Les Épiphanies du Seigneur : signification, origine et célébration

L’Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre la manifestation de Jésus-Christ au monde, principalement à travers la visite et l’adoration des mages venus d’Orient. Elle est célébrée le 6 janvier, ou le dimanche qui suit le 1er janvier dans certains pays occidentaux, et rappelle que le Christ se fait connaître non seulement au peuple d’Israël, mais aussi aux nations païennes représentées par les mages.

Le mot « Épiphanie » vient du grec epiphaneia, qui signifie « manifestation » ou « apparition ». Dans la liturgie occidentale, la fête met surtout en avant l’adoration des mages et la révélation de Jésus comme Sauveur universel ; dans les Églises d’Orient, elle souligne davantage le baptême du Christ dans le Jourdain, tandis que le premier miracle aux noces de Cana est également associé aux manifestations de sa divinité.

Que célèbre l’Épiphanie du Seigneur ?

L’Épiphanie, vient d’un mot grec qui signifie manifestation. Il s’agit de la fête qui célèbre la manifestation de Dieu aux hommes. Elle est célébrée le 6 janvier, conjointement à deux autres manifestations de Jésus-Christ : le baptême du Christ au Jourdain et le premier miracle de Jésus aux noces de Cana.

Dans la liturgie occidentale, la fête de l’Epiphanie célèbre la manifestation de Dieu aux mages et plus largement aux païens. La fête chrétienne de l’’Epiphanie célèbre ainsi la manifestation de Dieu dans l'Enfant de la crèche.

L'Épiphanie rappelle ainsi l’universalité de la mission de Jésus, accueilli non seulement par les Juifs, mais aussi par les nations païennes représentées par les Rois mages. Elle porte un message d’unité, d’espérance et de salut pour tous.

Fêté le 06 janvier. En ce jour, nous célébrons la sainte Epiphanie de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, lorsqu’il se fit connaître aux mages venus de l’Orient. C’est l’adoration de ces mages qui constitue, en Occident, l’objet principal de cette fête.

Adoration des mages autour de Jésus

La signification du mot « Épiphanie »

L'Épiphanie trouve ses racines dans le mot grec epiphaneia, qui signifie "manifestation" ou "apparition". Dans le contexte chrétien, elle célèbre la manifestation de Jésus-Christ comme Sauveur universel.

En grec, ‘epiphanios’ signifie ‘illlustre, éclatant’ et ‘epipháneia’, ‘manifestation, apparition’. Plus profondément, il se réfère ici à la manifestation dans la chair du Christ qui s’incarnant de la Vierge Marie à Noël vient pour le Salut des hommes.

Au milieu du IIIe siècle av. J.-C, dans la Septante (version grecque du texte hébreu de l’Ancien Testament), l’Épiphanie reflète la figure lumineuse du Seigneur. Ainsi, Saint Paul l’emploie également pour signifier la manifestation du Seigneur dans l’épitre à Timothée (2 Timothée 1,10).

Origine historique et religieuse de la fête

Une fête plus ancienne que Noël

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, la fête de l'Epiphanie est plus ancienne que celle de Noël. Elle est apparue au IIIe siècle à Alexandrie, et célébrait trois moments de la vie du Christ qui manifestent son identité de Fils de Dieu : sa naissance, son baptême et les Noces de Cana.

Elle s'est répandue ensuite dans tout l'Orient à partir de l'Egypte. Quant à la fête de Noël, elle est à célébrée à Rome à partir du IVe siècle, sans doute vers 325.

Jusqu’au 4e siècle, cette date fête à la fois la naissance de Jésus (la Nativité), la venue des rois mages, mais aussi des événements plus tardifs comme le miracle des noces de Cana (l’eau changée en vin).

La christianisation des fêtes de la lumière

Les deux fêtes, à l’origine, sont des célébrations païennes: on fêtait la victoire du soleil sur les ténèbres, autour du solstice d’hiver. L'Eglise chrétienne, à Alexandrie comme à Rome, va christianiser ces deux fêtes pour en faire celles de l'avènement de la véritable Lumière qui est le Christ.

En Grèce antique, l’Epiphanie est une fête qui célèbre la renaissance de la lumière et la manifestation du Soleil après le solstice d’hiver (21 déc.), notamment à partir du 6 janvier où les jours se rallongent visiblement.

Les Grecs fêtent alors les épiphanes, 12 dieux de l’Olympe apparus aux hommes. Cette fête sera reprise par la Rome antique qui célèbre aussi ses propres dieux épiphanes.

Dans la culture hellénistique, c’était une fête, une ode à une divinité comme celle d’Apollon à Delphes. À Rome, ce vocable avait une connotation impériale et désignait la venue d’un souverain ou encore une allusion à la célébration du culte « Sol Invictus » (Soleil invaincu) dédié à Mithra, déité indo-iranienne issue du mazdéisme.

Dans l’Antiquité, les Romains qui sont très friands de fêtes en organisent et n’oublient pas de commémorer l’une des plus populaires en janvier, « Les Saturnales ». Celle-ci magnifie les dieux épiphanes (Saturne, entre autres), c'est-à-dire les dieux qui se manifestent aux hommes, et annonce l’allongement des jours à venir propices à toute fécondité, à la fin de l’hiver.

Pourquoi l’Épiphanie est-elle célébrée le 6 janvier ?

Le choix du 6 janvier remonte au calendrier liturgique des premiers chrétiens. Cette date se situe douze jours après Noël, symbolisant la durée de la marche des Rois mages vers Bethléem.

L'Épiphanie, identifiée comme le jour d'adoration des mages, a été fixée au 6 janvier en Occident pendant la deuxième moitié du IVe siècle (350), soit douze jours après Noël.

Lorsqu'au 4e siècle l’Église fixe la Nativité au 25 décembre pour remplacer les fêtes païennes du solstice d’hiver, l’Épiphanie, toujours fêtée le 6 janvier, marque le jour où Jésus est apparu aux yeux du monde à travers ceux des Rois Mages.

Dans certains pays, l'Épiphanie est une fête mobile, célébrée le dimanche le plus proche du 6 janvier pour permettre une plus grande participation des fidèles. Pour des raisons pratiques - le 6 janvier n'est généralement pas férié en Occident -, l'Eglise catholique a déplacé la célébration de la solennité de l'Epiphanie au dimanche suivant le 1er janvier, même si la date "officielle" n'a pas été modifiée.

Si l’Eglise d’Occident célèbre souvent l'Epiphanie le dimanche qui suit le 1er janvier, la date canonique de cette solennité est le 6 janvier. En Orient, elle est célébrée ce jour-là, tant par les catholiques que les orthodoxes.

La liturgie de l’Eglise latine, là où ce jour n’est pas férié, reporte la célébration de cette fête au dimanche le plus proche, afin que le plus grand nombre des fidèles puissent la commémorer dignement.

En revanche, d'autres pays, comme l'Espagne et l'Italie, la célèbrent toujours à la date traditionnelle, parfois avec des processions ou des reconstitutions de l’arrivée des Rois mages.

L’Épiphanie en Orient et en Occident

Après l'apparition de la fête de Noël à Rome, celle de l’Epiphanie, toujours fêtée le 6 janvier, va prendre un sens plus spécifique dans l’Eglise d’Occident. Alors que Noël insiste sur l’incarnation du Fils de Dieu en Jésus, l’Epiphanie va célébrer la manifestation de la divinité du Christ aux nations païennes, symbolisée par la visite des mages à l’Enfant Jésus.

Quant au baptême de Jésus, il fera l’objet d’une autre fête spécifique. Les Églises d’Orient mettent particulièrement en avant le baptême du Christ, tandis que les Églises d’Occident soulignent la visite des Rois mages, symboles des nations du monde.

Les Eglises d’Orient célèbrent de même la sainte Théophanie, au jour de son baptême dans le Jourdain lorsqu’eurent lieu la manifestation de la divinité du Christ et la première claire révélation du mystère de la Sainte Trinité.

Le Père et le Saint-Esprit rendirent alors témoignage que Jésus est vraiment le Fils Unique de Dieu, consubstantiel au Père, Verbe Incarné pour notre salut, Sauveur annoncé par les prophètes et qu’en sa personne la Divinité s’est unie sans mélange à notre humanité et l’a fait resplendir de sa Gloire.

La fête est venue d’Orient où elle a été fixée au 6 janvier : fête des lumières, fête de l’eau, elle est beaucoup plus la célébration de l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême.

Qui sont les mages de l’Épiphanie ?

Les mages, cités dans la Bible comme des «sages» sans véritable idée de nombre, deviennent les 3 Rois Mages au 3e siècle, nommés Melchior, Gaspard et Balthazar au 8e.

Les Rois mages, mentionnés dans l'Évangile de Matthieu, sont des figures emblématiques de l'Épiphanie. Ces sages venus d'Orient, parfois appelés "mages", sont traditionnellement nommés Melchior, Gaspard et Balthazar.

Le terme de "mages" indique qu'il s'agissait sans doute d'astrologues venus du Moyen Orient, qui lisaient les signes divins dans les astres. C’est d'ailleurs en observant les cieux qu’ils ont vu apparaître une nouvelle étoile, qu’ils se sont mis à suivre pour arriver jusqu'à Jésus, après avoir consulter les autorités politiques et religieuses juives.

Guidés pendant douze jours par l’étoile du berger, ces rois astrologues venus de Perse, de Mésopotamie et de Babylone trouvent le nouveau-né dans une étable de Bethléem.

Seul l’évangéliste Matthieu mentionne cet épisode sans plus de détail dans le Nouveau Testament. On parle couramment des "Rois Mages", mais l’évangile parle de mages, pas de rois.

Les récits qui concernent la naissance de Jésus, dans les premiers chapitres des évangiles selon saint Luc et saint Matthieu, n'ont pas toujours une origine historique clairement déterminée. C'est particulièrement le cas du récit de la visite des mages (Matthieu 2, 1-12), dont la "charge" théologique est par contre très forte: des personnes d’une culture, d’un autre horizon religieux que la foi d’Israël, viennent rendre hommage à Jésus.

Arrivés à destination, ces sages venus d'ailleurs ont vu en Jésus le Verbe de Dieu qui s’est fait chair. La signification théologique de ce récit, c'est que toute culture, toute tradition spirituelle, toute religion sont orientées vers la reconnaissance de Dieu qui s'est manifesté en Jésus, Verbe de Dieu fait chair.

Pourquoi sont-ils appelés rois ?

L’utilisation courante du mot "roi" à leur sujet renvoie cependant au livre d’Isaïe, dans lequel il est écrit que "les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante" (Is. 60,3).

Ici encore, la signification théologique est bien présente : les mages, ce sont les nations païennes qui viennent reconnaître le Messie. La prophétie de l’Ancien Testament se réalise donc avec la naissance de Jésus.

Les mages viennent-ils vraiment des quatre coins du monde? On représente souvent les trois mages - Melchior, Gaspard et Balthasar - comme venant d’Occident, d’Orient et d’Afrique.

D’après le texte de Matthieu, les trois mages viennent d’Orient, donc pas de tous les continents. Mais le fait que, dans la religion populaire, on les représente comme venant de partout est à nouveau très significatif, et au fond très juste : ce sont bien toutes les cultures qui sont appelées à accueillir la révélation de Dieu et de son Amour pour nous, en Jésus-Christ.

Pourquoi sont-ils trois ?

La tradition a fixé le nombre des rois mages à trois en se basant sur les trois cadeaux dont parle l’Évangile. Les mages offrent en effet à Jésus de l’or, de l’encens et de la myrrhe : des cadeaux à la signification symbolique.

Ils sont au nombre de trois, comme les trois continents connus à cette époque (Afrique, Asie et Europe) et les trois âges de la vie.

Le chiffre 3 est très symbolique, il symbolise d’abord les 3 continents : Asie, Afrique et Europe (qui étaient les seuls connus à l’époque). C’est aussi l’image des trois fils de Noé : Sem, Cham et Japhet.

Au XVIe siècle, on leur attribue une couleur de peau distincte pour chacun : blanche, noire et jaune. Le chiffre 3 figure enfin les trois âges de la vie.

Melchior est présenté avec une longue barbe et il est le plus âgé des trois. C’est celui qui a offert de l’or. Gaspard est le plus jeune des trois et il a donné de l’encens. Balthazar est barbu sans être âgé et il a offert de la myrrhe.

Les noms traditionnels des rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois au VIe siècle. Anonymes dans le Nouveau Testament, les rois mages se voient attribuer un patronyme au VIe siècle : Gaspard, Melchior et Balthazar.

La symbolique de l’or, de l’encens et de la myrrhe

Les présents apportés par les mages ont chacun une signification particulière. L’or est le cadeau que l’on offre à un roi. Cela signifie symboliquement dire que les mages reconnaissent, en Jésus, le roi de l’univers.

L’or célébrait la royauté, l’encens la divinité et la myrrhe annonçait la souffrance rédemptrice.

L’encens, c’est ce que l’on donne à Dieu. C’est donc un symbole proprement religieux, notamment celui de la prière et de l’hommage qui monte vers la divinité.

Quant à la myrrhe, elle est utilisée pour embaumer quelqu’un qui est décédé. La symbolique ici, est que, dès sa naissance, on reconnaît déjà en Jésus celui qui donne sa vie pour nous, et qui va mourir sur la croix.

La myrrhe est une résine odorante venant d’un arbre d’Arabie, le balsamier. Les mages honorent ce don à l’avance.

PrésentSignification
OrLa royauté de Jésus
EncensLa divinité, la prière et l’hommage
MyrrheLa souffrance, la mort et le don de sa vie

Ce dernier point constitue une indication selon laquelle les évangiles ont été écrits après la mort et la résurrection du Christ : les évangélistes connaissaient donc la fin de l'histoire. C'est d'ailleurs à partir de la foi pascale que les chrétiens peuvent comprendre pleinement le mystère de la manifestation de Dieu dans son Fils fait homme.

La naissance de la tradition de la galette des rois

La tradition veut que pour le jour de la Fête des rois mages, on partage un gâteau. Il existe en France deux sortes de gâteau des rois : la galette et le gâteau.

En France, la coutume de la galette des rois et du gâteau des rois existe depuis le XIVe siècle. La galette des rois est une tradition typiquement française.

Tout remonte en réalité aux fêtes païennes des Saturnales dans la Rome antique. Durant 7 jours, la hiérarchie sociale est alors parodiée à l’occasion de grandes festivités.

Pour fêter cet âge d’or d’équité, et pour représenter Saturne, on élisait le roi ou la reine d’un jour parmi les esclaves, grâce à une fève glissée dans une galette (ronde, de la forme du soleil, rappelant l’origine de ces fêtes liées au solstice d’hiver).

Comme aujourd’hui, le plus jeune de l’assemblée se devait d’annoncer la distribution des parts de la galette aux convives. Le roi ou la reine avait le privilège de donner des gages ou de faire exaucer ses vœux.

Plus de maître ni d’esclave pendant ces Saturnales. Chacun faisait, mangeait et buvait ce qui lui plaisait.

Au 13e siècle, les chrétiens s’approprient cette tradition païenne et vont tirer les rois en hommage aux 3 Rois Mages. Au Moyen-Âge, les seigneurs désignent ainsi un enfant comme roi d’un jour.

Sous l’Ancien Régime, on tire aussi les rois, même si Louis XIV abolit rapidement la possibilité pour le roi ou la reine du jour de pouvoir lui demander grâces et faveurs.

La galette pendant la Révolution française

Le 6 juin 1795, la Convention, qui avait soulevé la question de substituer à la galette des rois une « galette de l’Égalité », a dû y renoncer devant la vigueur des protestations.

En 1801, le Concordat réhabilite la Fête des rois. Au final, si ce n’est pendant la Révolution où l’Épiphanie devient le ‘jour des sans-culottes’ et la galette des rois la ‘galette de l’Égalité’, la tradition de l’Épiphanie et du tirage des rois est restée très populaire.

Les différentes galettes et gâteaux des rois

Il en existe différentes sortes selon les régions de France, mais toutes partagent ces points communs : une fève et une couronne.

Dans le nord de la France, c’est un gâteau en forme de galette feuilletée très souvent fourrée à la frangipane. La frangipane est une sorte de crème d’amande inventée au XVIe siècle.

La galette ronde, plate et de couleur dorée représente le soleil. On pose une couronne sur la galette des rois.

En Provence et dans le Sud-Ouest, c’est le gâteau des rois ou une brioche en forme de couronne qui évoque la couronne des rois. En Provence, elle est fourrée aux fruits confits.

Région ou paysPréparation associée
Nord de la FranceGalette feuilletée souvent fourrée à la frangipane
Provence et Sud-OuestGâteau des rois ou brioche en forme de couronne
PortugalBolo rei
EspagneRoscón de reyes
Pays de religion orthodoxeBanitsa ou vassilopita
États-UnisKing cake ou Mardi Gras cake

Il s’agit d’une brioche en couronne garnie de fruits confits. Ce gâteau est répandu dans le Sud de la France et les pays d’Europe de Sud (Portugal : bolo rei, Espagne : roscón de reyes).

Banitsa (tarte) ou vassilopita (gâteau) de la Théophanie fêtée dans les pays de religion orthodoxe (Russie, Grèce, Bulgarie…). Ce dessert est préparé avec de la pâte filo, du yaourt grec et de la féta. On y cache une pièce et celui qui la trouve est chanceux pour l’année à venir.

Les befaninis sont parfumés au citron. Ces petits biscuits italiens rappellent la sorcière Befana qui remplit le rôle du Père Noël.

King cake ou Mardi Gras cake aux États-Unis. Il est constitué d’un simple anneau de pâte décoré de sucre coloré : violet pour la justice, vert pour la foi et or pour le pouvoir.

La fève : origine et signification

Pourquoi y a -t-il une fève dans la galette des rois ? La coutume de la fève dans la galette des rois ou dans le gâteau des rois vient du temps des Romains.

Elle était blanche ou noire et était utilisée pour les votes de magistrats, chefs de guerre ou rois des banquets…

Qui dit fête, dit festin, et à cette occasion apparaît la fève (haricot sec) que l’on cache dans une pâtisserie ou un pain en forme de disque solaire pour « tirer les rois ».

La galette représente le disque solaire et la fève la fécondité. Lors des Saturnales, esclaves et prisonniers sont eux-aussi susceptibles de gagner la fève et de devenir rois pour une journée.

Du haricot sec à la fève dorée à l’or fin 24 carats, on en trouve en plastique blanc ou, la plupart du temps, en porcelaine. En 1874, la fève en porcelaine fait son apparition en Allemagne avec la porcelaine de Saxe.

Aujourd'hui, la fève est un petit objet en céramique ou en plastique, souvent décoratif ou à thème. Celui qui trouve la fève dans sa part de galette devient le roi ou la reine et porte une couronne.

Cette tradition festive trouve son origine dans les Saturnales romaines, mais elle a été christianisée pour célébrer l'Épiphanie. La fève et la couronne rappellent symboliquement la royauté de Jésus.

Le partage de la galette et la « part du Bon Dieu »

Il y a aussi une tradition qui est de laisser une part pour l’étranger de passage ou pour un pauvre. Cette part s’appelait « Part du Bon Dieu ».

Selon la tradition, la galette est coupée en autant de parts que de convives, plus une part supplémentaire appelée "part du Bon Dieu" ou "part du pauvre", destinée à un visiteur imprévu ou à une œuvre de charité.

Le plus jeune membre de la famille, souvent considéré comme le plus innocent, se cache sous la table et désigne la répartition des parts. Ce rituel permet de partager à l’aveugle et d’éviter d’orienter le choix en fonction de l’aspect des portions.

La fève cachée dans la galette apporte un moment de suspense et de joie : celui ou celle qui la trouve est couronné roi ou reine et porte une couronne symbolique.

Comment célébrer l’Épiphanie dans la foi et la simplicité ?

Lire le récit biblique

Avant de partager le repas, vous pouvez lire l’Évangile de Matthieu (chapitre 2, versets 1-12) pour revivre la visite des Rois mages.

Ces moments spirituels permettent de se recentrer sur le véritable sens de l'Épiphanie. Un repas de l'Épiphanie n’est pas seulement un festin; c’est aussi un temps pour méditer sur le message spirituel de cette fête.

Réunir la famille autour d’un repas

L'Épiphanie est une occasion parfaite pour réunir la famille et les amis autour d'un repas convivial. Ce moment de partage peut être enrichi par des plats traditionnels qui rappellent les symboles de cette fête.

Vous pouvez commencer par un plat inspiré des saveurs orientales en hommage aux Rois mages, comme des épices douces ou des fruits secs. En dessert, la galette des rois sera évidemment la pièce maîtresse, mais dans certaines régions, une brioche en forme de couronne agrémentée de fruits confits est également très appréciée.

Pensez aussi à créer une ambiance chaleureuse avec des bougies ou des décorations rappelant l'étoile de Bethléem.

Associer prières et chants

L'Épiphanie est une fête empreinte de spiritualité, et intégrer des prières ou des chants traditionnels peut enrichir votre célébration.

Les chants comme "Nous Trois Rois de l'Orient" ou "Il est né le divin enfant" sont parfaits pour évoquer la joie de cette journée.

Dans certaines familles, il est également courant de réciter une bénédiction spéciale pour la maison, demandant la protection de Dieu pour l'année à venir.

Expliquer l’Épiphanie aux enfants

L'Épiphanie peut être une belle occasion d’éveiller les enfants à la foi de manière simple et joyeuse. Vous pouvez leur raconter l’histoire des Rois mages en insistant sur les détails captivants : l’étoile qui les guide, leurs longs voyages et les cadeaux précieux qu’ils apportent.

Pour rendre l’histoire plus vivante, vous pouvez organiser une petite crèche avec des figurines des Rois mages ou proposer une activité manuelle, comme fabriquer une étoile ou des couronnes en papier.

La galette des rois est également un moyen ludique d’expliquer la symbolique de l’Épiphanie. Par exemple, vous pouvez leur dire que la fève représente Jésus, caché dans la galette comme il était caché dans la crèche à Bethléem.

Fabriquer une couronne

La couronne des rois fait figure d’incontournable à l’école maternelle. Esthétique, créative, elle convoque aussi des compétences manuelles et artistiques.

Les tout-petits s’exercent à tracer des obliques, à découper sur les lignes, à suivre un code couleur. Ils développent leur dextérité, leur coordination, musclent leurs mains et aiguisent leur sens artistique.

À partir d’une base de couronne (bande de papier carte de 5 à 7 cm), votre enfant décore à sa guise avec différents matériels : peinture dorée ou toute autre couleur ; gommettes, joyaux autocollants, perles ; papier crépon ; plumes.

Fermez ensuite avec une agrafeuse (après avoir pris la mesure !). Ce sera bien plus solide qu’avec de la colle ou du ruban adhésif.

Créer une fève et des décors

En fonction du type de galette, le matériau de fabrication de la fève varie. En effet, si vous prévoyez de cacher la fève dans une galette à la frangipane, optez pour l’argile.

Choisissez une argile durcissante à basse température ou séchant à l’air. Côté forme, proposez à votre enfant des sujets simples : haricot blanc, lune, soleil etc.

Pour accompagner les couronnes, pourquoi ne pas coudre quelques tuniques avec les grands ? En couture à la main ou à la machine, vous pouvez recycler de vieux draps en créant des tenues antiques ceints d’une cordelette.

Les enfants en profiteront pour créer un décor antique avec des bas reliefs par exemple. Aves des cartons d’emballage, on peut fabriquer des colonnes, des tours etc.

Chansons, contes et histoires

Le folklore régional regorge de chansons traditionnelles en rapport avec l’Épiphanie : J’aime la galette, savez-vous comment ? La marche des rois mages de Joseph-François Dommergue ; Dans la galette des rois d’Anny et Jean-Marc Versini ; La galette des rois ; Melchior et Balthazar sont partis d’Afrique.

Parmi les livres dédiés au thème de la galette et des rois mages, on trouve : l’incontournable Roule Galette de Natha Caputo paru en 1950 (Père Castor), à partir de 2 ans ; J’aime la galette d’Orianne Lallemand et Maud Legrand (Casterman, coll. Mes comptines en or), à partir de 2 ans ; Le loup aime la galette de Philippe Jalbert (Gautier-Languereau), à partir de 3 ans.

  • La galette à l’escampette de Geoffroy de Pennart (l’école des loisirs), à partir de 3 ans.
  • La Befana de Sandra Nelson et Sébastien Pelon (Flammarion), à partir de 3 ans.
  • La première galette des rois de Zemanel et Sophie Lebot (Flammarion), à partir de 3 ans.
  • Qui aura la fève ? de Catherine Metzmeyer et Marie Flusin (Élan vert), à partir de 3 ans.
  • Les rois mages de Michel Tournier (Gallimard jeunesse), roman à partir de 9 ans.
  • Les rois mages de Kochka (Thierry Magnier éditions), roman à partir de 10 ans.

Les valeurs transmises par la fête

L’Épiphanie, au-delà de sa tradition gourmande et festive, offre une opportunité de transmettre des valeurs éducatives aux enfants. Elle permet d’éveiller la curiosité des enfants pour des traditions d’ici et d’ailleurs, favorisant ainsi leur ouverture au monde.

Le partage et l’équité

Évidemment qui dit galette dit distribution ! Pour rappel, la tradition veut que le plus jeune se cache sous la table et désigne celui qui reçoit une part de galette.

De cette manière, le partage à l’aveugle évite d’orienter son choix en fonction de l’aspect de la portion. Pas de suspicion de favoritisme et donc pas de dispute entre frères et soeurs.

C’est une manière d’accepter le hasard et la bonne fortune. Si on n’a pas la fève en premier, peut-être l’aura-t-on une autre fois ?

L’empathie et l’humilité

Il est vrai que la frustration est grande de ne pas obtenir la fève. Mais il reste encore une seconde chance avec la couronne. Celui qui a la fève désigne son roi ou sa reine et lui décerne la couronne.

La tradition de la galette constitue une opportunité de dialogue à propos du partage et du bien-être de chacun au sein de la famille. Un aîné pourra comprendre l’intérêt de choisir son petit frère ou sa petite soeur comme roi ou reine.

Une bonne entente évite les disputes et l’empathie débloque bien des situations conflictuelles.

Le respect d’une règle commune

Par ailleurs, la tradition du partage de la galette obéit à des règles traditionnelles qui renvoient à celles de la famille. Bien sûr elles peuvent être adaptées, mais elles ont intérêt à être stables, comme toute règle.

L’enfant la connait et la respecte. Il sait qu’elle s’applique à tous, grands comme petits, ce qui est un gage d’équité pour lui.

Pour toutes ces raisons, il serait dommage de contourner la règle du tirage en faisant gagner systématiquement son enfant. Les entorses à la règle peuvent cependant prendre en compte les émotions de l’enfant lorsqu’il traverse une période difficile.

La galette des rois: le 6 janvier et l'Épiphanie. Fêtes et traditions.

tags: #les #epiphanies #du #seigneur