
NUKILA : une naissance récente dans le paysage des Mas a Po
Dans une définition simple, on peut dire que le Mas a Po est un groupe de carnaval qui utilise des tambours faits de peau d’animal, généralement des peaux de kabris (chèvres) bœufs, mais moins récurrent. Ils utilisent aussi des chachas (maracas) et des conques à lambi ( konn a lambi). Leur musique héritée du gwoka est vigoureuse et ces groupes sont souvent surpeuplés : Mas a Po sé mas a pèp la. Présents dans le paysage carnavalesque depuis les années 1960, les Mas a po continuent de marquer la culture guadeloupéenne. Pour les premières formations musicales carnavalesques Mas a po, l’objectif était de permettre à la classe populaire des îles de la Guadeloupe de participer au carnaval qui était célébré principalement par la classe bourgeoise locale qui intégrait des formations carnavalesques dites à caisses claires “ beaucoup plus strass et paillettes, et à plumes”. Ainsi du strass et paillettes, les membres des gwoup a po créentent des costumes dits “ linj a mas “ à partir d’éléments naturels présents dans la nature et dans le quotidien : des éléments végétaux, minéraux, synthétiques, animaux : roukou, gwo siwo, tissus, autres vieux draps, vêtements usagés, feuilles de bananiers etc.
NUKILA : Pa dégrenné pu zyé a yo. Nous entrons dans la dernière ligne droite des festivités carnavalesques. En effet, il ne nous reste que deux week-end de fêtes et de parades. Cette année, il fut long, intense et coloré. Evidemment qui dit Mas dit Isthwa a mas !Depuis trois ans, The Link Fwi propose une série de reportages constituée de trois épisodes par an. Cette série est axée sur l’histoire des Mas a po, véritables piliers de la culture carnavalesque de l’archipel. Depuis la première saison, The Link Fwi tourne des épisodes de façon immersive. A savoir, des tournages en “inside”, où nous partons à la rencontre des fondateurs et des membres de ces groupes. L’objectif d’Istwa a Mas est de dresser un portrait de chaque gwoup a po de l’île. A travers ces l’histoire du style “ mas a po “ qui est abordée et dans une moindre mesure, c’est aussi l’histoire des groupes mis en lumière. On y voit la vie associative au-delà des déboulés(défilés), l’ambiance en amont des défilés du dimanche, les ateliers coutures, répétitions, réunions).
Après une première saison tournée en 2019 et consacrée aux groupes Le Pwen, Nasyon a Neg Mawon, Mas ka klé, suivie d’une saison 2 en 2020 axée sur l’histoire des groupes Ti Kanno, VIM, KleLa. Après deux ans d’absence du fait de la pandémie de Covid-19, la série ISTWA A MAS est revenue avec à l’honneur des groupes mythiques comme 50/50, Mas a Wobè et Voukoum. NUKILA : Le Bébé des Mas a Po. Plus les années passent, plus les formations musicales se créent et certaines sont faites par des jeunes. Preuve que la culture Mas a Po a imprégné la société guadeloupéenne. C’est le cas de la jeune association carnavalesque créée en novembre 2024 par des jeunes passionnés de musique Senjan. Son nom NUKILA. Son histoire est avant tout celle d’amis de collège et de lycée qui se sont retrouvés à l’âge adulte, autour du tambour à peau un soir d’avril 2024 sur un parking d’une zone commerciale de Baie-Mahault. Sur un coup de tête, ensemble, ils décident de monter un groupe de carnaval dont le nom suscite l’engouement, l’interrogation. Pour ce premier épisode, nous sommes partis à Lauricisque, quartier historique et populaire de pêcheurs de Pointe-à-Pitre, pour rencontrer les membres du groupe, dernier né de la famille des Mas a Po de l’archipel. NUKILA : Kongo ki la. Photo : ELMS Photography ( Emrick LEANDRE).
Carnaval de Guadeloupe 2026 L’héritage culturel est l’un des points forts du groupe pointois Nukila. Avant le mas, ces membres échangent, cuisinent, mangent ensemble, travaillent communément à la conception des costumes et à l’élaboration de leur son. Née il y a deux ans, cette association intergénérationnelle, vecteur de transmission, s’est fait une place au sein des déboulés du carnaval de Guadeloupe. Par Marie-Lyne Plaisir, Nadine Fadel Publié le 2 février 2026 à 22h30 Lecture 1 min À Pointe-à-Pitre, fief des "groupes à po", nous sommes allés à la rencontre des membres de l’une des dernières nées de ces associations qui animent le carnaval de Guadeloupe : Nukila compte 700 âmes ! Cette formation s’enracine dans le paysage des "mas", après deux ans d’existence. Chaque dimanche matin, en plus des préparatifs des déboulés de l’après-midi, les adhérents organisent des temps d’échanges et de communion, également synonymes d’occasions de transmettre des savoir-faire, des connaissances et une philosophie d’entraide et de partage. Ce dimanche 1er février 2026, les ventres de près de 250 membres étaient à contenter lors du vaste "kannari kontré" organisé. Au menu, il y avait notamment du colombo de poulet. Les jeunes n’ont pas hésité à se mettre au fourneau, guidés par les cuisiniers les plus expérimentés. Entre eux, ils s’appellent frères, amis ; "c’est la famille !", s’exclament-ils tous. Ils partagent amour, énergie et passion, notamment du tambour. Non loin des cuistots, un temps de parole est proposé : une écrivaine, auteure d'ouvrages sur le carnaval, permet à l’auditoire de remonter le temps jusqu'aux origines du "mas". La thématique est chère aux fondateurs de Nukila. Pour être crédibles dans la rue, il faut savoir ce qu’il y a eu avant, comment le "mas" a vu le jour et a évolué, estiment-ils. Et, bien sûr, d’autres sont occupés à l’atelier de confection. Coiffes, costumes, instruments... les accessoires sont peaufinés jusqu’au moment du départ, mais sans stress ! Le but, c’est de profiter, ensemble.
REPORTAGE/Rédactrice : Marie-Lyne Plaisir
Reporteur d’images : Ludovic Gaydu
Monteur : Mohan Vaïtilingon
Mixeur : Mattéo Straseele
Par Marie-Lyne Plaisir, Nadine Fadel Le dernier journal Émission du lundi 27 juillet 2026 Sur le même sujet Carnaval de Guadeloupe 2026 : un cru riche, court, intense, très sécurisé... mais endeuillé. Le carnaval de Guadeloupe reste l’un des plus beaux du monde. Cette année encore, les groupes ont rivalisé d’inventivité et de rigueur, dans leurs costumes, leurs musiques et leurs prestations. Dommage que la fête ait été gâchée par la mort d’un jeune garçon, dès le premier dimanche de défilé, à Pointe-à-Pitre. Ces faits ont obligé les forces de sécurité à mettre les bouchées doubles pour empêcher tout nouveau drame. Durant les jours gras, des débordements et délits sont signalés, mais ils apparaissent limités.
