Le Musée du santon et des vieux outils réunit deux formes de mémoire artisanale : les figurines provençales en argile et les instruments utilisés autrefois dans les métiers agricoles, artisanaux et domestiques. Ces collections permettent de découvrir la vie rurale, les traditions locales et les techniques transmises de génération en génération.
Les santons de Provence sont de petites figurines en argile faites et peintes artisanalement. Il prennent leur place dans les crèches de Noël. Ils représentent l'enfant Jésus, la Vierge Marie et Joseph, les Rois Mages et les bergers et toute une série de personnages (habitants d'un village provençal et leurs métiers) sans oublier l'âne et le boeuf.
Les santons de Provence et leur place dans les crèches
L'Ecomusée du Santon et Traditions de Provence abrite une belle et vaste collection de plus de 2000 santons de toutes tailles venant de 95 santonniers du début du XXème siècle à nos jours dont 15 Meilleurs Ouvriers de France. Le musée présente aussi une soixantaine de crèches, des vieux métiers animés, des petits villages, des scènes de la Provence et de ses traditions.
Crèche provençale. Santon forgeron. Les mariés, santons en tenues provençales. A ne pas manquer: la plus petite crèche du monde avec 39 santons de Provence dans une petite coquille de noix ! Une vidéo montre aux visiteurs la fabrication de ces santons.

Le musée Marcel Carbonel à Marseille
Les ateliers de Marcel Carbonel sont établies à Marseille depuis 1935, son musée du santon depuis 1997. Mais ce dernier fermera ses portes en 2023 et sera converti après deux ans de travaux en un élégant pub, “The Fat Fish”.
Ce musée rassemblait la collection du santonnier Marcel Carbonel établie au cours de la carrière et de ses nombreux voyages en Europe. Il ne cessa d’acquérir tout ce qui pouvait toucher à la Nativité, aux santons et aux figurines suivant un précepte bien établi : l’originalité des créations.
En 1997, cette collection est mise en valeur au travers d’un musée permettant aux visiteurs d’explorer cet artisanat. De la collection privée de Marcel Carbonel de plus de quatre mille cinq cents pièces, seules 2 400 pièces sont alors exposées.
Fini donc le musée du n°49, c’est à présent au n°47 de la rue Neuve Sainte Catherine que tout se passe avec la boutique et la possibilité de visiter les ateliers sur rendez-vous. On peut retrouver chaque année le kiosque Marcel Carbonel à la Foire aux Santons de Marseille, établie elle dès 1803.
Une collection de matériaux et de techniques
Sa collection privée est constituée de pièces originales faites d’argile (cuite ou crue), papiers mâchés, bois sculpté et précieux, verre filé de Murano, plâtre, céramique, porcelaine, polychrome, maïs, liège, tissus (santons habillés).
Les pièces exposées présentent des techniques d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs : terre crue, terre cuite, polychrome, bois sculpté, maïs, liège, bois et papiers, bois et tissus, bois et plomb, verre filé de Murano, plâtre, céramique, porcelaine.
Sont exposés également deux concours de Meilleurs ouvriers de France (le sien et celui d’Émilie Puccinelli-Meunier), une collection de moules en plâtre de Jean-Louis Lagnel et de Auguste Pellegrini, statuaire Marseillais.
Le Musée Marcel Carbonel accueille aussi les plus grandes signatures internationales : Volaire, Gaubert-Caillol, Guiomar, Grasso, Peppe, Guichard, Famille Neveu, Filippi, Berger, Pontet, Abramo Grotaglie, Marie Simon, Abbé Sumien, Jouve, Griscione, Cruz Avalos, Pierre Graille.
Marcel Carbonel, santonnier marseillais
Victor Marcel Carbonel, dit Marcel Carbonel, né à Lyon le 25 juillet 1911, décédé à Marseille le 25 mai 2003 à l’âge de 92 ans, était un santonnier marseillais, doyen de sa profession.
Avant de commencer son activité, Marcel Carbonel exerça plusieurs petits métiers parmi lesquels portefaix, chauffeur de taxi, wattman, coursier. En 1928, il quitte l’école des beaux-arts, faute de moyens suite au décès de son père Victor. Il apprend alors le métier de lithographe.
En 1935, il s’installe dans un local rue Fort-Notre-Dame dans le 7e arrondissement à Marseille, ville dans laquelle il vit depuis l’âge d’un an. Il est accompagné de sa femme Clotilde, d’un mouleur et de deux décoratrices qu’il emploie.
En 1950 il déménage pour s’installer sur une galerie au n° 2 rue du commandant de Surian toujours dans le 7e arrondissement; son effectif est alors de 10 employés. Par la suite, il s’étend sur la galerie et continue d’embaucher et de former des apprentis.
Son petit-fils, Philippe Renoux-Carbonel, le rejoint en 1973 à l’âge de 15 ans pour commencer son apprentissage.
La fabrication artisanale des santons
Pour fabriquer le moule original d’une nouvelle création appelé « moule-mère », il utilise du plâtre de Paris de couleur jaunâtre; ses particularités sont la finesse de l’empreinte, sa densité et sa solidité. Pour les moules de reproduction, il utilise un plâtre moins dur qui permet de démouler plus facilement le sujet.
La forme des moules de reproduction est importante ; elle est arrondie en haut du moule afin de faciliter l’estampage en série. Ensuite, il laisse sécher le santon et le cuit dans un four électrique à une température qui atteint progressivement 980 °C.
Il décore ses santons avec des gouaches de sa propre fabrication. Grâce à sa formation de lithographe, il met au point ses propres gouaches en broyant manuellement des pigments avec de la gomme arabique dure, dite « Kitir », qu’il décante lui-même.
Il utilise 20 pigments de base, ocre rouge, ocre jaune, terre de sienne, terre de sienne brûlée, rouge hélios, rouge d’alizarine, rose syrien, bordeau, vert de chrome, vert valentine, violet d’alizarine, jaune hansa, jaune de chrome, bleu de cobalt, bleu de manganèse, bleu outremer, bleu de Prusse, noir d’ivoire (Noir animal), blanc de titane, blanc de lithopone, qu’il mélange pour créer sa propre palette de 124 couleurs répertoriées et dosées.
Ce procédé, d’après son expérience, permet en effet d’obtenir des couleurs plus vives et éclatantes que les gouaches en tube du commerce auxquelles ont généralement recours les autres santonniers. Pour la décoration du santon, il utilise des pinceaux en poils de martre Kolinsky.

Le parcours professionnel et la transmission du savoir-faire
En 1947, il est élu Président du syndicat des santonniers, mandat qu’il exerce pendant vingt et un ans. Avec la participation de Jean Héritier, Il est le créateur en 1958 du Salon international des santonniers en la ville d’Arles, salon qui lui survivra.
Il s’exprima ainsi lors de la création du Salon d’Arles : ” Au nom de tous mes camarades, je viens vous demander droit d’asile dans votre cité, en ces lieux mêmes où nos chers santons ont reçu leur consécration définitive. Nous exprimons le vœu qu’une sélection de qualité figure ici en permanence; capitale spirituelle de la Provence, Arles se devait d’accueillir en son sein ses plus nobles artisans. Le Salon d’Arles doit être, ainsi qu’ils l’ont souhaité, l’occasion de rassembler leurs idées d’après leurs œuvres et d’être une confrontation artistique que nous voulons, entre toutes, féconde.“.
En 1961, la discipline santonnière rentre à la Sorbonne où Marcel Carbonel sera le premier santonnier à être distingué Meilleur ouvrier de France ; cette discipline est toujours en vigueur. Le 9 mai 2003, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.
En 1977, à l’âge de 66 ans, il prend sa retraite. S’il ne s’investit plus dans la gestion de son entreprise, cela ne l’empêche en rien de continuer de créer des crèches et des santons au sein de son atelier qu’il conserve rue du commandant de Surian.
Il confie à sa fille, Danielle, et à son gendre, Alfred Renoux, la création de la SARL Les Ateliers Marcel Carbonel, son petit-fils étant trop jeune pour diriger l’entreprise. Un logo est spécialement créé pour cet événement.
La collection de santons dispersée
Plus de 2400 santons provenant de la collection personnelle de l’illustre santonnier marseillais ont été mis en vente aux enchère le 30 novembre 2023. Les proches de Marcel Carbonel, qui détenaient ce trésor souhaitaient faire vivre une seconde vie à ces santons auprès d’autres collectionneurs.
L’ancien musée devenu pub Marcel Carbonel collectionnait à peu près tous les santons que fabriquaient ses confrères en suivant toujours le même précepte.
Les musées consacrés aux vieux outils
Grâce à une quarantaine de donateurs, le musée des vieux outils et des traditions (aussi appelé Musée de la Pandelle) expose plus de 1 000 pièces réparties dans trois salles principales. Inauguré en 1999, ce musée rend hommage aux métiers d'autrefois (sabotier, tonnelier).
Vous pourrez par exemple découvrir les outils utilisés par les résiniers ainsi que les pots dans lesquels la résine était recueillie. Plongez dans un univers hors du temps au coeur d'un immense parc boisé !
Le musée se situe au Château de la Pandelle Avenue Général de Gaulle, 40140 Soustons. Il est ouvert toute l'année sur rendez-vous. La visite est guidée.
Le Musée des Vieux outils et de l’Histoire locale de Luceram
C’est à l’intérieur de l’ancienne chapelle Saint-Jean, dans une ruelle du haut village de Luceram qu’a été aménagé le Musée des Vieux outils et de l’Histoire locale.
A l’origine, en 1996, à l’occasion du centenaire agricole, l’association des Amis de Luceram organisa une exposition d’outillages anciens et autres. Devant le succès de cette manifestation, les membres de l’association décidèrent, avec l’aide de tous les villageois de créer ce Musée.
Il abrite aujourd’hui une exceptionnelle collection d’outils et d’objets domestiques du temps jadis. Toutes les activités agricoles et artisanales sont ainsi présentées par thème, la vigne et le vin, l’olivier et l’huile, la lavande et la distillerie, le travail de la terre et les récoltes, le bois, l’élevage, la chasse ou la cuisine.
Pour accéder au Musée des Vieux outils et de l’Histoire locale, il faut emprunter les ruelles pavées menant de la place de l’église à l’église Sainte-Marguerite.

Une collection privée sur la vie rurale d’autrefois
Au cœur du village de Parfondeval, classé parmi les Plus Beaux Villages de France®, cette collection privée vous propose de découvrir la vie rurale d’autrefois à travers plus de 2 000 objets patiemment collectés lors de brocantes ou de dons.
Ils vous feront découvrir les métiers d’antan, ceux qui étaient pratiqués autour de 1900. Le musée a pour thème l’agriculture et le monde rural.
La visite est possible uniquement sur réservation. La durée de la visite est de 90 minutes et le nombre de personnes est compris entre 1 et 15.
Le site propose des visites guidées sur demande, des animations thématiques spécifiques et un secteur intérieur ainsi qu’intérieur et extérieur.
Le Musée du Paysan à TOUJOUSE (Gers)
Repères sur les collections
| Lieu ou collection | Éléments présentés |
|---|---|
| Ecomusée du Santon et Traditions de Provence | Plus de 2000 santons, 95 santonniers, une soixantaine de crèches |
| Musée Marcel Carbonel | Plus de quatre mille cinq cents pièces dans la collection privée, dont 2 400 exposées |
| Musée des vieux outils et des traditions de Soustons | Plus de 1 000 pièces réparties dans trois salles principales |
| Collection privée de Parfondeval | Plus de 2 000 objets consacrés à la vie rurale d’autrefois |
| Plus petite crèche du monde | 39 santons de Provence dans une petite coquille de noix |
La Provence, cadre culturel des traditions populaires
Avec ses couleurs et sa lumière, Provence-Alpes-Côte d’Azur séduit les plus grands noms de l’art depuis des générations. La région Sud est une terre d’inspiration et de création.
La Provence est un pays ou les plaisirs sont rois. Le plaisir des yeux, avec une culture bouillonnante, des paysages colorés faits de vignes, de champs de lavandes, de montagnes verdoyantes et de côtes bordées d’une mer turquoise et translucide.
Les collections de santons et de vieux outils prolongent cette découverte par l’observation des gestes, des objets et des métiers qui ont façonné les villages et les paysages. Le plaisir du palais, avec des spécialités savoureuses et multiples. Enfin, le plaisir de partager : ici, la générosité des locaux ne connait pas de limites.